Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Archive pour la catégorie 'Coup de cœur'

Sauveur & fils, saison 1 de Marie-Aude Murail

Posté : 16 septembre, 2020 @ 12:21 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : ContemporaineSauveur & fils 1

Editeur : L’Ecole des loisirs

Année de sortie : 2016

Nombre de pages : 329

Synopsis : Quand on s’appelle Sauveur, comment ne pas se sentir prédisposé à sauver le monde entier ? Sauveur Saint-Yves, 1,90 mètre pour 80 kg de muscles, voudrait tirer d’affaire Margaux Carré, 14 ans, qui se taillade les bras, Ella Kuypens, 12 ans, qui s’évanouit de frayeur devant sa prof de latin, Cyrille Courtois, 9 ans, qui fait encore pipi au lit, Gabin Poupard, 16 ans, qui joue toute la nuit à World of Warcraft et ne va plus en cours le matin, les trois soeurs Augagneur, 5, 14 et 16 ans, dont la mère vient de se remettre en ménage avec une jeune femme…
Sauveur Saint-Yves est psychologue clinicien.
Mais à toujours s’occuper des problèmes des autres, Sauveur oublie le sien. Pourquoi ne peut-il pas parler à son fils Lazare, 8 ans, de sa maman morte dans un accident ? Pourquoi ne lui a-t-il jamais montré la photo de son mariage ? Et pourquoi y a-t-il un hamster sur la couverture ?

 

Avis : A VENIR

The Seventh Perfection de Daniel Polansky

Posté : 31 août, 2020 @ 11:58 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Fantasy, Nouvelle The Seventh Perfection

Editeur : Tor

Année de sortie : 2020

Nombre de pages : 176

Titre en VF : pas encore traduit

Synopsis : Daniel Polansky returns with The Seventh Perfection, an innovative, mind-bending fantasy mystery

When a woman with perfect memory sets out to solve a riddle, the threads she tugs on could bring a whole city crashing down. The God-King who made her is at risk, and his other servants will do anything to stop her.

To become the God-King’s Amanuensis, Manet had to master all seven perfections, developing her body and mind to the peak of human performance. She remembers everything that has happened to her, in absolute clarity, a gift that will surely drive her mad. But before she goes, Manet must unravel a secret which threatens not only the carefully prepared myths of the God-King’s ascent, but her own identity and the nature of truth itself.

 

Avis : Un autre SP, cette fois, j’ai Tor Books que j’aime beaucoup !!

J’ai lu le synopsis en diagonale, je l’avoue : vu le nombre de pages et la taille du résumé, je me suis dit que si je le lisais en entier et correctement, peut-être que j’allais me faire gâcher quelques surprises. Et j’avais raison !!
Donc, si vous voulez entrer à l’aveugle dans ce court roman, sachez juste que c’est original, étrange au point de devenir fascinant et que la fin est très surprenante !

 

Pour ceux qui veulent en savoir plus, continuez à lire !

Ce qui m’a d’abord surprise, c’est le format de ce livre : c’est une nouvelle à points de vue multiples, mais seulement avec les réponses données au personnage principal – je ne sais pas si je peux l’appeler narratrice, du coup ! -, Manet. Nous n’entendons jamais sa « voix ». Et pourtant, plus nous avançons, plus nous nous attachons à elle, à sa dangereuse quête pour la vérité SPOILER 1 ; nous voulons comprendre ce qu’elle cherche, qui elle est, quelle est vraiment sa position dans la hiérarchie du gouvernement, qui est le Dieu Roi, qui est Amata, quelle est leur histoire, qu’est-ce qui est arrivé, et pourquoi Manet est-elle impliquée ? De nombreuses questions grouillent dans l’esprit du lecteur ; à partir d’un moment, le lecteur veut simplement continuer à lire pour savoir.

L’intrigue est assez simple : la quête de vérité de Manet. La vérité à propos de quoi ? Je ne dirai rien, ce serait déjà spoiler !
Ce court roman traite de divers sujets, notamment le rôle d’Amatuensis de Manet – un mot qui ne sera pas expliqué, mais qui définit son « travail » – et les sept perfections. Petit à petit, nous comprenons ce que sont les perfections, laquelle est la septième, même si l’on ne comprend pas encore pourquoi elle donne son titre à la nouvelle.

Et maintenant, les spoilers ! SPOILER 2

 

Donc, en un mot : brillant !

 

SPOILER 1 mais est-ce vraiment pour la vérité ?

SPOILER 2 j’adore que le vrai sujet de ce roman soit la mémoire, l’histoire et les histoires. Manet, en devenant Amatuensis, ce qui signifie, je pense, Mémoire ou quelque chose qui s’en approche, est devenue la mémoire du Dieu Roi. Elle ne peut jamais rien oublier mais les gens doutent qu’elle ressente quoi que ce soit. Elle ressemble à une machine alors qu’elle ressent tout beaucoup plus intensément. Comme je l’ai dit plus haut, nous n’entendons pas sa voix – ou, en tout cas, jusqu’à la toute fin, quand nous avons un chapitre qui pourrait être du point de vue de Manet. En perdant sa voix, elle perd la possibilité de raconter son histoire, tout comme elle la perd à la fin, quand elle prend la place de son Père (?) en tant que dieu. En devenant dirigeante, elle perd son identité : elle devient ce que les gens vont dire d’elle, les histoires qu’ils vont inventer à son propos, tout comme Kiri est devenu ce que les gens pensent qu’il était. Il ne se souvient pas lui-même de qui il est vraiment, comme il ne se souvient pas de ce qui est arrivé à Amata ou de leur enfant supposé. Il est devenu Histoire, une histoire, quelqu’un d’autre et il s’est perdu dans la voix des autres, comme Manet.

Swords and Fire, book 3: The Unbound Empire de Melissa Caruso

Posté : 30 août, 2020 @ 3:14 dans Avis littéraires, Coup de cœur, Lectures Communes | Pas de commentaires »

Genre : FantasyThe Unbound Empire

Editeur : Orbit

Année de sortie : 2019

Nombre de pages : 505

Titre en français : Les Faucons de Raverra, tome 3 : L’Empire libéré

Synopsis : The final volume of the Gemmell Morningstar Award-shortlisted Swords and Fire fantasy trilogy, in which political scion Amalia and her bound fire warlock Zaira must save the Empire from a ruthless, magical enemy. Perfect for fans of Tamora Pierce, The Queen of the Tearling, and Uprooted.

While winter snows keep the Witch Lord Ruven’s invading armies at bay, Lady Amalia Cornaro and the fire warlock Zaira attempt to change the fate of mages in the Raverran Empire forever, earning the enmity of those in power who will do anything to keep all magic under tight imperial control. But in the season of the Serene City’s great masquerade, Ruven executes a devastating surprise strike at the heart of the Empire – and at everything Amalia holds most dear.

To stand a chance of defeating Ruven, Amalia and Zaira must face their worst nightmares, expose their deepest secrets, and unleash Zaira’s most devastating fire.

 

Avis : Enfin, j’ai lu le dernier tome de cette trilogie que j’adore, Les Faucons de Raverra !

D’habitude, quand j’entame le dernier livre d’une série, j’ai peur : peut-être que l’auteur a détruit la personnalité des personnages, peut-être que je vais détester la fin, peut-être que ça n’aura aucun sens, peut-être que ça va être affreux et souiller mon amour pour la série tout entière !
Melissa Caruso ne m’a pas déçue avec The Defiant Heir que j’ai même trouvé meilleur que le premier tome, The Tethered Mage ; je n’avais pas peur pour The Unbound Empire. J’étais sûre que j’allais, au moins, apprécier ce livre. Et j’ai adoré !

Rien ne clochait dans ce livre, rien ne m’a dérangée – bon, peut-être le fait qu’Amalia se répète beaucoup à un moment donné dans le livre, mais j’étais dans l’histoire, je n’ai pas eu le temps de lever les yeux au ciel ! Tout était bon !!

Le lecteur retrouve les personnages qu’il aime : Amalia, Zaira, Terika, Istrella, Jerith et d’autres !
Amalia est une des rares héroïnes de Fantasy YA que j’aime vraiment et dont je suis fière. Elle ne se laisse pas faire, elle ne suit pas ce que lui disent les hommes autour d’elle, même si les conseils sont bienvenus, elle sait ce qui est juste, ce qui ne l’est pas et ce qui doit être fait de toute façon. C’est parfois dur pour elle et elle a besoin de quelqu’un sur qui se reposer un peu pour un temps, mais elle est toujours debout quand il le faut et fait de son mieux. SPOILER 1
Zaira est un de ces personnages qui ne veulent montrer leurs faiblesses devant personne, donc elle cache tout ce qu’elle ressent derrière l’humour ou l’irritation. Dans ce livre, le lecteur la découvre davantage SPOILER 2 Zaira me fait aussi rire parfois, surtout quand elle est avec Terika ou qu’elle donne des surnoms aux autres personnages !
Istrella me fait penser à Luna Lovegood : étrange, décalée mais toujours dans le vrai. Elle pense hors des sentiers battus et voit des éléments que les autres négligent. Je l’aime beaucoup !
J’aime également Jerith, je ne sais pas vraiment pourquoi ! De même pour La Contessa, Ciardha et Lucia. La première est un modèle pour Amalia, mais aussi quelqu’un de très mystérieux. Ce serait génial d’en savoir plus sur elle ! SPOILER 3
Un de mes personnages préférés de cette série est Kathe. SPOILER 4
Un personnage, en revanche, que je ne parviens pas à aimer depuis le début : Marcello. SPOILER 5

Ruven mérite une partie à lui tout seul.
Il est détestable, mais il n’est pas un de ces « méchants » qui n’a pas de but et qui n’est que mauvais. Il a un objectif et il est prêt à tout pour l’atteindre, même si cela veut dire tuer des milliers de personnes sur son passage ou se faire des ennemis puissants. SPOILER 6 Il sait également comment faire sortir le pire des personnes qui l’entourent. J’ai trouvé qu’il faisait un très bon villain ! SPOILER 7

J’aime toujours autant le côté politique de cette série ! C’était vraiment bon ! Et cela aide à garder le focus sur l’histoire/le monde/la guerre et non sur la romance ! C’est aussi une des raisons pour lesquelles j’aime autant Les Faucons de Raverra !
Toujours amoureuse des décors (the Mews, le Palais impérial, Raverra en général, Ardence, le Vaskandar) et de l’influence italienne ! Toujours amoureuse du fait que certains personnages sont des spécialistes de la magie - la mention de plusieurs bibliothèques à un moment donné m’a donné envie d’entrer dans le livre et d’aller les chercher pour les lire ! -, toujours amoureuse de la magie des Faucons et des Witch Lords ! J’en veux plus et je suis très heureuse de la parution de The Obsidian Tower dont l’action se situe dans le même univers et, plus spécifiquement, dans le Vaskandar !

Enfin, ce livre était un grand huit d’émotions intenses ! Le suspense était bien présent : parfois, j’avais vraiment peur que certains de mes personnages préférés meurent ! J’ai ressenti du désespoir, de la joie, du soulagement, de la peurSPOILER 8 Et la fin était parfaite pour moi !! SPOILER 9

 

Donc, une excellente série de Fantasy YA, clairement sous-estimée quand on voit le nombre de notes sur Goodreads !

 

SPOILER 1 la scène où elle fait son discours pour le Falcon Reserve Act … et celle de la fin où elle entre au Conseil des Neuf après avoir vaincu Ruven … j’ai des frissons !! Si fière d’elle !!

SPOILER 2 et la comprend dans cette HORRIBLE scène avec la Dame aux araignées ! *frissons* C’était affreux à lire !!! Pourquoi des araignées, POURQUOI ? Mais le pouvoir de la Dame est fascinant, j’aimerais en voir plus … juste … sans les araignées s’il vous plaît ! 

SPOILER 3 Lucia m’a semblé être une version plus jeune de Ciardha, comme Amalia est, en quelque sorte, une version plus jeune de sa mère !

SPOILER 4 Découvrir qui il est vraiment le rend moins mystérieux et sombre mais si … parfait ! J’ai adoré la scène où les habitants de Let l’accueillent ou quand il parle à Amalia de faire des câlins à des renardeaux ! Il est à la fois mignon et puissant !

SPOILER 5 J’ai lu ce livre – et même la série complète ! – avec une amie et elle m’a dit quelque chose de très vrai à propos de ce personnage : « il devient intéressant quand il n’est plus Marcello ». Si vrai ! Et si triste ! Ce qui arrive à Marcello est très dur, j’ai compati. Mais je n’ai pas réussi à l’aimer pour autant. Et, quand il « revient à lui », il geint immédiatement !! Ah, ce bon vieux Marcello est de retour, formidable !!

SPOILER 6 Pourquoi se ferait-il du souci ? Il est immortel après tout !

SPOILER 7 et j’ai aimé sa fin ! Il est pris à son propre piège et le lecteur sent bien que la vengeance n’est pas aussi douce que ce à quoi s’attendaient Zaira et Amalia quand il meurt.

SPOILER 8 les araignées, haha !

SPOILER 9 Je suis si heureuse qu’Amalia ne finisse pas avec Marcello !! Si heureuse qu’elle soit avec Kathe !! Si heureuse qu’elle ait toujours un rôle politique dans le Conseil des Neuf !!

Women & Power de Mary Beard

Posté : 30 août, 2020 @ 3:11 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Essai, HistoriqueWomen & Power

Editeur : Liveright

Année de sortie : 2017

Nombre de pages : 126

Titre en français : Les Femmes et le pouvoir

Synopsis : « A modern feminist classic. »—The Guardian

From the internationally acclaimed classicist and New York Times best-selling author comes this timely manifesto on women and power. At long last, Mary Beard addresses in one brave book the misogynists and trolls who mercilessly attack and demean women the world over, including, very often, Mary herself.

In Women & Power, she traces the origins of this misogyny to its ancient roots, examining the pitfalls of gender and the ways that history has mistreated strong women since time immemorial.

As far back as Homer’s Odyssey, Beard shows, women have been prohibited from leadership roles in civic life, public speech being defined as inherently male. From Medusa to Philomela (whose tongue was cut out), from Hillary Clinton to Elizabeth Warren (who was told to sit down), Beard draws illuminating parallels between our cultural assumptions about women’s relationship to power—and how powerful women provide a necessary example for all women who must resist being vacuumed into a male template.

With personal reflections on her own online experiences with sexism, Beard asks: If women aren’t perceived to be within the structure of power, isn’t it power itself we need to redefine? And how many more centuries should we be expected to wait?

 

Avis : Enfin, j’ai fini un livre de Mary Beard !! Ce n’est pas comme si SPQR était en cours depuis … longtemps !

Avant de lire Women & Power, j’avais entendu tout un tas d’avis négatifs à son propos : « trop court », « pas assez de contenu », « pas de solution donnée », « ça ne vaut pas le coup par rapport au prix ».
Après l’avoir lu, je suis surprise par ces critiques. Je dirai plutôt que je suis admirative de la capacité de Mary Beard à traiter un sujet comme le fait de faire taire les femmes dans nos sociétés avec autant d’efficacité et en si peu de pages !

Ce petit livre est à la fois intéressant et instructif. Mary Beard analyse la situation actuelle du discours des femmes dans nos sociétés grâce à la mythologie (Pénélope, Méduse et les Amazones par exemple) et de l’histoire antique (et moins antique) ; le lecteur peut voir de multiples parallèles et comment, même si cela a évolué et s’améliore aujourd’hui, les mêmes grandes lignes sont suivies de nos jours concernant le discours/les voix des femmes. Une femme est moins prise au sérieux qu’un homme, sa voix est ridiculisée parce qu’elle est aiguë et son autorité et ses connaissances sont remises en question à cause de son genre – exemple : Mary Beard qui se voit expliquer l’histoire antique, même si elle est experte sur ce sujet et pas la personne en face d’elle.

L’autrice traite aussi du harcèlement et des insultes dans les médias et les réseaux sociaux. C’est si facile de rabaisser une femme en utilisant son apparence, la façon dont elle s’habille ou même ses organes génitaux. C’est si facile d’utiliser les créatures mythologiques comme Méduse pour se moquer d’une politicienne. C’est si facile de voir la différence de traitement entre femmes et hommes dès que l’on approche des sphères de pouvoir. Et c’est si triste et agaçant de se rendre compte que l’on vit encore dans ce genre de monde dans lequel ce que les femmes disent n’a aucune valeur à cause de leur genre. Tu es une femme donc tu ne peux pas parler de tel ou tel sujet, à tel ou tel public, tu ne peux pas gérer telle ou telle responsabilité. Ou tu dois admettre que tu n’es pas une femme mais une créature hybride capable de gérer, mais toujours sujette aux blagues et insultes vulgaires.

Cette chronique est fatigante à écrire tant la situation paraît parfois désespérante. Même quand nous avons l’impression d’avancer, nous ne pouvons pas nous débarrasser de ces chaînes ridicules.
Je remercie tout de même Mary Beard d’avoir écrit ces cours et de les avoir publiés dans ce livre. J’espère qu’elle en écrira un plus long encore sur ce sujet, j’ai très envie de le lire et de plonger plus loin dans le monde des femmes et du pouvoir, à la fois de nos jours et dans l’histoire antique !

 

Donc, un excellent petit livre qu’il me tarde de voir étendre en gros livre style pavé sur le sujet !!

My Cousin Rachel de Daphné du Maurier

Posté : 12 août, 2020 @ 1:02 dans Avis littéraires, Coup de cœur, Lectures Communes | Pas de commentaires »

Genre : Classique My Cousin Rachel

Editeur : Virago (Modern Classics)

Année de sortie : 2011 [1951]

Nombre de pages : 335

Titre en français : Ma Cousine Rachel

Synopsis : A penetrating psychological study with all the haunting power of Rebecca.

I threw the piece of paper on the fire. She saw it burn…

Orphaned at an early age, Philip Ashley is raised by his benevolent older cousin, Ambrose. Resolutely single, Ambrose delights in Philip as his heir, a man who will love his grand home as much as he does himself. But the cosy world the two construct is shattered when Ambrose sets off on a trip to Florence. There he falls in love and marries – and there he dies suddenly. In almost no time at all, the new widow—Philip’s cousin Rachel—turns up in England. Despite himself, Philip is drawn to this beautiful, sophisticated, mysterious woman like a moth to the flame. And yet…might she have had a hand in Ambrose’s death?

 

Avis : J’ai lu ce livre avec Salomé !

J’ai découvert Daphné du Maurier avec Rebecca : l’ambiance était si particulière et le roman si surprenant que j’ai, depuis, ajouté la majorité de ses livres à ma wish-list – et je suis toujours hantée par Manderley.

Cette fois, je suis entrée sur mes gardes, certaine que quelque chose d’étrange allait se passer et aurait besoin d’une explication. Jusqu’à la fin, j’étais persuadée que j’avais compris. J’ai clairement sous-estimé l’autrice. SPOILER 1

Comme le narrateur est Philip, le lecteur peut s’attacher à lui ; pour ma part, je me suis attachée à Rachel et j’ai clairement détesté Philip parfois. Il est misogyne, il sous-estime Rachel et il a l’impression de la connaître et de la comprendre complètement, comme si elle était facile à lire. Il était vraiment très agaçant et il ne comprend pas qu’il y a une réelle différence entre grandir orphelin mais protégé en Cornouailles et l’enfance pauvre de Rachel en Italie. Et ses réflexions sur les humeurs des femmes … Kendall qui dit à Philip que les femmes ne peuvent pas décider rationnellement à cause de leurs émotions … SPOILER 2
De plus, comme c’est une narration à la première personne, Philip pourrait être considéré comme un narrateur peu fiable SPOILER 3 (sur Rebecca, attention !) J’adore ce procédé : il est toujours compliqué de déterminer ce qui est réel et ce qui ne l’est pas, les moments où l’on peut faire confiance au personnage et ceux où il ne doit pas être cru. Est-ce que Philip nous ment ? Est-ce qu’il vit dans une illusion ? Ou est-ce que tout est vrai ?
Autre chose qui m’agace avec Philip : SPOILER 4

Les autres personnages sont moins évidents à cerner puisque le lecteur n’a que le point de vue de Philip.
Rachel est, bien sûr, au centre du roman. Personne ne la connaît et Philip la déteste dès le début. SPOILER 5 Elle est un mystère : son passé, qui elle est vraiment, ce qu’elle ressent, comment elle agit. Philip ne la comprend pas toujours (étonnant haha), même s’il est convaincu que c’est le cas à un moment donné. Avant qu’ils se rencontrent, elle a de nombreux visages et j’ai adoré ça ; une fois qu’ils se rencontrent, le lecteur n’a ni description ni âge. Elle reste entourée de mystère, floue pour un temps, jusqu’à ce que le texte fasse le focus. SPOILER 6
Kendall
n’est pas vraiment le personnage le plus agréable, mais, contrairement à ce que pense Philip, je ne l’ai pas trouvé trop intrusif. Il laisse Philip faire ce qu’il veut et si son filleul était plus … mature ? ouvert ? peut-être n’y aurait-il eu aucune tension entre eux.
Je n’ai pas aimé Ambrose, sans doute à cause de sa façon de parler des femmes. Mais je me suis attachée à lui grâce à Philip et Rachel. SPOILER 7
J’ai aimé Louise : elle est lucide et clairement amoureuse de Philip – ou, au moins, elle espère devenir son épouse. Il ne comprend pas (encore) ou ne veut pas l’admettre.
Petit bonus : je me suis représenté Seecombe comme Carson de Downton Abbey !

J’ai vraiment été surprise par la fin : je ne m’attendais pas du tout à ça !

Mention spéciale pour le premier chapitre et les dernières lignes : j’ai pensé à The Haunting of Hill House !

Même si je n’avais pas aimé l’histoire, j’aurais aimé l’écriture : elle est très belle et crée vraiment une ambiance particulière, comme dans Rebecca. Daphné du Maurier crée, grâce à sa plume et à ses décors, à la fois une ambiance cosy dans laquelle le lecteur se sent bien, des endroits où il a envie de passer plus de temps, et une atmosphère plus sombre qui envahit peu à peu le roman. J’avais envie de rester dans la maison, sur les terres, dans les jardins avec les personnages ! J’ai également annoté mon exemplaire, souligné les belles phrases, les indices de ce qui va arriver !

 

Donc, un très bon roman qui m’a vraiment secouée !

 

SPOILER 1 Tout le long, j’étais convaincue que Rachel avait empoisonné Ambrose et faisait la même chose à Philip. Mais, à la fin, j’ai eu un doute. A la fin, je me suis dit que Rachel pouvait, éventuellement, avoir empoisonné Ambrose, mais qu’elle était vraiment attachée à Philip, qu’elle l’aimait vraiment ; tout n’était pas qu’un mensonge. Donc, malgré le fait que l’intrigue et sa résolution semblent évidentes – une femme tue un homme pour son argent -, ça ne l’était pas vraiment. Et le lecteur et les personnages sont laissés avec leur doute quand Rachel meurt !!

SPOILER 2 En fin de compte, celui qui n’est pas rationnel depuis le début est Philip. Il n’était guidé que par ses émotions, et même aveuglé par elles : son amour (?) était si fort qu’il ne prenait pas Rachel en compte. C’était à propos de lui et seulement de lui.

SPOILER 3 comme la narratrice de Rebecca, qui crée, en réalité, le fantôme de Rebecca à cause des agissements de Mrs. Danvers et s’imagine tout un tas de choses qui ne sont pas vraies ou réelles au fil du roman.

SPOILER 4 quand il commence à être violent et blâme Rachel. Haha. Mec, si tu es violent, TU es responsable, pas elle. Contrôle-toi et arrête de dire que c’est ELLE qui ne sait pas se contrôler. Il pense, après l’avoir étranglée, qu’elle va lui pardonner et continuer à vivre avec lui comme si de rien n’était : il ne comprend pas qu’elle ait peur de lui et qu’elle veuille une autre femme avec elle dans la maison.

SPOILER 5 Je n’étais pas sûre qu’il allait tomber amoureux d’elle parce que je n’avais pas relu le synopsis ou vu le film avant de lire.

SPOILER 6 J’ai eu mal au cœur pour Rachel. Pauvre quand elle était jeune, elle a épousé un homme qui HÉSITAIT entre sa MÈRE et ELLE : déjà, là, tout va bien ! Il a pris Rachel parce que sa mère avait perdu sa beauté ! Puis, il est mort, elle est devenue veuve avec des problèmes d’argent. Elle rencontre Ambrose, l’épouse. Par amour ? pour se sentir en sécurité ? pour se débarrasser de ses problèmes d’argent ? parce qu’il l’aime ? Le lecteur ne le saura jamais. Puis, il meurt et elle est seule à nouveau. Elle part en Cornouailles pour … ? se rapprocher de la seule famille qu’elle ait – Philip ? obtenir de l’argent de lui ? découvrir l’endroit où son mari décédé a vécu ? Pourquoi est-elle venue en Angleterre ? Le lecteur ne le saura jamais. Elle obtient l’argent à la fin, et son attitude change ; elle dit à Kendall qu’elle n’a jamais eu l’intention de se remarier. Elle est libre de toute dépendance à un homme. Elle n’a aucun compte à rendre à personne pour la première fois de sa vie. Et elle meurt parce qu’un homme riche a des doutes sur elle, parce qu’il la soupçonne. J’étais si triste quand elle est morte, j’ai vraiment été surprise. Quel gâchis …

SPOILER 7 Je dois avouer que j’étais un peu choquée que Philip l’oublie si rapidement et si complètement. Il oublie que Rachel est la veuve d’Ambrose et ne pense qu’à ses propres sentiments. Il est prêt à oublier tout ce qui est arrivé à Ambrose, oublier ses lettres et ses avertissements simplement parce qu’il ne peut pas se passer de Rachel – ou de la Rachel qu’il imagine, sa Rachel fantasmée. Ambrose était censé être son modèle, la personne qu’il aime le plus au monde !

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