Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Lolita de Vladimir Nabokov

Classé dans : Avis littéraires — 10 mars 2018 @ 2 h 41 min

Genre : ClassiqueLolita

Editeur : Penguin (Essentials)

Année de sortie : 2011 [1952]

Nombre de pages : 352

Titre en français : Lolita

Synopsis : ‘Lolita, light of my life, fire of my loins. My sin, my soul. Lo-lee-ta: the tip of my tongue taking a trip of three steps down the palate to tap, at three, on the teeth. Lo-lee-ta.’

Humbert Humbert is a middle-aged, frustrated college professor in love with his landlady’s twelve-year-old daughter Lolita, he’ll do anything to possess her. Unable and unwilling to stop himself, he is prepared to commit any crime to get what he wants.

Is he in love or insane? A silver-tongued poet or a pervert? A tortured soul or a monster? Or is he all of these?

 

Avis : Cela fait un moment que Lolita se trouve dans ma PAL – presque 4 ans il me semble – ; j’ai pensé plusieurs fois à l’en sortir, sans oser le faire, de peur de détester le livre. Un cours de littérature comparée m’a enfin « forcée » à le lire !

Difficile de dire qu’on apprécie un tel livre, mais il est indéniable que l’écriture de Nabokov est magnifique. Rien que les premières lignes sont déjà poétiques dans leur mélodie. De plus, bien que l’histoire qu’il raconte soit affreuse, son traitement du sujet en fait quelque chose de lisible : certes, le lecteur se retrouve dans la tête d’Humbert Humbert, un pédophile qu’il va finir par haïr à la fin de l’œuvre ; mais rien n’est clairement décrit, tout reste – généralement – dans la subtilité. Aussi, Humbert se pense vraiment amoureux ; il voit que ce qu’il fait est mal mais ne peut pas – ne veut pas ? – s’en empêcher plus longtemps. Cet aspect du livre est un des plus déroutants : peut-on vraiment penser que le personnage principal est amoureux d’une petite fille de 11 ans ? peut-on vraiment qualifier cette relation d’amour ? On peut parler de possessivité – cela devient obsessionnel à la fin – mais je doute que le mot « amour » puisse être employé. Et pourtant, Humbert ne cesse d’en parler, ce qui finit par être énervant. Malgré tout, l’auteur prend un risque en écrivant du point de vue d’Humbert ; c’est original, mais je n’ai jamais lu un livre qui m’a mise aussi mal à l’aise, ou qui m’a donné la nausée – cette sensation est renforcée par le fait qu’Humbert s’adresse au lecteur, l’implique donc dans son histoire, notamment en lui demandant de ne pas être hypocrite ou de ne pas le juger. En revanche, je ne me suis pas demandé si j’allais arrêter la lecture : bien que l’histoire soit affreuse, j’avais envie d’avoir des réponses à plusieurs questions, comme pourquoi Humbert est-il en prison ? Il a apparemment tué quelqu’un : qui ? J’avais aussi envie de savoir ce que Lolita allait devenir. Malgré le dégoût, j’étais quand même happée. Enfin, je ne sais pas si c’est parce que j’étais tellement dérangée par l’histoire, ou si je n’étais pas complètement concentrée, mais je n’ai pas du tout compris d’où sortait Clare vers le milieu du livre. Je me suis dit que j’avais dû louper quelque chose !

J’ai détesté Humbert de tout mon cœur ; j’ai rarement envie de tuer un personnage, mais alors lui, je l’aurais fait avec plaisir. Il ne se rend absolument pas compte de ce qu’il fait vraiment, même s’il en parle aussi librement dans cette confession ; il avoue qu’il n’a fait que se justifier tout le long qu’à la fin, quand il confie qu’il avait compris que Lolita était, en réalité, malheureuse avec lui, et que leur relation n’était ni saine et ni normale, contrairement à ce qu’il voulait croire – et à ce qu’il voulait laisser penser au lecteur. Ces tentatives pour se trouver des excuses, ou de déguiser son vice en amour m’ont écœurée et mise en colère, tout comme le fait qu’il utilise constamment ce terme d’« amour » pour parler de la relation qu’il entretient avec Lolita. Au début, j’ai sincèrement cru qu’il allait la préserver, la protéger, qu’il n’allait faire que vivre dans son orbite – quelle désillusion !! Quant à Lolita elle-même, comme elle est vue par les yeux d’Humbert, elle est assez ambiguë. Il nous la décrit comme une « nymphette », un enfant-démon, qui le séduit consciemment. Bientôt, il va nous dire que c’est elle qui lui a demandé d’établir cette relation malsaine ! Le lecteur ne saura jamais qui est vraiment Lolita ; à la fin, il découvre quand même que l’image qu’en avait Humbert n’était pas réelle. Dans tous les cas, j’ai eu régulièrement mal au cœur pour elle : [SPOILER] un moment donné, Humbert avoue qu’il lui a tout pris : une famille, une enfance, une vie normale de petite fille, pour la faire grandir prématurément ; elle-même lui dit qu’il a brisé sa vie à la fin, quand il finit par la retrouver. Il décrit aussi ses yeux, vides, son expression malheureuse, son absence de désir et de goût pour la vie. [FIN DU SPOILER] La mère, Charlotte, est typiquement la mère inutile pour qui sa fille n’est qu’un obstacle dans la vie. Elle envoie sa fille en camp de vacances pour être débarrassée d’elle et se concentrer sur son idylle amoureuse avec un homme qui ne veut pas d’elle. Elle est assez ridicule, et assez insupportable – typiquement une relation mère-fille qui ne permet pas à la fille de se sentir aimée ou d’être protégée par le seul parent qui lui reste.

La fin laisse un goût amer : Humbert est toujours dans son délire d’amour pour Lolita. Le lecteur ne sait pas ce qui lui est arrivé ensuite, l’éditeur fictif – qui introduit le livre – ne reprend pas la parole pour nous dire comment a fini Humbert.  

Je suis contente d’avoir lu ce livre, il fait quand même partie des grands classiques de la littérature ; mais je ne pense pas le relire – en tout cas, pas pour le moment ! Même si je ne peux pas dire que j’ai adoré, Lolita ne m’a pas laissé indifférente !

 

Donc, une lecture difficile, une histoire dérangeante portée par une écriture magnifique.

 

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