Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Archive pour novembre, 2018

Sapiens: A Brief History of Humankind de Yuval Noah Harari

Posté : 29 novembre, 2018 @ 4:33 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Sciences, Essai Sapiens

Editeur : Vintage 

Année de sortie : 2014 [2011]

Nombre de pages : 466

Titre en français : Sapiens : Une histoire de l’humanité 

Synopsis : 100,000 years ago, at least six human species inhabited the earth. Today there is just one.

Us. 

Homo Sapiens.

How did our species succeed in the battle for dominance? Why did our foraging ancestors come together to create cities and kingdoms? How did we come to believe in gods, nations and human rights? And what will our world be like in the millenia to come?

Bold, wide-ranging and provocative, Sapiens challenges everything we thought we knew about being human: our thoughts, our actions, our power … and our future. 

 

Avis : Cela fait un moment que ce livre est dans ma PAL – un tout petit peu plus d’un an ! Je n’osais pas le commencer, par peur de ne pas tout comprendre surtout.

Je suis complètement soufflée. Mon cerveau a grillé pendant la lecture, mais pas en raison de la difficulté de compréhension.

Je n’exagère pas quand je dis que ce livre vous force à remettre en question tout ce que vous pensez savoir ; je comprends maintenant pourquoi Sapiens est considéré comme provocateur. Tout est abordé : économie, religion, histoire, sciences, mais aussi des sujets auxquels je ne m’attendais pas, comme le genre, la sexualité ou le bonheur. L’auteur nous offre un point de vue différent sur à peu près tout, un point de vue qui « force » le lecteur à réfléchir, à tout repenser. Il offre des termes clairs mais aussi des associations de concepts, d’idées, au lecteur pour expliquer ce que, peut-être, il ressentait/pensait sans pouvoir l’exprimer clairement. Je savais déjà certaines choses, mais, même à ce moment-là, l’auteur a été capable de mettre des mots sur mes idées. J’ai tout compris, aucun mot ou concept compliqué ou incompréhensible n’est employé ; s’il y en avait, tout était expliqué grâce à de multiples exemples. 

J’ai adoré que ce livre ne traite pas que des humains, de leur gloire, de leur triomphe, de leur bien-être. C’est aussi (et, en fait, surtout) sur notre cruauté (envers d’autres humains, mais aussi d’autres espèces, et, bien sûr, les animaux aujourd’hui), notre irresponsabilité, nos malheurs, notre aveuglement. Comme nous sommes petits, jeunes, autocentrés. Sapiens est lucide, et assez déprimant en fin de compte : est-ce que, depuis le début, nous ne courrons pas à notre perte ? Est-ce que notre humanité n’est pas en danger ?

 

Donc, un essai qui nous fait réfléchir, que j’ai annoté de partout, et que tout le monde devrait lire !  

After You’d Gone de Maggie O’Farrell

Posté : 21 novembre, 2018 @ 1:48 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Contemporaine After You'd Gone

Editeur : Review 

Année de sortie : 2001 [2000]

Nombre de pages : 372

Titre en français : Quand tu es parti 

Synopsis : Alice Raikes boards a train at King’s Cross to visit her sisters in Scotland. Hours later, she steps into the traffic on a busy London road and is taken to hospital in a coma.

Who or what did she see in Edinburgh that made her return so suddenly? Was the accident a suicide attempt? And what exactly do her family, waiting at her bedside, have to hide?

Sliding between different levels of consciousness, Alice listens to the conversations around her, and begins sifting through recollections of her past, and of a recently curtailed love affair. 

 

Avis : J’ai lu ce livre parce qu’il était recommandé par The Novel Cure (Remèdes littéraires) pour la perte d’un être cher. Il correspond à l’étape de la négociation

… et j’ai très bien compris pourquoi à la fin du livre ! Ce n’était sans doute pas le meilleur moment pour moi de lire After You’d Gone ; mais comment aurais-je pu savoir que ce livre serait si proche de la situation que j’ai vécue, tout en étant tellement différent par certains aspects ?

Le premier chapitre est un prologue qui suit Alice Raikes. Le lecteur sent tout de suite qu’elle ne va pas bien du tout, mais il ne saura exactement pourquoi que vers la fin du roman. Elle décide, soudain, de se rendre à Edinbourg pour voir ses sœurs, Kristy et Beth. Elle prend le train à King’s Cross, ses sœurs l’attendent à l’arrivée. Elles vont dans un café ; Alice se rend aux toilettes. Et là, elle voit quelque chose qui la traumatise. Elle rentre immédiatement à Londres, se fait renverser par une voiture dans la soirée, et tombe dans le coma.

Tout le livre est ensuite un mélange de flashbacks, de moments où c’est Alice qui parle (alors qu’elle est dans le coma), de passages dans le présent avec les points de vue interne d’autres personnages, mais en gardant un narrateur à la troisième personne. Autant vous dire que ce peut être un peu confus parfois ; pour autant, le lecteur s’y retrouve rapidement et, personnellement, j’adore les points de vue multiples, donc cela ne m’a pas dérangé ! Au fil du livre, on découvre non seulement ce qui est arrivé à Alice, à Edinbourg et dans sa vie, de la naissance à l’hôpital, mais aussi les secrets de famille – surtout un qui pèse sur la famille. Bon, je l’avais rapidement deviné, et sa révélation n’est pas tellement le but du roman. Pas tellement de suspense donc ! 

Le lecteur rencontre les proches d’Alice : Ann, sa mère, qui est assez insupportable, mais dont j’ai presque fini par avoir pitié ; Elspeth, sa grand-mère (j’ai eu un mal de chien à prononcer son nom pendant toute la lecture !), personnage que j’ai adoré ; John, que j’avais envie de secouer et d’embrasser tout à la fois ; Ben, son père, qui n’est pas tellement présent [SPOILER] et dont l’effacement provoque un peu la surprise quand il explique à sa femme qu’il connaissait son secret depuis le début [FIN DU SPOILER] ; ses sœurs, Kirsty et Beth, qui sont elles aussi peu présentes. Le point de vue se focalise surtout sur Alice, Ann et Elspeth, trois générations de femmes dont la vie nous est racontée en pointillés. Les personnes les plus proches de l’ »héroïne » sont mises en avant par le narrateur qui nous raconte leur vision de l’histoire, en quelque sorte.

Je me suis beaucoup attachée aux personnages, surtout Alice, bien sûr, mais aussi John et Elspeth. J’ai pourtant essayé, à plusieurs reprises, de mettre de la distance entre nous ; je ne voulais pas être trop affectée par ce qu’ils vivent. Peine perdue : une seule phrase m’a complètement retournée. Ce qui est formidable dans ce livre, en plus de l’écriture, c’est la façon dont le deuil est abordé. La plupart du temps, ce qui était écrit, ce que ressentait Alice, c’était exactement ce que je ressentais aussi. Je me suis donc sentie comprise par ce livre ; mais j’ai aussi eu l’impression de tout revivre. 

Je lirai sans doute d’autres livres de Maggie O’Farrell, notamment The Vanishing Act of Esme Lennox (L’étrange disparition d’Esme Lennox) et I Am, I Am, I Am: Seventeen Brushes with Death, le mémoire de l’auteure qui, il me semble, n’a pas encore été traduit !

 

Donc, un excellent livre, très fort, bien écrit, aux personnages attachants et intéressants, mais que je n’aurais peut-être pas dû lire tout de suite ! 

The Lord of the Rings, book 1: The Fellowship of the Ring de J. R. R. Tolkien

Posté : 13 novembre, 2018 @ 12:32 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Fantasy The Fellowship of the Ring

Editeur : HarperCollins

Année de sortie : 1999 [1954]

Nombre de pages : 535

Titre en français : Le Seigneur des anneaux, tome 1 : La Communauté de l’Anneau

Synopsis : In a sleepy village in the Shire, a young hobbit is entrusted with an immense task. He must make a perilous Journey across Middle-earth to the Cracks of Doom, there to destroy the Ruling Ring of Power – the only thing that prevents the Dark Lord’s evil dominion.

Thus begins J. R. R. Tolkien’s classic tale, which continues in The Two Towers and The Return of the King

 

Avis : J’ai remarqué sur Goodreads que j’avais lu, pour la première fois, La Communauté de l’anneau en novembre 2012 ! Donc je l’ai relu pratiquement exactement six ans plus tard !! Drôle de coïncidence !

Ce tome (et ce premier film, parce que je vais aussi pas mal parler des films) n’a jamais été mon préféré. C’est vrai qu’on commence le voyage, qu’on découvre les différents personnages, qu’on s’attache plus ou moins à eux, etc ; mais, ce que je voulais, c’était de l’action, et il n’y en a pas énormément dans La Communauté de l’anneau. De plus, on suit des personnages que j’appréciais, à l’époque, un peu (voire beaucoup) moins que d’autres, notamment Frodon (que je supporte un peu mieux maintenant) et Sam (que j’ai appris à aimer, mais ce fut dur !) Malgré cela, le premier tome du Seigneur des Anneaux reste, évidemment, excellent !! Je ne sais pas si c’est la nostalgie, étant donné que la série de films était au même niveau que la série de livres Harry Potter dans mon enfance, c’est une des premières histoires que j’ai aimées dans ma vie ; si c’est la redécouverte de détails ou de gros passages/personnages coupés au cinéma que j’avais complètement oubliés ; ou si c’est simplement la magie de l’univers qui fait effet à nouveau. Malgré les scènes un peu longues, certains passages de description pendant lesquels mon esprit divaguait un peu, j’ai été charmée à nouveau.

Je pouvais visualiser chaque étape du voyage, et je me sentais vraiment proche de certains personnages. Après tout, la communauté est, en quelque sorte, un groupe d’amis si on peut dire ! J‘ai compris le fardeau de l’anneau pour Frodon – je le trouvais vraiment insupportable avant, geignard, et parfois cruel avec Sam, Pippin ou Merry. Cette fois, j’ai adoré Sam, et j’ai retrouvé mes personnages favoris : AragornGandalfArwen et Galadriel. J’étais carrément amoureuse du premier quand j’étais petite j’avoue ; le deuxième était le mentor que j’aurais aimé avoir si j’avais pu être magicienne ! Je déplore la quasi-absence d’Arwen dans le livre ; elle ne se trouve que dans l’appendice du tome 3, qui raconte son histoire d’amour avec Aragorn. Et j’adore sans doute Galadriel parce qu’elle était jouée par Cate Blanchett dans le film ! Alors, on pourrait avoir un gros débat sur la place des femmes dans Le Seigneur des anneaux ; on peut dire que ça laisse un peu à désirer, étant donné que la communauté n’est composée que de mecs, et pour d’autres raisons encore ! Mais laissons cela de côté pour le moment ! Le seul personnage que je ne pouvais pas supporter : Boromir. Alors, j’aime beaucoup Sean Bean parce qu’il a joué Boromir (et Ned Stark, soit dit en passant), mais je n’aime pas du tout le personnage ! Il est l’incarnation de l’arrogance et de l’orgueil des hommes ! 

Sans doute grâce à mon re-visionnage entre temps, je suis parvenue à voir certains détails que j’avais complètement loupé à la première lecture ! [SPOILER] Ils concernent surtout Boromir et ce qu’il va tenter de faire à la fin du premier tome ! D’ailleurs, je ne me souvenais pas que le découpage des livres ne correspondait pas au découpage des films ! [FIN DU SPOILER] J’ai aussi été un peu choquée du nombre de choses qui changent / sont supprimées dans les films. Tom Bombadil est un personnage plutôt important je trouve, et je ne me souvenais pas vraiment des passages qui le concernaient ! Je ne me souvenais pas non plus de l’âge « réel » de Frodon !!!

Toute son histoire de déménagement ne se trouve pas non plus dans le film, comme son voyage pour arriver, enfin, à Fondcombe ! Parlant de Rivendell (en VO), j’ai particulièrement aimé les passages chez les elfes ! Je me sens à la fois proche de ce peuple, et je m’en distancie parfois. J’aime le fait qu’ils fassent pratiquement corps avec la nature, qu’ils vivent dans des arbres et puissent invoquer les forces comme l’eau, le fait qu’ils soient des sages, et leur histoire mélancolique. Mais je ne me reconnais pas dans leur hauteur, et dans leur façon de considérer que les autres sont donc moins « bons ».

 

Cette fois, étant donné que c’était enfin mon exemplaire, j’ai pu souligner des citations, surtout celles de Gandalf ! J’adore aussi les premiers vers du poème composé par Bilbon : « All that is gold does not glitter, / Not all those who wander are lost”.

Seul gros bémol que je pourrais éventuellement reprocher à The Fellowship of the Ring : le manque d’émotion quand un personnage meurt. Je ne sais pas si c’est le style de l’auteur ou quoi, mais il me manque quelque chose dans l’écriture, dans l’histoire, dans je ne sais quoi, pour provoquer en moi l’émotion, et c’est bien dommage !! 

 

C’était un merveilleux voyage : je me suis attardée en Lórien, j’ai souffert à la Moria, et je suis sortie du livre un peu vide. Maintenant, j’ai très envie de relire The Two Towers, mon préféré de la série ; mais je n’ai pas le livre en ma possession, et, finalement, je n’ai pas tellement envie de finir à nouveau Le Seigneur des Anneaux, je préfère faire durer la saga encore un peu !

 

Donc, une excellente immersion dans l’univers de la Terre du Milieu ! 

 

Saga, tome 1 de Brian K. Vaughan et Fiona Staples

Posté : 6 novembre, 2018 @ 1:44 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : BD, SFSaga 1

Editeur : Urban Comics

Année de sortie : 2013 [2012]

Nombre de pages : 168

Titre en VO : Saga, volume 1

Synopsis : Un univers sans limite, peuplé de tous les possibles. Une planète, Clivage, perdue dans la lumière froide d’une galaxie mourante. Sur ce monde en guerre, la vie vient d’éclore. Deux amants que tout oppose, Alana et Marko, donnent naissance à Hazel, un symbole d’espoir pour leurs peuples respectifs. L’espoir, une idée fragile qui devra s’extraire du chaos de Clivage pour grandir, s’épanouir et conquérir l’immensité du cosmos. 

SAGA est la nouvelle série de Brian K. VAUGHAN (Y, LE DERNIER HOMME, LES SEIGNEURS DE BAGDAD, la série TV Lost). Princes robots et trains dragons, mercenaires arachnides et chats détecteurs de mensonges, fantômes enfantins et vaisseaux végétaux … La diversité de la faune, de la flore et la richesse des thèmes abordés ont rapidement fait de SAGA la nouvelle référence de Science-Fiction en bande dessinée. Cette série signe également le retour de Brian K. Vaughan vers son premier amour : les comics. Il revient accompagné de la talentueuse Fiona STAPLES (North 40), partenaire idéale pour donner corps et vie à cet univers unique. Du vertige de l’espace infini à l’intimité des querelles d’un jeune couple de parents, les auteurs vous invitent à découvrir un space opera épique, ambitieux et touchant. 

 

Avis : Je vois cette saga (haha) un peu partout ; quand j’ai trouvé les sept premiers tomes à la bibliothèque, je me suis dit que c’était le moment de tenter !

C’est le genre de série pour lequel je me demande : mais pourquoi j’ai attendu aussi longtemps pour la lire ?! J’ai tout adoré, que ce soit les graphismes, les personnages (j’aime tout particulièrement Alana et Marko, ce ne doit pas être très surprenant !) et, évidemment, le monde ! J’ai adoré cette idée de galaxies/planètes où vivent différentes espèces, qui se font la guerre à cause de leurs différences. Cela permet une réflexion qui se rattache aussi à notre réalité, tout en n’étant pas trop explicite, en mode « gros sabots » : un rêve de paix entre tous. Et il y a de la magie !! Je ne m’y attendais pas, je l’avoue ! Et le peu que j’en ai vu, j’ai très envie d’en apprendre plus, et de voir plus de scènes où elle apparaît ! La multiplicité des espèces est aussi géniale : on trouve des robots (assez creepy d’ailleurs !), des fantômes, des êtres étranges (mais, pourquoi, POURQUOI ENCORE une araignée géante !!!).

Je me rends compte que je n’ai même pas parlé de l’histoire ! Alana et Marko ont eu un enfant ensemble ; sauf qu’ils ne sont pas de la même espèce, ce qui fait de leur fille une hybride, et un monstre pour ceux qui considèrent que les êtres d’espèce différente ne doivent pas se mêler. On voit régulièrement, dans la BD, des insultes envers l’un ou l’autre, le désir ardent de les tuer (assez peu d’humanité et de sympathie dans ce livre, je préviens !). Elle représente un espoir de paix pour l’univers, et donc une figure de proue pour une potentielle révolution, ce que ne veulent évidemment pas les dirigeants ! Pour autant, les parents ne la voient que comme leur enfant, et n’ont, visiblement, aucune ambition politique particulière ! Certaines scènes, et certains personnages, sont assez brutaux, mais cela rend l’histoire d’autant plus vraisemblable. Tout n’est pas tout rose, tout n’est pas facile, et heureusement ! L’humour s’immisce aussi dans le livre ; cela compense peut-être un peu certaines scènes particulièrement tristes ou violentes. Et, je viens de me rendre compte : n’est-ce pas plutôt rare d’avoir une série SF centrée sur la famille de cette façon ? Je n’en ai pas lu énormément, donc je ne veux pas dire de bêtises ! En tout cas, les scènes familiales donnent du baume au cœur dans un monde où il n’est pas tellement conseillé de faire des enfants, vu ce qui les attend …  

Evidemment, j’en veux plus ! Heureusement, j’ai eu la présence d’esprit de prendre tous les tomes disponibles !

 

Donc, un très bon premier tome qui introduit bien la situation, et qui donne très envie de lire la suite !! 

Mémoires d’Hadrien de Marguerite Yourcenar

Posté : 1 novembre, 2018 @ 1:08 dans Avis littéraires, Coup de cœur | 2 commentaires »

Genre : Historique Mémoires d'Hadrien

Editeur : Folio 

Année de sortie : 2009 [1958] 

Nombre de pages : 347

Synopsis : Cette œuvre, qui est à la fois romance, histoire, poésie, a été saluée par la critique française et mondiale comme un événement littéraire. En imaginant les Mémoires d’un grand empereur romain, l’auteur a voulu « refaire du dedans ce que les archéologues du XIXe siècle ont fait du dehors ». Jugeant sans complaisance sa vie d’homme et son œuvre politique, Hadrien n’ignore pas que Rome, malgré sa grandeur, finira un jour par périr, mais son réalisme romain et son humanisme hérité des Grecs lui font sentir l’importance de penser et de servir jusqu’au bout. « … Je me sentais responsable de la beauté du monde », dit ce héros dont les problèmes sont ceux de l’homme de tous les temps : les dangers mortels qui du dedans et du dehors confrontent les civilisations, la quête d’un accord harmonieux entre le bonheur et la « discipline auguste », entre l’intelligence et la volonté. 

 

Avis : Ce livre m’a été prêté il y a une éternité haha, et je le lis ENFIN ! (faut dire qu’il me faisait un peu de l’oeil ces derniers temps !)

Je ne sais pas pourquoi j’ai attendu si longtemps pour lire ce livre : j’ai adoré. Que ce soit l’écriture, que peu d’écrivains ont si belle, le sujet, le personnage : tout était grandiose. J’ai eu l’impression d’entendre la voix d’Hadrien à travers la plume de Marguerite Yourcenar, c’était authentique, c’était parfait !

Il faut dire (rappeler ?) que j’adore la mythologie et l’histoire antique, donc je pensais déjà que je ne pouvais qu’apprécier cette lecture. Mais j’avoue que je ne pensais pas adorer à ce point. C’était formidable de suivre la vie d’Hadrien racontée par lui-même à son petit-fils adoptif Marc Aurèle ! J’ai adoré découvrir sa façon de voir le monde, la vie, la politique, sa philosophie, ses voyages, ses réflexions. Il ne nous montre pas que ses qualités, mais aussi ses défauts, les grandes erreurs de sa vie, qu’il voit venir en raconter a posteriori. J’ai aimé connaître ses proches, ceux qu’il aimait. Mais aussi, j’ai adoré voir la vie romaine de l’intérieure, leur façon de voir les choses, la vie. Par exemple, leur façon de considérer le suicide est loin d’être la même que la nôtre, et c’est là qu’on voit comme nous nous sommes éloignés du modèle/de l’idéal romain. Nos religions monothéistes ont anéanti les religions polythéistes de l’époque, qui se répondaient pourtant parfaitement, qui se correspondaient la plupart du temps, et qui s’adaptaient. L’idéal de tolérance et de communauté que porte Hadrien a été détruit, d’abord par les Juifs, qui ne voulaient pas tolérer d’autres dieux que le leur, puis par les Chrétiens. Hadrien comprend le comportement de chacun, se met à la place de tous, mais appelle tout de même les Juifs qu’il a en face de lui des fanatiques, parce qu’ils refusent tout compromis, toute alliance avec l’Empire. Il s’attriste face à leur choix, mais refuse, à son tour, de les forcer à quoi que ce soit. Personnellement, dans mes années d’école, j’ai toujours eu la vision des méchants Romains qui persécutent les pauvres monothéistes, qu’ils soient juifs ou chrétiens : ils leur volent leurs terres, et ne cessent de les torturer parce qu’ils ont une religion différente. Mais cette vision me semble clairement faussée maintenant que j’ai lu ce livre ! Toujours plusieurs versions à une histoire, n’est-ce pas ?!

Bref : le modèle romain n’est plus suivi, et Hadrien parle déjà d’une époque qu’il ne connaîtra pas, et qui n’aura rien à voir avec la sienne, faite de fanatismes, d’ignorances, de guerres. Malgré le fait que ce soit ici un « personnage », et non l’homme en tant que tel qui parle à Marc Aurèle, j’ai eu beaucoup d’admiration pour Hadrien. Il est sage, reconnaît ses erreurs, et tente au maximum de préserver la paix et les libertés et droits de tous. J’ai noté de nombreuses citations, et je veux absolument un exemplaire, histoire de l’annoter de partout !! Aussi, grand thème du livre : l’amour, nécessaire à Hadrien, et qu’il perd tragiquement. 

La fin m’a beaucoup émue … Ce dernier paragraphe … Bouh !!

 

Donc, un excellent roman, qui permet de découvrir la vie d’Hadrien, ses potentielles pensées, mais aussi la vie romaine, la politique de l’Empire, et ce modèle romain aujourd’hui disparu. 

 

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