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I found myself in Wonderland.

Cicéron, tome 1 : Imperium de Robert Harris

Classé dans : Avis littéraires,Coup de cœur — 20 juin 2019 @ 13 h 59 min

Genre : Historique Imperium

Editeur : Plon/Le Grand livre du mois

Année de sortie : 2006

Nombre de pages : 364

Titre en VO : Cicero, book 1: Imperium 

Synopsis : Lorsque Tiron, le secrétaire particulier d’un sénateur romain, ouvre la porte à un étranger terrorisé, il déclenche une suite d’événements qui vont propulser son maître au sein d’une des plus célèbres et dramatiques affaires de l’Histoire.

L’étranger est un Sicilien victime de Verrès, gouverneur vicieux et corrompu. Le sénateur en question, c’est Cicéron, un jeune et brillant avocat déterminé à atteindre l’imperium – pouvoir suprême au sein de l’Etat.

A travers la voix captivante de Tiron, nous sommes plongés dans l’univers perfide et violent de la politique romaine, et nous suivons un homme – intelligent, sensible, mais aussi arrogant et roublard – dans sa lutte pour accéder au sommet.

C’est un monde qui ressemble étonnamment à celui d’aujourd’hui, toile de fond d’un véritable thriller politique autour de l’irrésistible ascension de Cicéron. « Tout ce qu’il avait, écrit Tiron de son maître, c’était sa voix, et par sa seule volonté, il en a fait la voix la plus célèbre du monde. »

 

Avis : Je pense que ce n’est pas un secret : j’adore l’Antiquité, qu’elle soit grecque, romaine ou autres, et je cherche souvent des livres qui traitent de cette période, ou des fictions dont l’action se situe à cette époque. Donc, quand mon amie m’a prêté Imperium, j’ai eu du mal à ne pas le commencer sur le champ !

Comme la plupart des gens qui ont étudié le latin, j’ai traduit certains textes de Cicéron, ses discours et ses lettres, ce qui ne l’a pas forcément rendu cher à mon cœur ! Le premier « exploit » de ce roman est donc de m’avoir fait aimer Cicéron. Sincèrement, je l’ai adoré en tant que personnage ; je l’ai soutenu du début à la fin – même si je connaissais déjà certains événements, le roman est resté captivant, et même haletant à certains moments ! – et je veux maintenant lire la suite, Conspirata ! J’ai envie d’en apprendre plus sur lui à travers ces romans, même si je connais déjà les grandes lignes de sa vie. J’ai envie de le suivre jusqu’à sa chute et sa mort ! – je ne me souviens pas comment il est mort d’ailleurs, donc je pourrais même avoir une surprise ! Ce que j’ai particulièrement adoré en suivant Cicéron, c’est que, même s’il n’est pas le narrateur, le lecteur peut apercevoir l’homme véritable derrière la figure historique, ses sentiments notamment. Il peut avoir l’impression de le connaître vraiment, un peu comme Hadrien dans Mémoires d’Hadrien de Marguerite Yourcenar – excepté que, dans ce livre, Hadrien est le narrateur, contrairement à Cicéron.

Ce qui me mène à un autre élément que j’ai adoré : la façon dont le livre est écrit. La vie de Cicéron nous est racontée par son ancien esclave, Tiron, longtemps après la mort de son maître. Le lecteur peut clairement sentir le lien entre les deux hommes, l’amour même qu’ils partagent ; à travers ses yeux, le lecteur s’attache à l’homme politique et à sa famille ! L’auteur explique dans une note à la fin de l’ouvrage qu’il a eu l’idée de cette narration parce que Tiron a effectivement écrit une biographie de Cicéron, perdue aujourd’hui. Grâce à ce point de vue, l’émotion naît et, encore une fois, comme avec Hadrien, le lecteur se sent proche du personnage principal, et compatit avec lui. Attention, le spoiler qui suit concerne à la fois Imperium et Mémoires d’Hadrien ! [SPOILER] La mort de Lucius m’a fait penser à celle d’Antiochus : elle est très triste à lire, tout comme est triste à voir le chagrin des personnages. [FIN DU SPOILER]

Ce roman est un délice pour ceux qui aiment en découvrir plus sur les mœurs romaines – par exemple, l’importance de la famille – mais aussi, et surtout, sur la politique romaine. Cicéron veut grimper l’échelle sociale, ce qui équivaut à dire qu’il veut grimper l’échelle politique. Nous suivons donc ses campagnes, mais aussi son travail d’avocat ; des extraits de ses discours sont insérés dans le roman – j’avoue que je ne suis pas allée vérifier s’ils sont exacts au mot près ! – et cela nous permet d’imaginer ce que cela devait donner d’assister à une de ses plaidoiries ! Comme je n’aurais pas aimé être son ennemi au tribunal !! Au début d’Imperium, Tiron décrit Cicéron comme une voix, la voix la plus célèbre du monde, et c’était formidable de l’entendre à nouveau, de la voir s’animer dans ces pages, à travers les mots de Tiron. Qui dit politique dit corruption, et l’on trouve pas mal d’exemples dans ce roman ! Cicéron n’est pas immunisé contre cela bien sûr – autre point positif : Cicéron n’est pas idéalisé ici ! – mais, la plupart du temps, il se bat contre elle. Il n’a, en fait, pas tellement le choix ; Cicéron est un homme nouveau (homo novus), ce qui signifie que sa famille n’est pas connue politiquement, et donc socialement. Il doit donc se faire connaître, et il choisit de le faire contre l’aristocratie en place, en grande partie corrompue. J’ai adoré voir d’autres grands personnages historiques, comme Pompée, César ou Crassus ; d’autres sont connus grâce à Cicéron et ses célèbres affaires. C’est le cas de Verrès ou de Catilina [SPOILER] mais la plus grosse partie reste encore à venir ! [FIN DU SPOILER] En gros, ce livre était un régal pour moi !

Enfin, j’ai adoré le style ! Je le fais rarement, mais j’ai lu ce livre en français, et je dois admettre que je n’ai pas du tout senti la traduction ! C’était fluide, et j’ai noté quelques citations marquantes. C’était beau, et cela m’a donné envie de découvrir d’autres livres de l’auteur plus vite que prévu ! J’ai tout de même envie de relire Imperium en VO !

La seule chose qui m’a agacée – en plus de l’esclavage, mais, c’est ainsi qu’était la société romaine – c’est la misogynie inhérente à cette même société ! Comme par exemple dans ce passage dans lequel Tiron dit que le système d’écriture qu’il a inventé pour retranscrire rapidement les paroles de Cicéron est si simple que même (on notera le « même ») une femme peut l’apprendre. Haha. Pour autant, malgré cette société misogyne, l’auteur nous présente un très bon personnage féminin, Terentia. C’est une femme forte, son mari l’écoute – il doit le faire, étant donné qu’elle tient les cordons de la bourse, et qu’il a besoin d’argent pour entrer en politique ! – et elle semble d’excellent conseil ! J’ai fini par m’attacher à elle ; ce n’était pas gagné vu la première impression laissée par Tiron lorsqu’il parle d’elle ! 

 

Donc, une belle découverte : je suis contente d’avoir trouvé un nouveau livre dont l’action se situe dans la Rome ancienne, de nouveaux personnages historiques et fictionnels à aimer, et un nouvel auteur dont je peux dévorer les autres livres ! Je ne m’attendais pas à ce que ce livre me plaise autant, j’ai passé un super moment !!  

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