Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Archive pour novembre, 2019

The Princess Diarist de Carrie Fisher

Posté : 27 novembre, 2019 @ 1:59 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : MémoiresThe Princess Diarist

Editeur : Bantam Press

Année de sortie : 2016

Nombre de pages : 246

Titre en français : Journal d’une princesse

Synopsis : The Princess Diarist is Carrie Fisher’s intimate, hilarious and revealing recollection of what happened behind the scenes on one of the most famous film sets of all time, the first Star Wars movie.

When Carrie Fisher recently discovered the journals she kept during the filming of the first Star Wars movie, she was astonished to see what they had preserved—plaintive love poems, unbridled musings with youthful naiveté, and a vulnerability that she barely recognized. Today, her fame as an author, actress, and pop-culture icon is indisputable, but in 1977, Carrie Fisher was just a (sort-of) regular teenager.

With these excerpts from her handwritten notebooks, The Princess Diarist is Fisher’s intimate and revealing recollection of what happened on one of the most famous film sets of all time—and what developed behind the scenes. And today, as she reprises her most iconic role for the latest Star Wars trilogy, Fisher also ponders the joys and insanity of celebrity, and the absurdity of a life spawned by Hollywood royalty, only to be surpassed by her own outer-space royalty. Laugh-out-loud hilarious and endlessly quotable, The Princess Diarist brims with the candour and introspection of a diary while offering shrewd insight into the type of stardom that few will ever experience.

 

Avis : Je ne sais pas à quoi je m’attendais, mais pas du tout à ça !

The Princess Diarist est présenté comme les mémoires de Carrie Fisher à propos de son rôle dans Star Wars ; pour autant, j’ai trouvé que ce livre traitait en majeure partie de sa relation avec Harrison Ford, relation dont je ne connaissais pas même l’existence avant de lire ce bouquin ! Je ne savais pas que ce serait le quasi centre de ce livre ! Cela m’a mise extrêmement mal à l’aise parce que j’avais l’impression d’être une voyeuse, de beaucoup trop m’immiscer dans leur intimité. Alors, certes, c’est le cas dans la plupart des mémoires, biographies, autobiographies et autres ; mais là, c’était vraiment gênant. Je comprends pourquoi elle a voulu l’écrire elle-même, mais je ne suis pas sûre que j’aurais lu ce livre si j’avais su de quoi il traitait.

Ce sentiment d’embarras vient aussi sans doute du fait que la Carrie jeune est présentée comme très mal dans sa peau, proche de la dépression, dégoûtée d’elle-même à cause de cette relation, et très amoureuse, quand son amant, lui, ne l’aime visiblement pas. La Carrie adulte, qui écrit ses mémoires, semble très calme et utilise beaucoup l’humour : mais, avec ce que renvoie la jeune fille, on dirait que cet humour cache un chagrin, une tristesse, qu’il n’est pas naturel. Parfois, il m’a fait rire, et, parfois, il ne faisait qu’augmenter ma gêne. Le passage sur les autographes comme prostitution de l’artiste m’a fait voir la chose tout à fait différemment : je n’avais vraiment jamais vu ça comme ça !

Les parties que j’ai aimées tout de même : certains poèmes écrits par Carrie pendant le tournage de Star Wars – vraiment magnifiques ! – et la réflexion sur l’identité, le fait de jouer un rôle et de devenir ce rôle, d’être aidé par le personnage que l’on joue pour grandir. Carrie Fisher est à jamais la Princesse Leia, et pourtant, elle est aussi quelqu’un d’autre que l’on ne connaît pas.

 

Donc, un livre qui m’a mise mal à l’aise, et que j’aurais sans doute plus apprécié (ou pas lu du tout !) si j’avais su sur quoi il se concentrait !

Vert-de-lierre de Louise Le Bars (#plib2020)

Posté : 24 novembre, 2019 @ 6:50 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Fantastique Louise Le Bars

Editeur : Noir d’absinthe

Année de sortie : 2019 [2018]

Nombre de pages : 169

Synopsis : Olivier Moreau, un auteur de romans policiers en manque d’inspiration, décide de retourner dans le village de sa grand-mère tout juste décédée afin d’y régler certains détails. Il y renoue avec les souvenirs de son enfance, et redécouvre un étrange personnage de conte populaire local surnommé le Vert-de-Lierre, sorte d’antique vampire végétal qui le fascinait enfant. Cet intérêt va déclencher des visions et cauchemars chez l’écrivain en mal d’imaginaire ainsi que la rencontre de deux femmes tout aussi intrigantes l’une que l’autre. Olivier découvrira que cette figure païenne ancestrale est bien plus qu’un simple conte bon à effrayer les enfants …

 

Avis : J’ai commencé ce livre en octobre, juste quelques pages, pour le Plib, pour voir l’écriture et l’atmosphère. Sur le coup, j’avais été conquise, mais je ne l’ai pas ajouté à mes sélectionnés. Aujourd’hui, je suis contente qu’il ait été élu !

J’ai adoré ce livre ! J’ai été complètement happée par l’atmosphère particulière créée par l’autrice : une ambiance gothique, étrange, mystérieuse. Certes, je n’ai pas été surprise par la révélation finale, parce que je m’y attendais, j’avais deviné depuis un moment ; mais, cela ne m’a pas gênée ! Ce roman trouve très bien sa place sur l’étagère « Fantastique » : en effet, le lecteur ne sait pas si le(s) narrateur(s) sont fiables ou non, et eux-mêmes hésitent face à l’irruption du surnaturel qu’ils rejettent et qui leur fait peur ! J’ai adoré voir les personnages osciller sur le fil de la raison, tantôt proches de la folie, tantôt sûrs d’eux et de la réalité. J’ai aussi adoré ce parfum de légende, cet effet de suspense apporté par le côté fantastique, et le doute qui persiste jusqu’à la fin pour le lecteur : est-ce que tout cela est réel, ou n’est-ce que l’affabulation d’un écrivain en mal d’inspiration ? La fin est excellente, et toutes les pièces s’emboîtent parfaitement pour expliquer les petits mystères lovés au cœur des pages !

Vert-de-lierre traite également de la condition de la femme au XIXe siècle, mais aussi de nos jours ; il met en avant la part sauvage de la féminité, la part cachée, celle qui fait peur à ceux qui ne la comprennent pas. J’ai adoré que ce soit le paganisme qui soit placé sur le devant de la scène, et que la religion monothéiste soit placée au second plan ! Je me sens proche de ces idées, de ce retour à la nature, de ce côté féministe qui libère la femme en la plaçant loin des convenances sociales et en lui permettant d’être elle-même, pleinement et simplement. [SPOILER] Le côté surnaturel m’a également charmée : j’avais compris l’identité de Rose, et j’ai aimé tous ces jeux avec les fleurs, la nature, le bois, les meurtres. J’ai adoré l’idée que le Lierreux avait fait de la jeune fille, à son tour, un Lierreux, comme une contagion, ou un don transmis grâce au sang de sorciers ! [FIN DU SPOILER] 

Enfin, l’écriture est vraiment très belle, poétique et recherchée ! J’ai adoré la mise en abyme et le fait que le lecteur entende ici deux voix différentes, celles des deux personnages principaux, Olivier et Rose. Je ne me suis pas vraiment attachée à eux, malgré l’emploi de la première personne. Mais le fait qu’ils soient tous deux écrivains me les a rendus chers, ainsi que leur histoire personnelle : Olivier vient de perdre sa grand-mère et peine à trouver l’inspiration ; Rose vit chez sa tante, stigmatisée parce qu’elle est différente, et s’occupe visiblement d’elle. Je me suis sentie plus proche de la femme décrite dans le roman de Rose : elle était, pour moi, bien plus réelle que l’écrivain, qui s’efface peu à peu derrière ce personnage féminin.

Etrangement, malgré les sujets assez difficiles traités par le roman, je me suis vraiment sentie bien en le lisant ; Vert-de-lierre m’a apaisée en m’apportant quelque chose que peu d’autres livres m’ont apporté.

 

Donc, un vrai coup de cœur, qui m’a donné envie de lire davantage de Fantastique ! 

 

#ISBN9782490417247

La Mythologie selon Game of Thrones de Gwendal Fossois

Posté : 23 novembre, 2019 @ 12:45 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Essai, Mythologie, Fantasy La Mythologie selon Game of Thrones

Editeur : Les Editions de l’Opportun

Année de sortie : 2019

Nombre de pages : 158

Synopsis : George R. R. Martin s’est inspiré des plus grands mythes pour composer la toile de fond de son roman incontournable adulé dans le monde entier. L’univers de Game of Thrones est rempli de références mythologiques : des hommes ressuscités par on ne sait quel mystère, des personnages qui ne meurent pas dans le feu ou qui sont capables de changer d’apparence, des dragons, des loups-garous et des hordes de morts-vivants congelés jusqu’à l’os… Que serait Daenerys sans ses dragons ? Qui s’intéresserait à la Garde de Nuit s’il n’y avait pas d’étranges Marcheurs blancs de l’autre côté du Mur ? Et Mélisandre, d’où sort-elle au bout du compte ?

Dans Game of Thrones, les références aux mythologies grecque et romaine (mais aussi nordiques, anglo-saxonnes et arthuriennes) sont légion. Tout autant que les clins d’œil aux religions et croyances païennes qui donnent cette dimension unique à cette saga que nous adorons tous ! Gwendal Fossois vous invite ici à (re)découvrir l’univers mythologique de Game of Thrones. Vous n’êtes pas au bout de vos surprises…

 

Avis : Je pense que j’avais besoin d’un petit shot Game of Thrones, et ce livre a parfaitement satisfait cette envie !

Je pense que vous le savez, j’adore la mythologie ; alors voir un livre qui allie une de mes séries préférées avec un de mes sujets préférés, autant vous dire qu’il n’a pas fallu grand-chose de plus pour me convaincre ! Et j’ai vraiment beaucoup aimé La Mythologie selon Game of Thrones ! On retrouve différentes mythologies, et l’auteur associe à la série des mythes auxquels je n’avais pas du tout pensé parfois, comme Arya et Antigone, ou Jon et Œdipe ! J’ai aussi découvert un mythe que je ne connaissais pas ! J’ai donc passé un très bon moment, et ce bouquin a réussi à me donner envie de relire les livres, exactement comme l’avait fait Les Mystères du Trône de fer de Thierry Soulard ! Cela permet d’avoir un autre éclairage sur A Song of Ice and Fire et d’approfondir la réflexion sur les sources, mais aussi sur ce qui pourrait arriver aux personnages dans les tomes suivants ! Ce livre ne prend pas en compte la saison 8 de la série TV, puisqu’il est sorti juste avant, en avril 2019 ; donc certaines phrases, comme « Bran pourrait être la clé », m’ont fait réagir ! 

Pour autant, j’ai trouvé que cette non-fiction manquait parfois de fluidité : on passe parfois d’une idée à une autre de manière un peu artificielle. On peut également trouver quelques répétitions, mais elles sont plutôt rares. Il existe également quelques fautes, du genre « horreur » désigné comme un adjectif, la création « d’un nouveau Frankenstein », alors que c’est le nom du docteur, ou l’emploi de versus à la place d’alias. Ce ne sont que des détails, mais ils m’ont frappée ! Aussi, j’ai eu l’impression de sentir l’opinion de l’auteur parfois, notamment sur Daenerys ! Enfin, je pense qu’on peut davantage approfondir ce sujet ! C’est sans doute la raison pour laquelle la construction m’a parue artificielle : on lie les mythes et la série, mais on ne creuse pas plus, et on passe rapidement à autre chose. J’ai eu un sentiment d’inachevé !

 

Donc, un très bon moment passé à voir les liens entre mythologie et GoT ! Je pense qu’il y a encore à faire sur le sujet, je vais tenter de trouver d’autres livres qui le traitent !

Relecture : Anna Karénine de Léon Tolstoï

Posté : 22 novembre, 2019 @ 6:42 dans Avis littéraires, Coup de cœur, Lectures Communes, Relecture | Pas de commentaires »

Genre : Classique Anna Karénine

Editeur : Le Livre de Poche

Année de sortie : 2012 [1877]

Nombre de pages : 985

Synopsis : Anna n’est pas qu’une femme, qu’un splendide spécimen du sexe féminin, c’est une femme dotée d’un sens moral entier, tout d’un bloc, prédominant : tout ce qui fait partie de sa personne est important, a une intensité dramatique, et cela s’applique aussi bien à son amour.

Elle n’est pas, comme Emma Bovary, une rêveuse de province, une femme désenchantée qui court en rasant des murs croulants vers les lits d’amants interchangeables. Anna donne à Vronski toute sa vie.

Elle part vivre avec lui d’abord en Italie, puis dans les terres de la Russie centrale, bien que cette liaison « notoire » la stigmatise, aux yeux du monde immoral dans lequel elle évolue, comme une femme immorale. Anna scandalise la société hypocrite moins par sa liaison amoureuse que par son mépris affiché des conventions sociales.

Avec Anna Karénine, Tolstoï atteint le comble de la perfection créative.

Vladimir Nabokov

 

Avis : Il y a tant à dire sur ce livre … je pourrais en parler et l’analyser pendant des heures. Je vais me contenter de donner « brièvement » mon avis.

Cette relecture fut un peu compliqué : tout d’abord, je ne me souvenais pas, ou je n’avais pas fait attention, à l’époque, à la misogynie de tous les personnages masculins, et de la société en général. Cela m’a empêché d’aimer pleinement certains d’entre eux, que j’avais adoré lors de la première lecture, comme Stepan ou Lévine. Ensuite, j’ai proposé Anna Karénine comme première lecture pour le club que j’ai monté avec plusieurs abonnées et amies : je ne me suis pas rendu compte, naïvement, que le roman n’allait pas plaire à tout le monde, et qu’Anna pouvait être vue différemment de la façon dont je la vois personnellement. Anna et ce roman font partie de moi, de mon cœur, de mon âme, et de ma formation de lectrice ; le partager n’était pas la meilleure idée, parce que c’était comme d’offrir cette part de moi à d’autres, que je ne connais pas très bien, et qui ne me connaissent pas non plus. Mais je ne regrette pas : j’ai potentiellement motivé de nouvelles lectrices à découvrir ce chef-d’œuvre !

En fin de compte, après cette relecture, et malgré quelques défauts plus visibles cette fois, j’aime toujours autant ce livre : il fait toujours partie de mes favoris, il a toujours une place très spéciale pour moi, notamment parce que je me sens souvent extrêmement proche d’Anna, ce qui est parfois particulièrement douloureux à la lecture. Se voir décrite, comprendre des choses sur soi en lisant les mots d’un auteur russe des années 1870, c’est bouleversant, et parfois très gênant. Pendant cette relecture, je me suis aussi rendu compte que j’étais très proche de Lévine : une sorte de mélange entre les personnages qui m’apparaissent comme étant les principaux de ce roman. En effet, les vies d’Anna et de Lévine me semblent être les plus suivies ; le narrateur se penche parfois sur d’autres personnages, comme Kitty, Vronski, ou Karénine, mais il ne le fait pas systématiquement ; c’est, au contraire, souvent pour nous ramener à ces deux personnages. En revanche, relecture ou non, je suis toujours aussi choquée par la capacité de Tolstoï à décrire le cœur humain : comme je l’ai dit, se retrouver ainsi entre les pages, se comprendre, c’est une expérience très particulière ! Toujours aussi choquée aussi par sa capacité à créer des êtres complexes : j’ai l’impression que ces personnages sont réels, existent réellement quelque part, que toute cette histoire est arrivée ! Tous sont différents, aucun ne se ressemble : ils sont uniques !

Cette fois, à la relecture, étant plus âgée et plus mature, j’ai compris tout un tas de choses par rapport à la première lecture : [POTENTIEL SPOILER POUR CEUX QUI NE CONNAISSENT PAS DU TOUT L'HISTOIRE] étrangement, la première fois, j’ai cru que c’était la relation d’Anna qui choquait la société, qu’elle était repoussée à cause de sa relation charnelle avec Vronski. Mais pas du tout. Si Anna est repoussée, ce n’est pas parce qu’elle a des relations sexuelles avec un autre homme que son mari, c’est bien parce qu’elle aime un autre homme, et ce passionnément. [FIN DU SPOILER POTENTIEL] Cette hypocrisie m’a profondément dégoûtée et n’a fait qu’accroître mon amour pour Anna, coincée dans une situation intenable. [SPOILER] Comme j’avais déjà lu ce roman, je ne m’attendais pas à m’effondrer comme je l’ai fait en lisant la fin de la septième partie. C’était dévastateur ! Tant de souffrances, pour aboutir à un tel gâchis … [FIN DU SPOILER] 

Je me suis aussi rendu compte, à la lecture, des parallèles faits entre les deux couples mis en avant dans le roman : quand l’un est dépravé, voué à l’échec et stigmatisé, l’autre est porté aux nues, pur, innocent, magnifique. On peut même y voir une sorte de trinité : [SPOILER] Anna/Vronski, l’amour passion ; Kitty/Lévine, l’amour pur et domestique, parfait ; Stepan/Dolly, l’amour fané. Anna est passionnément amoureuse de Vronski, ce qui crée entre eux une relation tumultueuse et sauvage ; Kitty est innocente et pure quand elle arrive entre les bras de son mari, qui se permet des remarques TELLEMENT misogynes, mais c’est tout à fait normal, l’homme doit être maître chez lui, n’est-ce pas ? – HAHA – ; Dolly reste par habitude, parce qu’elle n’a pas la volonté de divorcer, parce qu’elle éprouve parfois, encore une forme de tendresse pour son mari. Elle est, en quelque sorte, une image d’Anna si elle était restée avec son mari ; mais pas tout à fait, tant elles sont différentes. [FIN DU SPOILER]

Enfin, à la relecture, j’ai moins apprécié certaines parties à la campagne : Lévine avait moins d’attraits parce que j’avais perçu ses défauts – certains nous sont communs d’ailleurs ! Et j’ai eu du mal avec la huitième partie : elle ne montre pas assez l’impact du dernier événement sur les personnages. J’aurais aimé voir ses conséquences, connaître leurs pensées à tous, leurs réactions ; c’est dommage ! [SPOILER] En revanche, contrairement à la première lecture, j’ai compris que Vronski partait pour mourir ou, en tout cas, que cela semble être son intention ! [FIN DU SPOILER]

Petit bonus : mes scènes préférées : le moment où Anna lit dans le train, [SPOILER] les retrouvailles avec Serge [FIN DU SPOILER], le bal où Anna rencontre Vronski, le dernier paragraphe de la septième partie. Les scènes que j’ai le moins appréciées : les élections, la fin, les scènes de chasse.

 

Donc, toujours conquise, à jamais proche d’Anna.

Mers mortes d’Aurélie Wellenstein #plib2020

Posté : 16 novembre, 2019 @ 6:58 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Fantasy Mers mortes

Editeur : Scrineo

Année de sortie : 2019

Nombre de pages : 364

Synopsis : Mers et océans ont disparu. L’eau s’est évaporée, tous les animaux marins sont morts.

Des marées fantômes déferlent sur le monde et charrient des spectres avides de vengeance. Requins, dauphins, baleines … arrachent l’âme des hommes et la dévorent. Seuls les exorcistes, protecteurs de l’humanité, peuvent les détruire. Oural est l’un d’eux. Il est vénéré par les habitants de son bastion qu’il protège depuis la catastrophe, jusqu’au jour où Bengale, un capitaine pirate tourmenté, le capture à bord de son vaisseau fantôme.

Commence alors un voyage forcé à travers les mers mortes … De marée en marée, Oural apprend malgré lui à connaître son geôlier et l’objectif de ce dangereux périple.

Et si Bengale était finalement la clé de leur salut à tous ?

 

Avis : J’ai acheté ce livre aux Halliénales, bien décidée à me lancer dans cette histoire !

Pourtant, j’ai reculé la lecture de ce livre : après avoir vu des extraits sur Instagram, j’avais peur qu’il me brise le cœur. Et j’avais raison !! Rien que le sujet du livre fait déjà mal : les mers ont disparu, tous les animaux marins sont morts, et ils reviennent hanter les vivants, se venger de leur cruauté passée. Rien que les prémices font froid dans le dos : c’est horrifique en un sens, parce que 1) plus d’eau, plus de mers, plus d’océan, et 2) des fantômes décharnés et vengeurs à chaque marée haute. Cela est dérangeant, perturbant, et l’homme en a bien besoin ! En même temps, l’idée est originale et frappante : l’idée des mers mortes (et d’ailleurs, ce genre sur les consonnes qui donne déjà des frissons) est excellente, ainsi que la reprise des marées, la façon dont les exorcistes sentent qu’elles arrivent, l’idée de la septième vague, du lien entre exorciste et animaux, des cauchemars … Ces derniers sont les passages les plus difficiles à lire, ceux où j’ai dû m’arrêter parce que j’avais du mal à respirer, ceux qui me font encore monter les larmes aux yeux rien que d’y repenser … Parce que l’autrice n’a pas peur de nous décrire la mort de ces animaux marins, ce que les hommes leur ont fait, la raison pour laquelle ils ont tant envie de se venger ! C’est affreux, mais nécessaire, pour ne pas oublier que cela arrive effectivement, de nos jours, dans nos mers et océans à l’agonie. Le message est clair : il est grand temps de réagir, parce que je doute que nous puissions avoir des exorcistes et de potentiels sauveurs dans notre monde.

Quant aux personnages, le lecteur s’attache peu à peu à eux. Oural, le personnage principal, exorciste, est embarqué pour une aventure qu’il n’avait pas demandée, et dont il rêvait pourtant. Embrigadé par les hommes de son bastion, il a pris l’habitude de haïr les fantômes sans les comprendre, et s’est enfoncé dans une vie confortable, difficile lors des marées hautes, mais relativement paisible le reste du temps. [SPOILER] J’ai adoré l’évolution de ce personnage. Peu à peu, il comprend qu’il n’a rien compris, que la vengeance des fantômes est juste, qu’il n’a pas le droit de leur en vouloir, parce qu’ils sont aveuglés par la haine, une haine partagée par des milliers, des millions, des milliards d’êtres morts à cause de l’humanité, et tous interconnectés. Il se rend compte de la responsabilité des hommes, et est incapable, en fin de compte, d’exorciser à nouveau un fantôme. J’ai aussi aimé le chemin qu’il faisait grâce à l’équipage du Naglfar, le fait qu’il se remette en question, qu’il se fasse, en fin de compte, des amis pour la première fois de sa vie. [FIN DU SPOILER] J’ai eu un peu plus de mal avec Bengale. Capitaine du Naglfar, il est assez difficile à aimer au premier abord. Il se montre cruel, violent, impitoyable, et j’ai personnellement eu du mal avec son attitude. Pour autant, au fil des pages, en même temps qu’Oural, le lecteur apprend à le connaître. [SPOILER] Je n’ai pas réussi à l’apprécier véritablement, mais j’ai ressenti, comme les autres personnages, une sorte de fascination malsaine, une admiration pour cet homme capable de tout sacrifier pour ressusciter les mers, pour rendre à l’humanité ce qu’elle a détruit elle-même. [FIN DU SPOILER] Les autres membres de l’équipage ont tous un passé très lourd que l’on découvre, pour la plupart d’entre eux : tous ont été sauvés par leur capitaine. Amazone est la femme guerrière, tout à fait en phase avec son nom ! Elle est féroce, et attachée à Bengale par des liens puissants. J’ai parfois regretté qu’elle soit si terriblement jalouse. Le seul autre personnage féminin de l’équipage, Tamise, est très effacé par rapport aux autres : discrète, elle semble douce et perdue. Je n’ai pas eu de sentiments particuliers pour Escaut, à part lors d’une scène précise qui m’a serré le cœur ; en revanche, l’histoire d’Arctique m’a secouée.

Petite remarque avant de parler de la fin : [SPOILER] j’ai été à la fois perturbée et séduite par la relation qui s’instaure entre Oural et Bengale. J’ai aimé que l’exorciste reconnaisse que cette relation existe, et qu’elle est clairement toxique et malsaine : Bengale veut posséder Oural, qui refuse cette soumission. Pour autant, j’ai aimé cette tension entre eux, et le fait qu’ils soient clairement attirés l’un vers l’autre. J’avais envie que leur relation s’assainisse en se concrétisant ! [FIN DU SPOILER]

La fin … Elle a achevé de réduire mon cœur en miettes. C’est le moment où j’ai explosé, où je me suis mise à pleurer, à régurgiter toute la peine que j’avais accumulée pendant cette lecture. C’était douloureux, terrible, dévastateur ! [SPOILER] Et pourtant, je pense que le livre aurait été gâché s’il ne s’était pas terminé de cette façon. D’un côté, le lecteur perd des personnages qu’il a fini par apprécier ; de l’autre, l’espoir renaît. [FIN DU SPOILER] Et cette toute dernière scène !!

 

Donc, un livre percutant, dévastateur, pour lequel j’ai bien fait de me préparer psychologiquement, mais qui m’a tout de même piétiné le cœur !

 

#ISBN9782367406602

123
 

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