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I found myself in Wonderland.

Notre histoire. Pingru et Meitang de Rao Pingru

Classé dans : Avis littéraires — 13 mars 2018 @ 17 h 51 min

Genre : Autobiographie, BiographieNotre histoire

Editeur : Seuil

Année de sortie : 2017 [2013]

Nombre de pages : 346

Langue d’origine : Chinois

Synopsis : En 2008, à la mort de sa femme Meitang, Rao Pingru entreprend de conjurer le deuil par l’encre et l’aquarelle en retraçant, in memoriam et en dessin, le destin de sa famille. Dans son appartement shanghaïen, le vieil homme se souvient du sel des jours qu’il a partagés avec Meitang et de leur vie rythmée par les battements d’une Chine en ébullition.

De sa petite enfance à son mariage avec celle qui porte aux lèvres « une touche d’écarlate », de son engagement militaire lors de la guerre contre le Japon à son internement dans un camp de rééducation où il resta vingt ans, de l’établissement de sa famille à Shanghai à la maladie de son épouse, Rao Pingru restitue dans cette histoire les jours de fête comme les jours difficiles et livre une œuvre qui ne ressemble à aucune autre, une vie dessinée à l’échelle de la Chine.

A chaque page d’un récit à la fois tendre, grave et poétique, la petite et la grande histoire, la voix unique de Rao Pingru et la marche des évolutions politiques du pays se rejoignent, donnant à lire un témoignage fort sur la vie des héros ordinaires de la Chine du siècle passé ainsi qu’une magnifique histoire d’amour.

 

Avis : Je zieutais ce livre depuis pas mal de temps en librairie, et quand j’ai vu qu’il était à la bibliothèque, je me suis jetée dessus !!

Il est assez difficile d’« évaluer » un livre pareil, notamment parce que l’auteur raconte sa vie et celle de sa femme, et qu’une vie ne se juge pas comme une œuvre de fiction. On ne peut donc pas dire « j’ai aimé », « je n’ai pas aimé ». Pour autant, j’avais des attentes particulières : je pensais lire l’histoire d’amour entre Pingru et Meitang, ou, en tout cas, je m’attendais à ce que le livre se focalise là-dessus. Ce n’est pas vraiment le cas. La vie du couple est racontée de leur enfance à la mort de Meitang, et tous les aspects de la vie sont abordés : les difficultés financières, les problèmes d’emploi et, surtout, la nourriture. Celle-ci, à un moment donné, m’a paru omniprésente ! J’ai fini par être un peu agacée : Pingru se rappelle avoir mangé tels plats ou mets avec Meitang, et n’a pas retrouvé leur égal ensuite. Puis je me suis dit qu’elle était si présente parce qu’elle finit par leur manquer.

La politique fait son apparition dans le livre dès le début : par exemple, la guerre avec le Japon est mise en avant parce que Pingru y a participé. Par la suite, il est envoyé en camp de rééducation pendant vingt ans loin de sa famille. Il n’a donc pas vu grandir ses enfants, et a dû travailler comme un prisonnier pendant toutes ces années. J’avoue que, parfois, avec le nombre de noms de villes, de rues, ou même avec cette mention des camps de rééducation, j’étais un peu perdue : je ne connais pas bien la Chine, et donc je ne savais pas trop à quoi tout cela correspondait. Mais, surtout, je ne m’attendais pas à lire une histoire pareille. Pingru et Meitang ont passé une partie de leur vie loin l’un de l’autre, pendant la guerre et pendant la période du camp. De plus, je ne sais pas si c’est de la pudeur, mais j’ai eu l’impression que l’auteur était dans la retenue ; il ne parle pas tout à fait de sentiments, d’amour. Bien sûr, parfois, il parle de la douleur de perdre sa femme, ou du fait qu’ils s’aiment assez pour rester ensemble quand autour d’eux d’autres couples se séparent ; mais ce n’était pas l’essentiel du livre. Il s’exprime aussi à travers ses illustrations, qui sont bienvenues et modifient l’expérience de lecture.

Il y avait également des passages étranges pour moi tant ils étaient en décalage par rapport à ce à quoi je m’attendais ! Ils concernaient des parties banales de la vie, quelque chose de tout à fait ordinaire. Et je me demande si ce n’est pas pour cette raison que je ne suis pas parvenue à être touchée par ce livre. Certes, j’ai été dépaysée, mais je n’ai pas réussi à ressentir de l’émotion, excepté à des moments vraiment très forts, comme la mort de Meitang. J’ai eu l’impression d’être complètement insensible, comme si j’avais érigé une barrière entre moi et le livre, comme si l’œuvre était un bateau et que j’étais restée sur la rive, je regardais les événements de loin. Le seul chapitre vraiment émouvant était le dernier, qui s’appelle « Et puis tu es repartie ». J’ai aussi apprécié certains passages poétiques pendant la première partie du livre, alors que Pingru nous parle de son passage dans l’armée ; mais les parties qui racontent les aspects banals de leur vie m’ont laissé sur ma faim.

 

Donc, un hommage à une vie entière, faite de hauts et de bas, que je n’ai pas su apprécier à sa juste valeur.

 

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