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I found myself in Wonderland.

The Song of Achilles de Madeline Miller

Classé dans : Avis littéraires,Coup de cœur — 22 août 2019 @ 2 h 32 min

Genre : MythologieThe Song of Achilles

Editeur : Bloomsbury (Modern Classics)

Année de sortie : 2017 [2011]

Nombre de pages : 352

Titre en français : Le Chant d’Achille

Synopsis : Greece in the age of heroes. Patroclus, an awkward young prince, has been exiled to the court of King Peleus and his perfect son Achilles. Despite their differences, the boys develop a tender friendship, a bond which blossoms into something deeper as they grow into young men.

But when Helen of Sparta is kidnapped, Achilles is dispatched to distant Troy to fulfill his destiny. Torn between love and fear for his friend, Patroclus follows, little knowing that the years that follow will test everything they hold dear.

 

Avis : J’ai lu Circe l’année dernière, et ce fut un immense coup de cœur. J’avais donc peur de lire The Song of Achilles et de moins apprécier. Quelle erreur de ma part !

Il semblerait que Madeline Miller ne puisse pas écrire un mauvais livre. The Song of Achilles, à son tour, est un coup de cœur. Et pourtant, il aurait pu avoir des difficultés à me plaire ! En effet, bien que je sois fan de mythologie, je ne le suis pas du tout du héros Achille. Depuis que j’ai connaissance de l’histoire de la guerre de Troie, je me sens bien plus proche des Troyens que des Grecs. Comment se sentir proche d’un peuple qui décide de récupérer une femme qui a peut-être tout simplement décidé de quitter son mari ? d’un peuple dont le chef [SPOILER] n’hésite pas à faire assassiner sa propre fille pour pouvoir partir en guerre massacrer des centaines de gens ? [FIN DU SPOILER] d’un peuple qui compte Ulysse dans ses rangs, peut-être un des seuls personnages de la mythologie que je déteste vraiment ? Donc, The Song of Achilles partait avec un handicap : il était, à nouveau, dans le camp des vainqueurs, ceux que je n’appréciais pas. Et pourtant …

The Song of Achilles reprend le mythe d’Achille et Patrocle ; je ne veux pas trop vous en dire, mais il me semble que tout le monde est un peu au courant de la version de ce mythe qu’a choisi de transmettre Madeline Miller [si vous n’avez pas envie d’en savoir plus et que vous ignorez la reprise du mythe, ne lisez pas ce paragraphe !] : Achille et Patrocle ne sont pas seulement meilleurs amis, liés par un pacte, Patrocle étant le compagnon d’études d’Achille ; ils sont aussi amants, amoureux, faits l’un pour l’autre. Nous sommes donc face à une romance homosexuelle. Vous le savez, moi et les romances, nous ne faisons pas bon ménage ; et pourtant, c’était si beau … j’ai adoré ! Etrangement, même les scènes sexuelles, qui ne sont pas explicites, mais qui sont tout de même assez bien suggérées, ne sont pas gênantes ! J’ai vraiment adoré cette réécriture du mythe et, ce qui est extraordinaire : elle est cohérente avec le reste de l’histoire mythologique ! Tout s’explique grâce à cette version, rien n’est laissé de côté !

Plus encore : ce livre m’a fait aimer Achille ! Oui, ce héros grec qui tue mon héros mythologique préféré, qui se bat contre les Amazones, qui fait partie d’un complot pour mener une héroïne innocente à sa mort, Madeline Miller me l’a fait aimer. Après ça, je me dis que si elle veut tenter de réhabiliter Ulysse, elle peut carrément avoir toutes ses chances ! (haha) Il est à double facette : son aspect humain ressort quand il est avec Patrocle ; son aspect divin, imbuvable, arrogant, supérieur, ressort quand il devient un héros tel que l’entendent les Grecs, quand il touche son héritage divin du bout des doigts. C’était à la fois terrible et beau de le voir être tiraillé entre ces deux identités qui cohabitent en lui. Patrocle, quant à lui, est présenté comme étant l’exact opposé d’Achille : il est plutôt « faible », très loin de l’image du héros grec. Il est quelconque, sans beauté, sans force. Et il ne s’intéresse pas à la force. Il est plus dans la douceur. Ce pourrait être le seul bémol : Patrocle, dans la mythologie, est censé être un héros lui aussi. Mais, en fin de compte, ce n’en est pas un. [SPOILER] Evidemment que Patrocle est un héros pour les Grecs et dans la mythologie : son euphorie, sa folie meurtrière lui permet d’éliminer de nombreux Troyens, dont Sarpedon, avant de mourir lui-même ; plus encore, sa mort permet à Achille d’entrer dans une fureur telle qu’il est prêt à enfin tuer Hector, ce qu’il repousse depuis des années. [FIN DU SPOILER] Bien sûr, le lecteur rencontre d’autres personnages bien moins sympathiques, comme le père de Patrocle, qui ne mérite pas que je me souvienne de son nom, Agamemnon, en compétition avec Ulysse pour la place de personnage que je déteste le plus dans la mythologie, Ulysse lui-même, et sa foutue ruse ! Ajax et sa violence. On ne croise pas Cassandre, ni Clytemnestre. Iphigénie passe brièvement, et Briséis est une des figures féminines mises en valeur dans ce roman. Autre figure féminine, celle de la mère, Thétis. Difficile de l’apprécier : elle représente très bien la hauteur des dieux, leur manque de compréhension des hommes et de leurs sentiments, ce qui est bien repris dans Circe. Mais il se concentre clairement sur l’acceptation de ce lien tout particulier entre Achille et Patrocle, un lien mal vu, décrié, moqué – en l’absence d’Achille, évidemment !  

Je connaissais déjà la fin de l’histoire, je savais déjà tout ce qui allait arriver – même si j’avais oublié certains détails qu’ils étaient intéressants de voir manipulés par Madeline Miller ! Comme mon cœur s’est serré … comme c’était beau, tragique, violent, brutal, inévitable … L’autrice a un don pour les fins réussies, c’est sûr : celle-ci surpassait celle de Circe haut la main, c’est dire !

Est-il vraiment besoin de vous dire que l’émotion est au rendez-vous ? Je ne peux pas apprécier un livre qui ne me touche pas, que ce soit positivement ou négativement. Ce livre est, comme je l’ai dit, à la fois terrible et beau, cruel et magnifique. Dernière remarque : l’écriture de Madeline Miller est un tel régal !! J’ai hâte de lire sa prochaine œuvre, quelle qu’elle soit !

 

Donc, une magnifique histoire, une version du mythe qui reprend bien l’original tout en le magnifiant. Un coup de cœur à nouveau !!

 

2 commentaires »

  1. Oceane - Entournantlespages dit :

    Fan de la mythologie grecque, surtout celle qui touche aux dieux, je me suis récemment acheté les deux livres de Madeline Miller mais comme toi, je ne suis pas spécialement fan d’Achille donc je comptais commencer par Circé.
    Je n’entends que du bien de ses deux romans, surtout Circé donc j’ai vraiment hâte de m’y mettre.

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