Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Archive pour mai, 2019

Les Noces de la Renarde de Floriane Soulas

Posté : 14 mai, 2019 @ 9:17 dans Avis littéraires, Partenariats | Pas de commentaires »

Genre : FantastiqueLes Noces de la renarde

Editeur : Scrineo 

Année de sortie : 2019

Nombre de pages : 586

Synopsis : 1461, Japon. 

Hikari, une mystérieuse jeune femme, vit avec ses soeurs dans une forêt peuplée de petits dieux de la province d’Izumi. Fascinée depuis toujours par les humains, elle s’intéresse de près aux villageois installés au pied de la montagne, et plus particulièrement à Jun, l’un des bûcherons. Mais le contact avec les hommes est formellement interdit par son clan … 

2016, Tokyo. 

Depuis toujours, Mina a le pouvoir de côtoyer les yokaïs, esprits et monstres du folklore japonais. Solitaire à cause de ce don qu’elle doit cacher à tous, la jeune fille ne se sent pas à sa place dans la société.

Jusqu’au jour où un esprit tente de s’introduire dans ses rêves et que Natsume, une fille de sa classe, l’entraîne dans une chasse au démon à travers la capitale … 

Deux univers qui se croisent, deux destins qui s’entremêlent, entre quête d’identité et désir d’émancipation

 

Avis : Les Noces de la renarde est mon premier service presse chez les éditions Scrineo ; merci encore à eux !

Avant même la publication du livre, le petit résumé que Floriane Soulas avait posté sur Instagram m’avait attirée : « esprits » et « Japon ». Comment résister ?! J’adore les histoires de « fantômes », et le Japon est un pays qui me fascine ! Dès la réception du colis, je me suis plongée dans la lecture !

Je n’ai pas pu lire Les Noces de la renarde aussi rapidement que je l’aurais voulu, travail oblige ; et je pense que les circonstances de lecture m’ont empêchée de me plonger à 100 % dans le livre – ainsi que de ressentir l’émotion qui aurait pu naître à plusieurs reprises si j’avais été complètement dans le bouquin ! Pour autant, j’ai vraiment adoré certains aspects ! Et, d’abord, le décor du roman : le Japon ! J’ai trouvé que le lecteur était complètement immergé dans la culture japonaise ! J’en ai rarement appris autant sur le folklore du pays qu’en lisant Les Noces de la renarde. Entre yokaï, kami et kitsune, la mythologie du pays est vivante dans ce texte ! J’ai adoré me retrouver au temple, au Kogage, dans les rues étroites de Tokyo, mais aussi dans la forêt de la province d’Izumi, entourée de kitsunes, et autres esprits. En effet, le roman raconte deux histoires en parallèle, celle de Mina et celle d’Hikari, dans deux époques différentes. Je me suis attachée aux deux héroïnes, et donc aux deux intrigues. Ce que j’ai trouvé particulièrement ingénieux : contrairement à la majorité des livres qui racontent deux histoires, ici, l’alternance ne se fait pas d’un chapitre à l’autre, mais l’on suit les personnages d’une époque sur deux à trois chapitres. Cela permet d’entrer complètement dans les deux intrigues, de s’intéresser autant à l’une qu’à l’autre ! Elles sont liées, et je me suis amusé à deviner en quoi elles l’étaient ! (j’avais deviné quelque chose mouhahahaha !) L’action est présente – Mina mène une enquête, Hikari a une mission à accomplir –, l’émotion aussi – malgré mon insensibilité du moment ! –, et certaines scènes peuvent même friser l’horreur ! Comme d’habitude dans les livres qui présentent des groupes, j’ai adoré le clan, en faire partie, voir l’amour des soeurs les unes pour les autres [SPOILER] et le déchirement d’Hikari quand elle est écartée de son foyer est tout aussi déchirant pour le lecteur, qui comprend qu’elle perd une famille tout entière, une raison de vivre ! [FIN DU SPOILER]

Concernant les personnages : il est facile de s’attacher à Mina. Adolescente à Tokyo, elle est différente des autres, se tient à l’écart, mais elle n’est pas du tout le genre d’héroïne que tout le monde trouve magnifique, ou qui fascine. Elle est plutôt dérangeante pour les autres, d’où le fait qu’elle ne trouve sa place nulle part. En effet, elle a une capacité toute particulière qui la rend effrayante : elle voit les yokaïs et les esprits ! Quant à Hikari, elle est plus ambivalente, mais tout aussi attachante ! Contrairement à Mina, c’est un personnage « morally grey », c’est-à-dire qu’elle n’est ni bonne ni mauvaise. C’est une kitsune, une déesse-renarde ; de plus, elle a un rang spécial dans son clan. Elle est puissante, et sauvage. J’ai particulièrement aimé la suivre puisqu’elle nous place directement au sein d’un clan mythologique ! Aucun des personnages n’est « le grand méchant » ou « le grand héros », ce que j’ai vraiment apprécié : tous ont leurs défauts, leurs qualités, et les pires actes s’expliquent, non par une méchanceté inhérente, mais par la peur ou l’ambition. En cela, le roman est très vraisemblable, et il est facile de s’imaginer ces personnages comme existant réellement ! 

J’ai adoré la fin, même si elle m’a semblé rapide et peut-être même un peu abrupte ! Des questions subsistent tout de même : [SPOILER] Qu’arrive-t-il au clan ensuite ? Et qu’advient-il de Natsume, qui se retrouve sans pouvoir ? Reste-t-elle au temple ? et avec sa famille ? [FIN DU SPOILER]

 

Donc, un très bon roman, mêlant petits frissons horrifiques et mythologie japonaise !  

Le Serment de l’orage, tome 1 de Gabriel Katz

Posté : 2 mai, 2019 @ 7:14 dans Avis littéraires, Partenariats | Pas de commentaires »

Genre : Fantasy Le Serment de l'orage

Editeur : Bragelonne (Big Bang) 

Année de sortie : 2019

Nombre de pages : 380

Synopsis : Ils étaient sept. Sept chevaliers sous un ciel d’orage.

Morgien et Cynon, deux jeunes chevaliers, la tête pleine de rêves de gloire et de hauts faits, n’ont qu’une hâte : prouver leur valeur. Ils n’hésitent pas un instant lorsque le seigneur Edwin de Gore leur propose d’entrer à son service dans les Hautes Terres. Des landes arides et occupées par une bande armée.

Sans hommes ni moyens, les deux chevaliers devront faire face à l’adversité avec bravoure et honneur. Mais il plane en ces lieux une atmosphère sombre et malsaine. Alors que la demeure seigneuriale devient le théâtre de morts inexpliquées, une forteresse macabre apparaît à la faveur de la nuit.

Les phénomène inquiétants se multiplient, et bientôt, nul doute qu’une malédiction est à l’œuvre. Le Diable approche, et avec lui, la fin du royaume. 

 

Avis : Je n’avais jamais osé demander de service presse avant ; puis j’ai vu que Gabriel Katz sortait un nouveau roman Fantasy chez Bragelonne, et je me suis lancée !

Pour une première plongée, je ne suis pas déçue ! J’ai aimé l’écriture de l’auteur, fluide, agréable ; le rythme est assez soutenu pour que le lecteur ne s’ennuie pas – pas mal de scènes d’action, d’autres qui alimentent le mystère –, et assez retenu pour que l’atmosphère s’épanouisse – atmosphère que j’ai beaucoup aimée ! Elle est assez sombre, étrange, inquiétante ; rien que le titre de la propriété m’a donné des frissons gothiques !! Quelque chose qui aurait pu, en revanche, ne pas passer, c’est la place de la religion dans ce livre. Elle s’explique totalement vu l’époque dans laquelle se situe le récit : nous sommes face à de la Fantasy historique médiévale si je ne m’abuse ! Nous sommes donc au temps des chevaliers : le catholicisme est évident. Toute personne qui va à l’encontre de ces croyances est jugée hérétique. On retrouve également le fameux code de la chevalerie, même si, ici, l’honneur est aussi souvent bafoué que respecté ! L’auteur utilise tout le vocabulaire médiéval, par exemple, celui de l’armurerie ou des rangs des vassaux du roi, ce qui participe à l’immersion du lecteur dans le monde du livre.

Evidemment, qui dit monde et société médiévaux dit misogynie, sexisme, inégalité homme/femme. C’est inhérent, presque un passage obligé pour que l’univers soit cohérent ; et pourtant, comme ça peut m’agacer ! Du coup, le point de vue est beaucoup plus focalisé sur les personnages masculins que sur les personnages féminins, et on se retrouve avec des questions de vertu, de virginité, de prostitution et de viol après une victoire. Les chevaliers parlent gaiement des servantes qu’ils troussent sur les bottes de foin, et les barons, eux, se passent les filles enlevées dans les villages. Pour autant, le lecteur sent bien que cela pourrait changer dans le tome 2, comme c’est déjà le cas à partir d’un moment dans ce premier volume ! [SPOILER] Ce moment où Ann commence à prendre les choses en main, et cette fin où c’est une femme qui tue le baron O’Dunlin !! Mais quelle joie !! [FIN DU SPOILER]

En parlant des personnages : j’aime beaucoup Cynon et Morgien, même s’ils sont clairement inexpérimentés et naïfs. Ils peuvent être agaçants parfois, mais c’est plus la faute de leur code de chevalerie et des valeurs qu’on leur a apprises que la leur. Ils jouent plus au chevalier qu’ils ne le sont vraiment, mais je suis sûre que ça viendra dans les tomes à venir ! Edwin est clairement paternel avec eux, et je l’ai beaucoup apprécié ! En revanche, un personnage que je ne supportais pas : Advar. On peut vivre dans une société médiévale sans être tout à fait misogyne ; lui prend les femmes pour des bouts de viande. Comment l’apprécier ? Il est aussi très arrogant et le code de chevalerie, très peu pour lui ! De même pour Alistair qui n’a cessé de m’agacer du début à la fin ! Vains et Aeron arrivent un peu plus tard : ils sont aguerris, savent ce qu’est une véritable bataille et n’ont pas peur de se salir les mains. Quant aux personnages féminins, ils ne sont que deux : Ann de Gore et Marie des Réaux. Ann est une dame ; elle peut paraître insupportable pour qui ne la comprend pas. Elle est très méprisante, et très belle : elle inspire le respect rien que par sa beauté … jusqu’à ce que son caractère la fasse détester. Marie, elle, est beaucoup plus sympathique. Cousine d’Ann, elle est sa dame de compagnie. Je l’ai beaucoup apprécié, malgré le fait que son personnage soit un peu en retrait la plupart du temps. Certains des moments où elle apparaît, ce n’est que pour alimenter les fantasmes d’un chevalier ; mais je doute que ce soit toujours le cas dans les tomes suivants !

La fin est détonante !! Pleine d’action, elle promet un deuxième tome encore meilleur que celui-ci !! Une scène m’a émue, mais je pense que c’était personnel, et probablement dû à une scène similaire que j’ai vu dans une certaine série très connue – GoT, pour ne pas la citer ! Je dois dire que ce livre m’a fait penser à cette série plusieurs fois, mais seulement à cause du côté médiéval de ces deux sagas ! [SPOILER] Et peut-être aussi à cause de cette histoire de givre ! [FIN DU SPOILER]

Après avoir refermé le livre, tout un tas de questions reste sans réponse !! En effet, ce premier tome semble mêler deux intrigues, et deux Diables tout à fait différents ! La première est concentrée sur Hollow Grave et concerne une sorte de malédiction qui frappe la propriété ; la seconde est à l’échelle du pays tout entier, l’Anglia – qui me fait beaucoup penser à l’Angleterre ! – menacé par les barons d’Eirin – qui me fait penser à l’Eire, et donc à l’Irlande ! Les deux fins de ces intrigues donnent immédiatement envie de lire la suite, histoire de voir ce qui va arriver !!

 

Donc, un premier tome réussi, qui déclenche bien l’action et donne déjà envie de lire le deuxième tome !

 

Ainsi philosophait Amélie Nothomb de Marianne Chaillan

Posté : 1 mai, 2019 @ 2:28 dans Avis littéraires, Coup de cœur, Partenariats | Pas de commentaires »

Genre : Philosophie Ainsi philosophait Amélie Nothomb

Editeur : Albin Michel 

Année de sortie : 2019

Nombre de pages : 203

Synopsis : Amélie Nothomb, morte? Elle ne se souvient de rien. Voici pourtant qu’une dénommée Plectrude lui annonce la sinistre nouvelle. Elle lui révèle également qu’une identité posthume est attribuée à chacun au terme d’une cérémonie. L’un ira au paradis des cinéastes et l’autre au paradis des boulangers, par exemple. L’éternité est moins longue lorsqu’on échange autour d’une passion commune… Amélie s’attend donc à retrouver Stendhal et Virginia Woolf au paradis des écrivains. Sutpeur! Elle se retrouve au paradis des philosophes, aux côtés de Platon et de Nietzsche! S’agit-il d’une erreur? En faisant appel de cette décision, Amélie va subir un drôle de Jugement dernier au cours duquel viendront témoigner les illustres gloires de la philosophie, depuis Spinoza jusqu’à Sartre.

Ecrit « à la manière » d’Amélie Nothomb, ce contre philosophique de Marianne Chaillan est un voyage aussi drôle que méditatif qui invite le lecteur à découvrir autrement l’œuvre de la romancière mondialement célèbre.

 

Avis : Je ne connaissais pas l’existence de ce livre avant d’entendre Amélie Nothomb en parler dans une vidéo ! Je me suis dit que le concept était très intéressant, et je me suis empressée de demander un service presse à la maison d’édition, qui a gentiment accepté de m’envoyer Ainsi philosophait Amélie Nothomb !

Je dois d’abord l’avouer : je suis « fan » d’Amélie Nothomb ; j’ai lu la majorité de ses livres, et la plupart m’ont beaucoup plu ! C’est une écrivaine accessible, gentille, et ouverte d’esprit ! Je n’adore pas toutes ses œuvres, mais celles que j’adore se trouvent assez haut dans le classement de mes livres préférés, notamment Journal d’Hirondelle, Biographie de la faim et Hygiène de l’assassin. Je trouve qu’Amélie a une imagination très fertile, décalée ; rien ne ressemble à un de ses romans ! Elle écrit très bien, d’une manière que je considère souvent comme poétique ; elle apprend des choses à son lecteur et le fait toujours réfléchir ! Ses œuvres sont intelligentes ! Donc, l’idée d’un livre qui ferait le lien entre elle et certains philosophes : autant vous dire que j’étais emballée !!

Et je n’ai pas été déçue ! Tout d’abord, j’ai adoré que ce livre soit en fait de la non-fiction déguisée en fiction. Pour ne pas brusquer le lecteur, pour ne pas lui faire lire un essai, Marianne Chaillan décide de reprendre la manière d’écrire d’Amélie Nothomb. Et on peut dire que c’est une réussite ! J’ai adoré cette histoire, ce cadre ! Amélie, personnage du roman, se trouve au paradis, assignée à celui des philosophes au lieu de celui des auteurs de littérature. Elle fait appel et, à son procès prennent part dix grands philosophes, qui vont analyser dix de ses livres. La lecture est fluide, rapide, et tout est compréhensible ! En effet, on pourrait penser qu’étant donné qu’on touche à la philosophie, les concepts sont compliqués, et donc que l’on ne comprend pas toutes les idées. Mais Marianne Chaillan, après avoir employé certaines notions, fait expliquer à ses philosophes leurs idées avec des exemples faciles à comprendre. Elle fait donc exactement ce que fait Amélie Nothomb sans s’en rendre compte : elles rendent toutes deux la philosophie accessible, l’une par la fiction ou la non-fiction – selon ses œuvres –, l’autre par une analyse poussée et qui fait parfois écho au ressenti des lecteurs. En effet, à la lecture de certains passages, je me suis rendu compte que j’avais compris certaines idées philosophiques en lisant l’œuvre de l’écrivaine, sans pour autant être capable de mettre des mots clairs et précis sur ce que j’avais ressenti. D’autres fois, Marianne Chaillan apporte un éclairage tout à fait nouveau sur les œuvres, je pense notamment au Fait du Prince, que je n’avais pas du tout lu de cette façon ! Et quelle joie de voir certains de mes livres préférés être analysés !

Je trouve également l’idée de ce livre excellente car, il faut l’avouer, Amélie Nothomb est souvent décriée, que ce soit par certains universitaires ou par certains lecteurs – parfois sans que ceux-ci l’aient lu d’ailleurs ! Marianne Chaillan montre ici que l’écrivaine a beau écrire quatre romans par an et n’en publier qu’un, celui-ci est riche d’idées, souvent original, et fait réfléchir pour qui gratte un peu la surface. Voir de grands philosophes expliquer à quel point ils ont apprécié leur lecture d’Amélie Nothomb, la nommer leur successeur, la reconnaître comme une des leurs, les voir dire « lisez tel roman pour comprendre mon idée » : comme c’était satisfaisant ! Pour autant, le procès de l’écrivaine ressemble plus à un éloge qu’à une défense contre les critiques, ce que j’ai également énormément apprécié ! Les analyses de Marianne Chaillan ne sont pas forcées, et on sent son amour à la fois pour l’œuvre d’Amélie et pour les philosophes que l’on rencontre. Ainsi philosophait Amélie Nothomb donne donc autant envie de relire les œuvres de l’écrivaine que de lire les œuvres des philosophes !! 

La fin est digne d’un roman d’Amélie ! La chute est inattendue, surprenante ! Et cette mise en abîme : j’adore !! 

Petit plus : j’ai adoré les jeux de l’autrice, du genre, reprendre le début des Catilinaires de Cicéron en écrivant « Jusqu’à quand abuseras-tu de ma patience Sartre ? Jusqu’à quand ta fureur nous poursuivra-t-elle ? » Ou voir de petites références littéraires/culturelles par-ci par-là ! Elle a aussi apporté de petites touches d’humour bienvenues !

Attention : pour ceux qui n’auraient pas lu les œuvres analysées, l’autrice spoile la fin. Je fais la remarque pour ceux que ça pourrait gêner. Je vous conseille donc de lire d’abord les livres d’Amélie, puis de vous plonger dans celui de Marianne Chaillan ! 

 

Donc, j’ai adoré ce voyage au pays des philosophes ! Tout était bon : l’écriture, l’histoire-cadre, les idées ! A lire, que vous soyez fan d’Amélie ou non ! 

 

 

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