Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Archive pour la catégorie 'Coup de cœur'

The Summer Without Men de Siri Hustvedt

Posté : 19 juillet, 2018 @ 8:06 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : ContemporaineThe Summer Without Men

Editeur : Sceptre

Année de sortie : 2011

Nombre de pages : 216

Titre en français : Un été sans les hommes 

Synopsis : Out of the blue, your husband of thirty years asks you for a pause in your marriage to indulge his infatuation with a young Frenchwoman. Do you:

a) assume it’s a passing affair and play along

b) angrily declare the marriage over

c) crack up

d) retreat to a safe haven and regroup?

Mia Fredricksen cracks up first, then decamps for the summer to the prairie town of her childhood, where she rages, fumes, and bemoans her sorry fate as abandoned spouse. But little by little, she is drawn into the lives of those around her: her mother and her circle of feisty widows; her young neighbour, with two small Children and a loud, angry husband; and the diabolical pubescent girls in her poetry class. By the end of the summer without men, wiser though definitely not sadder, Mia knows what she wants to fight for and on whose terms.

Provocative, mordant, and fiercely intelligent, The Summer Without Men is a gloriously vivacious tragi-comedy about women and girls, love and marriage, and the age-old war between the sexes – a novel for our times by one of the most acclaimed American writers. 

 

Avis : A VENIR 

Circe de Madeline Miller

Posté : 4 juillet, 2018 @ 8:45 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Fantasy, Mythologie Circe

Editeur : Bloomsbury 

Année de sortie : 2018

Nombre de pages : 333

Titre en français : Circé 

Synopsis : In the house of Helios, god of the sun and mightiest of the Titans, a daughter is born. But Circe has neither the look nor the voice of divinity, and is scorned and rejected by her kin. Increasingly isolated, she turns to mortals for companionship, leading her to discover a power forbidden to the gods: witchcraft.

When love drives Circe to cast a dark spell, vengeful Zeus banishes her to the remote island of Aiaia. There she learns to harness her occult craft, drawing strength from nature. But she will not always be alone; many are destined to pass Through Circe’s place of exile, entwining their fates with hers. The messenger god, Hermes. The craftsman, Daedalus. A ship bearing a golden fleece. And wily Odysseus, on his epic voyage home.

There is danger for a solitary woman in this world, and Circe’s independence draws the wrath of men and gods alike. To protect what she holds dear, Circe must decide whether she belongs with the deities she is born from, or the mortals she has come to love.

Breathing life into the ancient world, Madeline Miller weaves an intoxicating tale of gods and heroes, magic and monsters, survival and transformation. 

 

Avis : Depuis que ce livre est sorti, j’ai une envie folle de le lire !

En effet, Circe a tout pour me plaire : une héroïne qui se bat pour sa vie et son bonheur, de la mythologie en veux-tu en voilà, une flopée de réflexions sur la condition et la place de la femme, et de la magie ! Mais, allons-y doucement !

Tout sonnait juste, que ce soit la personnalité de Circé, l’écriture (et donc, sa voix, puisque le livre est écrit à la première personne avec son point de vue), ce qui lui arrive. Tout était logique, cohérent avec les mythes et ce que l’on sait de la mythologie grecque, de leur façon de dépeindre et de considérer les femmes. Cela ne veut pas dire que c’est agréable de lire que les nymphes sont considérées comme des choses à attraper pour assouvir les désirs des dieux ou des hommes sans leur consentement, ou que les magiciennes étaient reniées alors même qu’elles aidaient leur aimé. Mais ce n’est pas fantaisiste ou irréaliste.

J’ai adoré Circe : elle m’a émue, j’étais avec elle tout le long du livre. J’avais quasi envie d’entrer dedans ; je me sentais chez moi avec elle, ce qui m’arrive assez rarement, et seulement avec des personnages qui ont ce quelque chose en plus. Je pense qu’elle est devenue, grâce à ce roman, un de mes personnages mythologiques préférés ; j’ai toujours voulu en savoir plus sur elle depuis que j’ai lu L’Odyssée, et je suis heureuse qu’un livre lui soit finalement consacré ! Elle était incomprise et rejetée de tous ; son immortalité en tant que déesse lui a permis de grandir et de trouver une forme de sagesse. Elle a compris les règles du monde dans lequel elle vit, même si celles-ci lui semblent injustes et ne lui conviennent pas. J’ai, en revanche, eu du mal avec Ulysse. Je ne le supporte pas. Déjà, je n’aimais pas beaucoup L’Odyssée ; mais après avoir lu The Penelopiad (L’Odyssée de Pénélope) de Margaret Atwood, c’était fini ! Comme la majorité des (tous ?) les héros grecs, ses hauts faits sont, en fait, des actes barbares ou cruels. Malgré le fait que Circe soit séduite, elle voit bien sa violence, sa colère. [SPOILER] On voit enfin sa véritable personnalité à la fin, à travers les histoires de Télémaque et Pénélope. Celle-ci m’a fait penser à The Penelopiad (eh oui, encore !) où Ulysse est juste un homme violent transformé en héros par les aèdes et leurs chansons. L’épisode des servantes pendues se trouve dans les deux romans.[FIN DU SPOILER] J’ai adoré Dédale, et j’aurais voulu le voir plus longtemps. Il est un baume, un repos dans la vie de Circe. Bien sûr, il n’y a pas beaucoup plus de « bons » personnages ici. La majorité d’entre eux sont cruels, et il est difficile de les apprécier. Pasiphaé, Aeétès ou Hélios, pour ne citer qu’eux ! Pas d’amour ici, seulement de l’avidité et de l’envie. Mais, pour la majorité des personnages féminins, Circe comprend, en fin de compte, leurs motivations ; bien sûr, cela ne les absout pas !

J’ai adoré la façon dont les dieux sont montrés ! Ils ne sont pas parfaits, et leur immortalité ne leur apporte pas de sagesse, mais plutôt une maîtrise accrue de la cruauté. D’ordinaire, ces dieux cruels sont Zeus ou Apollon ; j’ai été surprise de voir Athéna ou Hermès décrits de cette façon. Il existe une frontière claire entre Olympiens, Titans et hommes. Les Titans ne sont pas mieux : ils vivent pour eux-mêmes exclusivement. Leur but est de trouver la gloire, que leur réputation soit assurée, et que les hommes leur offrent prières, libations et sacrifices. D’un autre côté, Circe mentionne les nymphes et les dryades comme elles sont vues par les dieux et les hommes : des fruits à cueillir, à dévorer. Et peu importe si elles pleurent tant qu’elles se changent en pierre ou en fleur ; elles ne vivent que pour le plaisir des autres, ce qu’indique leur nom même. Parlant de nom, petite parenthèse : j’ai adoré découvrir la signification de mots grecs dans le roman !! Revenons aux nymphes : même si Circe l’est en partie, elle est plus forte, et parvient à survivre aux choses qui lui arrivent. Cela amène des réflexions sur la femme et sa condition, sa place, à la fois dans la société et la mythologie grecque. Circe peut-elle s’élever au-dessus de cela ? Peut-elle être reconnue ? Est-elle différente ?

J’ai aussi adoré voir les mythes différemment, ou en découvrir de nouveaux !! Je n’en connaissais pas certains ! Par exemple : comment Scylla est devenue un monstre ? Pourquoi Circe vit-elle sur une île ? Qu’est-il arrivé à Ulysse une fois rentré à Ithaque ? Qu’est-il arrivé à Pasiphaé une fois son mari Minos mort ? J’ai adoré connaître les réponses !!

J’ai adoré la fin !! C’était parfait !! [SPOILER] Enfin, Circe trouve sa place ; elle peut être heureuse avec celui qu’elle aime. Elle peut quitter son île pour vivre vraiment, et pour explorer. Elle est puissante et sage, et, même si la peur revient, elle sait, maintenant mortelle, qu’elle retrouvera ceux qu’elle aime dans les enfers. [FIN DU SPOILER] J’ai hâte de lire The Song of Achilles (Le chant d’Achille), et tous les livres que Madeline Miller publiera par la suite sur la mythologie !!

 

Donc, un excellent livre, qui nous fait découvrir, si on ne la connaissait pas, la magicienne Circe ! 

The Farseer Trilogy, book 3: Assassin’s Quest de Robin Hobb

Posté : 28 juin, 2018 @ 6:16 dans Avis littéraires, Coup de cœur, Lectures Communes | Pas de commentaires »

Genre : Fantasy Assassin's Quest

Editeur : HarperVoyager 

Année de sortie : 2014 [1997]

Nombre de pages : 838

Titre en français : L’assassin royal, tomes 4 : Le Poison de la vengeance, 5 : La Voie magique et 6 : La Reine solitaire OU La citadelle des ombres/L’assassin royal, intégrale, première époque, tome 2 

Synopsis : With the king no longer living and his heir, Verity, missing and declared dead, Prince Regal has treacherously seized the throne.

Regal’s torture has left Fitz more dead than alive, and more closely than ever bonded with his wolf. All who once loved him believe him dead: even Molly, now pregnant with his child. But he cannot go to her without placing her in terrible danger.

With nothing left to lose, Fitz sets out for Tradeford, where Regal has withdrawn, having heartlessly abandoned the north of the kingdom to the Red-Ship Raiders. His quest: to assassinate the man who has destroyed his world. 

 

Avis : Depuis mon coup de cœur pour Assassin’s Apprentice en janvier, je n’ai qu’une envie : lire tous les livres de Robin Hobb !! Mais je ne veux pas aller trop vite non plus, histoire de les savourer quand même ! J’ai donc poursuivi avec Royal Assassin en mai, mais je n’ai pas su résister à l’appel d’Assassin’s Quest pour juin !! J’ai lu ces deux derniers volumes en lecture commune avec Gina, qui aime la série autant que moi ! 

ATTENTION, CETTE CHRONIQUE CONTIENT DES SPOILERS POUR LES TOMES PRECEDENTS !

Après la mort, et la résurrection de Fitz, on pouvait s’attendre à ce que ce dernier tome commence mal, et lentement. Pourtant, j’ai trouvé que le rythme était plus entraînant que celui du deuxième volume. Certes, Fitz commence par redécouvrir la vie en tant qu’humain ; mais c’est intéressant, et cela apporte un nouvel aspect à l’histoire en mettant l’accent sur une des magies de l’univers. Le reste est une longue quête pour lui, et un voyage qui dure la majorité du livre. On pourrait se dire qu’on va s’ennuyer, mais ce n’est pas le cas : Fitz rencontre de nouveaux personnages, et continue à suivre la vie des gens qu’il aime à travers le Skill. Cette forme de magie, comme le Wit, est fortement mise en avant, ce que j’ai vraiment apprécié ! On en apprend plus sur leur fonctionnement, leur histoire, et leurs utilisateurs ! J’espère en apprendre plus encore sur le Wit dans les autres trilogies de la série ! On découvre, par la même occasion, de nouvelles régions du monde créé par l’auteure, étant donné que Fitz va tenter de retrouver Verity. Le lecteur en apprend également davantage sur le lien entre Fitz et le Fou, puisqu’ils sont censés être unis par une prophétie, mais aussi sur le Forging, qui est expliqué !! C’est simple : dans ce tome, toutes les pièces du puzzle s’emboîtent parfaitement, ce qui fait de la trilogie un cycle parfait. 

Alors, oui, vous pouvez avoir peur de la taille de ce livre ; j’ai aussi lu/entendu des avis négatifs qui m’ont fait peur (c’était trop long, un peu ennuyeux, ça manquait de travail éditorial, et ce n’était pas une fin épique du tout). J’ai quasi eu l’impression que nous n’avions pas lu le même livre !! Je l’ai trouvé excellent, et ce, principalement grâce à l’ambiance et aux personnages ! Je me suis sentie si proche d’eux, comme chez moi, comme au sein d’une meute, c’était formidable !! Je me rends compte que c’est vraiment ce qui me fait adorer un livre, cette osmose entre les personnages, cette façon dont le lecteur se sent inclus ! Souvent, quand ce trope arrive, j’ai envie que le roman ne se finisse jamais pour profiter un maximum !! Bien sûr, ce n’est pas seulement un livre « cosy » ; la lecture est aussi très pénible ! Il arrive tellement de choses aux personnages : Fitz n’est épargné ni par le Destin, ni par les hommes autour de lui. Il m’a parfois agacée, mais j’ai aussi réussi à le comprendre. Il m’a fait mal au cœur, tout comme Kettricken et Verity. Alors là … J’ai adoré le Fou, qui est devenu un de mes personnages préférés ! Je suis heureuse qu’une trilogie dans la série The Realm of the Elderlings s’appelle Fitz and the Fool ! J’ai vraiment hâte d’en apprendre encore plus sur lui – il est clairement le plus mystérieux de tout le cast ! Il est (peut-être un peu trop) facile de détester Regal : il passe vraiment pour un enfant gâté et capricieux incapable de grandir, et de régner, par la même occasion. Enfin apparaissent les fameux Elderlings (Anciens dans la version française il me semble) !! J’ai aimé cette espèce de twist original du dragon traditionnel, et j’ai vraiment hâte d’en apprendre plus sur eux par la suite !

Seule petite déception (mais ça ne m’empêche de faire de ce livre un coup de cœur !) : la fin. La trilogie tout entière se construit autour de la menace des Red Ships, donc je m’attendais à quelque chose d’épique les concernant ; pourtant, le voyage et la préparation prennent 820 pages, et la bataille finale et le dénouement, 18 … J’ai vraiment tout adoré dans ce livre, mais je me suis dit que c’était un peu rapide, et j’aurais aimé que ces dernières scènes soient plus fouillées, autant que le voyage de Fitz (en même temps, je dis ça mais, quand vous lirez, vous comprendrez qu’il est logique que tout ne soit pas décrit dans le détail. [SPOILER] En effet, Fitz ne participe pas à la bataille, et comme le lecteur n’a que son point de vue, il ne peut pas vivre les scènes sans lui ! Dommage !! [FIN DU SPOILER]) Enfin, mon édition comporte des petites erreurs, comme des répétitions. Mais, je lui pardonne – la couverture est trop belle haha !

 

Donc, un dernier tome qui conclut magistralement la première trilogie de Robin Hobb ! J’ai hâte de poursuivre la série avec The Liveship Traders ; c’est la partie qui me tente le moins, mais j’en entends tellement de bien, ça me rassure ! 

Wayward Children, book 2: Down Among the Sticks and Bones de Seanan McGuire

Posté : 19 juin, 2018 @ 8:35 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Fantasy Down Among the Sticks and Bones

Editeur : Tor 

Année de sortie : 2017

Nombre de pages : 187

Titre en français : Pas encore traduit 

Synopsis : A stand-alone story suitable for adult and young adult readers, and the follow-up to the Alex Award-winning Every Heart a Doorway

Twin sisters Jack and Jill were seventeen when they found their way home and were packed off to Eleanor West’s Home for Wayward Children.

This is the story of what happened first …

Jacqueline was her mother’s perfect daughter – polite and quiet, always dressed as a princess. If her mother was sometimes a little strict, it’s because crafting the perfect daughter takes discipline.

Jillian was her father’s perfect daughter – adventurous, thrill-seeking, and a bit of a tomboy. He really would have preferred a son, but you work with what you’ve got.

They were five when they learned that grown-ups can’t be trusted.

They were Twelve when they walked down the impossible staircasse and discovered that the pretense of love can never be enough to prepare you for a life filled with magic in a land filled with mad scientists and death and choices

 

Avis : Je ne pensais pas que je pouvais aimer Down Among the Sticks and Bones plus que Every Heart a Doorway ; peut-être que je l’ai, en fait, aimé encore plus !

Tout était parfait dans ce livre ; je ne trouve vraiment rien à redire !

Jack est un de mes personnages préférés dans le premier tome ; j’étais tellement heureuse de la retrouver dans celui-là ! Ou, peut-être que j’ai tellement aimé Down Among the Sticks and Bones qu’elle l’est devenue ! C’est sans doute plutôt ça ; dans le premier tome, mon attention était concentrée sur Nancy, qui m’avait tellement touchée. Ici, ce sont les jumelles (les deux !) qui m’ont émue. L’histoire commence avant leur naissance, par la présentation de leurs parents, sans doute deux des personnages les plus détestables de la série, et de la littérature YA. C’est vrai qu’ils ne commettent pas de crimes, ils ne tuent personne, ne violentent physiquement personne ; mais leurs enfants sont des poupées qu’ils veulent façonner, et je considère que c’est un crime. Ils volent complètement l’identité de leurs filles, les traumatisant et les marquant au passage. Un enfant a besoin d’amour pour grandir et se développer normalement : Jack et Jill n’en ont pas eu, en tout cas, pas de la part de leurs parents. Tout le monde ne devrait pas avoir d’enfants, c’est certain. Lire leur histoire m’a profondément agacée ; pas parce que c’est mauvais, au contraire, parce que c’est bien écrit, et que j’étais du même avis que le narrateur. En effet, la voix narrative semble, à plusieurs reprises, parler, interpeller le lecteur, ce qui l’implique d’autant plus dans l’histoire. J’ai aimé ce jeu, cette façon de nous inclure, mais aussi cette espèce de complicité qui se crée. J’ai adoré l’écriture, je ne saurais pas vraiment dire pourquoi ; peut-être en partie grâce au narrateur, mais il y a ce quelque chose en plus qui fait que c’est vraiment bien écrit. 

J’ai adoré découvrir ce nouveau monde, the Moors (on peut traduire le nom par Les Landes) !! Il est beaucoup plus sombre que le nôtre (et donc, que celui de Every Heart a Doorway), il fait très gothique, très sinistre. Peuplé de monstres, il est dirigé par un maître terrifiant – je sais que sa nature est à peu près donnée dans le premier tome, mais je préfère ne pas vous la révéler, au cas où je me tromperais ! J’aimerais plus d’histoires dans ce monde, histoire de continuer à en apprendre plus ! J’ai adoré l’atmosphère, assez creepy, mais aussi belle en quelque sorte. Celle-ci est un peu différente de celle d’Every Heart a Doorway. En effet, au pensionnat d’Eleanor West, je me suis sentie chez moi, et en même temps, déracinée, c’était étrange : ici, je n’ai pas eu ce sentiment de déracinement [SPOILER] ou dans l’autre sens, quand les filles sont expulsées ; c’est le mouvement inverse du parcours de Nancy, qui commence à son rejet, et s’achève par ses retrouvailles avec son monde ! [FIN DU SPOILER] Ici, malgré l’horreur du monde, malgré ses difficultés, je me suis presque sentie chez moi, bien, en accord avec l’endroit. C’était plus fort dans le premier tome de la série, sans doute parce que je me sentais plus proche de Nancy que de Jack ou Jill. De plus, ici, le lecteur sait comment l’histoire se termine s’il a lu Every Heart a Doorway : les filles vont être rejetées par leur monde, et ce sentiment d’abandon aurait pu être intense, sans l’explication de Dr. Bleak.

Mais avant de parler de la fin, évoquons les personnages ! Comme je l’ai dit plus haut, si j’avais apprécié Jack dans le premier tome, je l’ai adoré ici ! Elle m’a touchée, je me suis sentie proche d’elle. Forcée d’entrer dans un moule, elle se rebelle peu à peu, comprend où est sa place, et reste, pourtant, marquée par les exigences de sa mère, qui voulait faire d’elle une princesse. J’ai adoré sa soif de connaissances, son absence d’hésitation face aux difficultés ou aux risques, sa lucidité aussi. C’est, pour moi, ce qui différencie vraiment les jumelles : jamais Jill ne semble se rendre compte qu’elle a été formatée par ses parents, et que Jack n’y est pour rien. Elle en veut à sa sœur, et au monde entier, parce qu’elle n’a pas ce qu’elle veut, parce qu’elle n’est pas acceptée. Elle ne trouve pas sa place, et devient complètement autocentrée. En un sens, elle peut faire mal au cœur : ce n’est pas seulement sa faute si elle agit comme elle le fait. Mais je ne parviens pas à la considérer totalement comme dénuée de responsabilités. Je suis même allée jusqu’à la détester à un moment donné !

Maintenant, la fin ! J’ai aimé la façon dont est présenté l’amour ; [SPOILER] en tant que lectrice, je ne parviens pas à pardonner à Jillian, mais Jack en est capable parce qu’elle aime sa jumelle, en dépit de ce qu’elle a fait. [FIN DU SPOILER] La fin est à la fois cruelle, et belle. Cruelle parce qu’elle apporte une nouvelle épreuve aux personnages ; belle parce qu’elle est pleine d’amour. [SPOILER] Jill tue Alexis en partie par amour pour sa sœur, parce qu’elle veut la retrouver, l’avoir pour elle seule, qu’elles vivent à nouveau ensemble. Sans Alexis, Jack est « libre » à nouveau, elle peut se tourner vers sa sœur, pleinement, sans qu’un obstacle se trouve entre elles. Jill s’y prend très mal, évidemment, mais c’est un acte dicté par l’amour. Elle veut aussi être acceptée définitivement par son maître, lui montrer qu’elle est capable d’être ce qu’il veut qu’elle soit : un être sanguinaire. [FIN DU SPOILER] Cette fin m’a brisé le cœur, pas seulement parce que les deux sœurs se retrouvent expulsées de leur monde ; aussi parce qu’elles perdent définitivement quelque chose lorsqu’elles partent. J’ai maintenant très envie de relire Every Heart a Doorway : Down Among the Sticks and Bones est vraiment un préquel ! J’ai aussi très envie d’une suite concentrée sur ce qui arrive aux jumelles une fois qu’elles sont retournées aux Moors ! *espoir que ce soit le sujet de In an Absent Dream, mais n’y crois pas vraiment* 

 

Donc, ce livre était excellent !! J’ai tout adoré, du monde à l’écriture, en passant par les personnages et l’histoire. J’ai hâte de continuer cette série avec le troisième tome, Beneath the Sugar Sky 

How To Be a Woman de Caitlin Moran

Posté : 7 juin, 2018 @ 7:17 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Essai How To Be a Woman

Editeur : Ebury Press

Année de sortie : 2012 [2011]

Nombre de pages : 312

Titre en français : Comment peut-on (encore) être une femme ?

Synopsis : « It’s a good time to be a woman: we have the vote and the Pill, and we haven’t been burnt as witches since 1727. However, a few nagging questions do remain …

Why are we supposed to get Brazilians? Should we use Botox? Do men secretly hate us? And why does everyone ask you when you’re going to have a baby? »

Part memoir, part rant, Caitlin Moran answers the questions that every modern woman is asking. 

 

Avis : J’avais vu ce livre un peu partout, mais c’est Salomé de la chaîne Kissthelibrarian qui m’a vraiment donné envie de le lire !

J’avais entendu dire que How To Be a Woman était drôle et féministe, et j’avoue que je n’ai jamais lu d’œuvre féministe qui soit drôle ! Je me suis dit que ça valait le coup d’essayer, et j’ai ADORE ! Alors, certes, je ne suis pas d’accord sur tout ce que Caitlin Moran écrit, mais je me suis sentie vraiment bien de lire un livre de la sorte, un livre qui explique pourquoi la femme est encore le jouet de la société, pourquoi et comment elle est encore définie par elle, pourquoi elle ne parvient pas vraiment à se faire respecter, et comment tout cela fonctionne. On peut se dire que l’auteure n’est pas une spécialiste, mais elle est une femme, et parle de son expérience en tant que femme, ce qui enrichit considérablement le livre pour moi ! Elle explique ce qu’est véritablement le féminisme, au cas où certains l’auraient oublié ou ne le savent pas. Beaucoup de femmes ne se sentent pas féministes, ou pensent ne pas pouvoir l’être parce qu’elles ne correspondent pas aux autres féministes, ou à l’image que celles-ci renvoient. Pourtant, le concept d’origine est simple, et même les hommes peuvent correspondre : c’est vouloir l’égalité homme/femme. Ce n’est pas de la misandrie, la haine des hommes.  

Son humour m’a parfois pris par surprise ; il apparaît souvent après quelque chose de plutôt sérieux, ou une explication. Je me suis retrouvée à glousser et même à éclater de rire ! Elle démolit chaque préjugé sur la femme : elle est douce et élégante, elle veut forcément des enfants, elle ne regarde pas de porno, ou elle a les mêmes désirs que les hommes, etc ; et explique pourquoi ce n’est pas important d’entrer dans les normes. Elle parle aussi de certaines expériences dans lesquelles je me suis retrouvée ; j’avais le sentiment que ce livre était vraiment écrit pour moi ! Caitlin Moran aborde des sujets polémiques, ou assez lourds, comme l’avortement, ou la chirurgie esthétique ; elle ne prend pas de pincettes, appelle un chat un chat, et ne fait pas semblant en donnant sa véritable opinion sur la question. Ce franc-parler peut sans doute choquer, mais j’ai trouvé qu’il était plutôt rafraîchissant. Pas d’hypocrisie au moins ! Elle évoque aussi la honte dans certaines situations, le fait qu’une femme ne puisse pas parler de tout ce qu’elle vit ou de ses sentiments sous peine d’être mal vue. 

 

Donc, un essai-mémoire coup de cœur, qui rappelle l’essentiel du féminisme, et qui fait rire autant qu’il fait réfléchir ! 

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