Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Archive pour août, 2018

Un chat des rues nommé Bob de James Bowen

Posté : 31 août, 2018 @ 1:51 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : TémoignageUn chat des rues nommé Bob

Editeur : Pocket 

Année de sortie : 2014 [2012]

Nombre de pages : 256

Titre en VO : A Street Cat Named Bob

Synopsis : Réfugié dans la drogue depuis l’adolescence, James est un jeune Anglais en manque de repères. C’est sur un coup de tête qu’il décide de s’installer à Londres pour réaliser son rêve : jouer dans un groupe. Hélas, il rencontre toute une bande de SDF et, très vite, James fait la manche dans la rue.

Un jour, il trouve un chat abandonné, en manque de soins. Il laisse toutes ses économies au vétérinaire pour le sauver. Dès lors, les deux compères ne se quittent plus. Des sorties de métro où il vend des journaux jusqu’aux quartiers dans lesquels il chante, James emmène Bob partout. Tous deux rencontrent un succès fou. Un duo irrésistible et une amitié hors du commun qui vont aider James à sortir de l’enfer. 

 

Avis : Ce livre m’a été offert il y a longtemps, et je me suis dit qu’il serait temps de lire certains de ses bouquins qui attendent sur mes étagères depuis une éternité ! 

Un chat des rues nommé Bob est l’autobiographie de James Bowen : il y raconte sa rencontre avec Bob, un chat qu’il a trouvé dans la rue, et qui a changé sa vie. Ce livre est émouvant et montre bien au lecteur l’amitié qui existait entre humain et animal. Cet aspect était vraiment très beau, et authentique ! J’étais convaincue avant de commencer, mais c’est vraiment réconfortant de le voir écrit, de le lire ! Cela démystifie aussi l’idée du chat qui n’aime pas son humain ! Je me suis beaucoup identifiée à James quand il parle de son sens des responsabilités depuis qu’il a Bob sous sa protection, mais aussi quand il évoque le fait qu’il le considère comme son enfant, son bébé. Je suis exactement pareille avec mon chat !

James Bowen ne cherche pas à embellir ce qu’il a vécu : il nous raconte clairement ce qui est arrivé, sans langue de bois. Le lecteur lit donc de beaux moments, avec Bob, avec les gens dans la rue, de vrais actes de gentillesse et/ou de générosité ; mais aussi de très mauvais moments, des actes de violence, de stupidités, des idiots, des Monsieur/Madame-je-sais-tout. Un des passages du livre décrit les symptômes du manque que ressent James après son sevrage de la méthadone (qu’il prenait de manière thérapeutique en remplacement de l’héroïne). Il est médicalement assisté, mais c’était tout de même affreux à lire – je n’imagine même pas à vivre ! Il écrit aussi à propos des gens qui pensent, littéralement, qu’il est une merde, que son métier n’en est pas un (qu’il soit musicien ou vendeur de journaux), qu’il n’est bon à rien, et que c’est pour ça qu’il se trouve dans la rue ; en un sens, ils lui font comprendre ou lui disent texto qu’il mérite d’être dans la rue. James est devenu invisible justement parce qu’il vit dans les rues, ou qu’il y travaille au moins ; Bob lui redonne de la visibilité et James retrouve foi en l’humanité grâce à lui. La volonté de James de reprendre sa vie en mains est impressionnante ; il a tant de courage et de force !

Quelque de choquant dans ce livre (en plus des gens insultants et de la phase de manque) : le fait que les gens ne s’intéressent à James que parce qu’il a un chat et, en fait, ne s’intéressent pas à lui, vraiment, mais à Bob exclusivement. Ils pourraient lui parler, lui posaient des questions ; mais ils ne parlent qu’à et que de Bob, jamais de James. J’avoue que je tends à beaucoup plus sympathiser pour et avec les animaux qu’avec les humains ; mais le manque d’intérêt était un peu trop extrême ici !

 

Donc, une autobiographie qui délivre de beaux messages sur la valeur de l’humanité, et la force de l’amitié humain/animal. 

Only Ever Yours de Louise O’Neill

Posté : 28 août, 2018 @ 11:08 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Science-fiction Only Ever Yours

Editeur : Quercus (riverrun) 

Année de sortie : 2015 [2014]

Nombre de pages : 390

Titre en français : Pas encore traduit 

Synopsis : The bestselling novel about beauty, body image and betrayal.

eves are designed, not born. The School trains them to be pretty. The School trains them to be good. The School trains them to Always be Willing.

All their lives, the eves have been waiting. Now, they are ready for the outside world. companion … concubine … or chastity. Only the best will be chosen. And only the Men decide. 

 

Avis : J’ai découvert Louise O’Neill cette année, et je me suis dit qu’il ne fallait pas m’arrêter en si bon chemin !

Autant vous le dire tout de suite : ce livre est un cauchemar. Je me suis sentie mal à l’aise, quasi malade, pendant la lecture !

J’ai vu de nombreux lecteurs se plaindre de la ressemblance avec The Handmaid’s Tale. Ici aussi, les femmes sont contrôlées, soumises. Mais, pour moi, ces deux livres ne sont pas identiques, comme certains le disent. Chez Margaret Atwood, nous découvrons le nouveau régime/système par les yeux d’une adulte qui a connu notre monde. freida, elle, a été créée synthétiquement ; elle ne connaît de notre monde que ce que veut bien lui montrer la chaîne Nature, et ce que lui expliquent les chastity. Elle n’a aucun respect pour elle-même, parce qu’elle ne sait pas qu’elle pourrait en avoir. Elle est comme programmée, elle suit les règles de l’Ecole, même si elles ne lui semblent pas toujours justes. Only Ever Yours pourrait quasi être une suite de The Handmaid’s Tale ; mais même le monde, les termes, sont différents. Chez Margaret Atwood, les femmes ont de la valeur grâce à leur fertilité ; chez Louise O’Neill, je pense que les concubines ne sont pas censées avoir d’enfants. Elles ne sont là que pour le plaisir des hommes. Certes, les compagnes ont des certificats de fertilité ; mais c’est surtout leur apparence qui compte ; ce n’est absolument pas le cas dans The Handmaid’s Tale ! Les servantes [SPOILER] portent des enfants qu’elles donnent ensuite aux épouses ; les compagnes ont leurs propres enfants, et exclusivement des garçons. [FIN DU SPOILER] L’idée, la soumission des femmes aux hommes, est la même ; mais l’exécution, l’histoire, les personnages, la fin, en gros tout le reste est différent !

Encore une petite comparaison : j’ai d’abord lu The Surface Breaks de l’auteure – que j’ai aussi défendu quand j’ai vu qu’il était taxé d’anti-féminisme et de misandrie ! – et je trouve que freida ressemble à Gaia, sans, bien sûr, être la même. Elles sont toutes les deux incapables de lutter contre la société, de résister à l’envie de lui obéir et de se soumettre, parce que c’est plus simple, et plus sûr ; et ce, parce qu’elles sont nées dans ces sociétés sexistes. Elles ne se sentent pas le droit de s’opposer aux lois, et donc, deviennent complices. Elles peuvent donc parfois être des personnages assez agaçants. Le lecteur a envie de les secouer, de les pousser dans le droit chemin, de leur insuffler le courage nécessaire. Donc, bien sûr, il y a du girl-hate, les filles sont des garces entre elles, se jugent constamment, se comparent, se dévalorisent, s’insultent subtilement. Leurs comportements sont dictés par la société dans laquelle elles vivent. Ici, l’auteure nous avertit de ce que pourrait devenir notre monde s’il se laisse gangrener par le sexisme, les inégalités de genre, etc. C’est de la dénonciation, mais du plaisir d’écrire un livre en mode Gossip Girl ! Parfois, je ne pouvais plus supporter freida. Mais, la plupart du temps, je compatissais et je la comprenais. Qui n’était pas stupide à son âge ? Elle est coincée, et veut survivre, être acceptée. Qui ne le voulait pas à son âge ? Il est très dur de s’attacher aux autres personnages ; aucun ne relève vraiment la barre, ne sauve l’honneur [SPOILER] en tout cas, jusqu’à la fin ! [FIN DU SPOILER] megan est insupportable, peut-être la pire de toutes, mais aussi celle qui est la plus lucide, et la mieux adaptée à ce nouveau système. Elle fait ce qu’on attend d’elle, elle respecte les règles. isabel est très ambiguë, difficile à cerner. Ayant seulement le point de vue de freida, le lecteur a du mal à la comprendre. Les autres sont des suiveuses : elles obéissent à la numéro 1, cachent leur identité derrière de faux sourires, de faux rires, et des statuts MyFace. (On peut d’ailleurs trouver dans ce livre une critique de la surutilisation d’Internet, le fait qu’on y poste notre vie, comme si cela nous permettait d’exister.) chastity-ruth m’a fait penser à Dolores Ombrage ! Mais quelle horreur cette dame !! 

C’est étrange à dire, mais j’ai ressenti des sentiments contradictoires en lisant ce livre. J’étais à la fois épouvantée, horrifiée, prête à pleurer ; de l’autre, rassurée.

Horrifiée parce qu’honnêtement, la façon dont les filles se traitent entre elles et pensent dans le livre, ressemble beaucoup à ce que certaines filles font dans la vraie vie ! La grossophobie existe, comme l’homophobie. L’apparence est la priorité de certaines femmes/filles ; certaines sont éduquées pour être belle et se taire, pour obéir aux hommes. Donc, Only Ever Yours est très réaliste. J’étais triste de me dire : « J’ai déjà entendu/vu ça ». C’était quand même pire dans le livre (heureusement !) : [SPOILER] Quand megan dit qu’elle veut bien qu’un Carmichael la batte autant qu’il veut, j’avais envie de vomir !! Comment peut-elle dire ça ?! Et quand freida le répète, mécaniquement, à isabel, c’est la seule eve à réagir différemment ! Son secret est terrible ! [FIN DU SPOILER] La société éduque les filles dans la compétition, la comparaison constante, par rapport à leur apparence ; ce n’est que mis en avant ici. Les filles ne sont pas les seules à souffrir : certains garçons n’ont pas l’air franchement heureux malgré leur position apparemment avantageuse. Ils sont forcés de cacher leur personnalité afin de trouver leur place ; certains d’entre eux aussi doivent plaire. [SPOILER] Darwin est le seul à ne pas passer, comme les autres, ses Heavenly Seventy avec les futures concubines ; mais il n’est pas innocent pour autant. Il n’est pas éduqué comme freida. Ce qu’il fait à la fin … Il ne semble pas se rendre compte de ce qu’il a fait avant que le procès se tienne. [FIN DU SPOILER]

Mais je me suis aussi sentie rassurée. Nous ne vivons pas dans un monde pareil. Nous ne sommes pas obligées de vivre dans la compétition/comparaison malsaine, à surveiller notre poids, notre apparence. Nous avons le choix. Nous choisissons ce que nous portons, vêtements ou maquillage, et ce que nous ne portons pas. Notre corps nous appartient, le leur non. La postface est aussi réconfortante : « J’ai écrit Only Ever Yours comme une lettre d’amour à l’adolescente que j’étais à quinze ans. Je l’ai écrit pour toutes les femmes qui ne se sentent jamais assez bonnes. J’ai écrit ce livre pour vous montrer, à vous, la personne qui êtes en train de lire, que ce n’est pas votre faute, que ça n’a jamais été votre faute. » En effet, le roman traite aussi de la violence domestique, et cette dernière phrase y fait référence dans tout le roman.

J’ai aimé l’écriture ! L’édition que j’ai lue comporte un commentaire de Jeanette Winterson : « Elle [Louise O'Neill] écrit avec un scalpel ». C’est exactement ça !! Son écriture correspond à la folie, à l’incertitude, au désespoir de son personnage principal. Elle permet de faire vivre le roman au lecteur.

La fin … Je n’étais pas prête du tout ! [SPOILER] J’avais deviné l’amour que ressentaient freida et isabel l’une pour l’autre ; quelques indices parsèment le roman. C’est un véritable amour, qui n’implique pas de sexualité, qui peut être platonique, mais qui est plus fort que tous les autres sentiments présents dans l’œuvre. [FIN DU SPOILER] Je n’avais pas du tout deviné le secret d’isabel ! De plus, tout le long du livre, j’avais tellement envie que freida réussisse, ça en devenait pénible ! J’étais tellement nerveuse !!! [SPOILER] Mais après le dernier Heavenly Seventy, je me suis rendu compte que ce n’était pas de l’amour qu’elle ressentait pour Darwin. C’était un besoin. Elle voulait se sentir en sécurité, trouver sa place dans la société. C’était malsain, même si on peut parfois avoir l’impression que ce n’est pas le cas. ET ça ne se termine pas comme la majorité des romans YA !! Pas de happy ending, que ce soit pour freida ou pour isabel, et c’est tout à fait logique !! Un happy ending ne peut pas exister dans une société pareille ! C’était tellement cruel. En refermant le livre, je ressentis tellement d’amour pour isabel. Je savais qu’elle n’était pas mauvaise, malgré le point de vue de freida, mais je ne la comprenais pas pour autant. [FIN DU SPOILER] Magistrale.

J’ai l’impression de ne pas avoir tout dit, de ne pas avoir touché au cœur du sujet. C’est si cruel, si triste, et si effrayant. Un coup de cœur !

 

Donc, un excellent roman dystopique, dans la veine de The Handmaid’s Tale, qui fait réfléchir sur notre propre société. 

L’Echappée belle d’Anna Gavalda

Posté : 25 août, 2018 @ 6:48 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Contemporaine L'Echappée belle

Editeur : Le Dilettante 

Année de sortie : 2009 [2001 chez France Loisirs]

Nombre de pages : 166

Synopsis : Simon, Garance et Lola, trois frère et sœurs devenus grands (vieux ?), s’enfuient d’un mariage de famille qui s’annonce particulièrement éprouvant pour aller rejoindre Vincent, le petit dernier, devenu guide saisonnier d’un château perdu au fin fond de la campagne tourangelle.

Oubliant pour quelques heures marmaille, conjoint, divorce, soucis et mondanités, ils vont s’offrir une dernière vraie belle journée d’enfance volée à leur vie d’adultes.

Légère, tendre, drôle, L’Echappée belle, cinquième livre d’Anna Gavalda aux éditions Le Dilettante, est un hommage aux fratries heureuses, aux belles-sœurs pénibles, à Dario Moreno, aux petits vins de Loire et à la boulangerie Pidoune.

« Nous avons parlé des mêmes choses qu’à dix ans, qu’à quinze ou vingt ans, c’est-à-dire des livres que nous avions lus, des films que nous avions vus ou des musiques qui nous avaient émus … […] Allongés dans l’herbe, assaillis, bécotés par toutes sortes de petites bestioles, nous nous moquions de nous-mêmes en attrapant des fous rires et des coups de soleil. » 

 

Avis : J’ai plusieurs livres d’Anna Gavalda, comme J’aimerais que quelqu’un m’attende quelque part, ou Ensemble c’est tout. Je me suis dit que j’allais retenter l’expérience avec L’Echappée belle.

Je me souviens qu’à l’époque des lectures de ses précédents romans/recueils de nouvelles, j’avais apprécié l’écriture d’Anna Gavalda, les sujets dont elle traitait, comment elle les traitait. Ici, j’ai eu un peu de mal. Ce n’est pas un mauvais livre, et il peut paraître rafraîchissant vu d’une certaine façon ; mais je pense qu’il n’est pas (plus ?) fait pour moi.

D’abord, le positif ! Je me suis beaucoup attachée à Simon ! J’ai adoré son personnage ; sa philosophie de vie est exactement celle que j’aimerais atteindre. Il est sage, ne s’énerve pas, choisit ses combats. Seul problème avec lui : il a besoin d’une pause. En fait, le livre tend à montrer qu’il a tort en quelque sorte, que sa façon de considérer les gens et la vie n’est pas adaptée, qu’il sera toujours déçu, et qu’il ne peut pas être heureux comme ça, qu’il est un peu lâche peut-être. Et là commencent le négatif.

J’ai trouvé L’Echappée belle trop court : je m’attendais à ce que le périple des frères et sœurs au château dure tout le livre, et ça m’a paru écourté. Je n’ai pas du tout aimé le personnage de Garance ; c’est un peu typiquement le genre de personnages que je n’aime pas en fait. Un peu méchante, elle ne cherche pas à comprendre les autres, elle aime les conflits. Certains éléments m’ont paru très cliché, même s’ils étaient vrais parfois. Tout le monde est mis dans le même sac, pas de diversité, tout le monde est soit blanc soit noir, soit bon soit mauvais. C’est sans doute un problème lié à la taille du livre : il est trop court pour une vraie réflexion. C’est abordé à la fin, vite fait, comme pour ne pas l’oublier. La partie sur la lâcheté ou le manque de repartie face à des gens idiots, aux remarques racistes m’a plu parce que j’ai su m’identifier aux personnages ; mais la partie sur le mariage et la famille … Il est vrai que toutes les familles ne sont pas parfaites – et même, je pense qu’aucune ne l’est ! – mais il y a tout de même de bons moments, des personnes avec qui on peut discuter, des sujets de conversation à aborder. Tout n’est pas si affreux tout de même !!

C’est aussi, en fin de compte, une histoire assez triste : ces frères et sœurs vivent leur dernière journée ensemble, rien que tous les quatre, à profiter les uns des autres, à se comporter comme des enfants. Mais pourquoi devraient-ils se séparer, vivre leur vie chacun de leur côté, ne pas s’organiser des moments de ce genre plus souvent ? La vie n’est pas une impasse, ou un sens unique ! Et il n’y a pas d’âge pour se réunir et partager de bons moments ensemble ! C’était déprimant !!

La fin était émouvante, j’ai beaucoup aimé, mais elle ne rattrape pas les mauvaises ondes que j’ai ressenties tout le long de la lecture. Je veux bien, encore une fois, que tout ne soit pas parfait ; mais si nous n’avons vraiment qu’une vie, autant ne pas s’imposer des barrières inexistantes et inutiles. Ce livre me semble en avoir érigé pas mal autour de ses personnages, piégés dans l’âge adulte.

 

Donc, un livre, pour moi, trop court, qui laisse un arrière goût amer. Déception. 

Les prénoms épicènes d’Amélie Nothomb

Posté : 23 août, 2018 @ 1:22 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Contemporaine Les prénoms épicènes

Editeur : Albin Michel 

Année de sortie : 2018

Nombre de pages : 155

Synopsis : « La personne qui aime est toujours la plus forte. » 

 

Avis : Comme vous le savez peut-être maintenant, je suis une grande fan d’Amélie Nothomb : je lis chacun de ses romans. Les Prénoms épicènes m’a été offert à la sortie du livre ; j’ai voulu faire une pause dans ma lecture obligatoire. Le choix était évident !

J’ai retrouvé ce que j’aime dans les romans de l’auteure : de la poésie, de la surprise, des prénoms étranges, et des événements bizarres ! Pour autant, les deux premiers aspects étaient moins prononcés que d’habitude, ce que je regrette un peu. J’ai aussi eu l’impression, parfois, que l’auteure expliquait des choses sans que ce soit nécessaire. Pour autant, l’écriture est toujours aussi bonne ! L’histoire tourne autour d’Epicène et de sa mère Dominique. On rencontre la première dès sa naissance et, comme tous les enfants chez Amélie, elle est éveillée, très intelligente, et comprend rapidement certaines choses que les adultes autour d’elle préfèrent se cacher. J’adore cet élément : les enfants ne sont pas présentés comme des idiots, des moitiés d’êtres, des humains incomplets mais, au contraire, comme parfois plus compréhensifs et intelligents que leurs parents ! On la suit ensuite pendant son adolescence jusqu’à l’âge adulte. Difficile de ne pas s’attacher à elle ; elle est d’ailleurs sans doute la seule à laquelle je me sois vraiment attachée ! Elle est touchante, certaines de ses pensées m’ont fait rire ; sa situation est aussi tragique. Quant à Dominique, elle m’a d’abord agacée. [SPOILER] elle se laisse trop facilement approchée par un homme qu’elle ne connaît pas du tout, se laisse séduire par un achat exorbitant, se laisse complètement faire par ce mari insupportable, qu’elle idolâtre presque, et qui ne considère que pour son apparence. Il ose quand même dire, à la fin, qu’elle n’existe pas ! Oh ! [FIN DU SPOILER] J’ai fini par l’apprécier parce que j’ai détesté Claude. Amélie Nothomb a un don pour créer des personnages tellement détestables qu’on les tuerait bien nous-mêmes : c’est le cas ici pour cet individu ! Entre arrogance et cruauté, il est d’une mesquinerie !!

Autre petit bémol : j’avais deviné assez rapidement ce qui allait arriver [SPOILER] en tout cas, qui était qui, qui tenait quel rôle, et pourquoi Claude était obsédé par Mme Cléry [FIN DU SPOILER]. Comme d’habitude, dans ses romans, l’auteure aborde différents sujets, ici la relation mère-fille, comme dans son précédent roman, Frappe-toi le cœur, mais ici de manière différente, la relation père-fille, l’amitié, qui est de l’amour au même titre que l’amour amoureux, et qui peut détruire une vie aussi facilement qu’une rupture, l’hérédité, la ressemblance parent/enfant, la question du paraître et de l’être, et d’autres thèmes encore. J’ai aimé les références érudites cachées dans l’œuvre, comme le fait que la professeure de latin s’appelle Mme Caracala par exemple !

La fin est jubilatoire, comme souvent chez Amélie Nothomb !

 

Donc, un bon roman, même s’il ne fait pas partie des meilleurs ! 

Ragnarök: The End of the Gods de A. S. Byatt

Posté : 21 août, 2018 @ 4:52 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Historique, MythologieRagnarok

Editeur : Canongate

Année de sortie : 2011

Nombre de pages : 171

Titre en français : Ragnarök : La fin des dieux

Synopsis : Ragnarök is the story of the end of the world. It is a tale of the destruction of life on this planet and the end of the gods themselves. What more relevant myth could any modern writer find?

As the bombs rain down in the Second World War, one young girl is evacuated to the English countryside. She is struggling to make sense of her new wartime life. Then she is given a copy of Asgard and the Gods – a book of ancient Norse myths – and her inner and outer worlds are transformed.

War, natural disaster, reckless gods and the destruction of life on this planet are just some of the threads that A. S. Byatt weaves into her Ragnarok. Just as Wagner borrowed from this dramatic Norse saga for the climax of the Ring Cycle, so A. S. Byatt reinvents it for our time in all its intensity and Glory. Linguistically stunning and imagitively abundant, this is a landmark piece of storytelling from one of the World’s truly great writers. 

 

Avis : Ce n’est plus un secret : j’adore la mythologie. Donc un livre sur Ragnarok, la fin du monde dans les mythes nordiques, je dis oui !!

Je pensais que j’allais adorer ce livre ; et pourtant, quelque chose n’a pas fonctionné. Je n’ai pas réussi à entrer dans Ragnarok, sans doute à cause du style d’écriture. Je n’ai pas accroché. Et donc, je ne me suis pas impliquée dans l’histoire, elle m’a laissé de marbre. Je n’ai pas ressenti le chaos de la fin des dieux, je ne me suis pas sentie révoltée, consternée, horrifiée, ou excitée. Je lisais simplement, sans rien ressentir, et c’était affreux.

L’idée était pourtant originale : mêler la Seconde Guerre mondiale et la mythologie nordique. Comme A. S. Byatt l’écrit dans sa postface, si elle ne donne pas un nom à l’enfant, si ce n’est que « the thin child », « la frêle/mince enfant », c’est parce que le livre n’est pas vraiment à propos d’elle, mais plus focalisé sur Loki, ses enfants, et la fin du monde. Ce qui est important, c’est aussi l’impact, l’influence de la lecture des mythes nordiques sur le lecteur, et, ici, sur un enfant qui vit la guerre. L’intrigue qui la concerne est secondaire, mais pas le rapport entre les deux mondes. La petite fille laisse les mythes influencer sa façon de voir les choses, de voir le monde réel ; mais ce n’est pas pour autant qu’elle croit en ces dieux ou en leurs histoires, tout comme elle ne croit pas en Jésus, Dieu, et les dogmes de la religion catholique, qu’elle place au même niveau que la mythologie nordique. Elle différencie aussi les mythes et les contes de fées. Il est clair que son « personnage » préféré est Loki, le farceur : il semble être le seul à être intelligent et à avoir un semblant de personnalité. Concernant les mythes eux-mêmes : certains sont repris, comme celui de Baldur, ou ceux concernant les enfants de Loki. Mais j’ai trouvé que certains passages étaient assez longs, notamment les descriptions d’Yggdrasil et Randrasill. Peut-être n’étais-je tout simplement pas réceptive à ce genre d’écriture à ce moment-là ! Peut-être que j’aurais adoré dans un autre état d’esprit ! 

La postface est vraiment très intéressante : l’auteure évoque sa vision des mythes, son roman et pourquoi elle l’a écrit de cette façon. Les dieux, dans les mythes, n’ont pas de personnalité propre ; donc elle n’a pas voulu leur en donner, contrairement à d’autres auteurs dans d’autres romans (qu’elle ne cite pas). Ils sont surtout des défauts, ou des qualités : Frigg est jalouse, Thor est brutal, Baldur est beau. Ils sont proches des humains par leurs failles, leur stupidité (mot employé par l’auteure) : ils voient venir Ragnarok, et ne font rien pour l’empêcher. Elle explique aussi que Jörmungandr, le serpent de Midgard, est, en fait, le centre de son roman : il représente l’humanité qui détruit peu à peu la planète qu’elle habite. Ce n’était pas vraiment une allégorie évidente ; et l’auteure se contredit un peu, étant donné qu’elle dit juste avant qu’elle ne veut pas que son roman soit une allégorie. Une bibliographie se trouve à la fin ; j’ai ajouté certains livres à ma liste de lecture !

 

Donc, un bon livre, j’ai aimé redécouvrir certains mythes, et j’ai tout un tas de nouveaux livres à lire sur différents sujets ! Mais, je n’ai pas apprécié le style d’écriture et ne me suis pas sentie concernée par l’histoire. 

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