Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Archive pour septembre, 2018

Manderley for ever de Tatiana de Rosnay

Posté : 9 septembre, 2018 @ 12:56 dans Avis littéraires, Coup de cœur | 2 commentaires »

Genre : Biographie Manderley for ever

Editeur : Albin Michel – Héloïse d’Ormesson 

Année de sortie : 2015

Nombre de pages : 437

Synopsis : « J’ai rêvé la nuit dernière que je retournais à Manderley. » C’est par cette phrase que commence Rebecca, le roman de Daphné du Maurier porté à l’écran par Alfred Hitchcock.

Depuis l’âge de douze ans, Tatiana de Rosnay, passionnée par la célèbre romancière anglaise, fait de Daphné du Maurier un véritable personnage de roman. Loin d’avoir la vie lisse d’une mère de famille, qu’elle adorait pourtant, elle fut une femme secrète dont l’œuvre torturée reflétait les tourments.

Retrouvant l’écriture ardente qui fit le succès d’Elle s’appelait Sarah, vendu à plus de neuf millions d’exemplaires à travers le monde, Tatiana de Rosnay met ses pas dans ceux de Daphné du Maurier le long des côtes escarpées de Cornouailles, s’aventure dans ses vieux manoirs chargés d’histoire qu’elle aimait tant, partage ses moments de tristesse, ses coups de cœur, ses amours secrètes.

Le livre refermé, le lecteur reste ébloui par le portrait de cette femme libre, bien certaine que le bonheur n’est pas un objet à posséder mais un état d’âme. 

 

Avis : Je voulais, depuis un moment, en savoir plus sur l’auteure d’un de mes romans préférés, Rebecca ! Je n’ai pas eu l’occasion de lire ce livre pendant l’étude de l’œuvre, mais je me suis dit qu’il n’était jamais trop tard !

Cette année, j’ai lu The Invention of Angela Carter d’Edmund Gordon. Je ne pensais pas être si émue par la vie d’une femme que je ne connaissais pas du tout et, pourtant, à la fin, je pleurais comme si j’avais perdu une amie. Eh bien, j’ai eu la même expérience avec Manderley for ever de Tatiana de Rosnay !

J’adore Rebecca et je voulais lire d’autres livres de Daphné du Maurier, histoire de retrouver cette ambiance troublante, ce thème du double, ce gothique sombre. Mais je voulais aussi découvrir la vie de l’auteure, comment elle en est venue à écrire ses livres, quelle a été son inspiration. Je n’ai pas été déçue ! Tatiana de Rosnay m’a emportée en Angleterre, au XXe siècle, pendant la Seconde Guerre mondiale, après la guerre ; partout, pendant toute la vie de Daphné ! J’étais dans le livre, et je n’avais pas envie de le finir parce que je voulais rester auprès des « personnages » ! J’ai découvert Daphné, une femme solitaire, complètement obsédée par son monde intérieur, imaginaire, capable de s’enfermer dans une pièce pour écrire écrire écrire jusqu’à ce que le livre soit terminé et qu’elle puisse l’oublier et passer à une autre œuvre tout aussi sombre. Mais elle est aussi joyeuse, heureuse même, voyageuse, aimante, tendre, passionnée auprès de ses ami(e)s et de ses amants ! Jamais, jamais l’auteure ne la juge, elle ou sa façon de vivre et de s’isoler, quelque chose que certains auraient pu prendre pour de la négligence envers sa famille ; sa seule façon de commenter, c’est à travers ce que Daphné elle-même pense, ses propres interrogations. L’écriture, c’est son travail, sa passion, son mode de vie. C’est comme respirer, cela lui permet de se décharger de quelque chose en elle qui pourrait la ronger, la hanter. J’ai adoré découvrir son inspiration, d’où elle tire ses personnages, ses maisons, ses intrigues ! 

J’ai aussi adoré découvrir sa famille, ses amis, les relations qu’elle entretenait avec chacun d’eux. Elle semble avoir été une femme fascinante, intimidante parfois, mais pourtant toujours joyeuse et pleine de vie ! Elle ne supportait visiblement pas la fadeur, ou les règles ; elle inventait les siennes, et se fichait de ce que les autres pouvaient en penser. Elle était aussi timide, ce qui m’a surprise. J’ai appris beaucoup de choses, par exemple, l’existence du procès pour Rebecca ! Elle a aussi souffert d’un manque de reconnaissance injuste : elle était considérée comme un auteur romantique, alors qu’elle ne l’était pas du tout ! Rebecca était à la fois une bénédiction et une malédiction ; ironiquement, Mrs. de Winter l’a hantée toute sa vie après qu’elle lui a donné naissance !

Depuis que j’ai lu son plus célèbre roman, je suis obsédée par le fait de trouver mon propre Manderley. C’est comme si elle m’avait contaminé avec sa passion pour Menabilly. Découvrir son obsession pour cette maison m’a à la fois réconfortée et effrayée. Le manoir lui a jeté un sort, et elle ne peut pas s’en débarrasser, quoi qu’elle fasse. Elle préfère même « Mena » aux gens, et je peux tout à fait la comprendre parfois !

Tatiana de Rosnay, contrairement à Edmund Gordon pour Angela Carter, ne spoile pas les œuvres de Daphné du Maurier ! Elle ne spécule pas non plus ; elle explique que tout ce qu’elle écrit lui vient soit des mémoires de l’auteure, soit d’autres biographies, comme celle de sa fille, Flavia Leng (Daphne du Maurier: A Daughter’s Memoir) ou celle de Margaret Forster (Daphne du Maurier). Elle a voyagé à Londres, à Menabilly, à Kilmarth, comme dans une sorte de pélerinage, dans les pas de Daphné ; c’était très émouvant. De plus, j’ai aimé son écriture !

Micro bémol : il m’a manqué quelques petites choses, même si je ne sais pas exactement quoi. Parfois, je me disais : « Tiens, j’aurais aimé savoir ce qu’elle ressent là » ou « Quelque chose manque ici, mais je n’arrive pas à mettre le doigt dessus ! ». Mais cela n’a absolument pas gâché mon plaisir, et ce livre fait définitivement partie de mes préférés !

La fin était aussi émouvante que pour Angela Carter. J’ai eu l’impression de perdre une amie. C’était affreux, j’ai pleuré comme un bébé … Les dernières années de la vie de Daphné du Maurier sont tellement dures …

 

Donc, une belle biographie, touchante et instructive, qui nous donne envie de lire absolument toutes les œuvres de l’auteure ! On se sent proche d’elle, on entre dans son intimité, et on la quitte à regret … 

Home Fire de Kamila Shamsie

Posté : 5 septembre, 2018 @ 11:38 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

 

Genre : ContemporaineHome Fire

Editeur : Bloomsbury 

Année de sortie : 2017

Nombre de pages : 260

Titre en français : Pas encore traduit 

Synopsis : Isma is free. After years spent raising her twin siblings in the wake of their mother’s death, she resumes a dream long deferred – studying in America. But she can’t stop worrying about Aneeka, her beautiful, headstrong sister back in London, or their brother, Parvaiz, who’s disappeared in pursuit of his own dream – to prove himself to the dark legacy of the jihadist father he never knew.

Then Eamonn enters the sisters’ lives. Handsome and privileged, he inhabits a London worlds away from theirs. As the son of a powerful British Muslim politician, Eamonn has his own birthright to live up to – or defy. The fates of these two families are inextricably, devastatingly entwined in this searing novel that asks: what sacrifices will we make in the name of love?

A contemporary reimagining of Sophocles’ AntigoneHome Fire is an urgent, fiercely compelling story of loyalties torn apart when love and politics collide – confirming Kamila Shamsie as a master storyteller of our times. 

 

Avis : Avant même que ce livre gagne le Women’s Prize for Fiction en Angleterre, j’avais très envie de le lire, parce que c’est une réécriture d’Antigone, une de mes pièces préférées !

Donc, j’avais de grandes attentes ! Et j’ai compris pourquoi Home Fire avait gagné le prix, et avait été sélectionné pour le Man Booker Price. Je vais tenter d’être brève, parce que je ne sais pas si je vais rendre justice à ce livre, et que je pourrais en parler pendant des heures !

Tout d’abord, j’ai aimé l’écriture de Kamila Shamsie ; objectivement, elle écrit très bien, c’est fluide, agréable. Très bonne forme donc !

Ensuite, le lecteur est complètement absorbé par le livre grâce aux différents points de vue, et aussi grâce au fait que l’on commence avec celui d’Isma. On ne peut pas ne pas compatir, sympathiser avec chaque personnage ; grâce à leur point de vue, le lecteur les comprend, et les apprécie, malgré leurs erreurs et leurs faiblesses ; ce qui ne veut pas dire pour autant qu’ils sont pardonnables. La compréhension et le pardon n’ont rien à voir. Ils font tous des erreurs fatales, et le lecteur assiste au déroulement des événements, impuissant, juste capable de déplorer ce qui va inévitablement arriver.

J’ai ADORE le fait qu’Home Fire soit si fidèle à Antigone, et pourtant si contemporain, si actuel ! Les personnages, les événements ; tout colle parfaitement ! On retrouve donc Ismène sous les traits d’Isma, Antigone chez Aneeka, Hémon est Eamonn, Créon est Karamat, Polynice est Parvaiz. Je ne vous dirais pas si cette version moderne se termine comme la tragédie de Sophocle [SPOILER] évidemment que oui : la fin nous montre Aneeka et Eamonn enlacés, prêts à mourir ensemble, seule petite divergence d’avec la pièce dans laquelle Antigone meurt avant Hémon, qui se suicide ensuite ! Mais tout y est : la trahison d’Ismène, la putréfaction du corps de Polynice, l’inflexibilité de Créon, le fait qu’il soit le seul vivant à la fin (à part Ismène, bien sûr ; encore une petite divergence, sa femme n’est (pas encore ?) morte à la fin du roman contrairement à la pièce). On retrouve aussi la question du dévouement, des lois face à l’amour, de la force de cet amour qui pousse les personnages à faire « n’importe quoi » pour l’être aimé. J’ai adoré le fait qu’Antigone et Polynice soient ici jumeaux ; il ne me semble pas que ce soit le cas dans la tragédie d’origine ! [FIN DU SPOILER] Quasi, si on ne m’avait pas dit que c’était une réécriture, et que je n’avais pas repéré les noms des personnages, je n’aurais pas su que c’était une Antigone moderne malgré la fidélité à la pièce !

J’ai également adoré Aneeka, presque autant que l’Antigone d’origine. Têtue, belle, indomptable, elle veut faire justice, même si cela veut dire devenir hors-la-loi (et pourtant, elle s’y connaît en droit puisqu’elle l’étudie !) Elle ne mêle pas sa vie personnelle et les règles du monde extérieur : rien ne peut résister à l’amour qu’elle porte à son jumeau Parvaiz, malgré les erreurs qu’il a pu faire. Il sera toujours une part d’elle, quelque chose qu’elle ne peut, et ne veut pas renier. Comme Antigone, [SPOILER] elle utilise Eamonn/Hémon et finit par tomber amoureuse de lui ; mais leur amour ne peut survivre aux lois, représentées par Karamat/Créon. [FIN DU SPOILER] [SPOILER] Elle croit vraiment que son frère Parvaiz est quelqu’un de bien, qu’il s’est juste égaré sur le chemin ; et c’est ce que le lecteur finit par croire aussi, grâce au point de vue du jeune homme. Il s’est laissé emporter, enrôler, n’a jamais eu l’intention de devenir un véritable jihadi ; mais cela ne l’excuse pas pour autant. Traumatisé, paralysé par sa peur, conscient d’être coincé dans une situation intenable, il attend d’arriver au bout de ses forces pour réagir ; mais il est déjà trop tard. Une fois Parvaiz mort, Aneeka veut simplement l’enterrer, comme Antigone avec Polynice ; qu’il soit en paix, qu’il atteigne le ciel promis par la religion, ou plutôt, qu’elle-même soit en paix, et plus hanté par un frère qui lui hurle son innocence jusque dans ses rêves. Qui a-t-il de mal à ce qu’une jeune femme veuille que le corps de son frère soit enterré chez eux, afin de le pleurer, pas le jihadi, mais le frère qu’elle a perdu quand il est parti, et qu’elle a pensé retrouver au moment où il lui a échappé définitivement ? [FIN DU SPOILER] (me suis laissée aller aux spoilers, trop besoin d’en parler !)

En réalité, ce livre est parfois difficile à lire, parce qu’il frappe là où ça fait mal, comme Antigone le faisait déjà quand je l’ai lu. Mais ici, le sujet est beaucoup plus difficile à aborder, parce que très actuel. Antigone veut enterrer Polynice après que lui et son frère, Etéocle, se sont entretués. Créon refuse parce que Polynice est un ennemi de l’Etat. Et ainsi la tragédie commence. Ici, Parvaiz est un jihadi, un terroriste, enrôlé à Londres dans un moment de faiblesse, passé en Syrie pour découvrir le passé sur son père (ce n’est pas un spoiler, le résumé le dit clairement). Et nous ne comprenons pas le terrorisme, ce déchaînement de violence sans but apparent que de tuer des gens innocents, quelque chose contre quoi nous réagissons avec peur, et violence à notre tour. La violence ne fait qu’en créer davantage, et on ne se sort pas de ce cycle sans fin. Etant donné que le lecteur se voit offrir les points de vue de tous les personnages principaux, il peut comprendre comment tout arrive, comment tout se noue, comment chacun s’autodétruit. Antigone est une des plus belles tragédies ; mais, en lisant Home Fire, j’ai espéré une fin heureuse. Quelqu’un sera-t-il sauvé ? Le côté politique est évidemment très lourd ; Antigone traite de l’amour face aux lois, de la dévotion d’une sœur face à la « raison » d’un dirigeant. Ismène m’a toujours paru froide à côté de la passion d’Antigone, de son besoin que tout soit en ordre, même si ce n’est pas l’ordre de l’Etat ; elle ne comprend pas pourquoi elle devrait renier sa famille, malgré ses erreurs, pourquoi elle devrait faire taire un sentiment naturel. Elle ne peut pas s’empêcher de ressentir cet amour inconditionnel pour un être qui partage son sang ; peut-on vraiment lui en vouloir ? Dans le sens contraire, doit-on en vouloir à Ismène, qui a préféré renier Polynice après sa mort et celle d’Etéocle ? Eamonn, à nouveau, est un personnage qui paraît bien faible face à Aneeka/Antigone, mais aussi face à son père Karamat/Créon, qui tente de le raisonner, et ne cesse de penser au côté trop romantique, trop faible, mou de son fils. [SPOILER] Alors oui, d’accord, il est manipulé par une femme qu’il aime, il est emporté par l’amour. Il passe pour ridicule parce qu’il aime Aneeka, et qu’il veut la défendre face à son père. Pour retrouver un semblant de crédibilité, il ne peut que mourir dans ses bras. Quel dommage !! Et c’est si peu viril de montrer son amour n’est-ce pas ?!! (ironie quand tu nous tiens !) [FIN DU SPOILER]

J’ai été choquée par la façon dont les « non blancs » se sentent, sont traités, sont conscients de leur « différence » dans un monde censé les accepter. Je n’en avais pas conscience à ce point, et cela m’a tellement gênée. Je me suis sentie mal à l’aise parce que je me suis demandée si, moi aussi, je ne participais pas, inconsciemment, à cet amalgame constant, alors que ce n’est pas du tout ma façon de penser et de voir le monde. Voir les personnages se faire tout petit, se forcer à ne pas faire la moindre vague, sans quoi ils sont automatiquement dans le radar du gouvernement. Je ne pensais vraiment pas que c’était à ce point. J’ai eu tellement honte de notre monde, et surtout de cette façon de considérer les enfants à la lumière de ce que leurs parents ont fait. Antigone, Ismène, Polynice ne sont pas Œdipe ; Aneeka, Isma, Parvaiz ne sont pas leur père non plus. Et pourtant, la société fait comme s’ils étaient des bombes à retardement, comme s’il existait une question d’hérédité dans tout ça. Le passage de l’interrogatoire, au tout début du roman, m’a donné envie de balancer le livre. On reconnaît donc aux blancs leur individualité, mais pas aux « autres » ? Ridicule.

Enfin, la fin. Explosion de mon cœur en mille morceaux. [SPOILER] Cette dernière image était trop pour mon pauvre cœur. Comme dans Antigone, personne ne gagne, tout le monde perd, soit la vie, soit la personne qu’il chérit le plus au monde. Et, comme dans la pièce, j’ai pitié de tous. [FIN DU SPOILER] J’ai trouvé pris le parti d’Antigone en lisant la pièce [SPOILER] et, comme dans l’œuvre d’origine, enfin, Créon est sur le point de reconnaître que la jeune fille a raison, mais il est déjà trop tard … Karamat veut exaucer le souhait d’Aneeka au moment même où il ne sert plus à rien. [FIN DU SPOILER] Je prends toujours son parti dans la version moderne. 

 

Donc, un excellent roman, que tous devraient lire, sans aucune exception, même s’ils se fichent d’Antigone

Quand souffle le vent du nord de Daniel Glattauer

Posté : 3 septembre, 2018 @ 12:41 dans Avis littéraires, Challenge | Pas de commentaires »

Genre : Romance, Contemporaine Quand souffle le vent du nord

Editeur : Le Livre de Poche

Année de sortie : 2012 [2006]

Nombre de pages : 348

Titre en VO : Gut Gegen Nordwind

Synopsis : Un homme et une femme.

Ils ne se connaissent pas mais échangent des mails. Jusqu’à devenir accros. Jusqu’à ne plus pouvoir se passer l’un de l’autre, sans se rencontrer pour autant …

Savoureuse et captivante, cette comédie de mœurs explore avec finesse et humour la naissance du sentiment amoureux. 

 

Avis : Encore un livre que j’ai depuis longtemps dans ma PAL !

Je ne pensais pas vraiment que j’allais aimer ce livre, étant donné que c’est clairement une romance, et que ce n’est pas vraiment (pas du tout !) un genre que j’affectionne. Mais il fait partie de ces livres qui sont dans ma PAL depuis une éternité, et auxquels il faut que je donne une chance, sous peine de les laisser partir sans avoir tenté de les lire !

D’abord, je ne savais pas que c’était un roman épistolaire, et j’adore ça ! Evidemment, le risque est que ce soit mal écrit ou que ça ne sonne pas authentique ; j’ai aimé l’écriture, et c’était naturel. Donc, ça partait plutôt bien ! D’ailleurs, ce roman est traduit de l’allemand, et cela ne se sent pas ! L’histoire est assez originale (en tout cas, je n’ai jamais rencontré ce genre d’histoires avant, mais peut-être est-ce parce que je ne m’intéresse pas à ce genre ?) : Emmi envoie un mail à Leo par erreur. De là va découler une longue conversation qui va les mener vers une relation faite de mots, d’illusions, d’images mentales. J’adore l’idée de ce pouvoir des mots, de la suggestion, de l’imagination. Et j’ai trouvé que les réflexions, que ce soit sur l’amour naissant, sur le mariage, ou sur la sexualité, étaient pertinentes, sonnaient parfois très justes !

Passons aux personnages. Leo et Emmi sont tous les deux soit très agaçants, soit très attachants. Ils sont sarcastiques, ironiques, méchants, revanchards ; mais aussi mignons, sensuels, adorables, désespérés. Leurs réactions sont parfois insupportables : Leo sur le mariage, ou Emmi sur la sexualité. Ils n’ont peut-être toujours tort, mais ils semblent tellement arrogants, ou centrés sur eux-mêmes dans ces moments-là ! Le lecteur est témoin de la naissance de leurs sentiments respectifs, et se prend au jeu. Les clichés sont repris, l’auteur joue avec eux, les démantèle ou les met en avant. J’ai aimé les moments où les deux personnages se disputent : ça donne de très bonnes reparties, et des mots tellement blessants ! C’est le sel de leur relation, mais aussi le fil sur lequel ils marchent ; qu’ils aillent trop loin, et plus personne ne se trouve au bout du clavier !

Seul problème : cela devient répétitif à un moment donné, juste avant une évolution bienvenue. Et les dates ne sont pas mentionnées, il n’y a que « Trois minutes plus tard », « Deux jours plus tard ». Il est assez difficile au lecteur de se repérer avec une telle chronologie.

La fin !!!! Je me suis rendue compte que j’avais aimé ce roman quand il s’est abruptement fini, et que j’en voulais plus ! Tant de frustration !!! [SPOILER] Pas de rencontre, et, je dois l’avouer, à la fin, j’avais envie qu’il se passe quelque chose entre eux !! [FIN DU SPOILER] Je vais aller chercher le deuxième tome bientôt, j’ai très envie de connaître la suite, puisqu’elle existe !!

 

Donc, une romance plutôt originale, qui joue avec la modernité, qui fait réfléchir le lecteur, et qui le frustre énormément ! 

 

 

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