Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Archive pour la catégorie 'Coup de cœur'

Le Mythe de la virilité : Un piège pour les deux sexes d’Olivia Gazalé

Posté : 25 janvier, 2019 @ 8:49 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Essai Le Mythe de la virilité

Editeur : Robert Laffont

Année de sortie : 2017

Nombre de pages : 413

Synopsis : Et si, comme les femmes, les hommes étaient depuis toujours victimes du mythe de la virilité ? De la préhistoire à l’époque contemporaine, une passionnante histoire du féminin et du masculin qui réinterprète de façon originale le thème de la guerre des sexes.

Pour asseoir sa domination sur le sexe féminin, l’homme a, dès les origines de la civilisation, théorisé sa supériorité en construisant le mythe de la virilité. Un discours fondateur qui n’a pas seulement postulé l’infériorité essentielle de la femme, mais aussi celle de l’autre homme (l’étranger, le « sous-homme », le « pédéraste » …). Historiquement, ce mythe a ainsi légitimé la minoration de la femme et l’oppression de l’homme par l’homme.

Depuis un siècle, ce modèle de la toute-puissance guerrière, politique et sexuelle est en pleine déconstruction, au point que certains esprits nostalgiques déplorent une « crise de la virilité ». Les masculinistes accusent le féminisme d’avoir privé l’homme de sa souveraineté naturelle. Que leur répondre ? Que le malaise masculin est, certes, une réalité, massive et douloureuse, mais que l’émancipation des femmes n’en est pas la cause. La virilité est tombée dans son propre piège, un piège que l’homme, en voulant y enfermer la femme, s’est tendu à lui-même.

En faisant du mythe de la supériorité mâle le fondement de l’ordre social, politique, religieux, économique et sexuel, en valorisant la force, le goût du pouvoir, l’appétit de conquête et l’instinct guerrier, il a justifié et organisé l’asservissement des femmes, mais il s’est aussi condamné à réprimer ses émotions, à redouter l’impuissance et à honnir l’effémination, tout en cultivant le goût de la violence et de la mort héroïque. Le devoir de virilité est un fardeau, et « devenir un homme » un processus extrêmement coûteux.

Si la virilité est aujourd’hui un mythe crépusculaire, il ne faut pas s’en alarmer, mais s’en réjouir. Car la réinvention actuelle des masculinités n’est pas seulement un progrès pour la cause des hommes, elle est l’avenir du féminisme. 

 

Avis : Je veux lire ce livre depuis sa sortie ! Quand j’ai vu que la bibliothèque de ma fac l’avait, j’en ai profité ! 

Je pourrais faire une chronique claire et simple de ce livre en quelques mots : « Lisez-le, ce livre est génial ! ». Mais je vais quand même tenter d’argumenter, histoire que vous sachiez à quoi vous attendre. La première moitié du livre traite des femmes, du fait qu’elles ont été opprimées par l’homme et son mythe de la virilité, comment c’est arrivé. La seconde se focalise sur les hommes et la manière dont ils se sont auto-piégés à cause de ce même mythe, mais aussi comment, pendant des siècles, certains hommes ont été opprimés – elle inclut aussi une partie sur le féminisme et la théorie du genre. J’ai appris énormément de choses, mais je me suis aussi rendu compte que je pensais savoir d’autres choses, alors que non, en fait, j’étais à côté de la plaque. Très bonne rééducation donc ! L’auteure traite le sujet de manière plutôt chronologique : elle commence avant l’Antiquité, histoire de nous montrer comment les femmes étaient traitées avant. Puis, c’est la Chute, dans la mythologie, dans la religion, et donc la société qui la reflète. La femme est considérée comme inférieure, inutile, faible, et est traitée en circonstance. Tout est abordé : la sexualité, la fécondité, le mariage ; mais aussi la prostitution. Et là, je dois dire que l’auteure a utilisé des arguments qui ont réussi à me convaincre. J’ai toujours été gênée par la vente du corps des femmes ; mais la façon dont elle l’expose nous fait comprendre qu’encore une fois, ce sont nos préjugés qui parlent. J’ai apprécié qu’une grosse partie du livre soit consacrée aux hommes eux-mêmes, et j’ai appris encore plus de choses à leur propos que dans les parties concernant les femmes ! On oublie souvent qu’elles ne sont pas les seules à subir le calvaire de la virilité. En gros, tout tourne autour de leur phallus, et de la façon dont ils l’utilisent. La partie sur les pédérastes grecs … quel coup pour mon amour de l’Antiquité ! 

Je dois avouer, j’ai adoré ce livre, mais il m’a mise dans une rage … Je n’ai jamais compris la supposé infériorité des femmes, ni comment nous en étions arrivés là. Ce livre me donne une réponse qui me met en colère autant qu’elle satisfait mon envie de savoir. La société actuelle évolue, heureusement, mais il reste des préjugés ancrés, un sexisme ordinaire difficile à combattre parce que tellement intériorisé qu’il est difficile à voir. Il se trouve partout, dans notre façon de parler, de penser, de percevoir les situations et les gens, de désigner les choses. Ce n’est pas la faute des femmes ou des hommes actuels ; on ne peut pas endiguer ou oublier des siècles d’éducation genrée : « ce n’est pas féminin », « une fille ne doit pas faire ça », mais aussi « un garçon ne porte pas de rose », « un garçon ne fait pas ça », « ce n’est pas viril ». Ne parlons même pas des insultes suprêmes, comme les appelle l’auteure. Mais il est possible de faire en sorte que les générations futures soient moins affectées. Evidemment, quand on parle de la révolution féminine, on ne doit pas oublier qu’elle n’a pas lieu partout, malheureusement. Dans certaines régions du monde, les femmes sont toujours traitées comme des inférieures. Rien que le terme « excision » m’a donné envie de balancer le livre à travers la pièce … j’ai vraiment eu du mal à lire cette partie ! Quant à la partie sur ceux qui étaient considérés comme des « sous-hommes » … C’est triste de se dire que ce genre de préjugés est encore plus résistant que ceux sur les femmes … 

En fait, tout est à revoir. Le sexisme ordinaire nous tire vers le bas, et permet à certains antiféministes de montrer que les femmes sont inférieures, en font trop, etc. Quant au féminisme radical, il éloigne certaines femmes du féminisme à cause de sa stigmatisation de la sexualité, et de son idéal pro-supériorité féminine. Nous avons donc encore du chemin à faire, mais ce serait quand même mieux de le faire tous ensemble, sans laisser personne de côté, ce que rappelle la partie LGBTQYA+. Il fallait que la communauté soit intégrée au livre, sans quoi il aurait manqué quelque chose.

 

P. S. : alors, oui, c’est écrit par une femme, mais je ne pense pas que son sexe l’empêche de traiter convenable le sujet. Elle s’appuie sur de nombreux autres auteurs, et donne toutes ses références. Et fait aussi une remarque à propos du Deuxième sexe de Simone de Beauvoir en rappelant, à juste titre, que, même si son livre n’est pas objectif, il permet de faire un grand pas vers la compréhension de la femme et de sa situation. (faudrait peut-être que je le relise d’ailleurs !)

 

Conclusion : à lire pour tous, de tout sexe, de tout genre. TOUS ! Ce livre permet de comprendre comment nous en sommes arrivés là : c’est l’origine de tout changement, non ? 

Ombre, tome 2 : Les Illusions de Sav-Loar de Manon Fargetton

Posté : 21 janvier, 2019 @ 2:43 dans Avis littéraires, Coup de cœur, Lectures Communes | Pas de commentaires »

Genre : FantasyLes Illusions de Sav-Loar

Editeur : Milady

Année de sortie : 2017 [2016] 

Nombre de pages : 861

Synopsis : Dans le royaume d’Ombre, les femmes qui possèdent le don sont persécutées. Pour survivre et devenir magiciennes, il leur faut se réfugier dans la cité légendaire de Sav-Loar. Or Bleue n’est qu’une jeune esclave entre les griffes d’un seigneur sadique lorsque ses pouvoirs apparaissent. Certains de ses compagnons de captivité vont risquer leur vie pour tenter de la sauver, à commencer par Fèl, une beauté farouche qui ne rêve que de liberté. Leur fuite éperdue va précipiter le royaume dans une guerre impitoyable au cours de laquelle Bleue, dont la puissance s’affirme de jour en jour, pourrait bien changer le monde … 

 

Avis : J’ai lu L’Héritage des Rois-Passeurs en octobre 2018, et j’avais hâte de poursuivre mon exploration du royaume d’Ombre !!

Pourtant, j’ai attendu quelques mois parce que la taille du livre me faisait assez peur, je dois bien l’avouer. 861 contre à peu près 300 pour le premier tome ! Je me suis enfin lancée en janvier, avec mon amie Salomé (Kiss the Librarian), et aucune de nous n’a été déçue !!

Je ne sais même pas trop quoi commencer tellement ce livre est riche … Tout est magistral, tout est bien fait, tout respire le talent. J’ai tout adoré. L’écriture de Manon Fargetton est poétique, belle, agréable à lire, percutante parfois. Son univers est grandiose, que ce soit du côté des magiciens et de la couronne que du côté des magiciennes et de leurs secrets. Le lecteur découvre son histoire, son passé : ils sont livrés dans des versions différentes qui permettent de comprendre l’endoctrinement qu’ont subi certains personnages. J’ai adoré le passage sur la naissance de Sav-Loar ; je ne résiste pas à l’envie de vous mettre un extrait :

 

« L’image de la pleine lune s’imposa comme leur emblème et leur bannière, tel le faisceau d’un phare dans l’obscurité d’une mer houleuse. Sav-Loar, le lever de lune, devint le pendant clandestin d’Astria l’éclatante.

Ainsi débuta la nuit des magiciennes.

Ainsi démarra l’extinction méticuleuse des nôtres. […]

Mais aucune nuit n’est éternelle et, à chaque magicienne qui nous rejoint, c’est la clarté du matin qui s’approche. »

 

Je vous donne aussi les formules rituelles de Sav-Loar :

 

« Que l’aube des magiciennes te trouve en vie.

Que tes jours connaissent sa lumière. »

 

J’ai adoré sa magie, que ce soit au sens de l’émerveillement que j’ai ressenti en lisant, ou au sens du système magique, que je trouve très intéressant. La magie ordinaire fonctionne avec la lumière et connaît des degrés ; la magie spécifique aux femmes est fascinante ! J’ai adoré les décors, que ce soit Astria, que j’ai retrouvé avec plaisir, d’autres villes – dont je tairai le nom pour vous laisser la surprise ! – ou la forêt des Songes, qui est véritablement enchanteresse. Je dois souligner que j’adore les forêts, et donc en « visiter » une dans Les Illusions de Sav-Loar n’a fait qu’ajouter à mon plaisir de lecture ! Un autre décor : le désert. Il est tellement rare que j’apprécie ce genre de setting que je ne peux qu’applaudir quand un auteur me le fait aimer ! Lui est associé une culture esclavagiste et « orientale », où un homme possède un harem. A partir de là, je peux vous dire que le roman s’ouvre sur des scènes tout sauf agréables à lire : meurtre, viols, pédophilie, esclavagisme. J’ai remarqué que Manon Fargetton avait le don de commencer ses œuvres par ce genre de scène choc, qui accroche le lecteur et l’empêche de reposer le livre ; c’était déjà le cas dans L’Héritage des Rois-Passeurs, qui commence par le massacre en règle de toute une famille ! Cela n’est pas pour autant rédhibitoire, au contraire : j’avais tellement envie que les personnages que je venais de rencontrer se sortent de cette situation !! J’avais envie de voir l’éclosion de la magie, de voir l’évolution de Fèl, de Bleue, d’Amesân … Donc, il va sans dire que certaines scènes sont violentes, parfois glaçantes, et ne laissent pas le lecteur indemne. Elles provoquent des frissons, d’indignation, de colère ; l’injustice de certaines situations donne envie de hurler. D’autres scènes sont tout de même présentes pour provoquer d’autres types de frissons, de plaisir cette fois, notamment face à des événements attendus (ou pas !) En effet, le roman présente son lot de surprises, notamment [SPOILER] l’existence des Aranéides !! Je ne m’y attendais PAS DU TOUT ! [FIN DU SPOILER] ou la mort de certains personnages au « début » du roman – j’ai mis du temps à m’en remettre, comme les autres personnages ! Mais quel choc !! L’émotion est présente, et la romance aussi : elle ne m’a pas du tout dérangée, au contraire. Les couples qui se forment, qui sont déjà formés, m’ont tous touchés !! L’action est prenante : que ce soit une course contre la montre, ou une bataille en règle, le lecteur est plongé dans le monde créé par l’auteure, il se trouve auprès des personnages, il vit l’instant avec eux. Et je vous préviens, préparez-vous aux larmes, que ce soit au début ou à la fin, parce que l’auteure ne nous épargne pas, et eux non plus !! 

Et je dois dire qu’ils sont (presque) tous attachants ! Avec 861 pages passées à leur côté, difficile de ne pas au moins les apprécier, voire les aimer. Certains sont plus longs à dompter que d’autres ; ce fut le cas de Fèl pour moi. J’ai eu un peu de mal avec son caractère au début du roman. Manipulatrice, égoïste, elle ne pense qu’à sauver sa peau et à retrouver sa liberté sans se soucier de ceux qui l’entourent. Evidemment, le lecteur se rend vite compte de qui elle est vraiment, et de sa « véritable » personnalité. J’ai fini par l’adorer, et elle fait partie de mes personnages préférés, au même titre que Bleue. Le lecteur la rencontre pour la première fois enfant. Discrète maladive, elle serait heureuse si elle pouvait se rendre invisible ! Au fil des pages, elle grandit, évolue. Ce qu’elle vit est tellement dur à lire par moments … Certains passages qui concernent ces deux personnages sont si beaux qu’ils m’ont fait venir les larmes aux yeux – je pense à la page 247 et à la suite … Bouh, mon pauvre petit cœur !! Vient ensuite Amesân, que j’ai aimé dès le début !! Le roman nous donne de petits indices qu’à ce qu’il veut véritablement accomplir en choisissant les esclaves du Sker. Intelligent, doux, gentil, il est sous la domination d’un homme qu’il haït sans pouvoir le montrer. [SPOILER] Je ne pouvais pas croire qu’il meurt si tôt dans le livre ; honnêtement, j’ai dû relire pour comprendre, et même là, je me suis dit que c’était une erreur !! J’aurais tellement aimé le voir évoluer !! Rah !! [FIN DU SPOILER] J’ai aussi beaucoup apprécié Guilhem et Tiriss, des opposés parfaits qui m’ont fait rire par leurs chamailleries constantes. Mais ma tendresse va à Oreb. Il m’a touchée comme rarement. Les passages qui le concernent étaient à la fois beaux et tristes. Son identité est mystérieuse – à force, j’avais deviné mouhahahaha -, mais sa bienveillance est sans faille. Le passage dans lequel le lecteur découvre son passé est d’une beauté … *frissons* Comme je ne cesse de le répéter, j’adore les groupes, dans lesquels j’ai l’impression d’avoir une place. J’ai voyagé avec eux, vécu avec eux. Evidemment, cette petite troupe rencontre de nombreux nouveaux personnages au fil de leurs aventures : Minuit, magicien renégat mystérieux, et qui attend la femme de sa vie depuis plus de vingt ans ; Manala, magicienne qui prône la supériorité du féminin, la vengeance sur les capes d’or, un monde de femmes, tutrice et tisseuse d’illusions ; Néphélie, l’opposée de Manala, que j’ai adorée !! ; Ashar, jeune garçon élevé chez les magiciennes, fils de l’une d’elles, mais toujours rejeté, jamais aimé ; Til’Enarion, avec qui le lecteur a une relation conflictuelle [SPOILER] qui évolue à mesure qu’il s’éduque et qu’il accepte et aime sa fille et les magiciennes, comme Bleue l’accepte et l’aime [FIN DU SPOILER]. Tellement de personnages grandioses, si peu de détestables (le Sker, évidemment !)

On retrouve aussi des personnages déjà connus du lecteur ; en effet, IL FAUT LIRE L’HERITAGE DES ROIS-PASSEURS AVANT Les Illusions de Sav-Loar !! Quelle joie, quel bonheur de constater que la timeline de ce deuxième tome rejoint celle du premier !! J’ai pu retrouver des personnages que j’adorais !! Et quelle détresse d’en voir certains mourir !!!!!!! Ah !! !! Mon cœur !!! J’ai adoré la rencontre entre Oreb et Luernios et la scène qui les concerne, j’ai adoré l’importance du Dieu gris dans le livre, et cette scène, oh, cette scène à la fin … Bouh !!!

Je vais finir cette chronique sur un énorme point positif, quelque chose que j’ai adoré dans ce livre : son féminisme. Il est sain, ne prône pas la supériorité des femmes sur les hommes mais une véritable égalité des sexes, une place pour les magiciennes auprès des magiciens, la fin de la peur d’un côté comme de l’autre. Mais comme c’était beau ! Et comme c’était énervant de lire des propos misogynes tenus par des magiciens ou par d’autres personnages ! Parce qu’évidemment, une œuvre féministe se doit de passer par des scènes sexistes pour montrer de quoi naît la révolte, la résistance. Le passage du duel entre Sélène et Diès, et de ce qui arrive ensuite m’a laissé sans voix, comme l’endoctrinement des magiciens du Clos. Pour autant, ceux ne sont pas diabolisés : c’est leur éducation qui les a rendus tels qu’ils sont, et leur ignorance. Le monde n’est pas noir ou blanc, les personnages ne sont pas bons ou mauvais, mais faits de nuances, qu’ils soient magiciens ou pas d’ailleurs !! Les magiciennes, quant à elle, ne sont pas idéalisées, ce que j’ai trouvé génial !! Elles se divisent en deux groupes – et peut-être un troisième composé d’indécises – qui ont tous deux des idées radicales opposées : l’un prône la supériorité des femmes, le renversement de l’injustice, et la vengeance ; l’autre, l’égalité, le vivre-ensemble, l’acceptation des hommes. Ce féminisme permet d’aborder des sujets liés à l’actualité, comme la grossesse, l’envie ou non d’avoir des enfants, la place de l’homme ou de la femme dans le couple et dans la société. Je ne peux résister, à nouveau, à l’appel de la citation :

 

« De même qu’une femme qui ne pouvait ou ne voulait pas procréer n’était pas moins femme, elle n’était pas moins magicienne en choisissant de ne jamais tisser d’illusions ».

 

Je pourrais encore vous parler longtemps de ce livre, mais je finirai par tourner en rond. Je ne peux que vous conseillez de vous ruer dessus !! C’est un de ces ouvrages qui me rappellent pourquoi je lis, pourquoi j’aime lire, qui me rappellent le plaisir que l’on peut prendre à vivre une autre vie.

 

Si vous êtes encore là, ALLEZ ACHETER CES LIVRES TOUT DE SUITE !! 

Little Women de Louisa May Alcott

Posté : 6 janvier, 2019 @ 2:59 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Classique, Jeunesse Little Women

Editeur : Puffin (in Bloom) 

Année de sortie : 2014 [1868-1869] 

Nombre de pages : 777

Titre en français : Les Quatre filles du Dr. March 

Temps resté dans la PAL : presque 2 ans

Synopsis : « Life and love are very precious when both are in full bloom ». 

 

Avis : J’ai gagné ce livre lors d’un concours Instagram, avec les trois autres classiques jeunesse édités dans la collection Puffin in Bloom. J’étais tellement contente !! Et pourtant, j’ai attendu très longtemps avant de lire un des livres du box !

Honnêtement, je ne m’attendais pas à être si touchée par l’histoire de la famille March ! Je me suis attachée à TOUS les personnages (et c’est assez rare pour le mentionner !), et j’étais complètement dans le livre !

Je me suis attachée à chaque soeur à un moment donné de l’histoire, mais ma préférée reste Jo. Je me suis sentie proche d’elle, comme pour Esther dans Bleak House (La Maison d’Apre-Vent). Elle était comme un alter ego, quelqu’un que j’aurais pu être dans une autre vie. J’ai adoré Beth : son personnage est si doux ! On pourrait la croire fragile, c’est la seule soeur qui n’a pas de rêve formidable ou de grande ambition ; mais elle semble, en fin de compte, la plus forte de la fratrie. J’ai appris à aimer Amy, que je « détestais » (mot un peu trop fort) au début du roman. A cause de l’identification avec Jo, j’ai eu tellement mal au coeur quand Amy lui joue ce mauvais tour affreux, vers le début de l’œuvre ! Je me suis mise à sa place, et je pense que j’aurais eu encore plus de mal à pardonner ! Meg est sans doute celle que j’ai le moins apprécié, ce qui ne veut pas dire que je ne l’ai pas aimée ! J’ai adoré les parents, peut-être un peu idéalisés, mais c’est ce que ressent tout enfant pour son propre père et sa propre mère. J’ai aussi aimé les personnages masculins !! Laurie était un plaisir à lire et à voir évoluer !! Son entrée dans la famille est rafraîchissante – même si je suis d’accord avec Jo sur [SPOILER] leur incompatibilité de caractère, j’ai parfois eu envie de les voir ensemble, je l’avoue ! [FIN DU SPOILER] Mr. Bhaer est adorable : les scènes dans lesquelles il apparaît avec des enfants me serrer le coeur de joie, c’était presque ridicule ! J’ai ADORE le fait que TOUS les personnages qui sont des enfants au début du roman évoluent clairement jusqu’à la fin de l’œuvre ! Le lecteur vit et grandit avec eux, ce qui renforce le lien qui les unit.

Alors, c’est vrai, Little Women n’est pas un concentré d’actions. C’est un livre calme, posé, cosy, qui nous réchauffe le coeur. J’avais l’impression d’être chez moi entre les pages, d’être en famille, de faire partie du livre ! Je vivais les événements en même temps qu’eux : je maudissais, je riais, je me réjouissais, j’ai même pleuré avec eux ! [SPOILER] Le fait de savoir que ce livre est partiellement autobiographique, que l’auteure s’est inspiré de sa propre famille, et que May, l’inspiration pour Beth, est effectivement morte dans la vingtaine m’a empêché de me révolter à la mort de Beth ! Je la trouvais tellement adorable, elle était tellement bonne !! Elle ressemblait à une sainte, quelqu’un de tellement altruiste qu’elle en semble irréelle. Après, l’auteure peut avoir idéaliser sa soeur, mais le résultat est satisfaisant : Beth est un des personnages les plus attachants et gentils de toute la littérature ! [FIN DU SPOILER] 

Je m’y attendais : la religion tient une place importante dans Little Women. Mais cela ne m’a pas gênée : ce sont les principes et les valeurs soutenus par la religion qui sont mis en avant, et non les dogmes ou l’institution, donc ils peuvent être isolés de l’idéologie. Donc, l’œuvre n’est pas moralisatrice dans le sens « il faut croire en Dieu », etc. Je ne sais pas si j’aurais autant apprécié ce livre si cela avait été le cas ! Certaines valeurs sont, de nos jours, – justement – dévaluées : la gentillesse, la dévotion, l’aide aux personnes qui en ont besoin, le travail. Il était réconfortant et motivant de lire un livre qui met en avant ces principes !

Quant à la construction de l’œuvre, au début, j’ai eu l’impression d’une succession de scènes, sans véritable lien ; j’aurais pu les extraire du roman et les lire seules sans problème. Elles me faisaient penser à des sortes de leçons ; étant donné que c’est un livre pour enfant à l’origine, cela m’a semblé « logique ». Ce n’était pas insupportable, comme on pourrait le penser, au contraire ! Cela m’a fait penser à Emile, ou de l’éducation de Rousseau : les enfants font des erreurs, et les parents sont là pour leur expliquer après coup en quoi c’en était une. Ils laissent leurs filles faire des expériences, et apprendre par elles-mêmes. Cela doit être tellement dur de les prévenir, mais de les laisser foncer dans un mur parce qu’elles n’écoutent pas ! Même en tant qu’adulte, ces « leçons » peuvent porter leurs fruits et servir de petite piqûre de rappel !

 

Donc, Little Women est une excellente surprise, et me permet de très bien commencer l’année ! 

Sapiens: A Brief History of Humankind de Yuval Noah Harari

Posté : 29 novembre, 2018 @ 4:33 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Sciences, Essai Sapiens

Editeur : Vintage 

Année de sortie : 2014 [2011]

Nombre de pages : 466

Titre en français : Sapiens : Une histoire de l’humanité 

Synopsis : 100,000 years ago, at least six human species inhabited the earth. Today there is just one.

Us. 

Homo Sapiens.

How did our species succeed in the battle for dominance? Why did our foraging ancestors come together to create cities and kingdoms? How did we come to believe in gods, nations and human rights? And what will our world be like in the millenia to come?

Bold, wide-ranging and provocative, Sapiens challenges everything we thought we knew about being human: our thoughts, our actions, our power … and our future. 

 

Avis : Cela fait un moment que ce livre est dans ma PAL – un tout petit peu plus d’un an ! Je n’osais pas le commencer, par peur de ne pas tout comprendre surtout.

Je suis complètement soufflée. Mon cerveau a grillé pendant la lecture, mais pas en raison de la difficulté de compréhension.

Je n’exagère pas quand je dis que ce livre vous force à remettre en question tout ce que vous pensez savoir ; je comprends maintenant pourquoi Sapiens est considéré comme provocateur. Tout est abordé : économie, religion, histoire, sciences, mais aussi des sujets auxquels je ne m’attendais pas, comme le genre, la sexualité ou le bonheur. L’auteur nous offre un point de vue différent sur à peu près tout, un point de vue qui « force » le lecteur à réfléchir, à tout repenser. Il offre des termes clairs mais aussi des associations de concepts, d’idées, au lecteur pour expliquer ce que, peut-être, il ressentait/pensait sans pouvoir l’exprimer clairement. Je savais déjà certaines choses, mais, même à ce moment-là, l’auteur a été capable de mettre des mots sur mes idées. J’ai tout compris, aucun mot ou concept compliqué ou incompréhensible n’est employé ; s’il y en avait, tout était expliqué grâce à de multiples exemples. 

J’ai adoré que ce livre ne traite pas que des humains, de leur gloire, de leur triomphe, de leur bien-être. C’est aussi (et, en fait, surtout) sur notre cruauté (envers d’autres humains, mais aussi d’autres espèces, et, bien sûr, les animaux aujourd’hui), notre irresponsabilité, nos malheurs, notre aveuglement. Comme nous sommes petits, jeunes, autocentrés. Sapiens est lucide, et assez déprimant en fin de compte : est-ce que, depuis le début, nous ne courrons pas à notre perte ? Est-ce que notre humanité n’est pas en danger ?

 

Donc, un essai qui nous fait réfléchir, que j’ai annoté de partout, et que tout le monde devrait lire !  

The Lord of the Rings, book 1: The Fellowship of the Ring de J. R. R. Tolkien

Posté : 13 novembre, 2018 @ 12:32 dans Avis littéraires, Challenge, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Fantasy The Fellowship of the Ring

Editeur : HarperCollins

Année de sortie : 1999 [1954]

Nombre de pages : 535

Titre en français : Le Seigneur des anneaux, tome 1 : La Communauté de l’Anneau

Synopsis : In a sleepy village in the Shire, a young hobbit is entrusted with an immense task. He must make a perilous Journey across Middle-earth to the Cracks of Doom, there to destroy the Ruling Ring of Power – the only thing that prevents the Dark Lord’s evil dominion.

Thus begins J. R. R. Tolkien’s classic tale, which continues in The Two Towers and The Return of the King

 

Avis : J’ai remarqué sur Goodreads que j’avais lu, pour la première fois, La Communauté de l’anneau en novembre 2012 ! Donc je l’ai relu pratiquement exactement six ans plus tard !! Drôle de coïncidence !

Ce tome (et ce premier film, parce que je vais aussi pas mal parler des films) n’a jamais été mon préféré. C’est vrai qu’on commence le voyage, qu’on découvre les différents personnages, qu’on s’attache plus ou moins à eux, etc ; mais, ce que je voulais, c’était de l’action, et il n’y en a pas énormément dans La Communauté de l’anneau. De plus, on suit des personnages que j’appréciais, à l’époque, un peu (voire beaucoup) moins que d’autres, notamment Frodon (que je supporte un peu mieux maintenant) et Sam (que j’ai appris à aimer, mais ce fut dur !) Malgré cela, le premier tome du Seigneur des Anneaux reste, évidemment, excellent !! Je ne sais pas si c’est la nostalgie, étant donné que la série de films était au même niveau que la série de livres Harry Potter dans mon enfance, c’est une des premières histoires que j’ai aimées dans ma vie ; si c’est la redécouverte de détails ou de gros passages/personnages coupés au cinéma que j’avais complètement oubliés ; ou si c’est simplement la magie de l’univers qui fait effet à nouveau. Malgré les scènes un peu longues, certains passages de description pendant lesquels mon esprit divaguait un peu, j’ai été charmée à nouveau.

Je pouvais visualiser chaque étape du voyage, et je me sentais vraiment proche de certains personnages. Après tout, la communauté est, en quelque sorte, un groupe d’amis si on peut dire ! J‘ai compris le fardeau de l’anneau pour Frodon – je le trouvais vraiment insupportable avant, geignard, et parfois cruel avec Sam, Pippin ou Merry. Cette fois, j’ai adoré Sam, et j’ai retrouvé mes personnages favoris : AragornGandalfArwen et Galadriel. J’étais carrément amoureuse du premier quand j’étais petite j’avoue ; le deuxième était le mentor que j’aurais aimé avoir si j’avais pu être magicienne ! Je déplore la quasi-absence d’Arwen dans le livre ; elle ne se trouve que dans l’appendice du tome 3, qui raconte son histoire d’amour avec Aragorn. Et j’adore sans doute Galadriel parce qu’elle était jouée par Cate Blanchett dans le film ! Alors, on pourrait avoir un gros débat sur la place des femmes dans Le Seigneur des anneaux ; on peut dire que ça laisse un peu à désirer, étant donné que la communauté n’est composée que de mecs, et pour d’autres raisons encore ! Mais laissons cela de côté pour le moment ! Le seul personnage que je ne pouvais pas supporter : Boromir. Alors, j’aime beaucoup Sean Bean parce qu’il a joué Boromir (et Ned Stark, soit dit en passant), mais je n’aime pas du tout le personnage ! Il est l’incarnation de l’arrogance et de l’orgueil des hommes ! 

Sans doute grâce à mon re-visionnage entre temps, je suis parvenue à voir certains détails que j’avais complètement loupé à la première lecture ! [SPOILER] Ils concernent surtout Boromir et ce qu’il va tenter de faire à la fin du premier tome ! D’ailleurs, je ne me souvenais pas que le découpage des livres ne correspondait pas au découpage des films ! [FIN DU SPOILER] J’ai aussi été un peu choquée du nombre de choses qui changent / sont supprimées dans les films. Tom Bombadil est un personnage plutôt important je trouve, et je ne me souvenais pas vraiment des passages qui le concernaient ! Je ne me souvenais pas non plus de l’âge « réel » de Frodon !!!

Toute son histoire de déménagement ne se trouve pas non plus dans le film, comme son voyage pour arriver, enfin, à Fondcombe ! Parlant de Rivendell (en VO), j’ai particulièrement aimé les passages chez les elfes ! Je me sens à la fois proche de ce peuple, et je m’en distancie parfois. J’aime le fait qu’ils fassent pratiquement corps avec la nature, qu’ils vivent dans des arbres et puissent invoquer les forces comme l’eau, le fait qu’ils soient des sages, et leur histoire mélancolique. Mais je ne me reconnais pas dans leur hauteur, et dans leur façon de considérer que les autres sont donc moins « bons ».

 

Cette fois, étant donné que c’était enfin mon exemplaire, j’ai pu souligner des citations, surtout celles de Gandalf ! J’adore aussi les premiers vers du poème composé par Bilbon : « All that is gold does not glitter, / Not all those who wander are lost”.

Seul gros bémol que je pourrais éventuellement reprocher à The Fellowship of the Ring : le manque d’émotion quand un personnage meurt. Je ne sais pas si c’est le style de l’auteur ou quoi, mais il me manque quelque chose dans l’écriture, dans l’histoire, dans je ne sais quoi, pour provoquer en moi l’émotion, et c’est bien dommage !! 

 

C’était un merveilleux voyage : je me suis attardée en Lórien, j’ai souffert à la Moria, et je suis sortie du livre un peu vide. Maintenant, j’ai très envie de relire The Two Towers, mon préféré de la série ; mais je n’ai pas le livre en ma possession, et, finalement, je n’ai pas tellement envie de finir à nouveau Le Seigneur des Anneaux, je préfère faire durer la saga encore un peu !

 

Donc, une excellente immersion dans l’univers de la Terre du Milieu ! 

 

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