Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Archive pour la catégorie 'Coup de cœur'

Christmas Days: 12 Stories and 12 Feasts for 12 Days de Jeanette Winterson

Posté : 10 décembre, 2017 @ 8:44 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : NouvelleChristmas Days

Editeur : Jonathan Cape

Année de sortie : 2016

Nombre de pages : 293

Titre en français : Pas encore traduit, mais j’ai de l’espoir !

Synopsis : There’s a cat and a dog and a solid silver frog. Frost and icicles. There’s mistletoe, sledges and a donkey with a golden nose. Yuletides, mince pies and a merry little Christmas time.    

 

Avis : J’avais vu ce livre sur la chaîne de Jen Campbell et je m’étais dit qu’il était parfait pour Noël ! En plus, Jeanette Winterson était le dernière auteur féminin que je voulais lire cette année, dans mon petit objectif de lire cinq nouvelles auteurs : Jen Campbell, Angela Carter, Ali Smith, Margaret Atwood et Jeanette Winterson ! Donc objectif accompli !

Pour commencer, je peux dire que j’aime la façon d’écrire de Jeanette Winterson ; j’ai trouvé son écriture agréable, et j’ai aimé les images qu’elle utilisait parfois. Je peux aussi vous dire que ce livre est magnifique rien que par son design. Je suis tombée amoureuse de cette couverture reliée sans jaquette !! Et je n’avais même pas fait attention aux détails des dessins blancs. Vraiment une des plus belles couvertures de ma collection ! Christmas Days ne comporte pas que des histoires, il propose aussi des recettes. Celles-ci sont introduites par une anecdote de l’auteur ; j’ai aimé cette façon de rendre le livre plus personnel encore. L’auteur nous parle de certains de ses Noëls, de sa vie personnelle, de ses proches, des gens avec qui elle fête Noël, de sa façon de le fêter. Elle m’a donné envie d’essayer certaines recettes un de ces jours ! Enfin, toutes les nouvelles sont magiques même si elles ne comportent pas toutes des éléments fantastiques !

Le recueil commence par « Christmas-tide« , une espèce d’introduction dans laquelle l’auteur nous parle des traditions de Noël et surtout, ce qu’est vraiment cette fête, c’est-à-dire une tentative d’éliminer encore les rites païens pour la religion chrétienne. Je savais que Jésus n’était pas né le 25 décembre, mais je ne savais pas tout à fait ce qu’était la fête à l’origine. Elle vient de différentes cultures : les Saturnaliae romaines, les mythes nordiques, un évêque turc, Samhain, une fête celtique qui commence à Halloween … Tout cela, masqué par la naissance du fils de Dieu ; mais surtout, tout cela qui devient très différent de ce que la fête signifiait alors. Les Saturnaliae servaient à remercier la nature ; des sapins décoraient les villes pour rappeler que, même au plus froid de l’hiver, alors que tout semble mort, la vie continue. L’échange de cadeaux était une façon de se dire merci, et d’apaiser la colère du dieu Odin. Autant vous dire que j’ai adoré cette introduction, et que j’ai appris beaucoup de choses !

Vient ensuite la première nouvelle, « Spirit of Christmas« , une très belle histoire chargée de nous rappeler ce que nous oublions trop souvent, comme, par exemple, la vraie signification de Noël, ou ce qui est véritablement important dans la vie. Un couple a loué un chalet pour y fêter Noël et, sur sa route, il croise un enfant étrange qui leur demande de l’aide. La deuxième histoire s’appelle « The SnowMama« , et elle fait partie de mes préférées ! Un peu de magie, et la vie d’une mère et de sa fille change radicalement ! J’ai trouvé cette espèce de légende autour des bonhommes de neige tellement réconfortante, un peu de chaleur dans le cœur ! La première histoire de fantômes est « Dark Christmas » ! Le lecteur suit un homme qui a loué une maison pour y passer Noël avec ses amis. Mais, il n’a pas l’air d’être seul … *frissons* Comme dans toutes les histoires de fantômes, un secret ne demande qu’à être révélé ! Suit « Christmas in New York« , une nouvelle qui mène le lecteur au bord de la magie. C’était si bien fait !! J’ai adoré découvrir la vie de cet homme qui ne croit pas à la magie de Noël, qui ne veut pas le fêter, et qui se retrouve dans une situation où il est forcé de se remettre en question. C’était mignon, c’est indéniable !! La nouvelle suivante, « The Mistletoe Bride«  est plutôt cruelle, et ressemble en cela aux contes de fées, mais pour adulte. C’est aussi une de mes histoires préférées, puisqu’elle est plutôt située au temps des rois et des reines. Le lecteur supporte totalement le personnage principal ! Suit « O’Brien’s First Christmas« , l’histoire d’une jeune femme qui n’a jamais fêté Noël. Sa vie est marron, elle se sent insipide, et se retrouve embarquée dans la magie de la période. Comme dans « The SnowMama », on retrouve un élément fantastique que j’ai adoré ! Comme dans la plupart des nouvelles, l’héroïne n’a besoin que d’une petite impulsion pour changer toute sa vie ! Une de mes préférées également !

Vient ensuite « The Second Best-Bed« , à nouveau une histoire de fantômes ! C’est aussi une histoire d’amour, de jalousie, et qui nous fait réfléchir sur la façon dont les gens réagissent quand ils sont spectateurs de changement dans la vie de personnes qu’ils aiment. J’ai aimé la fin ! « Christmas Cracker » est adorable, aussi doux qu’un bonbon ! Le lecteur suit un pauvre chien rejeté par tous et partout, qui se retrouve coincé dans un cracker géant. Cette nouvelle met aussi en avant l’hypocrisie de la société, comme le fera plus loin « The Silver Frog ». « A Ghost Story » - difficile de deviner le type d’histoire, n’est-ce pas ?! – est vraiment une bonne histoire de fantômes ! Un homme raconte à ses amis qu’il a rencontré un fantôme, puis une fille de leur groupe sort pour respirer un peu. Cette nouvelle évoque George Mallory et son ascension de l’Everest, de laquelle il n’est jamais revenu. On peut quasiment sentir le froid à travers les pages ! L’action de « The Silver Frog » se situe dans un orphelinat, et possède un élément magique que j’ai adoré ! C’est un peu une sorte de conte de fées, aussi cruel que « The Mistletoe Bride », mais de façon différente. J’aime les histoires dans lesquelles des animaux sont impliqués – excepté celles dans lesquelles ils sont brutalisés, bien sûr ! Suit « The Lion, the Unicorn and Me« , qui traite de la Nativité. Sans doute la nouvelle que j’ai le moins apprécié, même si je l’ai tout de même aimé – c’est dire la qualité de la collection ! J’ai aimé que le point de vue soit celui de l’âne ! Enfin, le recueil s’achève sur « The Glow Heart« , la meilleure histoire du livre !!! C’est si beau et si triste, j’en ai pleuré. Une belle façon de rappeler au lecteur que la vie continue, quoi qu’il arrive.

L’auteur achève son livre par ses vœux de Noël, touchants, et qui, comme toutes les histoires et l’introduction, font réfléchir le lecteur.

 

Donc, ce livre est réconfortant, il réchauffe le cœur, même s’il est parfois triste ; il montre que la lumière se trouve même dans les ténèbres les plus épaisses – poésie, quand tu me tiens ! Il est aussi effrayant avec les histoires de fantômes ; il réunit tout ce qu’il faut pour faire un excellent livre.

Paradise Kiss, intégrale d’Ai Yazawa

Posté : 7 décembre, 2017 @ 11:37 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Manga, Shojo Paradise Kiss

Editeur : Kana

Année de sortie : 2009 

Nombre de pages : 876

Synopsis : Un shojo manga très glamour pour les fashion victims et les autres ! 

La très sérieuse Yukari n’a qu’une obsession : réussir son entrée à l’université. De par sa taille et sa silhouette, elle est pourtant le mannequin idéal pour présenter la robe que prépare une joyeuse bande d’étudiants en stylisme qui se regroupe dans une cave-atelier baptisée Paradise Kiss. Enrôlée par ces filles et garçons très originaux, Yukari se retrouve, un peu malgré elle, plongée dans un univers où se concrétisent les rêves les plus fous. Sans compter que l’Amour sera au rendez-vous …

 

Avis : J’ai adoré Nana d’Ai Yazawa, mon manga préféré !! Mais je n’avais jamais lu d’autres mangas de l’auteur, peut-être parce que je pensais que ce ne serait jamais aussi bien. En voyant l’intégrale de Paradise Kiss à la bibliothèque, je me suis laissée tenter !

Autant Nana tournait autour de la musique, autant Paradise Kiss traite de la mode. Yukari tombe dans ce monde inconnu pour elle, auprès de personnages haut en couleur qui lui semblent très étranges, de vrais extraterrestres. Elle est repérée par l’un d’eux, et cela change complètement sa vie. Je me suis beaucoup identifiée à Yukari : elle ne fait pas ce qu’elle veut, elle travaille juste pour plaire à sa mère – ce n’est pas ce que je fais, c’est la suite qui me concerne. Elle aimerait trouver sa voie, mais n’avait pas trouvé le courage jusque-là de se lancer. Ce sont les membres de Paradise Kiss qui, contre leur gré, la poussent à réfléchir sur sa vie, et à se prendre en mains ! Ce que j’ai aussi aimé, c’est que l’auteur n’embellit pas la réalité : si l’un des personnages veut devenir mannequin, ça ne veut pas dire qu’il va devenir très connu dans le monde, ou que sa carrière sera facile. Bien sûr, cela donne des illustrations magnifiques de vêtements formidables ! Seul regret : l’absence de couleurs des planches ! On sait grâce au dialogue que Miwako a les cheveux roses, et que Georges a les cheveux bleus, mais on ne le voit pas ! Et les vêtements doivent être encore plus beaux en couleurs !! L’amour est bien sûr présent, mais, comme Nana, Paradise Kiss n’est pas un shojo ordinaire. L’héroïne, si elle est agaçante, est remise sur le droit chemin de manière brutale par les autres personnages. Pas d’insta love, pas de romances parfaites ; les difficultés de l’amour et de la vie sont présentes, non mises de côté ou oubliées comme dans d’autres shojos. Concernant les personnages, j’ai adoré, bien sûr, Yukari, mais aussi Miwako, adorable et fragile, que les autres personnages protègent tous. J’ai moins apprécié Arashi [SPOILER] surtout pour ses scènes de jalousie, ou les scènes où il fait souffrir Miwako pour rien ! Une scène en particulier m’a donné envie de le frapper ! [FIN DU SPOILER] Georges est assez ambivalent : je l’ai adoré, mais je l’ai aussi détesté à certains moments. Les mères en général laissent à désirer, elles sont centrées sur elles-mêmes, sur leurs espoirs déçus, et pas sur le bonheur de leurs enfants. La fin était tellement triste … [SPOILER] J’avais tellement envie que Yukari et Georges restent ensemble ! [FIN DU SPOILER] Je lirai sans doute d’autres mangas de l’auteur, notamment Gokinjo : une vie de quartier, qui raconte apparemment la vie de Miwako !

 

Donc, j’ai adoré ce manga, j’ai très envie de l’avoir dans ma bibliothèque !! Un coup de cœur évidemment !!

Into the Water de Paula Hawkins

Posté : 6 décembre, 2017 @ 12:52 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : ThrillerInto the Water

Editeur : Doubleday

Année de sortie : 2017

Nombre de pages : 353

Titre en français : Au fond de l’eau

Synopsis : ‘Julia, it’s me. I need you to call me back. Please, Julia. It’s important …’

In the last days before her death, Nel Abbott called her sister.

Jules didn’t pick up the phone, ignoring her plea for help.

Now Nel is dead. They say she jumped. And Jules has been dragged back to the one place she hoped she had escaped for good, to care for the teenage girl her sister left behind.

But Jules is afraid. So afraid. Of her long-buried memories, of the old Mill House, of knowing that Nel would never have jumped.

And most of all she’s afraid of the water, and the place they call the Drowning Pool …

With the same propulsive writing and acute understanding of human instincts that captivated millions of reader around the world in her explosive debut thriller, The Girl on the Train, Paula Hawkins delivers an urgent, satisfying read that hinges on the stories we tell about our pasts and their power to destroy the lives we live now.

 

Avis : J’avais adoré The Girl on the Train, le premier roman de l’auteur, que j’ai lu au mois d’octobre. Je n’attendais qu’une chose : qu’Into the Water réapparaisse dans la bibliothèque de ma ville pour l’emprunter !! Autant vous dire que je me suis jetée dessus, ce devait être un peu étrange !

Je suis vraiment tentée de dire qu’Into the Water est encore meilleur que The Girl on the Train ! C’est vraiment captivant, j’étais complètement emportée dans l’histoire, j’avais tellement envie de comprendre, j’avais envie d’avoir enfin la clé du mystère. Nel a-t-elle été tuée ? S’est-elle suicidée ? Qui la connaît vraiment ? Qu’est-ce que Jules cache ? Et Lena ? Et les autres personnages ? Tous ont un secret, et le lecteur meurt d’envie de les connaître !! L’auteur a un vrai don pour terminer ses chapitres sur une phrase qui donne immédiatement besoin au lecteur de lire la suite !! C’est assez frustrant quand on doit aller en cours entre temps !! La raison pour laquelle j’ai vraiment adoré Into the Water est que ce n’est pas juste un thriller de plus : l’auteur aborde un sujet important, mais parfois tabou, la violence faite aux femmes, et le sexisme inhérent de la société. Toutes les femmes sont maltraitées, d’une façon ou d’une autre ; et la façon de réagir des autres femmes, des hommes ou de la société est tellement énervante !! [SPOILER] Après avoir compris que Jules considère qu’il l’a violé, Robbie ne comprend vraiment pas ce qu’elle veut dire : il pensait vraiment lui rendre service en lui prenant sa virginité !!!!! WOOOW !!!!!!!! [FIN DU SPOILER] Certains hommes ne se rendent même pas compte qu’ils font quelque chose de mal, qu’ils sont violents ; pour eux, leur attitude est normal ! J’ai trouvé que le livre représentait bien cet aspect de la société, aspect que certains aimeraient ne pas voir. Et c’est justement là qu’il est meilleur que The Girl on the Train : je me souviens que Rachel avait une vision de la femme qui m’avait laissé perplexe, qui m’avait un peu agacé. J’ai aussi aimé la réflexion autour de l’eau, qui peut être si fascinante pour certaines personnes ! Autre chose que j’aime dans ce livre : on retrouve un « narrateur » dans lequel on ne peut pas vraiment avoir confiance, et même, des « narrateurs », puisque le livre est écrit avec de multiples points de vue - tous les personnages n’ont pas la parole, parfois le point de vue est interne, mais le point de vue n’est pas écrit à la première personne – !! J’adore ce genre de livre, j’aime avoir différentes versions de la même histoire : c’est aussi pour ça que j’adore A Song of Ice and Fire ! Tous les personnages ont l’air d’avoir quelque chose à se reprocher, ce qui, bien sûr, met le lecteur sur différentes pistes, et le laisse se perdre. Jules, qui reste le point de vue principal, m’a paru assez peu digne de confiance, pas de la même façon que Rachel, mais le lecteur ne peut pas la croire ; en effet, Lena ne parle pas de sa mère comme Jules parle de sa sœur. On dirait qu’elles n’ont pas connu la même personne, il leur manque des pièces de la vie de leur parente pour pleinement la comprendre.

Et, c’est aussi un gros point positif pour moi dans ce livre : l’auteur est parvenu à créer un personnage ambivalent, une femme que le lecteur ne parvient pas à cerner, Nel Abbott, la femme retrouvée dans the Drowning Pool. Il ne peut pas l’aimer, il ne peut pas la détester, il ne la comprend pas ; les différents points de vue à son sujet sont contradictoires. Nel est dangereuse, Nel est gentille, c’est une bonne mère, c’est une mauvaise mère, c’est une bonne amie, elle est irresponsable, etc. J’aime vraiment ce genre de personnages : ils permettent de montrer combien on est perçu différemment selon nos actions, et selon les personnes qui nous jugent. Pour le livre qu’elle écrivait, Nel est considérée à la fois comme une « muckracker » et comme une femme qui veut juste révéler la vérité. Tous les autres personnages sont aussi ambivalents : par exemple, Jules. Elle semble détester sa soeur, l’aimer en même temps, ne pas pouvoir lui pardonner quelque chose de particulièrement cruel. [SPOILER] Mais une fois que l’on comprend qu’en réalité, elle se trompait sur Nel, il est difficile de pleinement l’apprécier. Elle a ruiné la vie de sa sœur, alors qu’elle pensait que c’était elle qui avait ruiné la sienne. Le manque de communication a détruit leur relation, et leur vie en général. Tout n’est que malentendu entre elles ! [FIN DU SPOILER] J’ai apprécié le personnage de Jules, même s’il était clair qu’il lui manquait quelque chose pour comprendre sa sœur. Elle est hantée par le souvenir de Nel, par le regret de ne pas l’avoir revue avant sa mort, par le besoin de la venger, si elle a été tuée. J’ai aussi aimé le personnage de Lena, clairement incomprise par la majorité des personnages, excepté Nickie, qui reconnaît en elle la même force que celle de sa mère, la même dangerosité, quelque chose qui peut la conduire à sa perte. Mature, elle est persuadée que sa mère s’est suicidée. Mais, comme tous les autres personnages, elle semble avoir un mobile pour le meurtre de sa mère, et sa tante a peur d’elle. Le lecteur s’attache à d’autres personnages qui semblent gentils, comme Sean Townsend, qui enquête sur la mort de Nel, ou Erin Morgan, enquêtrice victime du sexisme ambiant. En revanche, un personnage que je n’ai pas supporté : Patrick Townsend. Il fait faire quelque chose à son fils à un moment donné, j’avais envie d’entrer dans le livre et de lui faire la même chose !!  Et encore de la violence envers les animaux !! [SPOILER] Bien sûr, cette violence finit par se diriger vers les autres humains, et notamment sur les plus faibles, femme et enfant, qui ne peuvent pas se défendre. Ah, ce personnage me dégoûte tellement !!!! [FIN DU SPOILER] J’ai aussi aimé le personnage de Nickie, incomprise et rejetée, victime elle aussi du sexisme ambiant.

La fin !!!!! L’auteur emboîte toutes les pièces du puzzle, tout est clair, et le lecteur applaudit à tant d’ingéniosité. [SPOILER] C’est aussi triste parce que Sean, qui s’est vu complètement lavé le cerveau par son père, reproduit les mêmes actes que lui … Une sorte de perpétuation du mal, alors que tout le monde ne cesse de dire que Sean est quelqu’un de bien, un homme gentil. [FIN DU SPOILER] Hâte de lire le prochain livre de l’auteur !!

 

Donc, un excellent thriller, un des meilleurs que j’ai lus !

Norse Mythology de Neil Gaiman

Posté : 3 décembre, 2017 @ 9:15 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Nouvelle, Mythologie Norse Mythology

Editeur : Bloomsbury

Année de sortie : 2017

Nombre de pages : 265

Titre en français : La mythologie viking

Synopsis : « Before the beginning there was nothing – no earth, no heavens, no stars, no sky: only the mist world, formless and shapeless, and the fire world, always burning. »

From the dawn of the world to the twilight of the gods, this is a dazzling retelling of the great Norse myths from the award-winning, bestselling Neil Gaiman.

 

Avis : Une petite lecture mythologique pour bien continuer décembre !

J’ai déjà lu L’étrange vie de Nobody Owens de Neil Gaiman il y a longtemps, et je me souviens avoir beaucoup aimé ; mais il faut que je relise ce livre, je n’en ai qu’un vague souvenir. Toujours est-il qu’en lisant les synopsis des livres de Neil Gaiman, j’ai très envie de les lire !! Là, le sujet me poussait encore plus vers Norse Mythology : j’adore la mythologie, qu’elle soit grecque, romaine, nordique ou égyptienne. J’aime découvrir les différents mythes, apprendre les différentes caractéristiques des dieux. Neil Gaiman reprend ici une façon d’écrire assez ancienne, avec des procédés comme la répétition de noms. Cela peut paraître lourd, mais, pour ce livre, j’ai trouvé que cela coïncidait avec le type de récit. J’ai été emportée par la plupart des histoires, j’avançais sans m’en rendre compte, je ne voyais pas le temps passer ! J’ai aussi adoré le fait que les mythes nordiques soient un mélange de comédie et de tragédie : on se moque des dieux ou on souffre avec eux selon les histoires ; celles-ci les tournent en ridicule ou racontent leurs batailles et leur mort. Ce qui est agréable aussi dans ce livre, c’est que les femmes ne sont pas mal-représentées : elles ne font jamais ce qu’elles ne veulent pas faire. Mon histoire préférée reste la dernière, « Ragnarok, or the destinies of the gods », qui raconte la dernière grande bataille des dieux, et leur mort ; mais j’ai aimé le fait que, même à l’époque la plus noire, même à la fin des temps, l’espoir subsiste.

En lisant ce livre, on se rend compte que les studios Marvel, qui ont repris l’histoire de la mythologie nordique, l’ont complètement réécrite, à la différence de Neil Gaiman, qui ne fait que reprendre les mythes, les retranscrire pour les faire connaître. Dans les films de superhéros, mais aussi dans les comics je suppose – je ne les ai pas encore lus –, Thor est d’abord un dieu arrogant, convaincu de sa force et de sa noblesse, qui apprend l’humilité en arrivant sur Terre/Midgard. Dans les mythes nordiques, il n’est pas tout à fait le même : convaincu de sa force, il est un dieu bon, et … on ne va pas dire bête, mais il ne brille pas par son intelligence et sa sagesse. Il faut laisser cela à Kvasir par exemple. Quant à Loki, il est également différent entre les vrais mythes et les films : dans les premiers, il est décrit comme séduisant, dangereux, à la fois aimé et détesté par les autres dieux ; chez Marvel, il est tout cela, mais le spectateur peut penser qu’il est bon au fond. Dans la bataille de Ragnarok [SPOILER] dans les mythes, Loki est contre Thor et les autres dieux, et s’allie à ses enfants, dont Hel, la maîtresse des enfers ; dans les films, il aide Thor et détruit Hel avec lui. [FIN DU SPOILER] Les liens de parenté ne sont pas non plus les mêmes, et on ne retrouve pas les mêmes dieux. Odin est bien le père de Thor, mais pas celui de Loki ; celui-ci est désigné comme étant son « blood brother ». Hella dans les films, n’est pas la fille d’Odin, mais celle de Loki : elle s’appelle Hel, et ne semble pas avoir de pouvoirs particuliers. Heimdall est présent, mais, dans les films, Balder n’existe pas, et Sif n’a pas le même rôle que dans les mythes. Freya n’est pas la mère de Thor, mais une Vanir ; c’est Frigg l’épouse d’Odin. Je ne pensais pas qu’autant de modifications avaient été faites !

 

Donc, ce livre est parfait pour les fans de mythologie nordique, mais aussi pour ceux qui veulent la découvrir !

 

The Beginning of the World in the Middle of the Night de Jen Campbell

Posté : 1 décembre, 2017 @ 11:40 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Nouvelle, Fantastique The Beginning of the World in the Middle of the Night

Editeur : Two Roads

Année de sortie : 2017

Nombre de pages : 209

Titre en français : Pas encore traduit !

Synopsis : Stories of family and magic, lost souls and superstition. Spirits in jam jars, mini-apocalypses, animal hearts and side shows.

Mermaids are on display at the local aquarium. A girl runs a coffin hotel on a remote island. And a couple are rewriting the history of the world in the middle of the night.

 

Avis : J’avais très envie de lire ce recueil ; tellement que je l’ai précommandé ! C’est le premier livre pour adultes de l’auteur, et c’est une réussite !

Le premier mot qui me vient à l’esprit quand je pense à ce livre est étrange. Mais dans le bon sens du terme ! Etrange parce que nouveau, parce qu’inédit, parce que je n’ai jamais lu ce genre de nouvelles auparavant. The Beginning of the World in the Middle of the Night peut à la rigueur me faire penser à The Bloody Chamber d’Angela Carter (La compagnie des loups en français), mais simplement parce que leurs histoires ne sont pas conventionnelles, surprennent le lecteur, le forcent à se poser des questions, à remettre en cause ses a priori, ses certitudes. J’ai adoré toutes les nouvelles, excepté une qui ne me semblait pas à la hauteur des autres. Petite remarque avant de commencer à vous parler de chaque nouvelle : j’aime particulièrement le fait que le lecteur soit laissé dans le flou ; il ne comprend pas la situation, ni qui sont les personnages. Tout s’éclaircit au fil de l’histoire, et la fin est toujours surprenante !

La première nouvelle, « Animals », est assez dérangeante. Elle m’a mise très mal à l’aise, et ce pour plusieurs raisons : d’abord, la société dystopique dépeinte ici pourrait être la nôtre sous peu, à cause de l’envie de consommation immédiate, mais surtout à cause du besoin de l’homme de tout maîtriser, surtout les autres. Le lecteur ne comprend pas tout de suite ce que cela implique pour le personnage principal ; il ne comprend pas non plus ce qu’il fait, ni ce qu’il ressent vraiment ; pourtant, peut-être par instinct, le lecteur a peur de cette histoire, et de cet homme étrange. [SPOILER] En gros, c’est un psychopathe : il décide quand même de tuer sa mère parce que sa copine lui a dit qu’il fallait qu’il se détache d’elle ! Comme coupage de cordon, plus brutal, je ne connais pas ! [FIN DU SPOILER] Je me souviens des frissons que j’ai eus en finissant la nouvelle, et en comprenant les conséquences de l’avancée de la science : l’homme peut faire n’importe quoi. Effrayant …

« Jacob » est bien plus mignonne – difficile de ne pas l’être après la première nouvelle. Le lecteur suit ici un petit garçon à travers une de ses lettres. Il pense que quelque chose ne va pas chez sa grande sœur : elle a brusquement changé de comportement, il ne la comprend plus, il pense qu’elle devient quelqu’un d’autre. L’auteur écrit de telle sorte que le lecteur croit au fait que la lettre est bien écrite par un petit garçon. Il fait des remarques que seul un enfant peut faire. Cette lettre est envoyée à quelqu’un qu’il ne connaît pas vraiment, ce qui explique sa maladresse. Cette nouvelle est touchante et donne envie d’aider nous-mêmes Jacob à comprendre le monde qui l’entoure, et ses changements.

La troisième nouvelle, « Plum Pie. Zombie Green. Yellow Bee. Purple Monster.”, m’a donné envie que l’auteur écrive un roman entier sur ce monde !! J’ai été emportée, j’ai eu envie d’en découvrir sur ce monde qui m’a paru fascinant ! Je n’ai pas envie de trop vous en dire, pour vous laisser le plaisir de découvrir par vous-mêmes : sachez juste que nous suivons des enfants qui découvrent que l’une d’entre eux a disparu.

C’est la quatrième nouvelle, « In the Dark », que j’ai moins appréciée. Il n’y avait pas d’éléments fantastiques, même si l’histoire est tout de même un peu étrange. Elle m’a semblé plus réaliste, et donc peut-être, moins vraisemblable – ce qui peut paraître contradictoire, mais quand des éléments fantastiques sont présents, le lecteur accepte qu’une sorte de magie existe dans le monde de l’histoire ; ici, la réalité semblait étrange, mais dans un sens qui ne me semblait pas tout à fait juste. En revanche, j’ai apprécié la réflexion qui ouvre la nouvelle à propos du fait que le cerveau humain est parfois très surprenant.

J’ai été très surprise par « Margaret and Mary and the End of the World” ! Je ne m’attendais pas à tomber sur une réécriture de l’histoire de Marie ! Il était très intéressant de voir l’auteur s’emparer du mythe et en faire quelque chose de moderne, mais aussi quelque chose d’assez perturbant, encore une fois. Jen Campbell n’a pas peur d’aborder les sujets qui fâchent : ici, le parallèle entre Marie et Margaret, ainsi que le parallèle entre Dieu et l’homme qui aura ce « rôle » pour la jeune fille, sont assez choquants. La jeune fille est laissée en pâture à un homme par sa mère en prenant le prétexte de la religion. Selon ce qu’on en fait, elle peut amener à faire n’importe quoi. De plus, l’auteur utilise un tableau pour présenter son histoire, Ecce Ancilla Domini de Dante Gabriel Rossetti, qui a pris sa sœur, Christina Rossetti pour modèle – l’auteure de Goblin Market. L’auteure interprète la peinture de manière assez peu conventionnelle je suppose ; mais je n’ai pas pu m’empêcher de voir exactement la même chose qu’elle. [SPOILER] Qui dit que Marie était heureuse d’être enceinte du fils de Dieu ? Après tout, on ne lui a pas demandé son avis. Et pourquoi l’Ange Gabriel a-t-il les pieds en feu ? [FIN DU SPOILER] Une de mes nouvelles préférées du recueil !

« Little Deaths » m’a également donné envie de lire un roman entier sur le sujet !! J’ai tellement envie d’en savoir plus, de découvrir plus en profondeur ce monde où les fantômes existent, mais viennent de nous !

Ma nouvelle préférée est « The Beginning of the World in the Middle of the Night”, sans hésitation. Je comprends pourquoi Jen Campbell l’a choisie pour titre de tout le recueil ; cette histoire est magnifique. Elle est à la fois belle et triste, elle apporte à la fois des réflexions scientifiques et des réflexions spirituelles. Comme pour les autres nouvelles, le lecteur ne comprend pas tout de suite de quoi il s’agit : la pièce n’est jouée que par deux personnages, Evelyn et Julian, visiblement un couple. Evelyn lance le sujet de conversation, et part dans une espèce de débat philosophique sur le début de l’univers, puis sur le début de leur histoire. Julian répond, [SPOILER] et le lecteur comprend qu’ils ne se souviennent pas du tout de la même chose, comme s’ils avaient vécu dans des univers parallèles, ce qui rejoint le débat précédent. [FIN DU SPOILER] La fin m’a explosé le cœur – larmes, bien sûr.

« Pebbles » est une nouvelle sur la guerre, mais pas seulement sur celle entre nations ; elle traite aussi des guerres quotidiennes, de celles qu’il faut livrer chaque jour, soit parce que l’on n’est pas accepté comme on est, soit parce que l’on est mélancolique de nature, et qu’il faut lutter chaque jour pour ne pas se faire submerger.

La fin de « Aunt Libby’s Coffin Hotel » m’a donné des frissons, comme « Animals », mais d’une façon différente. Ici, le lecteur suit une jeune fille qui doit obéir à sa tante, et donc faire croire qu’elle a un lien avec l’au-delà. Il est possible de sentir sa frustration : elle voudrait cesser de mentir et de faire semblant. Et pauvre chien ! J’ai rarement lu une fin qui m’a donné autant de frissons, vraiment !!

« Sea Devils » est horrible !! Un peu comme « Margaret and Mary and the End of the World », elle traite de la religion, des superstitions, et de ce qu’elles peuvent nous pousser à faire. La fin est affreuse !! Ou comment faire en sorte que les gens réfléchissent à ce qu’ils font, et à ce en quoi ils croient.

« Human Satellites » était étrange, et un aperçu d’un futur effrayant, un peu comme « Animals ». Ingénieux et très bien trouvé, le procédé montre jusqu’où l’homme est capable d’aller, et les débats que l’avancée de la science soulève.

La dernière nouvelle, « Bright White Hearts », se passe dans un aquarium dans lequel se trouve une sirène, et j’ai adoré apprendre tout un tas de choses sur les poissons et autres créatures marines. Pas si heureuse de voir, encore une fois, la stupidité de l’homme en revanche …

 

Donc, ce recueil offre une belle diversité d’histoires, aussi étranges les unes que les autres. Certaines vous feront rire, d’autres réfléchir, d’autres pleurer, et deux vous feront frissonner ! Chapeau à Jen Campbell ! Maintenant, j’en veux plus !!

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