Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Archive pour la catégorie 'Coup de cœur'

Chroniques du Pays des Mères d’Elisabeth Vonarburg

Posté : 11 janvier, 2020 @ 2:54 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Science-fictionChroniques du Pays des Mères

Editeur : Mnémos

Année de sortie : 2019 [1992]

Nombre de pages : 485

Synopsis : Attention, spoilers dans le synopsis !

Sur une Terre dévastée, le Pays des Mères a pu s’établir grâce au recours des femmes à une insémination artificielle incertaine car les hommes sont devenus rares, un virus déséquilibrant les naissances. La jeune Lisbéï sait qu’elle est promise au titre de « Mère ». Pourtant, son destin se révélera tout autre quand elle apprendra sa stérilité. Loin de chez elle, devenue « exploratrice », elle accomplira l’un de ses rêves les plus chers : découvrir les secrets du passé lointain du Pays des Mères.

Chroniques du Pays des Mères nous propose une réflexion douce, intime et profonde sur ce que pourrait être un monde blessé, entretenu et réparé par les femmes. Son écriture, son style comme ses thématiques entrent tout particulièrement en résonance avec les questions contemporaines.

Elisabeth Vonarburg est une des figures les plus marquantes de la science-fiction, reconnue tant dans la francophonie que dans l’ensemble du monde anglo-saxon.

Chroniques du Pays des Mères a remporté le prix spécial Philip K. Dick, le Grand Prix québécois de la SF, ainsi que le prix Aurora et le prix Boréal.

L’autrice a reçu en 2018 le Prix Extraordinaire des Utopiales pour l’ensemble de sa carrière littéraire.

 

Avis : J’ai reçu ce livre en service presse, je remercie encore la maison d’édition ! Cela faisait un moment que j’avais envie de découvrir Elisabeth Vonarburg, j’en ai profité en voyant cette sortie !

Nous sommes accueillis dans le livre par la préface de Jeanne-A Debats, que j’ai beaucoup aimé ! Elle traite de science-fiction féministe, et récuse les accusations d’utopies misandres que certains de ses romans peuvent attirer. J’ai adoré son ton, son ironie, et elle m’a donné envie de lire davantage de SF féministe !

Ce roman va nous faire suivre la vie de Lisbéï, la première née de la Mère de Béthély. Dès les premières pages, le lecteur est plongé dans un monde très différent du sien : dans le Pays des Mères, ce sont les femmes qui dirigent après la rébellion des femmes esclaves des Harems. A Béthély, c’est le féminin qui domine donc dans la langue : on ne dit pas « un bébé », mais « une bébé », comme « une enfante ». C’est un peu perturbant au début, mais c’est tout à fait logique : la langue montre aussi un certain reflet de la société dans laquelle nous vivons. Et elle n’est pas la même d’une région à une autre : certaines d’entre elles ont gardé des habitudes des époques précédentes. J’ai vu dans ce roman une sorte de féminisme subtil, qui nous montre à la fois la façon dont les femmes sont traitées actuellement, et comment une société entièrement dominée par les femmes pourraient être. Le but est l’équilibre, quelque chose de compliqué, mais de réalisable.

Certes, Chroniques du Pays des Mères est un roman de science-fiction, mais pas de ceux qui sont bourrés d’action, avec des vaisseaux spatiaux partout, et des scènes de bataille épiques. C’est une lecture lenteimmersive : c’est véritablement tout un univers différent que l’on découvre, ses habitudes, ses principes, son organisation, sa religion. Et je m’y suis sentie bien, à l’aise, comme dans un nouveau chez-soi. C’est écrit de telle sorte qu’on dirait quelque chose de el, de tout à fait possible. En effet, les femmes dirigent après s’être rebellées contre les hommes, qui les avaient réduites en esclavage. On pourrait prendre parler de science-fiction post-apocalyptique : la terre a été dévastée par les hommes, qui l’ont polluée et l’ont vidée de ses ressources. C’est un futur lointain, où les femmes tentent de réparer les erreurs des gouvernements précédents en prenant les choses en mains. Mais, bien sûr, cette façon de vivre a de gros problèmes que Lisbéï comprend au fil des pages. Le lecteur, lui, le voit immédiatement : notre monde est simplement inversé, et les hommes sont considérés comme des sous-femmes. Il n’y a pas vraiment de violence physique – le problème est évacué par cette société – mais un autre type de violence, tellement dévastateur qu’il coûte des vies. J’ai eu si mal au cœur de lire certains passages concernant le Service : [SPOILER] c’est à la fois cruel pour les femmes et pour les hommes, surtout en sachant qu’aucun des eux n’a le droit de connaître et d’élever ses enfantes. Mon cœur a saigné pour Dougall, pour Toller, et pour certains des hommes que l’on rencontre dans ce roman ! [FIN DU SPOILER] Mais, même si les hommes sont considérés de cette façon, cela ne fait pas de ce roman une utopie misandre, loin de là. Le lecteur comprend bien que le système mis en place n’est pas idéal, qu’il occasionne trop de souffrance pour être considéré comme parfait, qu’il a des limites, et que les personnages s’en rendent compte au fur et à mesure, notamment Lisbéï en grandissant. Jamais la situation des hommes n’est considérée comme juste, comme le Service n’est jamais considéré sain : c’est une obligation pour repeupler le Pays des Mères, pas un idéal de vie.

Sur le coup, j’ai été surprise par le côté religieux du roman. J’ai vu Garde comme l’équivalent de Jésus, et j’ai aimé que les recherches de Lisbéï la poussent à s’interroger sur l’identité de Garde : humaine ? divine ? les deux à la fois ? Elle doit réfléchir à sa foi, mais aussi aux faits historiques ; un peu le même problème que certains avec Jésus, qui a véritablement existé, et qui est aussi censé être le fils de Dieu. J’ai aimé que Dieu soit remplacé par Elli – qui donne, par la même occasion, le pronom neutre, ce qui est très perturbant parfois ! -, et qu’il y ait également des fanatiques religieuses et des femmes violentes dans le roman. J’ai adoré le côté spirituel, la façon dont esprit et corps sont mêlés et explorés : c’est subtil, et beau à lire. J’ai adoré les passages de la taïtche, qui s’apparente pour moi à une méditation poussée à l’extrême. J’ai adoré le côté « mutation« , une sorte de mystère partagé par plusieurs personnages.

Concernant les personnages, j’ai été très touchée par les relations qui se tissent, ou manquent de se tisser entre eux. Lisbéï m’a paru très proche, sans doute parce que l’on découvre le monde à travers elle et ses journaux, parce qu’elle est la narratrice sans l’être. J’ai également adoré la majorité des êtres qui l’entourent : Tula, Guiséia, Selva, Mooréï (dont je me suis également sentie très proche), Toller, Kélys, Antoné (qui représente, avec Mooréï, la dichotomie science/religion [SPOILER] même si Antoné finit par intégrer cette dichotomie [FIN DU SPOILER])

Et la fin … C’était tellement énorme, je ne m’y attendais pas du tout ! J’ai ADORE !!

[SPOILER] Il est vrai que Kélys m’a toujours paru étrange, très mystérieuse, et complètement différente des autres personnages ; mais de là à imaginer cette fin ! [FIN DU SPOILER]

 

J’ai l’impression de ne pas du tout avoir fait justice à ce livre, comme c’est souvent le cas quand je finis un roman de cette envergure : je me sens toute petite, un peu perdue quand je tourne la dernière page, secouée. Et j’ai terriblement envie de recommander ce livre à tous : il demande du temps, des efforts, de la réflexion, et cela fait en partie sa valeur.

 

Donc, un excellent roman, sans aucun un chef-d’œuvre qui mérite d’être davantage lu et connu.

Soif d’Amélie Nothomb

Posté : 8 janvier, 2020 @ 2:39 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : ContemporaineSoif

Editeur : Albin Michel

Année de sortie : 2019

Nombre de pages : 152

Synopsis : « Pour éprouver la soif il faut être vivant. »

 

Avis : Je n’arrêtais pas de croiser ce livre depuis sa publication, et je ne l’avais toujours ni acheté ni lu. J’ai enfin sauté le pas !

J’avais entendu pas mal de critiques négatives sur ce livre ; mais, comme d’habitude quand Amélie Nothomb sort un nouveau roman. J’ai toujours envie de me faire ma propre opinion ; mais je dois avouer qu’entendre parler de Jésus m’a un peu rebutée sur le coup. C’est sans doute la raison pour laquelle j’ai mis tant de temps à le lire ! Pourtant, je sais que l’autrice ne pourrait pas écrire un bouquin vraiment religieux. En fin de compte, j’ai ouvert Soif sans attente particulière, en me laissant guider. Je pense que c’est la meilleure façon pour moi de me faire surprendre par un livre, et de l’apprécier, voire de l’adorer. Parce que j’ai adoré ma lecture.

Dès, les premières lignes, j’ai retrouvé l’écriture que j’aime tant, le ton que j’aime, le style que j’aime. Et j’ai été surprise – alors que je n’aurais pas dû l’être, c’est plutôt commun chez l’autrice – de constater que Soif était écrit à la première personne, ce qui fait que nous sommes dans la tête de Jésus. Ceux qui ne savent absolument rien de lui ne le reconnaîtront que lorsque son nom apparaît pour la première fois, page 21. Pour les autres, ils auront peut-être un doute au début : « Tiens, ça me dit quelque chose les Mariés de Cana … » Dans tous les cas, c’est assez surprenant et original de se retrouver dans la tête de ce personnage. Et malgré l’appréhension, je me suis rapidement laissé porter par les paroles, les réflexions de Jésus. J’ai souffert avec lui, j’ai pensé avec lui, et je me suis échouée à la fin du roman, en tournant la dernière page, le cœur gros. Amélie Nothomb est parvenue à écrire un livre sur Jésus qui n’est pas vraiment religieux, un livre qui nous fait réfléchir, un beau livre touchant qui m’a secouée. Je me suis armée de mon crayon pour souligner, écrire, annoter Soif : tant de belles citations à retenir, de vérité parfois.

Jésus est davantage un homme que le fils de « Dieu », même s’il parle parfois à son père. L’autrice reprend à la fois des éléments du mythe et des faits historiques, tout en faisant de l’homme un personnage « réaliste ». Egal à lui-même, il rappelle qu’il faut aimer son prochain, tout en montrant en quoi lui-même a failli. Soif est à la fois un éloge de l’amour et une prise de conscience que Jésus et « Dieu » s’y sont très mal pris. J’ai adoré qu’il réfléchisse lui-même sur la religion, sur son « père », sur la rédemption qu’il est censé apporter à l’humanité. J’ai adoré que Marie-Madeleine soit présente, la façon dont est représentée Marie, celle dont est présenté Judas.

Evidemment, le lecteur lit toute la passion du Christ, des passages assez douloureux à lire, que ce soit le chemin à parcourir avec la croix sur le dos, la rencontre de sa mère sur le chemin, la crucifixion, la présence de Madeleine, la mort … Et, comme dans tous les romans d’Amélie Nothomb, le titre finit par prendre tout son sens à un moment du roman : [SPOILER] Jésus refuse de boire avant de partir pour être exécuté. Il ressent donc la brûlure de la soif sur la croix ; juste avant, alors qu’il est dans sa cellule, il explique ce qu’est la soif, ce qu’elle représente, ses réflexions sur elle, le fait qu’elle permette de se sentir vivant, et que l’étancher est un tel plaisir après une longue exposition aux affres de la soif. Cela m’a fait penser aux réflexions sur la faim dans Biographie de la faim. La soif, elle, ne peut jamais être étanchée complètement, il n’y a pas de verbe équivalent à « rassasier » pour elle. Elle n’est jamais satisfaite. Cela permet à Jésus de supporter la douleur, car la soif est plus grande, et aussi de connaître un dernier moment de bonheur quand le soldat lui donne à boire avec une éponge. [FIN DU SPOILER] 

Mais, ce qui m’a particulièrement conquise dans ce livre, c’est sa fin. Cette vision de la mort était si paisible, si apaisante … J’avais envie de serrer l’autrice dans mes bras tant ses mots me faisaient du bien. Je ne peux pas tellement vous en dire plus, ce deviendrait trop personnel. Je ne peux que vous recommander de lire Soif

 

Donc, sans doute un de mes préférés d’Amélie Nothomb, ou, en tout cas, un de ceux qui m’ont le plus touchée. 

La Cité des Chimères de Vania Prates #plib2020

Posté : 7 janvier, 2020 @ 3:10 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : FantasyLa Cité des Chimères

Editeur : Snag

Année de sortie : 2019

Nombre de pages : 443

Synopsis : Le monde tel qu’on l’a connu a disparu. Chaos, misère, famine … Les Hommes ont enfin trouvé un équilibre et se sont organisés en guildes, guidé par leur chi, leur nature profonde. Guilde des Marchands, des Inventeurs, des Alchimistes, des Gardiens ; tous demeurent fidèles à ce qu’ils sont afin de vivre en harmonie avec la nature et les animaux particulièrement respectés, créant une cité semblable à une ville sylvestre.

Dans ce monde proche de l’utopie, Céleste, une jeune fille de 17 ans, n’a pas de chi. Le jour où elle rencontre Calissa, mystérieuse contrebandière, elle est loin de se douter qu’elle va se retrouver embrigadée bien malgré elle dans une histoire complexe qui même non seulement le dirigeant de Lowndon Fields, mais également la très redoutée « Confrérie des Sans-loi ».

Entre ruse, savoir, intrigues et faux-semblants, Céleste va devoir changer sa vision du monde.

 

Avis : J’ai découvert et lu ce livre grâce au Plib ! Une amie m’a recommandé La Cité des chimères, je l’ai donc ajouté dans ma sélection, et la maison d’édition Snag a gentiment accepté de me l’envoyer : je la remercie à nouveau !

Je n’ai jamais vraiment lu de Fantasy utopique avant de lire ce roman, donc je ne savais pas tellement à quoi m’attendre. Ce qu’on peut dire, c’est que La Cité des chimères met la barre très haut pour les futures fictions de ce genre que je pourrais lire ! J’ai été happée par l’univers, et j’ai tout adoré ! Je ne trouve vraiment aucun défaut, rien à redire sur ce roman ! L’univers est prenant, captivant, fascinant, et donne terriblement envie au lecteur de devenir lui-même immergeant pour se retrouver à Septentria, le paradis de la lecture, sans aucun doute !! Ces différentes salles sont idylliques, tout comme le fait que les immergeants soient payés pour lire et remplir des rapports sur leurs lectures ! J’ai adoré suivre un des personnages dans cet endroit merveilleux, un nouveau chez-soi si accueillant qu’on aimerait que le livre dure plus longtemps pour y rester encore ! J’ai adoré le statut d’immergeant, le rêve de tout lecteur je pense ! Cette capacité est fascinante, et, à plusieurs reprises, en lisant, je me suis dit que, si j’avais appartenu à ce monde, j’aurais sans doute fait partie de cette guilde, comme bon nombre de lecteurs avides ! Ou j’aurais été la compagne d’un Gardien, autre guilde fascinante !! En effet, j’ai aussi adoré cette harmonie avec les animaux, avec la nature, et avec le moi intérieur : les différents personnages sont sommés de suivre leur chi, une sorte de vocation, une certitude intérieure qui leur dit ce pour quoi ils sont faits. Cela est nécessaire parce qu’avant cette nouvelle ère, les hommes ont failli : en effet, cette Fantasy n’est pas seulement utopique, elle est aussi post-apocalyptique. On ne sait pas exactement ce qui est arrivé, mais on parle de notre époque actuelle comme de l’Ancien monde. Ces hommes ont échoué à vivre en harmonie, ce qui a mené l’humanité vers le déclin. Pour construire un monde meilleur, les êtres humains sont maintenant répartis en guildes, certaines très isolées, afin de ne pas faire les mêmes erreurs que par le passé. Donc, pas d’armes à feu, par exemple. Je ne vous en dis pas plus !

J’ai adoré l’intrigue ! Céleste n’a pas de chi et tombe un jour sur Calissa : rencontre tout à fait inattendue, et qui va s’avérer bouleversante pour les deux jeunes femmes. En plus de traiter d’Histoire, d’harmonie avec la nature et les animaux, d’harmonie avec soi-même et ses principes, ce roman traite aussi de la famille, de celle que l’on a d’office, et de celle que l’on se choisit. J’ai adoré les scènes de groupe : comme vous le savez, j’ai toujours l’impression d’en faire partie, et je m’y sens bien ! Ici, les membres sont si soudés, si complémentaires, que c’est vraiment un délice de lire les scènes qui les réunissent !! L’intrigue se scinde en deux et tourne autour d’un complot politique et des chimères ! Comment ne pas aimer ce livre avec tout ça ?! 

Concernant les personnages, je n’ai eu aucune difficulté à m’attacher à eux. Céleste est une jeune fille qui n’a pas de chi, et donc, qui n’a pas de famille de chi, qui reste avec sa famille de sang, et qui ne se sent pas du tout à sa place avec eux. Elle est considérée comme inutile par certains parce qu’elle n’a pas de « vocation ». Calissa, elle, est typiquement le genre de femme qui cache ses blessures sous une carapace. Son passé et son statut, que l’on découvre au cours du roman, la rendent fascinante, et lui accordent une place énorme pour la suite de la série ! J’ai adoré les autres membres du groupe également : Leire, très mystérieux, et toujours aussi intéressant quand on connaît son passé ; Alexian, le pitre de service, dont l’histoire n’est pas si superficielle qu’on pourrait le penser au premier abord ; Vénicia, compagne de Dao, son Gardien, qui semble la plus douce du groupe, et celle que tout le monde veut sur-protéger à cause de cela. J’ai également adoré Daniel, qui m’a touchée, comme la majorité des autres personnages, vous l’aurez compris ! J’ai très envie qu’il prenne une place plus importante dans la suite ! J’ai aimé les petites touches romantiques que l’on peut percevoir par-ci par-là entre certains personnages, et j’en viens à en vouloir davantage pour le tome 2 !

La fin m’a émue : j’ai terriblement envie de lire la suite !!!!

 

[SPOILER] J’ai adoré la scène où Céleste et Daniel immergent ensemble !! J’ai adoré comprendre les rumeurs de folie et d’immortalité au sein de Septentria, et surtout concernant les immergeants !! J’ai adoré la possibilité d’union entre les chiméristes et les chimères, cette compréhension mutuelle, ce lien ! Et cette scène de fin, cette auberge, ces fauteuils, et le cinquième qui arrive !! Oh les frissons !! J’AI TELLEMENT MAIS TELLEMENT HÂTE DE LIRE LA SUITE !! [FIN DU SPOILER]

#ISBN9782490151219

Game of Thrones : une fin sombre et pleine de terreurs de Marianne Chaillan

Posté : 20 décembre, 2019 @ 11:56 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Essai, Philosophie Game of Thrones : une fin sombre et pleine de terreur

Editeur : Editions des Equateurs (Philosophie) 

Année de sortie : 2019

Nombre de pages : 228

Synopsis : « Si vous pensiez que ça finirait bien, c’est que vous n’avez pas été très attentifs. » La réplique du cruel Ramsay Bolton résonne autrement depuis la conclusion de la saga au succès mondial, Game of Thrones. Comment interpréter cette fin jugée, par de nombreux fans, terriblement décevante ? Les créateurs de la série ont-ils manqué de souffle ou porté jusqu’au bout une certaine vision de l’homme ? Et si l’analyse philosophique, en nous offrant des clefs de compréhension, nous aidait à surmonter notre déception ? Eclairant cette fin douce-amère, elle permet aussi de dresser, à la manière du Hall of Faces – la galerie des visages du temple de Braavos -, un portrait définitif des merveilleux personnages qui ont peuplé la série. Héros d’une nouvelle mythologie, leurs trajectoires, riches d’enseignements, portent la leçon philosophique de cette formidable histoire de glace et de feu. De quoi Daenerys est-elle le nom ? Que nous a appris Cersei Lannister ? Quelle leçon de sagesse nous livrent Jon Snow ou Arya Stark ? Bref, à travers sa conclusion et ses personnages, il est temps d’expliciter la sagesse de Game of Thrones.

 

Avis : J’ai reçu ce livre en service de presse par les éditions des Equateurs, que je remercie à nouveau !!

En effet, comment ne pas remercier quand on peut lire un livre de cette qualité ?! Tout est excellent ! Mais, allons-y doucement, et commençons au commencement ! 

Ce n’est pas un secret : j’ai été profondément déçue par la saison 8 de Game of Thrones. Tellement que cette série n’est plus ma préférée. J’ai ressenti un profond malaise à la regarder, notamment l’épisode The Bells, qui est tout simplement un cauchemar. J’avais envie de pleurer, et je me demandais si je ne rêvais pas, si c’était bien réel. Révoltée, dégoûtée, triste, en colère, déçue. Globalement déçue. Alors, lire dans le résumé d’une non-fiction sur GoT que l’autrice va traiter de cette déception, pour moi, c’était assez rassurant. Parce que cela veut dire : 1) que je ne suis pas la seule dans mon cas, donc, 2) que mon opinion n’est pas illégitime et 3) que d’autres ont tenté de comprendre pourquoi une telle déception. Et après le coup de cœur monumental qu’a été pour moi Ainsi philosophait Amélie Nothomb, je me suis dit que Marianne Chaillan était la plus à même de m’aider.

Donc, quand une abonnée m’a parlé de ce livre, je me suis lancée et j’ai demandé à la maison d’édition si je pouvais le recevoir en service de presse. Quelle joie de les voir accepter, et de recevoir très rapidement ce livre ! J’avais envie de le commencer tout de suite, mais j’avais aussi envie de le faire durer un peu : j’ai avalé Ainsi philosophait Amélie Nothomb en une journée, et je sentais que Game of Thrones : une fin sombre et pleine de terreur allait subir le même sort ! Spoiler : j’avais raison ! Finalement, après plusieurs jours sans coups de cœur, et un roman en cours qui ne m’attire pas, je me suis décidée à le commencer !

Comme je l’ai dit plus haut, ce livre est EXCELLENT ! Tout est bon sincèrement ! L’autrice part de son expérience personnelle pour nous expliquer pourquoi elle a décidé d’écrire ce livre : sa déception, sa frustration, sa colère face à la saison 8, sentiments partagés par des milliers de fans à travers le monde. Après réflexion, elle s’est dit que les scénaristes ne pouvaient pas simplement massacrer leur série de cette façon, et a tenté de comprendre le message de GoT, la philosophie DE Game of Thrones, comme elle le dit, et plus la philosophie DANS Game of Thrones, comme c’était le cas dans son premier essai sur la série, Game of Thrones : une métaphysique des meurtres - que j’ai encore plus envie de lire maintenant que j’ai fini ce livre !! Les analyses philosophiques sont claires, sensées, expliquées de façon à ce que le lecteur comprenne bien où l’autrice veut en venir : j’ai appris énormément de choses, et ce livre permet d’offrir un nouvel éclairage à la série, éclairage qui permet de comprendre ce qui passe facilement pour incohérent. Bon, il reste tout de même quelque chose d’incompréhensible, [SPOILER] et j’ai aimé retrouver mes mots dans la bouche de Marianne Chaillan : un des personnages est bien mort avant sa mort physique, parce qu’il est méconnaissable à partir de ce moment ! [FIN DU SPOILER] J’ai adoré les nombreuses références et la façon de présenter les choses de l’autrice : comme avec Ainsi philosophait Amélie Nothomb - mais en un peu moins prégnant – on retrouve un ton qui invite le lecteur à entrer dans « l’histoire » que nous raconte Marianne Chaillan. La deuxième partie, le « Hall of faces », est introduite de telle façon que le lecteur a l’impression de se promener dans une pièce en compagnie de l’autrice ! A ce moment-là, chaque personnage important est passé au crible, afin de déterminer quelle est la leçon qu’il nous apprend en particulier. La première partie, elle, se concentre sur les leçons de la série en général : c’est très pessimiste, mais ce n’est pas étonnant ! L’autrice reprend des citations de G.R.R. Martin, mais aussi des personnages, pour appuyer son propos. Elle rapproche ces leçons de théories philosophiques, comme celles de Kant, Nietzsche, Spinoza, et d’autres encore ; elle fait même des personnages les « candidats » des philosophes, ceux pour qui ils auraient « voté » ! Pour ne rien gâcher, j’adore l’écriture de l’autrice : c’est fluide à lire, ce peut aussi être poétique, surtout l’introduction et la conclusion ! On ressent toute l’émotion de l’autrice face à cette série, émotion partagée à cent pour cent ! Au fil de la lecture, j’ai aussi cru comprendre que, certes, la déception s’est atténuée, mais elle est toujours présente en fond, malgré un amour sincère pour la série, et pour ce qu’elle apporte.

J’aurais envie de vous détailler ici tout ce que j’ai appris, tout ce qui m’a intéressée ou émue ; mais je vais vous laisser lire le livre ! Marianne Chaillan le dit bien mieux que moi !

En fin de compte, Game of Thrones : une fin sombre et pleine de terreur m’a permis de me réconcilier avec cette série, et de mieux la comprendre. J’ai maintenant envie, non de revoir la saison 8, je pense que ça n’arrivera jamais, mais de relire la série ; j’avais tenté de la recommencer mais la déception était si grande que je n’arrivais pas à apprécier ! J’ai également hâte de tenir ENFIN entre mes mains le sixième tome d’A Song of Ice and Fire – en 2020 ? *prière* 

 

Donc, un excellent essai philosophique, qui donne envie de se replonger dans la série, mais également de lire toutes les œuvres de l’autrice ! Quel talent ! 

The House at Riverton de Kate Morton

Posté : 9 décembre, 2019 @ 8:04 dans Avis littéraires, Coup de cœur, Lectures Communes | 2 commentaires »

Genre : Historique The House at Riverton

Editeur : Pan McMillan

Année de sortie : 2006

Nombre de pages : 599

Titre en français : Les Brumes de Riverton

Synopsis : A STORY OF LOVE, MYSTERY, AND A SECRET HISTORY REVEALED

Summer 1924

On the eve of a glittering society party, by the lake of a grand English country house, a young poet takes his life. The only witnesses, sisters Hannah and Emmeline Hartford, will never speak to each other again.

Winter 1999

Grace Bradley, ninety-eight, one-time housemaid at Riverton Manor, is visited by a young director making a flm about the poet’s suicide. Ghosts awaken and old memories – long consigned to the dark reaches of Grace’s mind – begin to sneak back through the cracks. A shocking secret threatens to emerge, something history has forgotten but Grace never could.

Set as a war-shattered Edwardian summer surrenders to the decadent twenties, The House at Riverton is a thrilling mystery and a compelling love story.

 

Avis : J’avais envie de lire Kate Morton depuis un moment : il m’a fallu un petit coup de pied aux fesses et une lecture commune avec Aurore et Sarah pour me lancer !

Pour résumer rapidement cet avis, qui sera sans doute long : J’AI ADORE ! 

C’est le premier livre recommandé pour les fans de Downton Abbey que j’adore, et qui est vraiment à la hauteur de la série TV ! Je me souviens encore de l’échec cuisant de Belgravia de Julian Fellowes ! Je me méfie donc, maintenant, des livres de ce genre ! Mais là, j’ai ressenti, en lisant, exactement ce que je ressens en regardant la série : l’impression de faire partie de la famille, de me retrouver chez moi ! J’ai moins eu l’impression de faire partie d’un groupe soudé en ce qui concerne « downstairs », mais cela n’a pas du tout gâché la lecture pour autant, et cela s’explique par le fait que Grace est clairement concentrée sur ce qui se passe en haut, sur la famille, davantage que sur les gens avec lesquels elle vit en bas. Je me suis sentie très proche de Grace, et de ses proches, en lisant : au fil des pages, elle devenait de plus en plus réelle, une amie que l’on écoute pendant plus de 500 pages. Bien sûr, l’époque aide, puisque c’est la même que Downton Abbey ! Du coup, certains personnages étaient pour moi ceux de la série : Mr. Hamilton était Carson, Mrs. Townsend était un peu Mrs. Patmore, Alfred, évidemment, était Alfred, Mrs. Tibbit avait quelque chose de cette satanée O’Brien, Lady Clementine était Rosamund, et Lady Violet Ashbury était Lady Violet Grantham ! Hannah m’a fait penser à Mary, et Emmeline avait des airs de Rose ! J’ai été absorbée par ce livre, transportée à Riverton, dans la chambre de Grace, à Grosvenor Square : c’était formidable ! C’était comme de rentrer chez soi !

Mais, ce livre avait plus qu’une atmosphère Downtonesque : il était aussi très gothique ! COMMENT NE PAS AIMER UN TEL LIVRE ?!! La note de l’autrice m’a convaincue que je n’avais pas rêvé : elle énumère tous les procédés gothiques qu’elle a utilisés pour écrire son livre ! Dès la toute première phrase, le lecteur sait que l’autrice est très influencée par Daphné du Maurier, puisque la première phrase – et, en quelque sorte, le premier chapitre – est une réécriture du début de Rebecca ! Mais quel plaisir !! Je n’ai qu’une envie : relire ce livre pour traquer tous ses aspects gothiques !

Comme je l’ai dit plus haut, je me suis sentie très proche de Grace. C’est une vieille femme, une grand-mère, quand nous la rencontrons pour la première fois, mais elle raconte aussi son histoire quand elle était jeune fille à Riverton. Je ne sais pas si c’est la double narration ou simplement le fait que le personnage est adorable, mais j’ai autant aimé les deux intrigues, le passé et le présent. Le dernier tourne autour de sa relation avec son petit-fils, et la façon dont elle tente de lui tendre la main, de communiquer avec lui. Elle m’a tant émue ! J’ai eu plusieurs fois envie de pleurer ! [SPOILER] Je ne sais pas si vous imaginez ma frustration en apprenant qu’elle ne se marie pas avec Alfred, et en apprenant avec qui il se marie ! J’étais tellement contente d’apprendre qu’ils se sont retrouvés plus tard !! [FIN DU SPOILER] J’étais complètement pour la romance (et je veux dire par-là, pour les DEUX romances) !!

Concernant le passé : Grace a un secret qu’elle ne veut pas partager ; mais elle a besoin de le faire. C’est trop lourd pour elle, comme si ça la maintenait sur terre alors qu’elle devait partir. Ce secret l’a torturé toute sa vie, et elle décide de « l’offrir » à Marcus. Elle a besoin de raconter ce qui est arrivé cette nuit, et ce qui a mené à tout cela. Quel mystère ! J’avais deviné certaines choses, mais pas la grosse révélation !! [SPOILER] Quel choc en voyant la scène !! J’étais si sûre de mon hypothèse ! [FIN DU SPOILER] 

J’ai aussi adoré le fait que l’on voie les deux mondes, en haut, et en bas ; mais aussi le fait que la condition des femmes, dans les deux mondes, soit mise en avant. [SPOILER] Quand Hannah décide de se marier, elle ne se rend pas compte qu’elle quitte une situation stagnante pour une autre, quand le lecteur, lui, le sait déjà ! Elle ne peut pas vivre la vie dont elle rêve : il ne lui est pas permis de voyager, de travailler, d’être intelligente et pleine d’esprit, de s’intéresser à des sujets sérieux comme la politique ou la philosophie. Tellement frustrant ! J’étais si contente qu’Hannah et Robbie se correspondent si bien ! Quelle fin cruelle !! (mais quelle fin gothique en même temps !!) [FIN DU SPOILER] Grace et Hannah sont « prisonnières » de deux manières différentes : Grace est en bas de l’échelle sociale, quand Hannah, tout en haut, ne peut pas choisir ce qu’elle fait de sa vie. Leur relation est belle en un sens [SPOILER] mais aussi très toxique : Grace vit par procuration à travers Hannah. Pour elle, elle refuse d’épouser Alfred, à ma grande frustration, alors qu’il est très clairement l’amour de sa vie !! En fin de compte, cette relation « privilégiée » gâche tout : Grace voulait être aimée d’Hannah comme une sœur, appartenir, même un peu, à son monde, et lui a menti pour être proche d’elle. Le lecteur peut comprendre sa culpabilité à la fin : quel gâchis !! [FIN DU SPOILER]

Enfin, l’écriture : j’avais déjà envie de lire tous les romans de Kate Morton, mais là, ils ont fait un bond pour rejoindre le sommet de ma wish-list ! J’ai adoré l’écriture de l’autrice : j’ai relu plusieurs passages, j’ai annoté, j’ai encadré, souligné. Elle parvient à capter le moment et réussit à mettre des mots sur ce que l’on ressent, des mots que l’on n’aurait pas trouvé nous-mêmes : quel talent !

 

Donc, j’en veux plus, et j’ai bien l’intention de continuer à lire Kate Morton en 2020 ! Ai-je besoin de préciser que ce livre est un coup de cœur ?

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