Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Members Only de Sameer Pandya

Classé dans : Avis littéraires,Coup de cœur — 2 août 2020 @ 22 h 07 min

Genre : Contemporaine Members Only

Editeur : Houghton Mifflin Harcourt

Année de sortie : 2020

Nombre de pages : 288

Titre en français : pas encore traduit

Synopsis : First the white members of Raj Bhatt’s posh tennis club call him racist. Then his life falls apart. Along the way, he wonders: where does he, a brown man, belong in America?

Raj Bhatt is often unsure of where he belongs. Having moved to America from Bombay as a child, he knew few Indian kids. Now middle-aged, he lives mostly happily in California, with a job at a university.  Still, his white wife seems to fit in better than he does at times, especially at their tennis club, a place he’s cautiously come to love.

But it’s there that, in one week, his life unravels. It begins at a meeting for potential new members: Raj thrills to find an African American couple on the list; he dreams of a more diverse club. But in an effort to connect, he makes a racist joke. The committee turns on him, no matter the years of prejudice he’s put up with.  And worse still, he soon finds his job is in jeopardy after a group of students report him as a reverse racist, thanks to his alleged “anti-Western bias.”

Heartfelt, humorous, and hard-hitting, Members Only explores what membership and belonging mean, as Raj navigates the complicated space between black and white America.

 

Avis : J’ai reçu ce livre en SP sur NetGalley !

Dès le début de ce roman, dès le synopsis, j’ai su que j’allais être embarrassée par ce qui allait arriver à Raj, le narrateur. J’avais raison.

Raj, un dimanche soir, fait une terrible blague raciste qui signe le début d’une des pires semaines de sa vie. De racisme ordinaire en rabaissement, de regards qui en disent long aux insultes, la situation ne va faire qu’empirer jusqu’à ce qu’elle explose.

Effectivement, j’ai ressenti de l’embarras quand la blague apparaît. J’ai compris pourquoi Raj voulait fondre, disparaître ou revenir dans le temps pour dé-dire ces quelques mots. Je comprends aussi sa maladresse, son besoin de se lier à quelqu’un qui vit à peu près la même chose que lui, et son échec à y parvenir. J’ai eu mal pour lui et, au fil des pages, ça ne fait qu’empirer. Plus j’avançais, plus je ressentais de l’indignation. Raj vit aux Etats-Unis depuis qu’il a 8 ans, il est professeur à l’université, il étudie l’anthropologie, il est inscrit à un club de tennis et, pourtant, les gens le rabaissent, l’ignorent ou même l’insultent carrément, lui faisant sentir qu’il n’est pas à sa place. ET PERSONNE NE RÉAGIT AUTOUR. Juste parce que sa peau est brune et qu’il est né dans un autre pays. Il se sent différent et il a l’impression d’être utilisé pour prouver qu’un endroit est « diversifié », comme au club de tennis ou à l’université. Il ne serait alors pas engagé pour ses compétences, mais pour sa couleur de peau, pour cocher la case « diversité ». Et donc il doute. Et donc les autres autour de lui le rabaissent. Et donc PERSONNE ne lui vient vraiment en aide quand il en a besoin. Il se demande s’il devient paranoïaque ou si ce qu’il ressent est réel ; plus nous progressons dans le livre, et plus le fait que c’est effectivement réel se confirme.

Le pire, peut-être, est qu’il est attaqué pour deux raisons différentes, qui impliquent toutes les deux une forme de racisme : SPOILER 1 (le début du spoiler n’est pas vraiment spoilant, il évoque le début du roman et la raison pour laquelle tout va partir en vrille pour Raj ; si vous voulez le lire, arrêtez-vous après « En fait, les deux le sont »). Et la petite chute de Raj dimanche soir se transforme rapidement en descente aux enfers : en quelques jours, tout a changé. L’auteur met bien en avant la cyberviolence : les gens ne se rendent pas compte à quel point ils peuvent être blessants et comme il est facile de détruire quelqu’un qui n’est pas en face de soi – ou quelqu’un qu’ils ne connaissent même pas en personne ! – d’utiliser des mots offensants et de menacer la carrière, voire la vie, de cette personne qu’ils ont vue sur les réseaux sociaux. Et comme les gens adoooooooooooooooooorent parler de sujets dont ils ne savent rien, que ce soit en général ou des sujets qui sont très personnels pour les personnes autour d’eux, des sujets qui les touchent ou à propos desquels ils ont des connaissances, contrairement à ces gens qui les attaquent. Tellement énervant.

J’ai adoré ce livre parce qu’il met en avant ce sujet pas toujours facile à traiter. J’ai aussi aimé être dans la tête de Raj et qu’il explique ce qu’il ressent, comment il le ressent et pourquoi il se trouve dans une telle situation. Il nous offre des bribes de son passé, de ce qu’il a traversé, de la façon dont il est arrivé où il est actuellement, de l’envie qu’il ressent parfois quand il voit que des personnes blanches sont idiotes mais sont tout de même plus reconnues que lui grâce à leur couleur de peau alors que lui stagne et est rejeté SPOILER 2 J’ai adoré qu’il soit professeur, évidemment !

A propos de la finSPOILER 3 

Pendant que je lisais ce livre, j’avais envie de secouer les gens pour leur ouvrir les yeux, pour leur faire voir les choses problématiques qu’ils peuvent voir, entendre ou faire sans réagir. J’espère que ce livre aura le même effet sur chaque lecteur. 

 

Donc, un excellent roman qui aborde le sujet du racisme de manière très intéressante – même si le lecteur peut être agacé à de nombreuses reprises ! 

 

SPOILER 1 d’abord, la blague raciste faite à Bill, un homme noir ; puis, un cours dans lequel il dit que les Occidentaux ont rempli le vide que le Christianisme a laissé avec la spiritualité orientale. Donc il est considéré à la fois comme raciste et anti-Américain, quelqu’un qui haït les Chrétiens. La deuxième situation est appelée « racisme inversé » dans le roman et elle est insupportable. En fait, les deux le sont.

En effet, les membres blancs du comité du club de tennis insistent pour que Raj s’excuse publiquement auprès de Bill ; mais, tout le long du roman, Raj se souvient que personne n’a rien dit quand des Blancs l’insultaient, même ce dimanche soir où il a fait sa blague. Et il le dit enfin à la fin du roman, dans une sorte de discours libérateur durant lequel il met tous les membres blancs du comité en face de leur hypocrisie – merci Raj, ça fait du bien, même si ça n’avance malheureusement à rien.

En ce qui concerne la seconde situation, elle est effrayante. En tant que professeur, Raj explique des idées/théories/concepts à ses étudiants et s’attend à une réaction qui mènera à une discussion en classe ou dans son bureau. Quand l’un de ses étudiants n’est pas d’accord avec lui et décide de poster une vidéo de son cours sur Internet, elle devient virale et Raj est insulté et suivi. Des commentaires racistes fleurissent partout et même les personnes qui ne le connaissent pas pensent qu’il est de leur bon droit de donner leur avis et demandent son renvoi de l’université.

SPOILER 2 cette scène où un homme blanc, dans sa précédente université, parvient à le faire virer parce qu’il n’est pas d’accord avec lui … il feint de tomber au moment où Raj passe à côté de lui pour avoir un prétexte. Nauséabond. A vomir.

SPOILER 3 j’ai aimé que Raj voie Bill et que ce dernier sauve la vie du narrateur. Mais j’ai trouvé triste que Raj ne pense pas revenir au club de tennis. Il aimait cet endroit mais ne peut pas revenir à cause de ce qui est arrivé. Il n’a plus confiance en ces « amis » et ne veut pas retourner là où il ne se sent pas le bienvenu. En fin de compte, j’ai eu l’impression qu’ils avaient gagné et que Raj était réduit au silence, chez lui.

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