Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Archive pour la catégorie 'Coup de cœur'

Ready Player One d’Ernest Cline

Posté : 20 février, 2018 @ 11:03 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Science-Fiction, YA Ready Player One

Editeur : Arrow Books

Année de sortie : 2012 [2011]

Nombre de pages : 374

Titre en français : Player one

Synopsis : THE BREAKOUT SENSATION OF THE YEAR

Imagine the WORLD AT STAKE.

An EPIC STRUGGLE between good and evil.

The GREATEST QUEST in history.

The FATE OF HUMANITY resting in your hands?

ARE YOU READY?

 

Avis : Cela fait un moment que je veux lire Ready Player One, et je me suis enfin lancée en le voyant à la BU de ma fac !

Je m’attendais à adorer ce livre ; pour autant, je ne pensais pas être autant emportée dans l’univers de l’auteur. Le monde qu’il a créé est à la fois déprimant et sensationnel ! J’ai adoré les moments passés dans l’OASIS ; si seulement notre monde était cet OASIS, dans lequel tous les mondes fictifs prennent vie ! J’ai eu l’impression qu’Ernest Cline était parvenu à mettre en forme la façon dont je vois la littérature : un univers complet de planètes différentes pour chaque œuvre, planètes sur lesquelles il suffit de se poser pour être complètement immergée dans le monde du livre. Mes précédentes lectures sont pour moi des mondes que je revisite ! Je suis parvenue à imaginer les différents sites visités par Wade dans les détails, grâce aux descriptions de l’auteur. J’ai adoré toutes les références nerd qui parcourent le livre ; les explications n’étaient pas de trop, étant donné que je ne connaissais pas tous les jeux vidéo/films mentionnés. Honnêtement, Ready Player One est un de ses livres pour lesquels on ne se pose pas la question de savoir si on aime ; pendant la lecture, on exulte tellement ce livre est fait pour nous !! Je me suis sentie dans le même état que Patrick Rothfuss dans son commentaire sur la quatrième de couverture : « Ce livre a satisfait tous les os geek de mon corps geek. J’ai eu l’impression qu’il était écrit pour moi. » J’ai aussi aimé la mise en avant de l’amitié – même s’il y a quand même aussi de l’amour – : ce livre permet de montrer que les relations virtuelles peuvent se concrétiser, et même, quelque part, qu’elles permettent d’apprécier une personne pour elle-même et non pour son apparence physique – ce qui est clairement remis en question par l’attirance physique que ressent Wade pour un autre personnage, mais passons ! Ce livre montre une vie dans laquelle virtualité/technologie et réalité sont entrelacées de manière presque inextricable et excessive ; mais, après tout, c’est la voie que nous prenons aussi avec le temps ! La seule chose qui m’a agacé dans ce livre : [SPOILER] le temps que mettent les personnages à former une équipe !! Sérieusement, c’est évidemment la seule solution pour empêcher les Sixers de remporter le concours, et eux attendent la dernière minute pour s’allier !! [FIN DU SPOILER]

Bien sûr, le livre contient quelques figures YA, comme l’histoire d’amour, mais cela ne m’a pas dérangé, et j’ai aimé que le « héros » ne puisse pas tout faire seul, exactement comme Harry Potter ! Aussi, à côté de la construction de l’univers formidable de l’auteur, les personnages sont un peu moins développés. Wade est assez semblable aux « héros » que l’on a l’habitude de retrouver dans les romans YA. Il est déjà marqué par la pop culture à cause de la façon dont son père a voulu l’appeler, ce qui le place un peu dans la position d’« élu » ; mais rien à voir avec Harry Potter, qui est le fils survivant de résistants, ou Percy Jackson, fils d’un dieu. Wade est ordinaire, et devient extraordinaire à travers sa quête. C’est un peu aussi un roman d’apprentissage : Wade doit apprendre à vivre dans le monde réel autant que dans l’OASIS. Son parcours est fait d’obstacles, mais aussi de rencontres qui engendrent des sentiments. Ici, j’ai particulièrement aimé les personnages d’Art3mis et Aech. Art3mis est présentée, dès le début, comme le crush du héros : il ne la connaît pas, mais ses mots le touchent. Elle est brave et courageuse, et ne se laisse pas marcher sur les pieds parce que c’est une fille qui geeke autant que les garçons – voire plus ! Grâce à elle [SPOILER] et à Aech [FIN DU SPOILER], l’auteur évoque la discrimination dans le milieu du jeu vidéo : les filles sont généralement vues comme inférieures aux garçons dans ce domaine. Art3mis les remet à leur place (Team Art3mis !). Aech, quant à lui, 1) me fait rire, 2) est l’ami parfait, avec lequel le héros a tellement d’intérêts communs qu’ils pourraient être frères. Meilleur ami de Wade, il est toujours là pour lui si besoin est, que ce soit niveau argent ou logement. Bien sûr, ils ne se sont jamais rencontrés, et Wade n’a jamais demandé son aide ; mais j’ai adoré que l’auteur mette en avant une telle amitié ! [SPOILER] J’ai fini par me douter de l’identité réelle d’Aech à la fin du livre, quand les personnages vont enfin se rencontrer ; j’ai adoré que ce soit une fille, et que leur amitié ne change pas pour une question de sexe, de couleur de peau – elle est afro-américaine – ou d’orientation sexuelle – elle est homosexuelle. Le lecteur pourrait penser que ça fait beaucoup pour un seul personnage, et que l’auteur a concentré toute la diversité de son livre sur Aech – elle est aussi grosse, comme Art3mis, qui est qualifiée de Rubenesque –, mais cela ne m’a pas dérangé. [FIN DU SPOILER] Les « méchants » sont bien représentés par Sorrento, qui n’a aucun scrupule à tuer si nécessaire ; mais on ne peut pas dire qu’il fasse partie des grands villains qu’on adore détester, ou qui sont essentiellement à l’histoire, comme Voldemort ou Sauron.

Comme je vous l’ai dit plus haut, le monde de Ready Player One est aussi déprimant ; et par-là, j’entends le monde réel. Frappé par une crise énergétique et écologique, la planète est en train de mourir, et les humains, face à cette catastrophe, préfèrent se réfugier dans l’OASIS. Aussi, comme le présent n’est pas folichon, ils vouent une sorte de culte au passé, et notamment aux années 80. Cela s’explique aussi par le fait que le créateur de l’OASIS, James Halliday, est un geek, obsédé par les jeux/films/livres de son adolescence, donc, des années 80. A sa mort, il lance un défi aux utilisateurs de l’OASIS : trouver son Easter Egg afin de remporter toute sa fortune, qui s’élève à plusieurs milliards de dollars. Les personnages deviennent alors de véritables érudits concernant les années 80 : ils connaissent chaque jeu, chaque film, chaque livre par cœur, et peuvent même donner la date de parution !! La vraie « leçon » du livre, pour autant, n’est pas que la vie virtuelle est mieux ; le but n’est pas que Wade se perde dans l’OASIS, ou qu’il vive continuellement dans le passé. On peut être un vrai geek, être obsédé par Le Seigneur des anneaux, les jeux rétro et Ghostbusters, tout en sachant que la vie réelle vaut la peine d’être vécue. Ces deux « mondes » ne sont pas inconciliables. En fin de compte, la quête de Wade est multiple, et ne se déroule pas seulement dans l’OASIS, mais aussi dans le monde réel.

J’ai regardé Stranger Things il n’y a pas longtemps ; il semble que je sois d’humeur 80s en ce moment !! Je dois toujours finir la deuxième saison, mais je n’ai pas envie d’attendre la troisième – la première se terminait sur un tel cliffhanger !! La mention de Donjons et Dragons dans Ready Player One m’a d’ailleurs rappelé la série ! J’ai hâte de voir le film de Spielberg : la barre est placée très haut !!

 

Donc, un gros coup de cœur, ce qui n’était pas arrivé depuis Assassin’s Apprentice de Robin Hobb !! J’ai bien fait de revenir à la SFF cette année !!

The Farseer Trilogy, book 1: Assassin’s Apprentice de Robin Hobb

Posté : 25 janvier, 2018 @ 12:54 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Fantasy Assassin's Apprentice

Editeur : Harper Voyager

Année de sortie : 1996 [1995]

Nombre de pages : 460

Titre en français : L’assassin royal, tome 1 : L’apprenti assassin

Synopsis : A glorious classic Fantasy combining the magic of Ursula Le Guin’s The Wizard of Earthsea with the epic mastery of Tolkien’s The Lord of the Rings.

Fitz is a royal bastard, cast out into the world with only his magical link with animals for solace and companionship.

But when Fitz is adopted into the royal household, he must give up his old ways and learn a new life: weaponry, scribing, courtly manners; and how to kill a man secretly. Meanwhile, raiders ravage the coasts, leaving the people Forged and soulless. As Fitz grows towards manhood, he will have to face his first terrifying mission, a task that poses as much risk to himself as it does to its target: for Fitz is a threat to the throne… but he may also be the key to the future of the kingdom.

 

Avis : Cela fait pas mal de temps que je pense à lire Robin Hobb ; mais je ne savais pas trop par où commencer, et elle avait déjà écrit tellement de livres que j’étais un peu perdue. Puis, j’ai été séduite par la passion de Samantha et Gaby !! Elles m’ont convaincue de me lancer enfin !!

Et je ne sais franchement pas comment les remercier tant j’ai ADORE ce livre !! Il m’a complètement transportée : dès les premières pages, j’étais totalement dedans – tellement que j’ai déjà failli pleurer oh ! C’est tellement rare que j’entre aussi facilement dans un livre ; d’habitude, j’ai toujours ce problème avec le début, cette difficulté à me faire à l’écriture ou au monde présenté. Ici, aucune lutte ; c’était naturel ! C’était déjà génial, cet effet, comme si j’étais faite pour lire ce livre ! Mais le reste est tout aussi génial !! J’ai adoré le monde que l’auteure nous offre, découvrir son territoire – il y a une carte pour s’y retrouver, ce qui est toujours agréable ! -, sa politique, ses problèmes et, surtout sa magie !! Les deux types de « pouvoir » sont pour moi fascinants, j’ai aimé découvrir ce qu’ils impliquaient, comment ils fonctionnaient, et j’ai hâte de les voir développer par la suite ! J’ai aussi vraiment hâte d’en apprendre plus sur l’Histoire des Six Duchés, et notamment sur les Elderlings [SPOILER] qui me semblent être des dragons dis donc !! [FIN DU SPOILER] J’ai adoré l’histoire, suivre Fitz et sa formation. L’ambiance de cette vie au château – même si ce n’est certainement pas la belle vie pour Fitz ! – était très agréable : j’ai aimé explorer Buckkeep, Buckkeep Town, puis Jhaampe ! La façon dont le livre est écrit m’a beaucoup plu !! Fitz écrit sa propre histoire une fois qu’il est adulte, en commençant par son enfance, par ses premiers souvenirs. J’ai aimé les ouvertures de chapitre, souvent historiques, qui permettent d’expliquer en partie certaines situations ou événements dans l’intrigue principale : il faut garder l’information dans un coin de sa tête pour le moment où elle sera nécessaire. Ce procédé m’a rappelé Les bannis et les proscrits de James Clemens, une de mes séries Fantasy préférées !! 

Concernant les personnages, évidemment, j’ai adoré Fitz ! Il est devenu, en un seul livre, un de mes nouveaux préférés ! Sa solitude fait mal au lecteur, lui brise même le cœur parfois ; on a envie de le protéger, de l’aider, de combler les vides que laissent les autres. Il ne comprend pas tout ce qui lui arrive, parce que personne n’a jugé utile de lui apprendre certaines choses ; il est donc complètement ignorant, et cela lui cause aussi des problèmes. Il se fait peu d’amis, beaucoup d’ennemis ; même s’il ne s’en rend pas compte, il est une menace pour le trône, parce qu’il est le fils – même bâtard – de Chivalry, le futur roi. Honnêtement, je pense qu’il est impossible de ne pas s’attacher à lui ; c’est un des personnages que le lecteur a envie de réconforter, d’aider, et qu’il aime tendrement. J’ai aussi aimé Burrich, malgré son côté bourru, et malgré une scène qui m’a fait le détester au début. Homme d’honneur, il a juré à Chivalry de s’occuper de son fils. Il est attachant, tout en étant en même temps repoussant, ce qui est assez étrange. Le lecteur ne veut pas qu’il lui arrive quelque chose, mais il ne peut pas pleinement l’apprécier non plus. Cette ambivalence est sans doute due au fait que la narration se fait à la première personne, avec le point de vue de Fitz : le lecteur est donc confronté aux sentiments contradictoires de l’enfant pour cet homme qu’il aime, mais qui lui fait peur. J’ai aussi aimé Verity[SPOILER] Etant donné que Chivalry abdique, et meurt assez abruptement, sans que Fitz ait le temps de le connaître, [FIN DU SPOILER] Verity est mis en avant, et on apprend peu à peu à le découvrir. J’ai aimé sa nature joyeuse et le fait qu’il soit rassurant avec Fitz. C’est le seul qui le considère comme un enfant ; même s’il n’est pas très présent, il ne fait rien pour lui nuire, contrairement à Regal, qui me sort par les yeux. Un de ses personnages détestables, parce que frivole, incapable de gouverner et persuadé qu’il est l’héritier légitime, méprisant, mais aussi méprisable ! J’ai aussi très peu apprécié Galen, comme on peut s’y attendre ; et je me doutais de son secret !!

La fin était géniale, comme tout le livre ! Je m’attendais à quelque chose de complexe mais, comme Fitz, je n’avais pas tout à fait saisi ! Le dernier paragraphe du dernier chapitre, avant l’épilogue, m’a détruit le cœur. Je m’en doutais mais de le voir écrit … 

En fait, cette découverte d’Assassin’s Apprentice a été incroyable pour moi : cela faisait longtemps que je ne m’étais pas sentie aussi proche d’un univers, aussi bien dans un livre, aussi absorbée par lui ! C’est assez dur d’exprimer ce que je ressens : c’est comme si le livre était fait pour moi. C’est assez rare, et un sentiment merveilleux. Je regrette de ne pas être entrée dans ce monde plus tôt, mais je me réconforte en me disant qu’il me reste tout un tas de livres à lire ! En plus, j’ai entendu dire que la série ne faisait que s’améliorer : comment est-ce possible ?!! Ah, je regrette aussi de ne pas avoir emprunté le deuxième tome !! En finissant celui-ci, j’avais tout de suite envie de continuer … ou de le relire !!

 

Donc, un excellent premier tome de série, un magnifique roman Fantasy, un héros attachant, et un monde captivant ! 

Poor Things d’Alasdair Gray

Posté : 14 janvier, 2018 @ 7:11 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Science-Fiction Poor Things

Editeur : Penguin Books

Année de sortie : 1993 [1992]

Nombre de pages : 317

Titre en français : Pauvres créatures

Synopsis : What strange secret made beautiful, tempestuous Bella Baxter irresistible to the poor medical student Archie McCandless? Was it her queer origin in the home of monstrous Godwin Baxter, the genius whose voice could perforate eardrums? This story of love and scientific daring storms through Victorian operating theatres, continental Casinos and a Parisian brothel to an happu end in a decent, old-fashioned Scottish marriage.

 

Avis : Poor Things est un des livres que je voulais lire pour le mémoire ; même si je ne l’étudierai sans doute pas, j’avais très envie de le découvrir.

J’ai entendu parler de ce livre sur la chaîne de Jen Campbell ; elle ne cessait de le recommander en disant qu’il était formidable et le présentait comme une réécriture de Frankenstein. Je me suis alors rendue compte que je n’en avais jamais lue ! Tout d’abord, j’ai aimé le format original de ce livre ; en effet, ici, l’auteur, Alasdair Gray, veut nous faire croire que l’histoire qu’il nous raconte est réellement arrivée, et ce, dès son introduction. Suit une espèce d’autobiographie/biographie écrite par Archibald McCandless, très incomplète puisqu’elle ne nous raconte qu’un tout petit bout de l’histoire. A la fin se trouve une lettre de sa femme, qui nous donne une autre version de l’histoire. Enfin, le livre s’achève sur les notes critiques et historiques d’Alasdair Gray, qui tente une dernière fois de prouver que tout est bien arrivé. J’ai aimé ce procédé et ces multiples versions de l’histoire : le lecteur choisit ce qui lui semble le plus « probable », sachant que l’auteur penche sur la version d’Archibald, semble-t-il. 

Bien sûr, une telle réécriture implique des réflexions sur la science, sur la capacité de l’homme à se prendre pour Dieu, mais aussi sur le fait que l’homme est capable de créer des hommes sans avoir besoin de la procréation. [SPOILER] J’ai d’ailleurs adoré le jeu sur l’onomastique : le « créateur » s’appelle Godwin Baxter, et Bella/Victoria l’appelle God. Plusieurs interprétations ici : soit Godwin, étant donné qu’il est un être très particulier – il ressemble plus au monstre de Frankenstein que Bella, est capable de faire des choses extraordinaires, des espèces de miracles, soit l’homme, grâce aux avancées de la science, devient véritablement capable de créer, ou de sauver, des humains alors qu’ils sont morts depuis longtemps (ici, sept jours). [FIN DU SPOILER] Ici, la médecine n’est plus seulement vue comme une science, mais comme un art, qui demande à son praticien de traiter son patient comme un être vivant, qui ressent les choses, et pas comme quelque chose de mort.  

Pourtant, j’ai eu du mal à entrer dans ce livre ; en effet, je n’appréciais pas vraiment les deux personnages masculins, Godwin Baxter et Archibald McCandless, et leurs raisonnements. Puis est arrivée Bella, et elle m’a fait adorer ce livre ! J’ai adoré sa vision du monde, son innocence et son indignation, j’ai adoré les réflexions qu’elle apporte au livre sur la femme et la société : ce livre est, du coup, très féministe, et [SPOILER] fait peut-être même ici de la femme un être supérieur parce que douée de la sensibilité d’un humain mais complètement désengagée des conventions et des convenances, une femme qui revient à l’humain d’origine, un être bon et sensible, qui ne comprend plus le monde autour de lui. [FIN DU SPOILER] Je me suis reconnue dans son désespoir face à la cruauté, à l’injustice et au sexisme. Elle n’a pas de place dans ce monde et [SPOILER] quand elle essaie de changer quelque chose, elle est ridiculisée, insultée, méprisée parce qu’elle est une femme et qu’elle apporte quelque chose de nouveau ! [FIN DU SPOILER] J’ai adoré qu’elle montre la femme différemment, libre, complètement indépendante ; étant donné qu’elle est une femme-enfant, elle se fiche totalement des conventions parce qu’elle n’a pas reçu une éducation normée ; elle agit comme bon lui semble, tout en apprenant, au fil du temps, de ses erreurs – un vrai petit guide d’éducation haha ! Elle est rafraîchissante ! Aucun homme ne peut la restreindre, ou la contraindre, par quelque moyen que ce soit. [SPOILER] Quand le lecteur apprend finalement toute son histoire, et qu’elle se retrouve en face de son mari, j’avais envie de le frapper à l’entendre parler des femmes de la sorte ! On peut dire « sexisme de l’époque oblige », certains hommes ne se comportaient pas de cette manière, heureusement ! [FIN DU SPOILER] C’est elle qui m’a permis d’apprécier Godwin Baxter, cette espèce d’ours gentil, ce géant qui n’est pas pris au sérieux à cause de son apparence.  

J’ai adoré, et j’ai détesté ce livre parce qu’encore une fois, la réalité sociale est placée devant les yeux du lecteur, et cela devient insupportable : cette hypocrisie, cette méchanceté, cette mesquinerie, cette cruauté, et notre impuissance. La fin, [SPOILER] qui nous permet de connaître la vie de Bella/Victoria après la mort d’Archibald et Godwin [FIN DU SPOILER] est triste, parce que, finalement, rien n’a changé, malgré les actions des personnages.

 

Donc, un excellent roman gothique, qui nous parle aussi de science, de société, et de la femme.

 

Mrs de Winter de Susan Hill

Posté : 9 janvier, 2018 @ 11:56 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Thriller  Mrs de Winter

Editeur : Mandarin

Année de sortie : 1997 [1993]

Nombre de pages : 374

Titre en français : La Malédiction de Manderley

Synopsis : Rebecca was Daphne du Maurier’s most famous and best-loved novel. Countless readers wondered: what happened next? Out of the fire-wracked ruins of Manderley, would love and renewal rise phoenix-like from the ashes of the embittered past?

Married to the sophisticated, wordly-wise Maxim, the second Mrs de Winter’s life shoud be happy and fulfilled. But the vengeful ghost of Rebecca, Maxim’s first wife, continues to cast its long shadow over them. Back in England after an absence of over ten years, it seems as if happiness will at last be theirs. But the de Winters still have to reckon with two hate-consumed figures they once knew – both of whom have very long memories …

 

Avis : J’ai lu Rebecca à la fin du mois de décembre 2017, donc je me suis dit qu’il valait mieux lire Mrs de Winter tant que l’œuvre d’origine était encore fraîche dans mon esprit !

J’ai vu de nombreux avis négatifs sur ce livre : il est très mal noté sur Livraddict, et ce n’est pas beaucoup mieux sur Goodreads ! Je ne m’attendais donc pas à beaucoup aimer, j’avais même peur de détester, comme je vois que c’est le cas pour plusieurs personnes. Eh bien, j’ai adoré ! Susan Hill a, pour moi, parfaitement pris la relève de Daphné du Maurier : j’ai retrouvé le même style d’écriture, la même narratrice agaçante et en même temps étrangement touchante, la même atmosphère oppressante, ainsi que l’alternance entre cosy et peur, l’alternance entre les rêves de la narratrice et la réalité [SPOILER] notamment grâce à la maison Cobbett’s Brake, qui semble un paradis sur terre. Moins austère que Manderley, c’est un véritable chez-soi pour la narratrice, qui se sent enfin acceptée quelque part. [FIN DU SPOILER] J’ai également aimé le choix du titre : il peut faire référence à Rebecca comme à la narratrice ; le lecteur peut alors se dire que, soit le fantôme et l’ombre de Rebecca règne toujours et détruit toujours l’identité de l’héroïne, soit la narratrice commence enfin à vivre sa vie ! Je ne pensais pas avoir besoin d’une suite, mais maintenant que je l’ai lu, je me dis qu’il y avait plein de questions sans réponses ! Comment Maxim et la narratrice vivent-ils avec leur culpabilité ? Reviennent-ils un jour en Angleterre ? Et si oui, pourquoi ? Est-ce que Mrs Danvers et Jack Favell finissent par se venger ? Si oui, comment ? J’ai adoré découvrir les vies de Maxim et la narratrice après la destruction de Manderley, ce qu’ils ont fait, où ils vivent et comment. J’ai trouvé que tout coïncidait avec Rebecca, tout était cohérent, rien ne semblait de trop, ou manquant. Susan Hill a même repris certains passages du roman d’origine pour garder une continuité, elle fait référence à des événements du premier livre, elle fait en sorte que la narratrice se souvienne – même si cela paraît difficile, c’est aussi cohérent, étant donné que la narratrice a subi un traumatisme qui a changé sa vie. Elle a repris, notamment, l’exil des personnages, le fait qu’ils vivent d’hôtel en hôtel, qu’ils ne se fixent jamais quelque part, ce que le lecteur comprend dès le début de Rebecca, mais aussi leur façon de vivre sans jamais penser aux choses importantes, en se fixant sur des événements insignifiants. J’ai, évidemment, aimé l’aspect gothique du livre, qui ressemblait énormément à Rebecca : [SPOILER] les éléments fantastiques, comme le fantôme de Rebecca, ne sont pas réels ; ils sont imaginés par la narratrice, ou créés de toutes pièces par Mrs Danvers. C’est cette femme qui semble être le véritable fantôme de l’histoire, avec son visage en forme de crâne, et sa haine envers Maxim et la narratrice. [FIN DU SPOILER] J’ai aimé que la notion de justice et de vengeance soit abordée ici, ce qui n’est pas le cas dans Rebecca : [SPOILER] la narratrice ne peut pas s’empêcher de voir son mari comme un meurtrier, même si elle l’aime profondément ; cela gâche complètement leur relation et leur avenir potentiel : comment avoir des enfants avec cet homme, comment être sûre qu’il ne va pas tuer à nouveau ? J’ai aimé que le point de vue de Mrs Danvers et Jack Favell ne soient pas négligés : ils veulent la justice pour Rebecca, ils veulent que Maxim reconnaisse qu’il l’a tuée pour être en paix avec son fantôme, qui semble tourmenter Mrs Danvers. Maxim, lui, ressent de la culpabilité, c’est la raison pour laquelle il est incapable de se fixer quelque part pour y vivre en famille, avec sa femme et de potentiels enfants. [FIN DU SPOILER] La folie n’est pas loin non plus, que ce soit chez la narratrice, ou chez les autres personnages.

Comme dans le premier livre, j’ai été très agacée par la narratrice. Elle n’a toujours pas de nom et, semble-t-il, toujours pas de personnalité. Elle est incapable de prendre une décision sans penser à Maxim, incapable de ne pas se sentir coupable quand elle pense différemment de lui. Elle le prend pour un enfant, et leurs rôles ne cessent de s’interchanger : elle est l’enfant, puis elle est la mère ; il est le dominant, puis il est l’enfant perdu. Bien sûr, depuis le temps, elle s’est rendue compte de son absence de réaction, et de son absence de personnalité, mais elle semble incapable de changer. Elle semble prendre sa vie en mains quand il est trop tard, c’est sans doute la raison pour laquelle elle ne cesse de dire : « Nous formons notre propre destinée. » Maxim m’a lui aussi agacé : [SPOILER] j’ai lu dans The Encyclopedia of the Gothic qu’il pouvait être considéré comme un mélange entre le « Gothic villain », tyrannique et dominateur, et le protecteur masculin et, depuis, je ne parviens plus à me détacher de cette définition, qui lui convient parfaitement ! Il est incapable d’être stable, et le lecteur a parfois l’impression de se retrouver en face d’un schizophrène : il peut être très tendre et, d’un coup, redevenir sombre, si jamais la narratrice dit quelque chose qu’il ne fallait pas. [FIN DU SPOILER] J’ai aimé le personnage de Bunty Butterley, assez rassurante, une figure maternelle et une amie pour la narratrice, qui se noyait dans sa solitude.

Je ne pensais vraiment pas que le livre finirait de cette façon !! J’ai été tellement surprise !! [SPOILER] Je pensais vraiment que Maxim allait atteindre le commissariat de police, pas qu’il allait mourir comme ça !! [FIN DU SPOILER] Les larmes sont venues toutes seules [SPOILER] j’ai trouvé cette fin tellement affreuse … Encore une héroïne gothique qui n’a pas le droit au bonheur parce que celui-ci est contaminé ; en cela, la narratrice m’a beaucoup fait penser à Eleanor dans The Haunting of Hill House [FIN DU SPOILER] 

 

Donc, un excellent roman gothique, et pour moi une excellente suite, qui continue et achève parfaitement le projet de Daphné du Maurier. Mon petit cœur en est encore tout chamboulé !  

The Haunting of Hill House de Shirley Jackson

Posté : 7 janvier, 2018 @ 1:57 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Classique, Horreur Novels and Stories Shirley Jackson

Editeur : Library of America

Année de sortie : 2010

Nombre de pages : 174 (783 en comptant les autres romans et les nouvelles)

Titre en français : Maison hantée ou Hantise ou La maison hantée

Synopsis : « The world of Shirley Jackson is eerie and unforgettable », writes A. M. Homes. « It is a place where things are not what they seem; even on a morning that is sunny and clear there is always the threat of darkness looming, of things taking a turn for the worse. » Jackson’s characters – mostly unloved daughters in search of a home, a career, a family of their own – chase what appears to be a harmless dream until, without warning, it turns on its heel to seize them by the throat. We are moved by these characters’ dreams, for they are the dreams of love and acceptance shared by us all. We are shocked when their dreams become nightmares, and terrified by Jackson’s suggestion that there are unseen powers – « demons » both subconscious and supernatural – malevolently conspiring against human happiness.

In this volume Joyce Carol Oates, our leading practitioner of the contemporary Gothic, presents the essential works of Shirley Jackson, the novels and stories that, from the early 1940s through the mid 1960s, wittily remade the genre of psychological horror for an alienated, postwar America. She opens with The Lottery (1949), Jackson’s only collection of short fiction, whose disquieting title story — one of the most widely anthologized tales of the 20th century — has entered American folklore. Also among these early works are « The Daemon Lover », a story Oates praises as « deeper, more mysterious, and more disturbing than « The Lottery »", and « Charles », the hilarious sketch that launched Jackson’s secondary career as a domestic humorist. Here too are Jackson’s masterly short novels The Haunting of Hill House (1959), the tale of an achingly empathetic young woman chosen by a haunted house to be its new tenant, and We Have Always Lived in the Castle (1962), the unrepentant confessions of Miss Merricat Blackwood, a cunning adolescent who has gone to quite unusual lengths to preserve her ideal of family happiness. Rounding out the volume are 21 other stories and sketches that showcase Jackson in all her many modes, and the essay « Biography of a Story », Jackson’s acidly funny account of the public reception of « The Lottery », which provoked more mail from readers of The New Yorker than any contribution before or since.

 

Avis : J’appréhendais un peu de lire Shirley Jackson mais, étant donné qu’elle est une figure emblématique du gothique, il fallait bien que j’y mette un jour ! Et ce livre a été un choc …

En fait, je pensais que les œuvres de cette auteure seraient difficiles à lire, qu’elles me prendraient beaucoup de temps, qu’elles seraient exigeantes, et, pour tout dire, que je n’aimerais pas. PREJUGE !! Parce que j’ai ADORE The Haunting of Hill House !! D’abord, j’ai aimé le personnage d’Eleanor, et sa façon de rêver constamment. Elle pense en termes de contes de fées, ce qui rend ses rêveries poétiques et agréables à lire : le lecteur a envie d’entrer avec elle dans l’histoire et de rêver un peu lui aussi. Cela lui permet, en quelque sorte, de se construire une identité ; en effet, un thème important du livre est la perte ou l’absence d’identité. Elle n’a personne (qui l’aime et qu’elle aime) et nulle part, elle n’a pas de vie à elle, puisqu’elle s’occupait de sa mère malade avant que celle-ci décède ; cela rend son histoire déjà très triste, mais son excursion à Hill House va en rajouter une couche … En effet, elle est contactée par le Dr. Montague pour vivre quelques jours dans une maison considérée comme hantée : Hill House. Elle rencontre alors trois personnes avec qui elle va vivre, et, pour la première fois, elle pense qu’elle a trouvé sa place quelque part. [SPOILER] En fait, si ce livre est si triste, c’est parce que le rêve d’Eleanor et la réalité sont tellement différents, et que tout ce qu’elle pense vivre n’est en fait qu’une illusion. Donc, quand la maison tente d’atteindre Eleanor, de lui parler, de communiquer avec elle, elle devient euphorique, même si elle a peur, et même si elle ne veut pas être exclue du groupe qu’elle vient de rencontrer. Elle pense qu’elle a enfin trouvé sa place, qu’elle a trouvé un chez-soi. « Journeys end in lovers meeting », « Les voyages se terminent par la rencontre des amoureux » … mais le seul amour d’Eleanor semble être la maison, Hill House. Difficile d’apprécier les personnages secondaires : Luke est un jeune homme égoïste qui aime s’apitoyer sur son sort et séduire des femmes grâce à cela, et Theodora est une femme tellement haineuse ! Elle semble toujours vouloir être le centre d’attention, et n’apprécie pas le fait qu’Eleanor puisse être choisie par la maison. Elle peut sembler adorable, mais elle est surtout hypocrite. Elle est proche d’Eleanor, mais elle est aussi cruelle, et méchante ; elle la rejette, alors que l’héroïne pensait qu’elle l’appréciait. [FIN DU SPOILER] Même si elles semblent très proches, il semble clairement y avoir une sorte de compétition entre les jeunes femmes : Theodora veut être la plus brave, mais elle veut aussi être celle qu’on a envie de protéger.

J’ai adoré l’atmosphère de ce livre, et de Hill House ! C’est très sombre, mais aussi « cosy » dans les pensées d’Eleanor quelques fois. Hill House est perverse, malveillante, la parfaite maison-personnage de cauchemar, et le lecteur frissonne avec les personnages quand quelque chose arrive. La folie n’est pas loin : le comportement d’Eleanor, Luke, Theodora et le Dr. Montague change au fil des pages, ils poussent des rires hystériques, des petits gloussements nerveux, ils se lancent des regards les uns les autres pour vérifier qui a peur et qui garde son sang-froid, ils tentent d’expliquer des choses inexplicables. Le livre est parsemé de manifestations surnaturelles mais, ne vous attendez SURTOUT PAS à une histoire de fantômes ordinaire ; The Haunting of Hill House est plus psychologique, centré sur les pensées et les réactions des personnages, et surtout celles d’Eleanor.

Là, vous vous dites : « Mais où est la section « personnages » ?! » J’en parle dans le spoiler plus haut ; je pense ne pas pouvoir vous parler des personnages sans spoiler des éléments du livre. Il est mieux d’entrer dans The Haunting of Hill House en sachant que 1) Eleanor est une jeune fille perdue et empathique qui arrive dans une maison avec trois inconnus, 2) que ce n’est pas une histoire de fantômes, 3) que la maison est démoniaque ! 4) que c’est TRES gothique, 5) que c’est très très bien écrit !! J’ai beaucoup aimé les procédés qu’emploie Shirley Jackson ici : l’absence d’identité, la maison-personnage, mais aussi une espèce de malédiction, la folie qui apparaît peu à peu, la méfiance, le fait que, d’une certaine façon, Eleanor est un narrateur en lequel le lecteur ne peut pas avoir confiance, l’angoisse qui prend le lecteur et les personnages !

La fin … C’est d’une tristesse !! J’ai besoin d’en parler, alors [SPOILER] Pourquoi Eleanor ne peut-elle pas tout simplement trouver le bonheur ? Bien sûr, la maison l’a choisie parce qu’elle n’a personne vers qui retourner, personne à qui elle est attachée et pas de chez-soi vers lequel revenir ; ce bonheur est malveillant – étant donné que la maison a quand même tenté de la tuer ! – et Eleanor doit quitter Hill House. Mais le docteur ne se rend pas compte que, si elle part, elle meurt : où peut-elle trouver le bonheur excepté auprès de la maison, qui ressemble vraiment au « lover » de la chanson qu’Eleanor ne cesse de chanter ? Mon cœur s’est brisé en mille morceaux. [FIN DU SPOILER]

 

Donc, un excellent roman gothique, qui présente Eleanor et Hill House, deux êtres qui me hanteront longtemps.    

12345...33
 

Baseball fans gather zone |
Eaudefiction |
Ici même |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Kpg1221gpk
| Elenaqin
| la saltarelle des baronnes