Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Ombre, tome 2 : Les Illusions de Sav-Loar de Manon Fargetton

Classé dans : Avis littéraires,Coup de cœur,Lectures Communes — 21 janvier 2019 @ 2 h 43 min

Genre : FantasyLes Illusions de Sav-Loar

Editeur : Milady

Année de sortie : 2017 [2016] 

Nombre de pages : 861

Synopsis : Dans le royaume d’Ombre, les femmes qui possèdent le don sont persécutées. Pour survivre et devenir magiciennes, il leur faut se réfugier dans la cité légendaire de Sav-Loar. Or Bleue n’est qu’une jeune esclave entre les griffes d’un seigneur sadique lorsque ses pouvoirs apparaissent. Certains de ses compagnons de captivité vont risquer leur vie pour tenter de la sauver, à commencer par Fèl, une beauté farouche qui ne rêve que de liberté. Leur fuite éperdue va précipiter le royaume dans une guerre impitoyable au cours de laquelle Bleue, dont la puissance s’affirme de jour en jour, pourrait bien changer le monde … 

 

Avis : J’ai lu L’Héritage des Rois-Passeurs en octobre 2018, et j’avais hâte de poursuivre mon exploration du royaume d’Ombre !!

Pourtant, j’ai attendu quelques mois parce que la taille du livre me faisait assez peur, je dois bien l’avouer. 861 contre à peu près 300 pour le premier tome ! Je me suis enfin lancée en janvier, avec mon amie Salomé (Kiss the Librarian), et aucune de nous n’a été déçue !!

Je ne sais même pas trop quoi commencer tellement ce livre est riche … Tout est magistral, tout est bien fait, tout respire le talent. J’ai tout adoré. L’écriture de Manon Fargetton est poétique, belle, agréable à lire, percutante parfois. Son univers est grandiose, que ce soit du côté des magiciens et de la couronne que du côté des magiciennes et de leurs secrets. Le lecteur découvre son histoire, son passé : ils sont livrés dans des versions différentes qui permettent de comprendre l’endoctrinement qu’ont subi certains personnages. J’ai adoré le passage sur la naissance de Sav-Loar ; je ne résiste pas à l’envie de vous mettre un extrait :

 

« L’image de la pleine lune s’imposa comme leur emblème et leur bannière, tel le faisceau d’un phare dans l’obscurité d’une mer houleuse. Sav-Loar, le lever de lune, devint le pendant clandestin d’Astria l’éclatante.

Ainsi débuta la nuit des magiciennes.

Ainsi démarra l’extinction méticuleuse des nôtres. […]

Mais aucune nuit n’est éternelle et, à chaque magicienne qui nous rejoint, c’est la clarté du matin qui s’approche. »

 

Je vous donne aussi les formules rituelles de Sav-Loar :

 

« Que l’aube des magiciennes te trouve en vie.

Que tes jours connaissent sa lumière. »

 

J’ai adoré sa magie, que ce soit au sens de l’émerveillement que j’ai ressenti en lisant, ou au sens du système magique, que je trouve très intéressant. La magie ordinaire fonctionne avec la lumière et connaît des degrés ; la magie spécifique aux femmes est fascinante ! J’ai adoré les décors, que ce soit Astria, que j’ai retrouvé avec plaisir, d’autres villes – dont je tairai le nom pour vous laisser la surprise ! – ou la forêt des Songes, qui est véritablement enchanteresse. Je dois souligner que j’adore les forêts, et donc en « visiter » une dans Les Illusions de Sav-Loar n’a fait qu’ajouter à mon plaisir de lecture ! Un autre décor : le désert. Il est tellement rare que j’apprécie ce genre de setting que je ne peux qu’applaudir quand un auteur me le fait aimer ! Lui est associé une culture esclavagiste et « orientale », où un homme possède un harem. A partir de là, je peux vous dire que le roman s’ouvre sur des scènes tout sauf agréables à lire : meurtre, viols, pédophilie, esclavagisme. J’ai remarqué que Manon Fargetton avait le don de commencer ses œuvres par ce genre de scène choc, qui accroche le lecteur et l’empêche de reposer le livre ; c’était déjà le cas dans L’Héritage des Rois-Passeurs, qui commence par le massacre en règle de toute une famille ! Cela n’est pas pour autant rédhibitoire, au contraire : j’avais tellement envie que les personnages que je venais de rencontrer se sortent de cette situation !! J’avais envie de voir l’éclosion de la magie, de voir l’évolution de Fèl, de Bleue, d’Amesân … Donc, il va sans dire que certaines scènes sont violentes, parfois glaçantes, et ne laissent pas le lecteur indemne. Elles provoquent des frissons, d’indignation, de colère ; l’injustice de certaines situations donne envie de hurler. D’autres scènes sont tout de même présentes pour provoquer d’autres types de frissons, de plaisir cette fois, notamment face à des événements attendus (ou pas !) En effet, le roman présente son lot de surprises, notamment [SPOILER] l’existence des Aranéides !! Je ne m’y attendais PAS DU TOUT ! [FIN DU SPOILER] ou la mort de certains personnages au « début » du roman – j’ai mis du temps à m’en remettre, comme les autres personnages ! Mais quel choc !! L’émotion est présente, et la romance aussi : elle ne m’a pas du tout dérangée, au contraire. Les couples qui se forment, qui sont déjà formés, m’ont tous touchés !! L’action est prenante : que ce soit une course contre la montre, ou une bataille en règle, le lecteur est plongé dans le monde créé par l’auteure, il se trouve auprès des personnages, il vit l’instant avec eux. Et je vous préviens, préparez-vous aux larmes, que ce soit au début ou à la fin, parce que l’auteure ne nous épargne pas, et eux non plus !! 

Et je dois dire qu’ils sont (presque) tous attachants ! Avec 861 pages passées à leur côté, difficile de ne pas au moins les apprécier, voire les aimer. Certains sont plus longs à dompter que d’autres ; ce fut le cas de Fèl pour moi. J’ai eu un peu de mal avec son caractère au début du roman. Manipulatrice, égoïste, elle ne pense qu’à sauver sa peau et à retrouver sa liberté sans se soucier de ceux qui l’entourent. Evidemment, le lecteur se rend vite compte de qui elle est vraiment, et de sa « véritable » personnalité. J’ai fini par l’adorer, et elle fait partie de mes personnages préférés, au même titre que Bleue. Le lecteur la rencontre pour la première fois enfant. Discrète maladive, elle serait heureuse si elle pouvait se rendre invisible ! Au fil des pages, elle grandit, évolue. Ce qu’elle vit est tellement dur à lire par moments … Certains passages qui concernent ces deux personnages sont si beaux qu’ils m’ont fait venir les larmes aux yeux – je pense à la page 247 et à la suite … Bouh, mon pauvre petit cœur !! Vient ensuite Amesân, que j’ai aimé dès le début !! Le roman nous donne de petits indices qu’à ce qu’il veut véritablement accomplir en choisissant les esclaves du Sker. Intelligent, doux, gentil, il est sous la domination d’un homme qu’il haït sans pouvoir le montrer. [SPOILER] Je ne pouvais pas croire qu’il meurt si tôt dans le livre ; honnêtement, j’ai dû relire pour comprendre, et même là, je me suis dit que c’était une erreur !! J’aurais tellement aimé le voir évoluer !! Rah !! [FIN DU SPOILER] J’ai aussi beaucoup apprécié Guilhem et Tiriss, des opposés parfaits qui m’ont fait rire par leurs chamailleries constantes. Mais ma tendresse va à Oreb. Il m’a touchée comme rarement. Les passages qui le concernent étaient à la fois beaux et tristes. Son identité est mystérieuse – à force, j’avais deviné mouhahahaha -, mais sa bienveillance est sans faille. Le passage dans lequel le lecteur découvre son passé est d’une beauté … *frissons* Comme je ne cesse de le répéter, j’adore les groupes, dans lesquels j’ai l’impression d’avoir une place. J’ai voyagé avec eux, vécu avec eux. Evidemment, cette petite troupe rencontre de nombreux nouveaux personnages au fil de leurs aventures : Minuit, magicien renégat mystérieux, et qui attend la femme de sa vie depuis plus de vingt ans ; Manala, magicienne qui prône la supériorité du féminin, la vengeance sur les capes d’or, un monde de femmes, tutrice et tisseuse d’illusions ; Néphélie, l’opposée de Manala, que j’ai adorée !! ; Ashar, jeune garçon élevé chez les magiciennes, fils de l’une d’elles, mais toujours rejeté, jamais aimé ; Til’Enarion, avec qui le lecteur a une relation conflictuelle [SPOILER] qui évolue à mesure qu’il s’éduque et qu’il accepte et aime sa fille et les magiciennes, comme Bleue l’accepte et l’aime [FIN DU SPOILER]. Tellement de personnages grandioses, si peu de détestables (le Sker, évidemment !)

On retrouve aussi des personnages déjà connus du lecteur ; en effet, IL FAUT LIRE L’HERITAGE DES ROIS-PASSEURS AVANT Les Illusions de Sav-Loar !! Quelle joie, quel bonheur de constater que la timeline de ce deuxième tome rejoint celle du premier !! J’ai pu retrouver des personnages que j’adorais !! Et quelle détresse d’en voir certains mourir !!!!!!! Ah !! !! Mon cœur !!! J’ai adoré la rencontre entre Oreb et Luernios et la scène qui les concerne, j’ai adoré l’importance du Dieu gris dans le livre, et cette scène, oh, cette scène à la fin … Bouh !!!

Je vais finir cette chronique sur un énorme point positif, quelque chose que j’ai adoré dans ce livre : son féminisme. Il est sain, ne prône pas la supériorité des femmes sur les hommes mais une véritable égalité des sexes, une place pour les magiciennes auprès des magiciens, la fin de la peur d’un côté comme de l’autre. Mais comme c’était beau ! Et comme c’était énervant de lire des propos misogynes tenus par des magiciens ou par d’autres personnages ! Parce qu’évidemment, une œuvre féministe se doit de passer par des scènes sexistes pour montrer de quoi naît la révolte, la résistance. Le passage du duel entre Sélène et Diès, et de ce qui arrive ensuite m’a laissé sans voix, comme l’endoctrinement des magiciens du Clos. Pour autant, ceux ne sont pas diabolisés : c’est leur éducation qui les a rendus tels qu’ils sont, et leur ignorance. Le monde n’est pas noir ou blanc, les personnages ne sont pas bons ou mauvais, mais faits de nuances, qu’ils soient magiciens ou pas d’ailleurs !! Les magiciennes, quant à elle, ne sont pas idéalisées, ce que j’ai trouvé génial !! Elles se divisent en deux groupes – et peut-être un troisième composé d’indécises – qui ont tous deux des idées radicales opposées : l’un prône la supériorité des femmes, le renversement de l’injustice, et la vengeance ; l’autre, l’égalité, le vivre-ensemble, l’acceptation des hommes. Ce féminisme permet d’aborder des sujets liés à l’actualité, comme la grossesse, l’envie ou non d’avoir des enfants, la place de l’homme ou de la femme dans le couple et dans la société. Je ne peux résister, à nouveau, à l’appel de la citation :

 

« De même qu’une femme qui ne pouvait ou ne voulait pas procréer n’était pas moins femme, elle n’était pas moins magicienne en choisissant de ne jamais tisser d’illusions ».

 

Je pourrais encore vous parler longtemps de ce livre, mais je finirai par tourner en rond. Je ne peux que vous conseillez de vous ruer dessus !! C’est un de ces ouvrages qui me rappellent pourquoi je lis, pourquoi j’aime lire, qui me rappellent le plaisir que l’on peut prendre à vivre une autre vie.

 

Si vous êtes encore là, ALLEZ ACHETER CES LIVRES TOUT DE SUITE !! 

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