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I found myself in Wonderland.

Alias Grace de Margaret Atwood

Classé dans : Avis littéraires — 10 avril 2018 @ 23 h 42 min

Genre : Historique Alias Grace

Editeur : Virago

Nombre de pages : 542 

Année de sortie : 1998 [1996]

Titre en français : Captive

Synopsis : ‘Sometimes I whisper it over to myself: Murderess. Murderess. It rustles, like a taffeta skirt along the floor’ Grace Marks. Female fiend? Femme fatale? Or weak and unwilling victim?

Around the true story of one of the most enigmatic and notorious women of the 1840s, Margaret Atwood has created an extraordinarily potent tale of sexuality, cruelty and mystery.

 

Avis : Alias Grace est le troisième livre que je lis de Margaret Atwood ; j’avoue que j’ai choisi celui-ci parce qu’une série venait de sortir, et que j’aimerais la regarder avec mon compagnon !

J’adore définitivement l’écriture de l’auteure et, quoi que le sujet du livre soit, je sais qu’il sera au moins excellent de ce côté-là. J’avoue que j’étais un peu sceptique au début concernant l’histoire d’Alias Grace ; je me demandais en quoi la vie de Grace Marks pouvait m’intéresser – je pense que je n’étais pas trop d’humeur à lire un livre comme celui-ci, mais j’ai tout de même poursuivi la lecture. De plus, les deux premiers chapitres ne m’ont pas vraiment permis d’entrer dans l’intrigue : le premier est un rêve que le lecteur ne peut pas comprendre ; le deuxième est un long poème – très bien écrit et touchant, mais qui m’a laissé perplexe. Mais j’ai continué – évidemment ! – et, petit à petit, j‘ai été touchée par l’histoire, notamment grâce à l’ajout de passages sur la condition de la femme dans les années 1800, la façon dont elles sont toujours fautives, et le gouffre qui existe entre elles et les hommes. Donc, encore une œuvre féministe de la part de Margaret Atwood ! Quelques remarques de Grace Marks étaient si vraies que je les ai recopiées. Ce livre est important, et remet en perspective une histoire que l’on pense connaître. En effet, l’auteure nous montre le peu de choses certaines que l’on sait sur Grace Marks et son crime. Elle explore différentes possibilités : une vraie criminelle impassible ? une femme fatale jalouse et envieuse ? une victime qui avait peur pour sa vie si elle parlait ? une jeune femme atteinte d’une maladie mentale ? Margaret Atwood ne donne pas de réponse précise, mais laisse le lecteur se faire son opinion, ce que j’ai apprécié – si vous vous attendez à un jugement ou un avis de la part de l’auteure ou du narrateur, vous ne serez pas satisfait. Elle introduit pourtant une scène qui m’a captivée, qui m’a fait adorer ce livre, et qui a ouvert une autre possibilité tellement intéressante !

En effet, Margaret Atwood donne une place bien spécifique à la maladie mentale dans son œuvre ; elle était, de toute façon, forcée d’en parler, étant donné que Grace Marks a été internée dans un asile pendant un peu plus d’un an, et que certains pensaient qu’elle avait commis son crime sur le coup de la folie. Elle a ensuite été transférée au pénitencier quand un nouveau directeur a pris en charge l’asile. Mais était-elle vraiment folle ? Peut-elle avoir guéri ? [SPOILER] C’est là qu’arrive la scène que j’ai aimé : Grace Marks se fait hypnotiser. Pendant son état de transe, sa voix change, et sa personnalité aussi ! Le révérend Verringer parle de possession, puisque la deuxième « voix » se présente comme étant Mary Whitney ; mais je pense plus à de la schizophrénie. La mort de son amie aurait été tellement choquée la jeune femme que son esprit s’est cassé en deux, et qu’une autre personnalité est née, une reproduction de Mary. Je ne m’attendais vraiment pas à cette scène, ça m’a beaucoup surprise ! Ce pourrait être la réponse à l’amnésie de Grace pendant le crime, à son comportement étrange auprès de James McDermott ; une bonne hypothèse amenée par l’auteure je trouve ! [FIN DU SPOILER]

Concernant les personnages, au fil du roman, j’ai appris à apprécier, puis à sincèrement aimer Grace. A tel point que je suis convaincue qu’elle est innocente ; elle est tellement à fond dans la religion, dans la superstition et le destin que je ne pense pas qu’elle ait pu faire ce dont elle est accusée. J’ai aussi été convaincue par son histoire : ce ne devait vraiment pas être facile d’être une servante dans les années 1800, entre les hommes qui vous traitent comme de la marchandise, les corvées, le manque d’argent et de confort, alors que les personnes qui vous emploient se font servir. L’exemple de Mary est glaçant … Quant au Dr. Jordan, il m’a terriblement agacée, je ne l’ai pas apprécié du tout. Il ne comprend rien aux femmes, et les traitent comme des objets (d’étude, de désir, etc). Il fait joujou avec leur esprit et leur corps, et il fait parfois des remarques, j’avais envie de le secouer ! Il ne pense vraiment qu’à lui, jamais aux autres. Je n’ai pas vraiment de sentiments particuliers pour les autres personnages, excepté Jeremiah, que j’ai beaucoup apprécié, et Mary, dont l’histoire m’a brisé le cœur, comme celle de Grace.

Dans sa postface, Margaret Atwood explique qu’elle a suivi les faits, mais remplit les trous grâce à la fiction ; c’est une réussite pour moi. Tout est cohérent, le livre est à la fois une biographie et un roman sur les femmes.

 

 

Donc, un excellent roman qui nous présente Grace Marks et son histoire, qui traite de la condition de la femme mais aussi de la maladie mentale.

 

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