Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Archive pour la catégorie 'Coup de cœur'

Hermione Granger : lectrice de Harry Potter de Tanguy Habrand

Posté : 3 décembre, 2022 @ 3:54 dans Avis littéraires, Coup de cœur | 2 commentaires »

Genre : Essai, FantasyHermione Granger

Editeur : Les Impressions Nouvelles

Année de sortie : 2022

Nombre de pages : 126

Synopsis : Depuis son apparition remarquée dans le Poudlard Express, où elle disait déjà « tout savoir » de Harry Potter, Hermione Granger s’est imposée comme un des personnages les plus complexes et emblématiques de J. K. Rowling. Moquée en raison de son physique, suscitant l’agacement par son légalisme, sa tendance à faire la morale, son perfectionnisme et son incroyable réussite scolaire, Hermione est dans le même temps d’une fidélité infaillible en amitié, pour laquelle elle est prête à réviser ses principes. Son portrait est ondoyant : première de classe altruiste, rat de bibliothèque tourné vers l’action, être de raison en proie à des émotions incontrôlables. Rien n’est simple dans le tourbillon de l’adolescence, surtout lorsque l’on est né Moldu dans le monde des Sorciers.

Figure de l’esprit critique, celle qui maîtrise les sortilèges comme personne (Wingardium Leviosa) interroge cette autre forme de magie qu’est le pouvoir de la connaissance. Qu’elle soit attablée dans une bibliothèque, transporte quantité de livres ou épluche le journal, Hermione Granger collecte, compare et questionne des informations. Peut-être est-ce cela qui nous la rend si proche, lecteurs et lectrices de Harry Potter, occupés comme elle à lire et à découvrir les faits. Mais la jeune sorcière va plus loin. Hermione est une incarnation de la persévérance alliée au courage. Et c’est assurément ce qui en fait une icône accomplie de la rébellion dans la littérature mondiale de ces dernières décennies.

 

Avis : Dès que j’ai appris l’existence de ce livre, grâce à une amie, j’ai eu envie de le lire ! Comment résister à un ouvrage sur Hermione, celle qui était pour moi une héroïne, celle à qui je m’identifiais ? Petit point, d’ailleurs, sur la couverture : je la trouve très réussie ! Rien qu’à la silhouette, le lecteur devine, sans lire le titre, de qui il est question. J’aime aussi beaucoup le nom de la collection : « La Fabrique des héros ». J’ai hâte de voir quels autres livres sont sortis et sortiront ! (après vérification : Batman, Nosferatu contre DraculaKatniss Everdeen … HERE I COME !)

L’essai commence par une courte introduction présentant Emma Watson en lectrice enthousiaste ; de l’actrice, l’auteur glisse vers son personnage phare. Dès le début, sa façon de parler d’Hermione a résonné avec ma façon de la voir. En effet, issue d’une famille moldue, elle doit faire tout son possible pour s’intégrer dans un monde qu’elle découvre totalement et dont elle ne sait rien et, ce, pour s’élever dans la société. Cela passe, chez elle, par le savoir, la connaissance, les compétences et, donc, par la lecture vorace, constante, de volumes divers et variés. C’était en cela, enfant puis ado, que je l’admirais : comme moi, elle lisait énormément, elle voulait apprendre, elle était curieuse. Elle est devenue comme un alter ego, un modèle. J’aimais suivre Harry à la lecture de ses aventures, mais c’était Hermione, surtout, que je voulais retrouver. Je pense ne pas être la seule à l’avoir admirée et suivie ; c’est encore aujourd’hui un de mes personnages préférés.

L’ouvrage est découpé en six parties, plus une introduction et une conclusion. L’étude du personnage d’Hermione est fine, intéressante et m’a semblé plutôt complète puisque même les aspects moins attrayants ou plus critiquables de la jeune fille se trouvent dans l’œuvre – en effet, toute une sous-partie s’attarde sur son engagement pour libérer les elfes de maison quand la conclusion, elle, se penche sur l’Hermione adulte de L’Enfant maudit. J’ai adoré que ce livre ne soit pas seulement un éloge de son courage, de son intelligence, de son travail acharné et de sa détermination, mais aussi de la lecture ! En effet, le parti pris de l’auteur est de présenter la jeune fille avant tout comme une lectrice ; elle représenterait alors, en quelque sorte, le lecteur qui tient les tomes successifs entre les mains. En lisant les passages sur les manuels scolaires ou les œuvres théoriques, de référence, du monde des sorciers, j’ai eu, à nouveau, comme la première fois, très envie de les trouver quelque part et de les lire ! Le passage sur les médias était également très intéressant : le développement de cet aspect de l’univers est d’abord expliqué avant que le personnage d’Hermione ne soit intégré à l’équation. J’ai aimé découvrir et redécouvrir de nouvelles facettes de l’héroïne, celles auxquelles je n’avais pas pensé ou auxquelles je n’avais jamais fait attention, celles que j’avais effleuré sans les creuser.

La conclusion, en se penchant sur L’Enfant maudit, permet d’expliquer la réception de la pièce par les fans d’Hermione face à leur personnage préféré désormais adulte. J’ai trouvé que cela couronnait très bien un ouvrage riche et fouillé, malgré son petit nombre de pages. En effet, l’auteur émaille son essai de multiples références et citations pour appuyer ses théories et idées.

 

Donc, j’ai adoré retrouver Hermione dans cette œuvre ; j’ai passé un excellent moment tout en apprenant des choses. Et, ce qui n’était pas arrivé depuis longtemps : j’ai à nouveau envie de relire toute la série !

Les Errantes de Jo Witek #plib2023

Posté : 5 novembre, 2022 @ 7:42 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Horreur, Fantastique Les Errantes

Editeur : Actes Sud

Année de sortie : 2022

Nombre de pages : 320

Synopsis : Suzanne, une streameuse survoltée, Saskia, une artiste en proie au découragement, et Anne-Lise, une jeune fille pétrie de spiritualité et en décalage avec son époque, cohabitent au dernier étage d’un immeuble bourgeois. Des apparitions fantomatiques et surnaturelles sèment la peur dans l’appartement.

 

Avis : J’ai découvert cette autrice avec Peur express, que j’avais beaucoup aimé pour son ambiance, son écriture et ses personnages, mais surtout pour sa troisième partie très intéressante. En voyant ce livre dans la présélection du PLIB, je me suis dit qu’il serait sympa de lire à nouveau un roman de Jo Witek ! La couverture et le titre m’intriguaient aussi ; j’ai donc fini par me lancer !

L’écriture m’a happée dès le début – il faut dire que je lisais un autre roman que je trouvais particulièrement mauvais avant, il est possible que ça ait aidé un peu ! C’était fluide, bien construit, j’avais envie de continuer à lire alors que j’étais fatiguée : c’était bien parti ! Au fil des pages, je me suis beaucoup attachée aux personnages, même Suzanne qui pouvait paraître agaçante à certains moments. Peu à peu s’installe une ambiance glauque, poisseuse, avec des scènes qui font froid dans le dos. Je n’ai pas été terrifiée en lisant ce livre, mais j’ai eu des frissons de dégoût – il faut s’y attendre quand sont mentionnées des scènes avec du sang, quel qu’il soit – et des petits moments d’angoisse ! Le lecteur est entraîné dans une histoire qu’il ne comprend pas totalement, notamment parce que les intrigues n’ont pas l’air d’avoir de lien entre elles. SPOILER 1 Pour autant, j’étais complètement dedans, j’avais envie de savoir, envie de continuer à suivre les filles et je fomentais des théories seule dans mon coin pour essayer de percer le mystère du sixième étage !

J’ai beaucoup aimé que les héroïnes soient si différentes : outre le fait que cela permet d’avoir plus de diversité niveau personnalité, culture et milieu, il est ainsi possible d’aborder différents sujets sans que cela semble trop lourd ou artificiel. Je pense que j’ai une préférence pour Saskia, non seulement parce qu’elle est artiste, mais aussi parce qu’elle m’a paru plus douce et rassurante, alors même que ce qu’elle vit est affreux. SPOILER 2 Suzanne était donc celle avec laquelle j’avais le plus de mal, sans doute à cause de sa façon de parler et de son côté « je suis cool » alors que ce n’est qu’une carapace pour se protéger. En fin de compte, c’est elle qui m’a fait pleurer ! Enfin, Anne-Lise est très touchante : hors du monde, elle est méprisée par ses pairs, incomprise par ses parents et incapable d’entrer dans le moule qu’on force sur elle. Elle m’a fait de la peine, mais le roman nous apprend aussi à voir une autre facette de sa personnalité. SPOILER 3 Ces trois héroïnes permettent donc d’aborder trois thèmes différents : l’art pour Saskia, la religion pour Anne-Lise et un autre sujet que je vous laisse découvrir pour Suzanne. Dans tous les cas, le lecteur se voit embarquer dans l’intrigue tout en apprenant : c’est bien mené, sans grosses ficelles.

Mais ce livre est un coup de cœur surtout pour l’émotion qu’il m’a fait ressentir. Cela fait un moment que je ne me suis pas laissée emporter à ce point par un roman et, surtout, que je n’ai pas pleuré en lisant. C’est donc chose faite ! La fin est très émouvante : SPOILER 4

 

Donc, j’ai adoré ce roman qui rejoint la liste de mes 25 sélectionnés pour le prix !

 

SPOILER 1 J’ai d’ailleurs beaucoup aimé la scène où les filles s’efforcent de trouver des liens entre leurs différentes hantises. C’était à la fois angoissant et réconfortant parce qu’elles sont ensemble dans l’épreuve. Et c’est un des éléments que j’ai ADORE dans ce roman : le fait que les filles soient unies, que, malgré leurs différences, elles s’entraident, même si elles ne se comprennent pas ou que c’est difficile au début. On sent que, peu à peu, une amitié se forme, et c’est, je pense, pour cette raison que je n’ai pas vraiment eu peur pendant ma lecture. Ce groupe, cette espèce de cocon que Saskia forme autour des deux autres filles, m’a donné l’impression qu’elles étaient protégées par leur lien grandissant. J’étais bien avec ces filles, dans le studio de l’artiste, j’avais envie de rester avec elles plus longtemps.

SPOILER 2 Elle est la première à se ressaisir, à faire le lien, à accepter ce qui lui arrive tout en restant lucide et capable de frayer avec la société, de faire des choix cohérents qui ne lui valent pas l’asile ou la prison. Elle est réfléchie et douce. Son éducation lui donne un côté encore plus rassurant avec ces chansons qu’elle fredonne, ses remèdes et sa façon d’aider Suzanne à comprendre ce qui lui arrive. Saskia m’a aussi fait très mal au cœur après sa rencontre avec le galeriste, mais il semblait évident qu’elle ne pouvait pas en rester là. Et, grâce à elle, j’en ai appris davantage sur Hilma af Klint que j’avais croisée dans un livre sur les femmes oubliées de l’histoire !

SPOILER 3 J’ai beaucoup aimé le passage où Saskia la voit en guerrière sans peur alors que, plus tôt, elle ne voyait qu’une adolescente perdue, internée contre son gré par ses parents.

SPOILER 4 Déjà, la mention de Saskia qu’elle voudrait parler à sa grand-mère m’a serré le cœur, mais alors quand Suzanne comprend qui est Odette, c’étaient les grandes eaux ! Pire encore quand, dans l’épilogue, le lecteur découvre Gisèle, son point de vue et le fait que les filles lui envoient des mots, des cadeaux, pensent toujours à elle et accordent de la valeur à cette femme à côté de qui tout le monde est passé … Le fait de découvrir que Saskia est une artiste connue, que Suzanne est une grande influenceuse dans son domaine, qu’Anne-Lise a entrepris des études de théologie : cela ne fait que mêler les pleurs et la joie. C’était une fin saine, une fin dans laquelle on se sent bien, comme dans ce groupe que l’on sent encore soudé malgré la fin de l’aventure.

 

#ISBN9782330167868

Prospérine Virgule-Point et la Phrase sans fin de Laure Dargelos #plib2022

Posté : 11 juillet, 2022 @ 4:30 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : FantasyProspérine Virgule-Point

Editeur : Rivka

Année de sortie : 2021 [2020]

Nombre de pages : 342

Synopsis : Demi-Mot aurait pu être un village ordinaire, s’il n’était pas bâti à la limite du Texte. Jour après jour, les habitants polissent et astiquent les lettres ; ils entretiennent ces milliers de caractères qui, sans leur concours, se seraient déjà effondrés. Chez les Virgule-Point, l’aînée de la fratrie a choisi une voie bien différente : fleuriste ! Elle préfère bichonner des Trompettes à pétales plutôt que de faire prospérer l’empire des points et des virgules. Mais un événement inexplicable ne tarde pas à l’entraîner dans une spirale qui la dépasse.?
?
Et si l’avenir du village était en jeu ? Et si tout était lié à la Phrase sans fin, cette mystérieuse phrase laissée en suspens par l’Auteur ?

 

Avis : Eh bien, ça faisait longtemps que j’avais fait un petit tour ici ! Ecrire des chroniques me manque et j’ai du temps : c’est parti !

Je ne vais pas vous mentir : quand j’ai vu ce roman parmi les finalistes du Plib 2022, je n’étais pas enchantée – surtout parce qu’aucun de mes favoris n’avait atteint la ligne d’arrivée *pleure un peu*. Mais, en relisant le résumé, je me suis rendu compte que c’était l’un de ceux qui m’intriguaient le plus ! C’est donc lui que j’ai décidé de lire en premier !

Et c’était à la fois une super et une très mauvaise idée ! Super parce que c’est un de mes rares coups de coeur de l’année ; mauvaise parce que les autres finalistes ont du souci à se faire !

Commençons par le premier élément qui m’a charmée : l’écriture. Laure Dargelos a un style particulier, à la fois fluide et happant, qui donne envie de poursuivre et qui séduit doucement. Il était agréable de me laisser porter par les mots, par l’histoire et par les personnages. Ceux-ci sont le deuxième aspect formidable de ce roman ! J’ai adoré Prospérine, son côté décalé, sa vivacité, son dynamisme, sa Trompette à pédales [SPOILER 1], sa ténacité ! Elle est accompagnée d’Héloïse, qui mériterait un paragraphe à elle toute seule ! J’ai adoré qu’elle soit fleuriste, j’ai adoré sa relation aux plantes, [SPOILER 2] C’est une héroïne enthousiaste que le lecteur a envie de suivre dans ses aventures ! J’ai aussi beaucoup aimé Honoré qui, évidemment, se doit d’évoluer au fils des pages. [SPOILER 3] Enfin, mention spéciale à un de mes personnages préférés : Ernest ! A la fois adorable, hilarant sans le vouloir et si gentil ! [SPOILER 4]

Mais, surtout, ce qui m’a complètement séduite dans ce roman, c’est l’univers ! J’ai adoré comme l’autrice joue avec les codes littéraires, ceux de la ponctuation, de la typographie et de la littérature pour nous offrir une œuvre qui est un bijou pour les adorateurs livresques ! On retrouve également certains grands stéréotypes littéraires : la remarque sur les litres de thé engloutis ou les personnages clichés par exemple ! C’était un délice tout en étant original et bien ficelé ! L’idée d’un village en bordure de Texte est formidable et enchanteresse ! Cela donnerait presque envie de reprendre ses propres écrits pour faire fructifier les petits habitants cachés près des mots … Surtout, cela crée une atmosphère très cosy tout en n’étant pas niaise : en effet, les personnages ne sont pas à l’abri de ceux qui veulent les mettre à mal … Le village de Prospérine est réellement en danger, comme la vie de ceux qui tentent de le sauver ! Le mystère pèse sur le roman et, même si j’ai deviné, à un moment donné, le fin mot de l’histoire, j’ai adoré être auprès des personnages pendant leur investigation !

La fin m’a émue, ce qui achevait bien une lecture tout à fait réussie !

 

Donc, un excellent roman que je recommande chaudement à tous ceux qui aime les livres dans les livres ! ;)

 

#ISBN9782957023745

 

[SPOILER 1]
Ah mon dieu, comme c’était horrible quand j’ai cru qu’Héloïse était morte ! Ce petit personnage apporte tant de vie à ce livre !

[SPOILER 2]
que celles-ci soient vivantes et apportent une telle dose de bonne humeur et d’humour dans le roman ! Elles m’ont un peu fait penser à des chats : en effet, elles remplissent le rôle de sidekick farceur et adorable que peuvent remplir les animaux de compagnie parfois !

[SPOILER 3]
Même si cette évolution peut paraître clichée, notamment parce qu’en fin de compte, Prospérine et Honoré finissent ensemble, ce qui paraissait évident, j’ai adoré le voir ouvrir les yeux, le voir sortir de sa petite vie aseptisée pour tenter de nouvelles choses avec des personnages qu’il n’aurait pas approché en temps normal !

[SPOILER 4]
Ce qu’il fait pour Poppy a failli me faire verser une larme … c’était si beau, si touchant … ET il devient Auteur, évidemment !

Lettre à celle qui lit mes romances érotiques et qui devrait arrêter tout de suite de Camille Emmanuelle

Posté : 23 juillet, 2021 @ 11:55 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Lettre à celle qui lit mes romances érotiquesGenre : Essai, Sociologie

Editeur : Les Echappés

Année de sortie : 2017

Nombre de pages : 130

Synopsis : « L’homme est blanc, dominant, riche, musclé, performant sexuellement et pénétrant. La femme est blanche aussi, pauvre, pénétrée, elle attend qu’un homme la comble sexuellement (et si possible la comble aussi de cadeaux). »

Les romances érotiques se suivent et se ressemblent : la femme et l’homme répondent à des stéréotypes étriqués, leurs interactions sont autant simplistes que convenues et le désir féminin doit se cantonner à quelques clichés hyper réducteurs.

Quant aux maisons d’édition friandes de ce genre littéraire, qui séduit de plus en plus de lectrices, elles empruntent à la production industrielle ses méthodes et ses cadences. Saviez-vous que chaque personnage doit avoir une blessure secrète ? Qu’il y a des tapis en poils de bête sur lesquels il ne fait pas bon faire l’amour ? Que six jours peuvent suffire à écrire une romance ? Ou encore que chaque personnage a une « fiche » consignée sur un tableau Excel ?…

Camille Emmanuelle, qui a écrit sous pseudo une douzaine de romances érotiques, nous ouvre les portes de ce genre littéraire qui, à force de favoriser une sexualité normalisée, devient un obstacle à une réelle libération sexuelle de la femme. Avec la verve qui la caractérise, elle dénonce l’éternelle comédie qu’on veut, encore, faire jouer à l’homme et à la femme.

 

Avis : Je ne sais pas à quoi je m’attendais en lisant ce livre, mais pas à ça.

Je ne m’attendais pas à avoir un tel aperçu du monde de l’édition. Je me doute que, parfois, les éditeurs demandent des choses précises ; mais l’expérience de l’autrice est révoltante. Non seulement les lectrices ne doivent pas trop réfléchir, mais leurs lectures perpétuent un modèle relationnel nocif à la fois pour elles et pour les partenaires qu’elles auraient. Par la répétition constante des mêmes procédés, ces livres fixent une notion stéréotypée qui ne représente pas la diversité des individus et des relations qu’ils peuvent avoir. 

Tout ceci nous est dévoilé avec un ton que j’ai adoré, à la fois excédé et très drôle. Le livre est écrit à la deuxième personne du singulier ce qui nous implique directement. C’est évidemment très féministe : l’autrice questionne l’intérêt pour les éditeurs de publier ce genre de romans, mais elle évoque aussi le fait qu’elle ait participé à cette entreprise en sachant ce qu’elle faisait, comment elle vivait d’y participer et comment elle résistait dans l’ombre !

 

Donc, un petit coup de cœur que je recommande à tous !

Feuillets de cuivre de Fabien Clavel

Posté : 9 mai, 2021 @ 10:45 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

GenreSteampunk Feuillets de cuivre

Editeur : ActuSF (Les 3 Souhaits)

Année de sortie : 2021 [2015]

Nombre de pages : 381

Synopsis : Paris, 1872.

On retrouve dans une ruelle sombre le cadavre atrocement mutilé d’une prostituée, premier d’une longue série de meurtres aux résonances ésotériques. Enquêteur atypique, à l’âme mutilée par son passé et au corps d’obèse, l’inspecteur Ragon n’a pour seule arme contre ces crimes que sa sagacité et sa gargantuesque culture littéraire.

À la croisée des feuilletons du XIXe et des séries télévisées modernes, Feuillets de cuivre nous entraîne dans des Mystères de Paris steampunk où le mal le dispute au pervers, avec parfois l’éclaircie d’un esprit bienveillant… vite terni. Si une bibliothèque est une âme de cuir et de papier, Feuillets de cuivre est sans aucun doute une œuvre d’encre et de sang.

 

Avis : J’ai reçu ce livre de la part des éditions ActuSF que je remercie encore ! N’hésitez pas à aller passer sur leur site : : https://www.editions-actusf.fr/
Feuillets de cuivre était dans ma wish-list depuis longtemps et je me suis enfin lancée à l’occasion de sa réédition.

Comme je regrette de l’avoir laissé traîner dans mes listes pendant si longtemps ! Comme le disait une amie, la meilleure façon de décrire ce livre est : « un Sherlock Holmes littéraire » ! En effet, le lecteur suit l’inspecteur Ragon qui résout ses enquêtes grâce aux livres. Quel plaisir !! Le roman est bourré de références à des œuvres classiques, que ce soit Baudelaire, Hugo ou les contes de Perrault sans pour autant perdre son côté steampunk. En plus des citations clairement données – par exemple, en début de chapitre -, nous avons aussi des références plus subtiles, des façons de réécrire certains textes ; je le répète : UN PLAISIR ! S’ajoute à cela une écriture que j’ai trouvé très agréable, assez proche de l’esprit du XIXe siècle, parfois soutenue sans l’être trop. J’ai annoté le texte et souligné des phrases, voire encadré des paragraphes complets tant j’ai adoré cette plume ! Il y a également des références artistiques qui ne sont pas littéraires, comme l’évocation de peintres, par exemple.

L’univers créé par l’auteur n’est pas en reste : nous sommes donc, dans le prologue, à Paris en 1872. Quelques mots d’abord pour vous dire que j’ai apprécié me trouver dans ce décor à cette époque : j’ai aimé arpenter les rues de la ville avec Ragon, vivre des événements historiques avec lui – comme une partie de l’affaire Dreyfus et la montée de l’antisémitisme en France par exemple. Dans cette capitale, la magie existe, tout comme une forme de science utilisant l’éther pour réaliser des expériences formidables. La première partie du roman se présente un peu comme un recueil de nouvelles liées entre elles : en effet, Ragon va résoudre des enquêtes au fil des années. La seconde partie est davantage romanesque – il est, bien sûr, obligatoire de lire la première partie avant la seconde, même si vous avez un peu de mal avec son format. Pour les plus récalcitrants : elle vaut le coup, je vous assure !
J’avais lu le commentaire d’un lecteur qui disait que la première partie était plus légère que la seconde, plutôt sombre. Eh bien … j’ai trouvé les deux parties très sombres !! Certains détails des enquêtes sont parfois glauques et peuvent mettre mal à l’aise – ce fut le cas pour moi lors de la première enquête, celle du prologue. SPOILER 1

Passons aux personnages.
Je me suis rapidement attachée à Ragon. Ancien soldat reconverti en inspecteur de police, il est doué d’une sensibilité que l’on n’imagine pas chez un homme comme lui – à tort, bien sûr. Il est également très érudit, ce que les personnes qu’il côtoie jugent plutôt inattendu. Marginal, il est tour à tour admiré, haï, respecté par ses différents collaborateurs. Sa corpulence lui est souvent reprochée : il est jugé, voire sous-estimé, à cause d’elle.
Il est assez proche de l’inspecteur Zehnacker, un homme qu’il a visiblement connu à l’armée et qui a pris le même chemin que lui. Moins sensible, plus stoïque, c’est un personnage que j’ai apprécié sans l’adorer. Il est, finalement, assez effacé au fil des chapitres. SPOILER 2
D’autres personnages croisent la route de Ragon : Lise, une jeune prostituée qui a l’air d’un ange innocent au milieu de la luxure du bordel ; Fredouille, un des subalternes de Ragon, que j’ai fini par beaucoup aimer SPOILER 3 ; l’Anagnoste, qu’il est difficile d’apprécier mais surtout SPOILER 4 ; tout un tas de personnages hauts en couleur, de Tiphaine Romilly à Flacelière. Ils permettent au roman d’aborder différents sujets : le genre, la place des femmes, la question de la peine de mort … Ragon est rarement d’accord avec ses homologues, ce qui le rend d’autant plus attachant.

La fin m’a beaucoup plu, mais je pense que ce ne sera pas le cas de tous les lecteurs/lectrices. J’ai vraiment adoré ! SPOILER 5 Je ne m’attendais pas à aimer autant ce livre ! Il m’a donné envie de découvrir d’autres œuvres de l’auteur !

 

Donc, un roman qui m’a agréablement surprise, un très beau coup de cœur !

 

SPOILER 1 J’ai été impressionnée par l’efficacité de Ragon pour résoudre ses enquêtes. C’est toujours si bien ficelé ! Et j’adore qu’il y parvienne avec seulement quelques livres !

SPOILER 2 J’ai ressenti une vraie tendresse pour lui en apprenant son lien de parenté avec Ragon et le fait qu’il ait décidé de le suivre après la décision de l’ange.

SPOILER 3 J’ai vraiment eu très mal au cœur quand il est mort lors du duel entre Ragon et Anagog. C’est là que je me suis rendu compte combien je l’appréciais.

SPOILER 4 qui m’a beaucoup fait penser à Moriarty dans sa folie meurtrière et son envie de rivaliser avec un esprit égal au sien !

SPOILER 5 Je ne m’attendais PAS DU TOUT à ce que Ragon et Zehnacker aient un lien et PAS DU TOUT à ce qu’ils soient des anges et qu’Anagog soit un démon ! J’ai adoré ce côté surnaturel de l’histoire et la révélation qu’elle apporte ! Elle explique comment l’Anagnoste peut en savoir autant sur Ragon, ce qui était de plus en plus étrange au fil du texte. J’ai trouvé l’envie de Raguel de vivre une vie humaine très touchante, tout comme le fait que Noguel le suive.

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