Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Archive pour le 2 septembre, 2020

Galatea de Madeline Miller

Posté : 2 septembre, 2020 @ 11:18 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Nouvelle, MythologieGalatea

Editeur : Ecco

Année de sortie : 2013

Nombre de pages : 37

Synopsis : In Ancient Greece, a skilled marble sculptor has been blessed by a goddess who has given his masterpiece – the most beautiful woman the town has ever seen – the gift of life. Now his wife, Galatea is expected to be obedience and humility personified, but it is not long before she learns to use her beauty as a form of manipulation. In a desperate bid by her obsessive husband to keep her under control, she is locked away under the constant supervision of doctors and nurses. But with a daughter to rescue, she is determined to break free, whatever the cost…

Pygmalion’s story has moved millions through the centuries, inspiring George Bernard Shaw’s Pygmalion, and later the beloved musical My Fair Lady. Ecco is proud to publish Orange Prize-winning author Madeline Miller’s E-book original short story Galatea which will appear in the forthcoming anthology xo Orpheus: Fifty New Myths to be published in October. This retelling of the Pygmalion myth from the statue’s perspective is a tale that will make readers rethink how they relate to the great myths of our time.

 

Avis : J’ai lu Circe et The Song of Achilles (Le Chant d’Achille) de Madeline Miller ; ne me restait d’elle que cette nouvelle d’une trentaine de pages !

Cette œuvre est une réécriture du mythe de Pygmalion et Galatée ; je vais placer le mythe dans les spoilers pour ceux qui voudraient découvrir la nouvelle sans lire l’histoire d’origine avant ! SPOILER 1

Comme dans Circe et The Song of Achilles, Madeline Miller reprend le mythe et le réécrit de manière originale. Ici, le lecteur a le point de vue du seul personnage dont on ne demande jamais l’avis dans l’histoire, comme Circé et Patrocle n’avait pas de voix avant les romans de l’autrice : Galatée. C’est une narration à la première personne, comme pour les romans, et nous découvrons l’envers du décor. SPOILER 2

Passée entre les mains de Madeline Miller, l’histoire de Pygmalion et Galatée n’est plus une histoire d’amour. C’est autre chose. Le lecteur voit toute la misogynie du mythe – SPOILER 3 – sans être tout à fait explicite. C’est subtile et triste sans être tire-larmes. Galatée constate, elle ne se plaint pas, ni ne geint : elle peut être assez directe et crue et ne se cache pas la vérité. Les autres personnages autour d’elle lui refusent et préféreraient vivre dans une illusion alors qu’ils lui mentent et tentent de la tromper. SPOILER 4 

La fin est parfaite ! J’ai adoré ! SPOILER 5 Je ne pense pas que Madeline Miller puisse écrire quelque chose qui ne me plaise pas. J’ai hâte de lire sa prochaine œuvre !

 

Donc, une très bonne nouvelle qui éclaire différemment le mythe de Pygmalion et Galatée, montrant, à nouveau, les sous-entendus misogynes de la mythologie grecque !

 

SPOILER 1 Pygmalion a sculpté une statue de femme parfaite. Il tombe peu à peu amoureux d’elle ; mais elle est de marbre. Il l’aime de plus en plus, l’habille, lui offre des cadeaux, fleurs et bijoux. Un jour, Aphrodite décide d’accorder son souhait au sculpteur : elle chante Galatée en femme de chair. Et Pygmalion l’épouse. Donc, le mythe d’origine est une histoire d’amour. 

 

SPOILER 2 Pygmalion semble regretter que Galatée ne soit plus une statue mais une véritable femme. Elle n’est plus comme il aimerait qu’elle soit. Elle change, elle a une personnalité. Elle peut parler et avoir une opinion contraire à celle de son mari. Et elle le sait. Elle sait ce qu’elle doit faire pour obtenir ce qu’elle veut. C’est assez énervant ! 

SPOILER 3 un homme crée la femme parfaite, la femme au corps parfait ; bien sûr, elle est exactement comme il voudrait qu’elle soit, obéissante, parfaite, jusqu’à ce qu’elle ne soit plus et qu’il lui en veuille. Quand il évoque les vergetures du corps de Galatée à cause de son accouchement, le lecteur sent qu’il aimerait qu’elle soit encore de pierre pour pouvoir les effacer et la rendre à nouveau lisse et parfaite. 

SPOILER 4 Mais elle n’est pas idiote et reste parfaitement lucide du début à la fin. J’ai adoré ça ! 

SPOILER 5 Oh, tu regrettes que Galatée ne soit plus une statue ? Regarde, elle reprend son état d’origine. Heureux ?

Les Aérostats d’Amélie Nothomb

Posté : 2 septembre, 2020 @ 11:14 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : ContemporaineLes Aérostats

Editeur : Albin Michel

Année de sortie : 2020

Nombre de pages : 175

Synopsis : « La jeunesse est un talent, il faut des années pour l’acquérir. »

 

Avis : Apparemment, c’est ma nouvelle façon de lire le dernier roman d’Amélie Nothomb : aussitôt acquis, aussitôt lu ! Le lendemain de son arrivée dans ma bibliothèque, Les Aérostats est donc déjà fini !

Comme pour les précédents livres de l’autrice, je ne lis que la petite phrase du résumé avant de commencer : pas de chroniques, pas de conférences à son propos, histoire d’entrer complètement à l’aveugle. Pour ceux qui veulent faire de même, attention, je vais parler de l’intrigue dans le paragraphe qui suit !

Ici, nous suivons Ange. Elle – ce qui n’était pas évident à savoir, étant donné qu’à nouveau, l’autrice utilise un prénom épicène, ce que j’adore – vit en colocation avec Donate, un des personnages insupportables de ce roman – en fait, à part Ange et Pie, tous sont insupportables, et c’est aussi une des raisons pour lesquelles j’ai aimé ce roman ! Etudiante en philologie, elle se retrouve contactée par un homme pour donner des cours. Je n’en dis pas plus. Pie est lui aussi un personnage que le lecteur finit par apprécier, notamment parce qu’il permet à Amélie Nothomb de renouer avec un procédé que j’adore : son dialogue incisif, sans pratiquement aucune narration pour le couper. Pie m’a alors fait penser à Prétextat Tach dans Hygiène de l’assassin, un de mes romans préférés ! Pour autant, je ne parviens pas à dire si Pie est attachant ou non : certaines de ses remarques le rendent très antipathique.

J’ai adoré qu’Amélie Nothomb décide ici de se concentrer sur l’éducation et la lecture – Ange va donner des « cours » de lettres. Comment donner envie à un ado de lire ? Comment lui donner le goût des livres, des mots ? Comment lui faire découvrir de la meilleure façon possible la littérature ? La façon de faire d’Ange est radicale SPOILER 1 De plus, l’autrice traite de la dyslexie et de ce qui pourrait la causer SPOILER 2 Ce que j’ai adoré, ce sont les conversations entre Ange et Pie sur les romans qu’ils lisent ! Un lien se crée entre eux grâce à la littérature alors qu’un autre lien parallèle se crée entre les livres et Pie. SPOILER 3

La fin était pour moi évidente une fois que je l’avais lue : impossible que le roman se termine autrement. C’était logique !

 

Donc, un très bon roman, mais qui, après réflexion, me laisse un peu perplexe sur certains points.

 

SPOILER 1 je n’ai pas pu m’empêcher de me dire : « non mais je ne peux pas faire ça avec mes élèves ». Effectivement, Ange ne propose que des classiques purs et durs à son élève : L’Odyssée, L’Iliade, La Princesse de Clèves … et il doit parfois avoir lu le livre pour le lendemain ! Je ne sous-estime pas les ados, mais je me dis que c’est hardcore pour donner envie de lire ! Mais je m’éloigne trop de la fiction en voulant la rapprocher de la réalité.

SPOILER 2 je ne suis pas sûre de ce que je pense sur ce point. L’avis d’Ange est très tranché : il faut pousser les élèves, c’est la seule solution. Il n’y avait pas autant de dyslexiques quand elle était elle-même élève. Mais certains élèves ont de véritables difficultés pour lire, difficultés qui ne peuvent pas être surmontées en une journée, comme c’est le cas pour Pie. Donc, j’émets des réserves sur ce point du roman : trop facile et trop rapidement traité.

SPOILER 3 après réflexion, un autre point que j’ai moins apprécié : la romantisation de la relation prof-élève. Certes, Ange n’est pas amoureuse de Pie, mais elle reconnaît qu’elle est attirée par lui parce qu’il est intéressant. Quant à Pie, il tombe amoureux d’elle parce qu’elle est une figure d’autorité, quelqu’un qui lui permet d’avancer dans la vie. Je comprends pourquoi Pie ressent cela, et j’apprécie qu’Ange n’en « profite » pas, étant donné sa position ; mais c’est un procédé dont je ne suis pas fan.

 

 

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