Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Archive pour janvier, 2019

Les Eveilleurs, tome 1 : Salicande de Pauline Alphen

Posté : 31 janvier, 2019 @ 2:06 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Fantasy/SF Salicande

Editeur : Le Livre de Poche

Année de sortie : 2012 [2009]

Nombre de pages : 568

Synopsis : En l’an IX de l’ère du Dragon, selon le nouveau calendrier, je veux consigner ici les bribes de connaissance dont je dispose concernant ce qu’il est coutume d’appeler « les Temps d’Avant ». Déjà, les hommes et les femmes de Salicande ne se souviennent de rien. Déjà, presque rien ne reste de ce qui fut à bien des égards l’âge de la brillance et du raffinement, de l’abondance et de l’inventivité. C’est désormais l’âge de la superficialité et de l’égoïsme. Or, voilà que se lèvent les Eveilleurs. Ils sauront voyager entre les dimensions parallèles qui sont autant de réalités dérobées. Et le monde redeviendra plus vaste, plus fabuleux, plus riche de sensations, de couleurs, d’êtres. 

Chroniques des Temps d’Avant

par Bahir Borges

 

Avis : J’ai entendu parler de cette série il y a longtemps, puis elle est apparue sur la chaîne de Salomé. J’ai trouvé le premier tome à la bibliothèque, donc je me suis lancée !

J’ai déjà beaucoup aimé le début : 

« Le Vrai Lecteur écrit le livre en le lisant.

 

Le Vrai Lecteur est à la fois l’auteur,

 

les personnages et l’histoire.

 

Le Vrai Lecteur est le livre. »

Sans rien savoir de l’histoire, j’étais déjà charmée ! C’est à peu près ce que je pense de la place du lecteur dans la littérature et dans la conception de l’œuvre : sans lui, le livre n’est jamais vraiment, puisqu’il reste lettre morte. L’univers m’a également charmée : un monde post-apocalyptique dans lequel les hommes vivent sans technologie. J’aurais aimé en savoir encore plus sur la Peste verte et sur la chute du XXIIe siècle ; je pense que les tomes suivants sont là pour ça ! Le peu que nous apprend Salicande était déjà passionnant ! Mention spéciale aux séances d’Unir !! J’ai l’impression que tous les livres que je lis me poussent à tenter la méditation, le yoga, ou une activité de ce genre !! J’aime aussi la place de la « magie » dans l’univers, le fait qu’il y ait des créatures fantastiques ! Le peuple humain se divise apparemment en plusieurs branches qui ont suivi des chemins différents. Ce mélange entre « dystopie » et Fantasy m’a bien plu ! M’ont plu également les nombreuses références littéraires qui parcourent le texte !! Clarys, l’héroïne, est une lectrice avide qui a déjà rencontré pas mal de personnages comme Harry Potter, Aragorn, Lyra ! J’ai aimé les voir apparaître, et servir à donner des leçons à la petite fille ! J’ai aussi aimé l’écriture : un peu poétique, très prenante ! Le seul « problème » que j’ai eu avec ce livre : j’ai trouvé qu’il était un peu trop long ! Et, après avoir lu la fin, j’ai peut-être une idée de la raison pour laquelle c’est si long : [SPOILER] ces bons moments passés avec les personnages ne se reproduiront pas dans les tomes suivants !! Pour moi, là, presque tous les personnages sont morts !!!! ça me paraît extrême, donc je pense qu’ils ne le sont pas vraiment, mais quand même !! J’ai été choquée par cette fin !! [FIN DU SPOILER] 

J’ai aussi particulièrement aimé le fait que ce livre nous parle aussi de nous, de notre société, et des risques que l’on fait encourir à la planète à force de l’exploiter. Il ne traite pas seulement de sa destruction, de l’extinction de multiples espèces, et de la nécessité de partir en la laissant exsangue ; il traite aussi des relations humaines, de la virtualité, de notre obsession pour les nouvelles technologies, au point de ne plus pouvoir nous en passer. A Salicande, personne n’a de téléphone, d’ordinateur ou d’électricité, et personne n’en meurt. Au contraire, les gens sont invités à se rapprocher de la nature, à vivre en harmonie avec elle, parce qu’ils ont besoin d’elle pour vivre, et ils en ont conscience ! En revanche, la condition de la femme s’est visiblement détériorée – d’où un discours de Chandra sur la maternité !  

Concernant les personnages, j’ai aimé Clarys, l’héroïne. Elle est touchante, fragile malgré la force qu’elle affiche pour se protéger. Elle m’a fait rire avec ses PP : j’étais comme ça plus jeune, et, parfois, je fais des rechutes !! Jad est attachant lui aussi ! Il est beaucoup plus posé que sa jumelle, et j’ai aimé leur complémentarité. [SPOILER] J’ai adoré la scène où il libère les bonsaïs ! [FIN DU SPOILER] Globalement, j’aime tous les personnages : Blaise, qui veut passer pour un mentor à la Gandalf, mais qui n’a visiblement pas encore le style ; Ugh, qui est un love interest, mais que je trouve adorable ; Eben, qui souffre de la disparition de sa femme et qui est, au début du livre, incapable de s’ouvrir à ses enfants ; Chandra et son discours sur les mères que j’ai ADORE ! ; Bahir et sa famille, qui permettent aux enfants de trouver une deuxième famille en quelque sorte. Je les ai particulièrement aimés ; la scène de fin qui les concerne … Bouuuuuh ! 

Mais, cette fin, sérieusement !! Je n’ai même pas le tome 2 sous la main !! Rah !! 

 

Donc, un bon premier tome, un peu long, mais qui s’achève sur une belle bombe qui donne très envie de lire la suite !

Le Mythe de la virilité : Un piège pour les deux sexes d’Olivia Gazalé

Posté : 25 janvier, 2019 @ 8:49 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Essai Le Mythe de la virilité

Editeur : Robert Laffont

Année de sortie : 2017

Nombre de pages : 413

Synopsis : Et si, comme les femmes, les hommes étaient depuis toujours victimes du mythe de la virilité ? De la préhistoire à l’époque contemporaine, une passionnante histoire du féminin et du masculin qui réinterprète de façon originale le thème de la guerre des sexes.

Pour asseoir sa domination sur le sexe féminin, l’homme a, dès les origines de la civilisation, théorisé sa supériorité en construisant le mythe de la virilité. Un discours fondateur qui n’a pas seulement postulé l’infériorité essentielle de la femme, mais aussi celle de l’autre homme (l’étranger, le « sous-homme », le « pédéraste » …). Historiquement, ce mythe a ainsi légitimé la minoration de la femme et l’oppression de l’homme par l’homme.

Depuis un siècle, ce modèle de la toute-puissance guerrière, politique et sexuelle est en pleine déconstruction, au point que certains esprits nostalgiques déplorent une « crise de la virilité ». Les masculinistes accusent le féminisme d’avoir privé l’homme de sa souveraineté naturelle. Que leur répondre ? Que le malaise masculin est, certes, une réalité, massive et douloureuse, mais que l’émancipation des femmes n’en est pas la cause. La virilité est tombée dans son propre piège, un piège que l’homme, en voulant y enfermer la femme, s’est tendu à lui-même.

En faisant du mythe de la supériorité mâle le fondement de l’ordre social, politique, religieux, économique et sexuel, en valorisant la force, le goût du pouvoir, l’appétit de conquête et l’instinct guerrier, il a justifié et organisé l’asservissement des femmes, mais il s’est aussi condamné à réprimer ses émotions, à redouter l’impuissance et à honnir l’effémination, tout en cultivant le goût de la violence et de la mort héroïque. Le devoir de virilité est un fardeau, et « devenir un homme » un processus extrêmement coûteux.

Si la virilité est aujourd’hui un mythe crépusculaire, il ne faut pas s’en alarmer, mais s’en réjouir. Car la réinvention actuelle des masculinités n’est pas seulement un progrès pour la cause des hommes, elle est l’avenir du féminisme. 

 

Avis : Je veux lire ce livre depuis sa sortie ! Quand j’ai vu que la bibliothèque de ma fac l’avait, j’en ai profité ! 

Je pourrais faire une chronique claire et simple de ce livre en quelques mots : « Lisez-le, ce livre est génial ! ». Mais je vais quand même tenter d’argumenter, histoire que vous sachiez à quoi vous attendre. La première moitié du livre traite des femmes, du fait qu’elles ont été opprimées par l’homme et son mythe de la virilité, comment c’est arrivé. La seconde se focalise sur les hommes et la manière dont ils se sont auto-piégés à cause de ce même mythe, mais aussi comment, pendant des siècles, certains hommes ont été opprimés – elle inclut aussi une partie sur le féminisme et la théorie du genre. J’ai appris énormément de choses, mais je me suis aussi rendu compte que je pensais savoir d’autres choses, alors que non, en fait, j’étais à côté de la plaque. Très bonne rééducation donc ! L’auteure traite le sujet de manière plutôt chronologique : elle commence avant l’Antiquité, histoire de nous montrer comment les femmes étaient traitées avant. Puis, c’est la Chute, dans la mythologie, dans la religion, et donc la société qui la reflète. La femme est considérée comme inférieure, inutile, faible, et est traitée en circonstance. Tout est abordé : la sexualité, la fécondité, le mariage ; mais aussi la prostitution. Et là, je dois dire que l’auteure a utilisé des arguments qui ont réussi à me convaincre. J’ai toujours été gênée par la vente du corps des femmes ; mais la façon dont elle l’expose nous fait comprendre qu’encore une fois, ce sont nos préjugés qui parlent. J’ai apprécié qu’une grosse partie du livre soit consacrée aux hommes eux-mêmes, et j’ai appris encore plus de choses à leur propos que dans les parties concernant les femmes ! On oublie souvent qu’elles ne sont pas les seules à subir le calvaire de la virilité. En gros, tout tourne autour de leur phallus, et de la façon dont ils l’utilisent. La partie sur les pédérastes grecs … quel coup pour mon amour de l’Antiquité ! 

Je dois avouer, j’ai adoré ce livre, mais il m’a mise dans une rage … Je n’ai jamais compris la supposé infériorité des femmes, ni comment nous en étions arrivés là. Ce livre me donne une réponse qui me met en colère autant qu’elle satisfait mon envie de savoir. La société actuelle évolue, heureusement, mais il reste des préjugés ancrés, un sexisme ordinaire difficile à combattre parce que tellement intériorisé qu’il est difficile à voir. Il se trouve partout, dans notre façon de parler, de penser, de percevoir les situations et les gens, de désigner les choses. Ce n’est pas la faute des femmes ou des hommes actuels ; on ne peut pas endiguer ou oublier des siècles d’éducation genrée : « ce n’est pas féminin », « une fille ne doit pas faire ça », mais aussi « un garçon ne porte pas de rose », « un garçon ne fait pas ça », « ce n’est pas viril ». Ne parlons même pas des insultes suprêmes, comme les appelle l’auteure. Mais il est possible de faire en sorte que les générations futures soient moins affectées. Evidemment, quand on parle de la révolution féminine, on ne doit pas oublier qu’elle n’a pas lieu partout, malheureusement. Dans certaines régions du monde, les femmes sont toujours traitées comme des inférieures. Rien que le terme « excision » m’a donné envie de balancer le livre à travers la pièce … j’ai vraiment eu du mal à lire cette partie ! Quant à la partie sur ceux qui étaient considérés comme des « sous-hommes » … C’est triste de se dire que ce genre de préjugés est encore plus résistant que ceux sur les femmes … 

En fait, tout est à revoir. Le sexisme ordinaire nous tire vers le bas, et permet à certains antiféministes de montrer que les femmes sont inférieures, en font trop, etc. Quant au féminisme radical, il éloigne certaines femmes du féminisme à cause de sa stigmatisation de la sexualité, et de son idéal pro-supériorité féminine. Nous avons donc encore du chemin à faire, mais ce serait quand même mieux de le faire tous ensemble, sans laisser personne de côté, ce que rappelle la partie LGBTQYA+. Il fallait que la communauté soit intégrée au livre, sans quoi il aurait manqué quelque chose.

 

P. S. : alors, oui, c’est écrit par une femme, mais je ne pense pas que son sexe l’empêche de traiter convenable le sujet. Elle s’appuie sur de nombreux autres auteurs, et donne toutes ses références. Et fait aussi une remarque à propos du Deuxième sexe de Simone de Beauvoir en rappelant, à juste titre, que, même si son livre n’est pas objectif, il permet de faire un grand pas vers la compréhension de la femme et de sa situation. (faudrait peut-être que je le relise d’ailleurs !)

 

Conclusion : à lire pour tous, de tout sexe, de tout genre. TOUS ! Ce livre permet de comprendre comment nous en sommes arrivés là : c’est l’origine de tout changement, non ? 

Ombre, tome 2 : Les Illusions de Sav-Loar de Manon Fargetton

Posté : 21 janvier, 2019 @ 2:43 dans Avis littéraires, Coup de cœur, Lectures Communes | Pas de commentaires »

Genre : FantasyLes Illusions de Sav-Loar

Editeur : Milady

Année de sortie : 2017 [2016] 

Nombre de pages : 861

Synopsis : Dans le royaume d’Ombre, les femmes qui possèdent le don sont persécutées. Pour survivre et devenir magiciennes, il leur faut se réfugier dans la cité légendaire de Sav-Loar. Or Bleue n’est qu’une jeune esclave entre les griffes d’un seigneur sadique lorsque ses pouvoirs apparaissent. Certains de ses compagnons de captivité vont risquer leur vie pour tenter de la sauver, à commencer par Fèl, une beauté farouche qui ne rêve que de liberté. Leur fuite éperdue va précipiter le royaume dans une guerre impitoyable au cours de laquelle Bleue, dont la puissance s’affirme de jour en jour, pourrait bien changer le monde … 

 

Avis : J’ai lu L’Héritage des Rois-Passeurs en octobre 2018, et j’avais hâte de poursuivre mon exploration du royaume d’Ombre !!

Pourtant, j’ai attendu quelques mois parce que la taille du livre me faisait assez peur, je dois bien l’avouer. 861 contre à peu près 300 pour le premier tome ! Je me suis enfin lancée en janvier, avec mon amie Salomé (Kiss the Librarian), et aucune de nous n’a été déçue !!

Je ne sais même pas trop quoi commencer tellement ce livre est riche … Tout est magistral, tout est bien fait, tout respire le talent. J’ai tout adoré. L’écriture de Manon Fargetton est poétique, belle, agréable à lire, percutante parfois. Son univers est grandiose, que ce soit du côté des magiciens et de la couronne que du côté des magiciennes et de leurs secrets. Le lecteur découvre son histoire, son passé : ils sont livrés dans des versions différentes qui permettent de comprendre l’endoctrinement qu’ont subi certains personnages. J’ai adoré le passage sur la naissance de Sav-Loar ; je ne résiste pas à l’envie de vous mettre un extrait :

 

« L’image de la pleine lune s’imposa comme leur emblème et leur bannière, tel le faisceau d’un phare dans l’obscurité d’une mer houleuse. Sav-Loar, le lever de lune, devint le pendant clandestin d’Astria l’éclatante.

Ainsi débuta la nuit des magiciennes.

Ainsi démarra l’extinction méticuleuse des nôtres. […]

Mais aucune nuit n’est éternelle et, à chaque magicienne qui nous rejoint, c’est la clarté du matin qui s’approche. »

 

Je vous donne aussi les formules rituelles de Sav-Loar :

 

« Que l’aube des magiciennes te trouve en vie.

Que tes jours connaissent sa lumière. »

 

J’ai adoré sa magie, que ce soit au sens de l’émerveillement que j’ai ressenti en lisant, ou au sens du système magique, que je trouve très intéressant. La magie ordinaire fonctionne avec la lumière et connaît des degrés ; la magie spécifique aux femmes est fascinante ! J’ai adoré les décors, que ce soit Astria, que j’ai retrouvé avec plaisir, d’autres villes – dont je tairai le nom pour vous laisser la surprise ! – ou la forêt des Songes, qui est véritablement enchanteresse. Je dois souligner que j’adore les forêts, et donc en « visiter » une dans Les Illusions de Sav-Loar n’a fait qu’ajouter à mon plaisir de lecture ! Un autre décor : le désert. Il est tellement rare que j’apprécie ce genre de setting que je ne peux qu’applaudir quand un auteur me le fait aimer ! Lui est associé une culture esclavagiste et « orientale », où un homme possède un harem. A partir de là, je peux vous dire que le roman s’ouvre sur des scènes tout sauf agréables à lire : meurtre, viols, pédophilie, esclavagisme. J’ai remarqué que Manon Fargetton avait le don de commencer ses œuvres par ce genre de scène choc, qui accroche le lecteur et l’empêche de reposer le livre ; c’était déjà le cas dans L’Héritage des Rois-Passeurs, qui commence par le massacre en règle de toute une famille ! Cela n’est pas pour autant rédhibitoire, au contraire : j’avais tellement envie que les personnages que je venais de rencontrer se sortent de cette situation !! J’avais envie de voir l’éclosion de la magie, de voir l’évolution de Fèl, de Bleue, d’Amesân … Donc, il va sans dire que certaines scènes sont violentes, parfois glaçantes, et ne laissent pas le lecteur indemne. Elles provoquent des frissons, d’indignation, de colère ; l’injustice de certaines situations donne envie de hurler. D’autres scènes sont tout de même présentes pour provoquer d’autres types de frissons, de plaisir cette fois, notamment face à des événements attendus (ou pas !) En effet, le roman présente son lot de surprises, notamment [SPOILER] l’existence des Aranéides !! Je ne m’y attendais PAS DU TOUT ! [FIN DU SPOILER] ou la mort de certains personnages au « début » du roman – j’ai mis du temps à m’en remettre, comme les autres personnages ! Mais quel choc !! L’émotion est présente, et la romance aussi : elle ne m’a pas du tout dérangée, au contraire. Les couples qui se forment, qui sont déjà formés, m’ont tous touchés !! L’action est prenante : que ce soit une course contre la montre, ou une bataille en règle, le lecteur est plongé dans le monde créé par l’auteure, il se trouve auprès des personnages, il vit l’instant avec eux. Et je vous préviens, préparez-vous aux larmes, que ce soit au début ou à la fin, parce que l’auteure ne nous épargne pas, et eux non plus !! 

Et je dois dire qu’ils sont (presque) tous attachants ! Avec 861 pages passées à leur côté, difficile de ne pas au moins les apprécier, voire les aimer. Certains sont plus longs à dompter que d’autres ; ce fut le cas de Fèl pour moi. J’ai eu un peu de mal avec son caractère au début du roman. Manipulatrice, égoïste, elle ne pense qu’à sauver sa peau et à retrouver sa liberté sans se soucier de ceux qui l’entourent. Evidemment, le lecteur se rend vite compte de qui elle est vraiment, et de sa « véritable » personnalité. J’ai fini par l’adorer, et elle fait partie de mes personnages préférés, au même titre que Bleue. Le lecteur la rencontre pour la première fois enfant. Discrète maladive, elle serait heureuse si elle pouvait se rendre invisible ! Au fil des pages, elle grandit, évolue. Ce qu’elle vit est tellement dur à lire par moments … Certains passages qui concernent ces deux personnages sont si beaux qu’ils m’ont fait venir les larmes aux yeux – je pense à la page 247 et à la suite … Bouh, mon pauvre petit cœur !! Vient ensuite Amesân, que j’ai aimé dès le début !! Le roman nous donne de petits indices qu’à ce qu’il veut véritablement accomplir en choisissant les esclaves du Sker. Intelligent, doux, gentil, il est sous la domination d’un homme qu’il haït sans pouvoir le montrer. [SPOILER] Je ne pouvais pas croire qu’il meurt si tôt dans le livre ; honnêtement, j’ai dû relire pour comprendre, et même là, je me suis dit que c’était une erreur !! J’aurais tellement aimé le voir évoluer !! Rah !! [FIN DU SPOILER] J’ai aussi beaucoup apprécié Guilhem et Tiriss, des opposés parfaits qui m’ont fait rire par leurs chamailleries constantes. Mais ma tendresse va à Oreb. Il m’a touchée comme rarement. Les passages qui le concernent étaient à la fois beaux et tristes. Son identité est mystérieuse – à force, j’avais deviné mouhahahaha -, mais sa bienveillance est sans faille. Le passage dans lequel le lecteur découvre son passé est d’une beauté … *frissons* Comme je ne cesse de le répéter, j’adore les groupes, dans lesquels j’ai l’impression d’avoir une place. J’ai voyagé avec eux, vécu avec eux. Evidemment, cette petite troupe rencontre de nombreux nouveaux personnages au fil de leurs aventures : Minuit, magicien renégat mystérieux, et qui attend la femme de sa vie depuis plus de vingt ans ; Manala, magicienne qui prône la supériorité du féminin, la vengeance sur les capes d’or, un monde de femmes, tutrice et tisseuse d’illusions ; Néphélie, l’opposée de Manala, que j’ai adorée !! ; Ashar, jeune garçon élevé chez les magiciennes, fils de l’une d’elles, mais toujours rejeté, jamais aimé ; Til’Enarion, avec qui le lecteur a une relation conflictuelle [SPOILER] qui évolue à mesure qu’il s’éduque et qu’il accepte et aime sa fille et les magiciennes, comme Bleue l’accepte et l’aime [FIN DU SPOILER]. Tellement de personnages grandioses, si peu de détestables (le Sker, évidemment !)

On retrouve aussi des personnages déjà connus du lecteur ; en effet, IL FAUT LIRE L’HERITAGE DES ROIS-PASSEURS AVANT Les Illusions de Sav-Loar !! Quelle joie, quel bonheur de constater que la timeline de ce deuxième tome rejoint celle du premier !! J’ai pu retrouver des personnages que j’adorais !! Et quelle détresse d’en voir certains mourir !!!!!!! Ah !! !! Mon cœur !!! J’ai adoré la rencontre entre Oreb et Luernios et la scène qui les concerne, j’ai adoré l’importance du Dieu gris dans le livre, et cette scène, oh, cette scène à la fin … Bouh !!!

Je vais finir cette chronique sur un énorme point positif, quelque chose que j’ai adoré dans ce livre : son féminisme. Il est sain, ne prône pas la supériorité des femmes sur les hommes mais une véritable égalité des sexes, une place pour les magiciennes auprès des magiciens, la fin de la peur d’un côté comme de l’autre. Mais comme c’était beau ! Et comme c’était énervant de lire des propos misogynes tenus par des magiciens ou par d’autres personnages ! Parce qu’évidemment, une œuvre féministe se doit de passer par des scènes sexistes pour montrer de quoi naît la révolte, la résistance. Le passage du duel entre Sélène et Diès, et de ce qui arrive ensuite m’a laissé sans voix, comme l’endoctrinement des magiciens du Clos. Pour autant, ceux ne sont pas diabolisés : c’est leur éducation qui les a rendus tels qu’ils sont, et leur ignorance. Le monde n’est pas noir ou blanc, les personnages ne sont pas bons ou mauvais, mais faits de nuances, qu’ils soient magiciens ou pas d’ailleurs !! Les magiciennes, quant à elle, ne sont pas idéalisées, ce que j’ai trouvé génial !! Elles se divisent en deux groupes – et peut-être un troisième composé d’indécises – qui ont tous deux des idées radicales opposées : l’un prône la supériorité des femmes, le renversement de l’injustice, et la vengeance ; l’autre, l’égalité, le vivre-ensemble, l’acceptation des hommes. Ce féminisme permet d’aborder des sujets liés à l’actualité, comme la grossesse, l’envie ou non d’avoir des enfants, la place de l’homme ou de la femme dans le couple et dans la société. Je ne peux résister, à nouveau, à l’appel de la citation :

 

« De même qu’une femme qui ne pouvait ou ne voulait pas procréer n’était pas moins femme, elle n’était pas moins magicienne en choisissant de ne jamais tisser d’illusions ».

 

Je pourrais encore vous parler longtemps de ce livre, mais je finirai par tourner en rond. Je ne peux que vous conseillez de vous ruer dessus !! C’est un de ces ouvrages qui me rappellent pourquoi je lis, pourquoi j’aime lire, qui me rappellent le plaisir que l’on peut prendre à vivre une autre vie.

 

Si vous êtes encore là, ALLEZ ACHETER CES LIVRES TOUT DE SUITE !! 

Warriors édité par George R. R. Martin et Gardner Dozois

Posté : 12 janvier, 2019 @ 12:27 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Nouvelle Warriors

Editeur : Tor 

Année de sortie : 2010 

Nombre de pages : 736

Titre en français : Pas encore traduit 

Synopsis : George R. R. Martin, from his introduction to Warriors:

People have been telling stories about warriors for as long as they have been telling stories. Since Homer first sang the wrath of Achilles and the ancient Sumerians set down their tales of Gilgamesh, warriors, soldiers, and fighters have fascinated us; they are a part of every culture, every literary tradition, every genre. All Quiet on the Western FrontFrom Here to Eternity, and The Red Badge of Courage have become part of our literary canon, taught in classrooms all around the country and the world.
Our contributors make up an all-star line-up of award-winning and bestselling writers, representing a dozen different Publishers and as many genres. We asked each of them for the same thing – a story about a warrior. Some chose to write in the genre they’re best known for. Some decided to try something different. You will find warriors of every shape, size, and color in these pages, warriors from every epoch of human history, from yesterday and today and tomorrow, and from worlds that never were. Some of the stories wil make you sad, some will make you laugh, and many will keep you on the edge of your seat.

Every story in this volume appears here for the first time. Included are a long novella from the world of his Song of Ice and Fire series by George R. R. Martin, a new tale of Lord John by Diana Gabaldon, an Emberverse story by S. M. Stirling, a Forever Peace story by Joe Haldeman, and a long tale of humanity at bay by David Weber. Also present are original stories by David Ball, Peter S. Beagle, Lawrence Block, Gardner Dozois, Robin Hobb, Cecelia Holland, Joe R. Lansdale, David Morrell, Naomi Novik, James Rollins, Steven Saylor, Robert Silverberg, Carrie Vaughn, Howard Waldrop, and Tad Williams. Many of these writers are bestsellers. All of them are storytellers of the highest quality. Together they make a volume of unforgettable reading. 

 

Avis : J’ai lu Rogues (Vauriens) et Dangerous Women (même titre en français, mais publié en deux tomes) l’année dernière ; j’avais commencé Warriors, que j’ai fini en 2019. 

J’ai fait une pause dans la lecture de cette anthologie : j’avais envie d’autre chose. Toujours lire des nouvelles à propos de guerriers a fini par me lasser un peu. Pourtant, on ne peut pas dire qu’elles soient identiques, ou que le genre soit toujours le même. Comme les précédentes anthologies éditées par George R. R. Martin et Gardner Dozois, celle-ci était diversifiée, présentait des personnages et des genres différents. C’est vraiment un des gros points forts de ces livres pour moi ! Pour autant, Warriors n’était pas à la hauteur de ces prédécesseurs. En effet, bien que j’aie adoré certaines nouvelles, d’autres n’étaient pas du tout faites pour moi, ce qui était plutôt rare dans Dangerous Women ou Rogues. Même quand le genre n’était pas mon préféré, j’appréciais tout de même l’histoire, ou les personnages, voire les deux ! Ici, certains récits m’ont laissée de marbre, complètement insensible à leur charme potentiel – et elles étaient plus nombreuses que dans les autres anthologies. Une dernière remarque avant de commencer : contrairement à Dangerous Women et Rogues, Warriors présente moins de nouvelles écrites par des femmes, et j’ai eu l’impression que le nombre de personnages féminins principaux étaient lui aussi en baisse !  

Commençons par l’introduction ! Celle-ci a été écrite par George R. R. Martin. Elle ressemble beaucoup à celle qu’il avait écrite pour l’une des deux autres anthologies (pour Rogues il me semble), mais cela ne m’a posé problème. Au contraire : j’ai l’impression que ses introductions me donnent encore plus envie de lire les livres qu’il présente ! 

*les traductions des titres sont de moi, je ne sais pas si ces nouvelles ont été traduites en français ! Je sais seulement que ce n’est pas le cas pour le recueil en tant que tel. 

Le recueil s’ouvre sur « The King of Norway » (« Le Roi de Norvège ») de Cecelia Holland (fiction historique donc). J’avais apprécié la nouvelle de l’auteure dans Dangerous Women (sur Aliénor d’Aquitaine si je me souviens bien) ; malheureusement, celle-ci n’a pas su me charmer. J’ai été perdue par le vocabulaire maritime, je ne me suis pas du tout attachée aux personnages, et je n’avais aucun contexte me permettant de comprendre les enjeux de l’action. La fin m’a donné l’impression qu’elle venait de nulle part et, pour être honnête, je ne me souviens pas du tout de la nouvelle aujourd’hui. Donc, l’anthologie commençait assez mal ! 

Mais elle s’est tout de suite rattrapée avec « Forever Bound » (« Liés pour toujours ») de Joe Haldeman (SF). J’ai adoré cette nouvelle !! J’ai été happée par l’histoire, malgré mon appréhension face à un récit vraiment militaire. Pour ceux qui connaissent la série, cette nouvelle est liée à l’univers de The Forever War (La Guerre éternelle), ce qui m’a encore plus donné envie de la découvrir ! J’ai aimé le style d’écriture, je me suis attachée aux personnages grâce au point de vue interne au narrateur. Le système de lien est fascinant, et en même temps terrifiant ; il m’a fait penser à la [SPOILER POTENTIEL] coterie dans The Farseer Trilogy de Robin Hobb ! [FIN DU SPOILER] J’ai été choquée par la fin !! C’est abrupt et assez inattendu !! 

Vient ensuite « The Triumph » (« Le Triomphe ») de Robin Hobb (fiction historique). Malgré l’auteure, ce n’est pas de la Fantasy ; l’action se situe au temps de l’Empire romain ! Rien que là, vous devinez que j’ai adoré !! Je ne peux pas trop vous en dire, au risque de vous spoiler, mais sachez que c’est une histoire d’honneur (comme souvent quand on parle de Romains), de mort et d’amitié. C’était à la fois beau et profondément triste. C’est sans doute ma nouvelle préférée de tout le recueil ! 

On passe à « Clean Slate » (« Table rase ») de Lawrence Block (thriller psychologique). Je ne connaissais pas du tout cet auteur, mais j’ai été bluffée par cette nouvelle, que j’ai, elle aussi, adorée ! Nous suivons une femme en qui le lecteur ne peut pas avoir confiance (un de mes tropes préférés !), et son compte des hommes avec qui elle a couché. C’est la première nouvelle dont le personnage principal est une femme ! La folie s’insinue peu à peu dans le récit, et c’est assez effrayant ! Le lecteur ne sait pas du tout quoi croire jusqu’à la fin ! Attention, certains sujets lourds sont traités comme [SPOILER POTENTIEL] l’inceste et le viol. [FIN DU SPOILER]

Vient ensuite « And Ministers of Grace » (« Les Envoyés de la Grâce ») de Tad Williams (SF). Cette nouvelle traite du terrorisme religieux dans le futur, un sujet que je n’avais jamais vu traité avant ! La religion a été bannie de la Terre, et tente de la reconquérir grâce à des attentats semble-t-il. Le personnage principal est très intéressant : il semble à moitié humain, à moitié robot, une sorte de mutant. C’est original, combiné à l’intrigue ! Le lecteur peut sentir une critique acerbe centrée sur le lavage de cerveau [SPOILER] incarné par cette carte placée dans le cerveau de tout le monde [FIN DU SPOILER] que ce soit concernant les terroristes ou les rationalistes ! La fin est un peu trop abrupte, c’est la raison pour laquelle ce n’est pas vraiment un coup de cœur. 

« Soldierin’ » (« Et’e soldat ») de Joe R. Lansdale (fiction historique) est une des nouvelles que j’ai le moins appréciée dans tout le recueil. Ce n’est pas mon genre d’histoires. Nous sommes au Texas, dans les années 1800, et nous suivons d’anciens esclaves noirs – nous le savons parce que leurs anciens maîtres sont mentionnés. C’était violent – les autres histoires le sont aussi, ce n’est pas la raison pour laquelle je n’ai pas apprécié – et je n’ai pas aimé ma lecture du tout. Certaines parties/réflexions étaient intéressantes pour autant. [SPOILER] La mort du cheval, à la fin, n’était pas du tout, mais alors pas du tout, nécessaire. [FIN DU SPOILER]

J’ai beaucoup plus aimé « Dirae » (SF), de Peter S. Beagle, qui frôle le coup de cœur ! Je suis vraiment heureuse de l’avoir enfin découvert, même si ce n’est que dans une nouvelle ! L’intrigue est fascinante, même s’il était un peu difficile d’entrer dans l’histoire, en raison de la confusion totale qui règne au début, autant pour le personnage principal que pour le lecteur ! (Les éditeurs nous préviennent dans la petite présentation qui précède le récit !) [SPOILER] La création d’un être humain à partir de rêves, et le fait que cet être soit capable d’agir : c’était génial !! [FIN DU SPOILER] La confusion n’est pas là juste pour faire beau, ou pour brouiller le lecteur ; elle a un véritable sens dans la nouvelle, ce qui est plutôt rare je trouve ! Nous sommes dans la tête du personnage, et cela nous permet de le comprendre. Le lecteur voit à travers ses yeux, vit ce qu’elle vit. C’était aussi très émouvant. J’ai vraiment hâte de lire des romans de Beagle, notamment The Last Unicorn !! 

Vient ensuite « The Custom of the Army » (« La Coutume de l’armée ») de Diana Gabaldon (fiction historique). Je dois admettre que j’ai été plutôt déçue ici, alors que la nouvelle présente dans Dangerous Women m’avait vraiment plu ! Elle entre dans l’univers de Lord John, une autre série de l’auteure, en lien léger avec Outlander – on entend brièvement parler de la famille Fraser. J’aime le style d’écriture de l’auteure, mais je n’ai pas cessé d’être distraite tout le long de ma lecture. Elle n’a pas su capter mon attention. Peut-être était-ce trop long ? trop confus ? pas mon truc ? Peut-être avais-je besoin de plus de contexte pour être dans l’histoire ? J’ai aimé la scène de bataille, j’étais vraiment dedans, mais le reste ne m’a pas transcendée. 

« Seven Years from Home » (« A sept ans de la maison ») (SF) de Naomi Novik est une autre légère déception. Je m’attendais aussi à beaucoup aimer, sans doute parce que j’ai entendu beaucoup de bien de l’auteure ! Mais, l’étrangeté de la nouvelle, le format, et la distance que j’ai ressentie par rapport aux personnages ne m’a pas permis d’entrer dans l’histoire. Je me suis seulement attachée à Melida en elle-même. L’écriture était bonne. J’avais aussi une impression de déjà vu : j’ai énormément pensé à Avatar du début à la fin ! J’attendrai donc de lire un roman de l’auteure pour me forger une opinion claire !  

Contrairement aux deux dernières nouvelles, j’ai beaucoup aimé (presque coup de cœur !!) « The Eagle and the Rabbit » (« L’aigle et le lapin ») de Steven Saylor (fiction historique). Comme « The Triumph », l’action se situe au temps de l’Empire romain. Déjà, un bon point pour la période. Point qui aurait pu être négatif, mais qui ne l’a pas été : l’intrigue se déroule en grande partie dans le désert. C’est un endroit qui ne m’attire pas du tout, dans la vraie vie ou en littérature. C’était très violent, très cruel : nos personnages sont faits prisonniers par un mercenaire romain qui aime jouer avec ses victimes. Les protagonistes tombent les uns après les autres, et c’est assez pénible à lire. Au centre se pose la question de la liberté, ce qu’elle est, ce que c’est d’être véritablement libre. La fin est frustrante !!!! [SPOILER] Ont-ils réussi ? Sont-ils morts ? Ont-ils été repris ?!! [FIN DU SPOILER] J’ai tellement hâte de lire les romans de l’auteur !! 

« The Pit » (« La Fosse ») (difficilement à catégoriser, mais je dirai thriller ?) de James Rollins avait tout pour me déplaire. Je ne le sentais pas du tout, dès le début, à cause du sujet : la maltraitance animale. Je ne peux pas supporter ça. Mais je me suis dit que j’allais tout de même essayer. Le point de vue est celui du chien lui-même, ce qui est encore plus douloureux. C’était cruel, violent, désespérant. Mais, très bon tout de même ! J’avais prédit la fin ; si ça ne s’était pas terminé comme ça, j’aurais sans doute détesté [SPOILER] même si, malheureusement, le contraire est plus proche de la réalité me semble-t-il … Cela permet tout de même de montrer qu’il est possible, pour d’anciens chiens combattants, d’avoir une vraie belle vie ensuite, grâce à des soins, de l’attention, du temps, et de l’amour. [FIN DU SPOILER]

Une autre nouvelle, que cette fois j’ai ADORE : « Out of the Dark » (« Au sortir des ténèbres ») de David Weber (SF). Je ne pouvais tout simplement pas ne PAS aimer cette histoire !! [SPOILER] Attendez, on se trouve quand même en présence du seul, de l’unique Dracula !! Comment ne pas aimer ?!! De nombreux indices sont disséminés dans la nouvelle : je les ai relevés, mais je n’arrivais pas à y croire (trop beau pour être vrai !) [FIN DU SPOILER] L’histoire a lieu de nos jours, ce qui la rend très réaliste : je me suis sentie très proche des personnages, je me suis imaginée à leur place, c’était tellement facile ! Je voudrais maintenant un roman complet sur l’Hégémonie s’il vous plaît !!! 

Une nouvelle tout à fait différente cette fois : « The Girls from Avenger » (« Les Filles d’Avenger ») de Carrie Vaughn (fiction historique). Rien à voir avec les Avengers ; ici nous suivons les femmes pilotes américaines (je suppose) pendant la Seconde Guerre mondiale. J’ai préféré cette histoire à celle présente dans Dangerous Women, « Raisa Stepanova ». Comme dans cette dernière, l’auteure prend un point de vue féministe et montre combien les femmes pilotes étaient dévaluées en raison de leur sexe. Elles auraient pu participer à l’effort de guerre, mais cela leur a été refusé parce qu’elles étaient femmes. Autant vous dire que j’ai grincé des dents en lisant ; j’ai failli en pleurer de frustration à un moment donné ! Cette nouvelle traite de femmes oubliées dont nos manuels scolaires ne disent pas un mot ! C’était triste, injuste, et je pouvais clairement ressentir le désespoir des personnages ! Concernant l’action (dont je ne vous dirai rien), je suis persuadée que cela aurait pu/a pu arriver ! La révélation est horrible !! 

Vient ensuite « Ancient Ways » (« Coutumes anciennes ») de S. M. Stirling (SF) que je n’ai pas tellement appréciée. Je n’étais pas dans l’histoire du tout, et j’ai lu de meilleures nouvelles futuristes/SF dans le recueil – il faut dire qu’il y en a un paquet ! C’était intéressant, mais sans plus – tellement que je ne m’en souviens plus du tout en écrivant cette chronique !! 

Après ça, j’ai fait une pause, parce que je voulais lire autre chose – j’en avais un peu marre de la guerre et des guerriers, j’avoue ! –, mais aussi parce que j’avais peur de ne pas autant apprécier les nouvelles suivantes. 

On recommence avec « Ninieslando » d’Howard Waldrop (fiction historique/histoire alternative ?) L’idée est originale, et traite, pour une fois, de la Première Guerre mondiale, et non de la Seconde Guerre mondiale. J’ai aimé la place accordée à l’esperanto, une langue pratiquement oubliée ! Mais, je n’étais pas pour autant captivée, sans doute à cause de mon manque d’attachement pour les personnages, et du style d’écriture peut-être ? 

Vient ensuite « Recidivist » (je pense qu’il n’est pas nécessaire de traduire ici !) (SF) de Gardner Dozois. C’est la première fois que je lisais cet auteur, et j’ai vraiment apprécié ma lecture ! C’était original, le temps n’était pas si éloigné du nôtre et, en même temps, c’était tellement étrange ! J’ai eu un peu de mal à entrer dans l’histoire au début, puis j’étais dedans, et j’en voulais plus ! – un roman s’il vous plaît !! J’ai adoré la définition des robots, et les différences entre eux et les humains ! Je tenterai d’autres livres de l’auteur ! 

Puis, « My Name Is Legion » (« Mon nom est légion ») de David Morrell (fiction historique). Cette nouvelle avait tout pour me déplaire : encore du désert, et on traite ici de la légion étrangère française. Je pense que je n’ai jamais rien lu à son propos ; ce n’est pas quelque chose qui m’intéresse énormément. Pour autant, j’ai vraiment beaucoup aimé cette histoire ! C’était intéressant et différent, même si c’est toujours un récit de guerre. Personnellement, j’y ai vu l’honneur au pire de sa forme, puisque le lecteur comprend peu à peu [SPOILER] qu’il va assister à une bataille fratricide [FIN DU SPOILER]. L’action se déroule pendant la Seconde Guerre mondiale, l’histoire est assez émouvante – malgré les répétitions qui ont fini par me faire lever les yeux au ciel ! – puisqu’on découvre le passé du personnage principal et les raisons pour lesquelles il est entré dans la légion étrangère ! 

« Defenders of the Frontier » (« Défenseurs de la frontière ») de Robert Silverberg, est l’une des rares nouvelles Fantasy du recueil ! Un groupe d’hommes doit défendre une frontière très éloignée d’un Empire qui semble les avoir oubliés. La vision des femmes et des autres peuples était limite, pour ne pas dire clairement agaçante – je ne l’attribue pas à l’auteur, mais bien aux personnages. C’était parfois angoissant : ils sont tellement seuls. J’aurais aimé en savoir plus sur l’Empire, et avoir le fin mot de l’histoire ! La fin était assez frustrante et angoissante : le lecteur, et les personnages, sont laissés en suspens !

Vient ensuite « The Scroll » (« Le Parchemin ») de David Ball (fiction historique). J’aurais pu adorer cette nouvelle, si je n’avais pas tant détesté la fin !! J’ai aimé les autres récits que j’ai lus de Ball dans les anthologies précédentes, ce qui me pousse à tenter un de ses romans ! Encore une fois, beaucoup de violence, pimentée de cruauté !! J’étais complètement dans l’histoire, malgré le décor qui aurait pu ne pas me plaire (encore un désert !), et j’avais des frissons à l’idée que ce pourrait être vrai ! L’auteur traite ici de liberté, de destin, de volonté. Mais la fin … NON !! 

Et enfin, la dernière nouvelle : « The Mystery Knight » (« L’œuf de dragon ») de George R. R. Martin (Fantasy, évidemment !) L’action se situe dans le monde de A Song of Ice and Fire, donc à Westeros ! J’ai été ravie de retrouver l’univers ! J’ai eu un peu de mal au début parce que je ne connaissais pas du tout les personnages, Dunk et Egg ; je n’ai pas lu les nouvelles précédentes, donc je n’avais aucun contexte ! Heureusement, ils nous parlent de leurs actions passées – surtout Dunk, dans la tête de qui nous nous trouvons à plusieurs reprises ! –, et le lecteur apprend qui ils sont, d’où ils viennent, ce qu’ils font ! Je ne m’intéressais pas tellement à eux au début, puis, en apprenant à les connaître, j’ai appris à les apprécier, et j’ai passé un très bon moment !! L’action était assez lente à se mettre en place, mais le rythme accélère à un moment, et j’étais complètement dedans ! Peut-on maintenant, s’il vous plaît, avoir The Winds of Winter ?!! 

 

Donc, une bonne anthologie, avec des nouvelles excellentes, et d’autres qui ne me convenaient pas. Je ne suis pas une grande fan de guerre, mais j’ai été surprise d’aimer autant certaines nouvelles qui, à première vue, n’étaient pas faites pour moi !

 

The Mortal Instruments, book 3: City of Glass de Cassandra Clare

Posté : 10 janvier, 2019 @ 8:07 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Fantasy/FantastiqueCity of Glass

Editeur : Walker Books

Année de sortie : 2015 [2009]

Nombre de pages : 492

Titre en français : The Mortal Instruments, tome 3 : La cité de verre 

Synopsis : Love is a mortal sin, and the secrets of the past are Deadly …

Amid the chaos of war, the Shadowhunters must decide to fight with the vampires, werewolves and other Downworlders – or against them. Meanwhile, Jace and Clary have their own decision to make: should they pursue the love they know is forbidden? 

 

Avis : J’avais arrêté de lire The Mortal Instruments après City of Ashes ; j’avais été assez déçue par ce tome, sans me souvenir exactement de l’objet de ma déception. En tout cas, ça m’a fait passer l’envie de lire la suite … jusqu’à maintenant !!

J’avais décidé de reprendre la lecture de la série l’année dernière : échec cuisant. Mais ma soeur et Salomé (de la chaîne Kiss the Librarian) sont parvenues à raviver mon intérêt !! Et je dois dire que je ne regrette pas de m’y être remise ! J’ai été très agréablement surprise par City of Glass ! J’ai adoré retrouver l’univers des Shadowhunters, les Downworlders, les différents cités ! Le décor m’a complètement charmée, j’avais envie d’y être ! Comme d’habitude, j’ai eu un peu de mal à imaginer clairement la ville au début ; puis c’était naturel, et elle fait partie de mes paysages mentaux ! Honnêtement, je pensais être déconnectée de ce monde, que le livre ne me plairait pas, et que mon voyage allait s’arrêter à la fin de ma lecture ; en fin de compte, j’ai retrouvé ce qui m’avait charmée à la lecture de City of Bones, notamment la diversité d’ »êtres » que le lecteur peut rencontrer ! C’est vraiment tout à fait le type de références que j’adore : vampires, fays, loups-garous, magiciens, chasseurs de démons = je suis conquise à nouveau ! J’adore le « système magique » (ça fait très anglicisme, vous me pardonnerez j’en suis sûre !) ! La division entre Shadowhunters et Downworlders, l’existence des démons, la mythologie autour des anges, l’histoire/le passé des Shadowhunters, leurs origines : tout est fait pour me plaire ! J’ai aussi adoré les références qui parsèment le texte ; j’avoue que j’avais oublié qu’elles étaient présentes dans les premiers tomes. L’auteure cite Shakespeare notamment, et puise dans la mythologie biblique ! Je savais que j’allais en apprendre plus sur l’univers, et je n’ai pas été déçue ! 

Concernant l’intrigue de ce tome précisément : je savais que certaines révélations se feraient dans ce tome – je me souvenais tout de même de la bombe qu’était la fin de City of Ashes ! Et j’ai deviné à peu près tous les rebondissements (pour ne pas dire tous), ce qui ne m’a (étrangement) pas empêchée d’apprécier ma lecture. Donc les surprises n’en étaient pas vraiment, mais j’étais tout de même contente d’avoir deviné (petites jubilations personnelles !) Ma plus grande peur : les personnages. En effet, depuis City of Bones, je ne suis pas une grande fan de Jace. Il m’agace prodigieusement, je déteste l’arrogance qu’il affiche – alors qu’il est parfois clair qu’elle n’est qu’une façade. Rien n’a changé dans ce tome [SPOILER] excepté à la fin. Quand Jace meurt, je vous assure que je me suis sentie mal, et que j’ai commencé à l’apprécier ! Je pense que cette « appréciation » avait commencé quand on apprend peu à peu son histoire. Pour autant, en comprenant qu’il n’était pas du tout le fils dont le sang a été mélangé à celui du démon, j’ai fini par le trouver agaçant : son côté « Roméo condamné » m’a énervée. J’avais plutôt envie qu’il combatte ce qu’il pensait inéluctable, qu’il se relève, qu’il se pose plus de questions ! Cela semblait quand même évident qu’il n’était pas le frère de Clary !! (j’arrête de m’énerver)  [FIN DU SPOILER] Mais, le personnage que j’ai vraiment eu du mal à supporter dans ce tome, c’est Clary. J’ai appris à apprécier Jace au fil des pages de City of Glass ; mais, à mesure qu’il remontait dans mon estime, elle faisait une chute libre. Elle m’a vraiment agacée : j’ai levé les yeux au ciel de nombreuses fois en lisant ce qu’elle faisait ou disait. Elle semble naïve, pas mal à côté de la plaque, un peu bête parfois. Elle agit, et réfléchit après. Mais, heureusement, certains personnages la remettent à sa place (thank God), essaient de lui montrer quand elle se plaint pour rien, quand elle ne comprend pas quelque chose parce qu’elle est restée étrangère au monde des Shadowhunters pendant longtemps par exemple (les scènes avec Izzy !!) Donc, parfois je l’aime bien, mais elle m’agace franchement !! Je prie pour qu’elle évolue dans les livres suivants !

C’est aussi en lisant ce tome que je me suis rendue compte que je ne savais pas grand chose de la série en général ! En effet, je ne m’attendais PAS DU TOUT à ce que City of Glass soit un dernier tome de trilogie ! Je voyais la série comme un grand enchaînement : 1, 2, 3 puis 4, 5, 6 sans interruption ! Et, en fait, non. Donc, la VRAIE surprise de ce livre, c’était son dénouement et sa fin ! Elle était claire, nette, mais appelle évidemment une suite ! J’ai notamment un doute sur un certain personnage, mais je ne veux rien dire de plus !!

 

Donc, je suis contente d’avoir laissé une chance à cette série !! J’ai vraiment hâte de poursuivre !! Prochaine étape : The Infernal Devices, alias, The Mortal Instruments : Les Origines

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