Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

The Lottery and Other Stories de Shirley Jackson

Classé dans : Avis littéraires — 1 mars 2018 @ 22 h 21 min

Genre : Nouvelle, Horreur, ClassiqueNovels and Stories Shirley Jackson

Editeur : Library of America

Année de sortie : 2010 [1949]

Nombre de pages : 239

Titre en français : La loterie et autres nouvelles

Synopsis : « The world of Shirley Jackson is eerie and unforgettable », writes A. M. Homes. « It is a place where things are not what they seem; even on a morning that is sunny and clear there is always the threat of darkness looming, of things taking a turn for the worse. » Jackson’s characters – mostly unloved daughters in search of a home, a career, a family of their own – chase what appears to be a harmless dream until, without warning, it turns on its heel to seize them by the throat. We are moved by these characters’ dreams, for they are the dreams of love and acceptance shared by us all. We are shocked when their dreams become nightmares, and terrified by Jackson’s suggestion that there are unseen powers – « demons » both subconscious and supernatural – malevolently conspiring against human happiness.

In this volume Joyce Carol Oates, our leading practitioner of the contemporary Gothic, presents the essential works of Shirley Jackson, the novels and stories that, from the early 1940s through the mid 1960s, wittily remade the genre of psychological horror for an alienated, postwar America. She opens with The Lottery (1949), Jackson’s only collection of short fiction, whose disquieting title story — one of the most widely anthologized tales of the 20th century — has entered American folklore. Also among these early works are « The Daemon Lover », a story Oates praises as « deeper, more mysterious, and more disturbing than « The Lottery »", and « Charles », the hilarious sketch that launched Jackson’s secondary career as a domestic humorist. Here too are Jackson’s masterly short novels The Haunting of Hill House (1959), the tale of an achingly empathetic young woman chosen by a haunted house to be its new tenant, and We Have Always Lived in the Castle (1962), the unrepentant confessions of Miss Merricat Blackwood, a cunning adolescent who has gone to quite unusual lengths to preserve her ideal of family happiness. Rounding out the volume are 21 other stories and sketches that showcase Jackson in all her many modes, and the essay « Biography of a Story », Jackson’s acidly funny account of the public reception of « The Lottery », which provoked more mail from readers of The New Yorker than any contribution before or since.

 

Avis : J’ai lu The Haunting of Hill House (La maison hantée) en janvier, et je garde un souvenir impérissable de cette lecture ! J’ai donc continué ma découverte de Shirley Jackson avec son seul recueil de nouvelles, The Lottery !

J’ai rarement lu une collection d’histoires aussi cruelles !! Toutes ont quelque chose de dérangeant, de perturbant, d’impossible à supporter. La plupart d’entre elles se passe dans une maison ou un appartement, dans un lieu qui est donc censé être sûr, un lieu dans lequel on se sent bien, un chez-soi ; mais les chez-soi ne sont jamais des endroits sûrs avec Shirley Jackson ! Dans chacune de ces nouvelles, je me suis sentie mal à un moment donné. Comme dans la plupart des recueils, certaines histoires sont meilleures que d’autres ; mais, globalement, ce recueil est équilibré. Il est divisé en cinq parties, toutes introduites par un extrait d’une même œuvre – extrait qui m’a toujours paru incompréhensible ! La plupart des noms de personnages reviennent, ce qui crée une petite confusion parfois pour le lecteur – mais, évidemment, c’est le but ! En gros, Shirley Jackson nous invite dans un enfer quotidien, peuplé d’hommes et de femmes violents ou indifférents, où le bonheur n’existe pas, tout comme la tranquillité d’esprit ! Les personnages ne sont jamais en sécurité, jamais stables, menacés soit par la folie, soit par la mort.

La première partie regroupe : « The Intoxicated », étrange par sa représentation d’une génération que la tranche d’âge précédente ne comprend pas ; « The Daemon Lover », une des nouvelles les plus cruelles, dans laquelle une femme attend un homme qui lui a promis de l’épouser ; « Like Mother Used to Make », encore plus cruelle que la précédente, cette nouvelle m’a vraiment donné mal au ventre, et m’a fait reposer le livre un moment ! Cela m’a fait penser que l’auteure affectionne les personnages qui ne réagissent pas, qui ne cherchent pas à se sortir de situations intolérables ! « Trial by Combat » raconte l’histoire d’une femme qui ne sait pas quoi faire contre sa voisine qui  lui vole ses affaires ; « The Villager » est aussi dérangeant, comme certaines autres nouvelles, on assiste à une sorte de vol de vie, d’identité. Encore une fois, Shirley Jackson semble aimer les personnages qui n’ont pas d’identité, et qui sont tentées de s’en forger une autre, ou de voler celle de quelqu’un d’autre pour exister, ce que je trouve assez perturbant ! « My Life with R. H. Macy » était moins bonne, et montre la mécanisation des grands commerces, dans lesquels les employés ne sont plus que des numéros.  

Dans la deuxième partie : « The Witch » que j’ai beaucoup aimé, qui inverse les codes habituels de la sorcière ; « The Renegade », qui traite d’une femme dont le chien est accusé d’avoir tué des poules, et qui tente de réfléchir à comment le sauver. Ces deux nouvelles sont perturbantes parce qu’elles mettent en scène des enfants qui ne se rendent visiblement pas compte de ce qu’ils disent – ou, si c’est le cas, ça fait encore plus peur ! Ils sont extrêmement violents dans ce qu’ils disent vouloir faire, ce que le lecteur n’a pas forcément l’habitude de voir chez des enfants ! « After You, my Dear Alphonse » met encore en scène des enfants, mais ici, c’est surtout la couleur de peau qui est mise en avant. Mrs Wilson veut aider Boyd et sa famille parce qu’ils sont noirs, et est outrée quand il refuse son aide en expliquant qu’ils ont tout ce dont ils ont besoin. Charité mal placée, quand tu nous tiens ! J’ai adoré « Charles », et je me doutais que la chute allait être de ce genre ! [SPOILER] Je me doutais que Charles n’existait pas, et je me demande si le petit est schizophrène ou s’il souhaiterait être comme Charles ! [FIN DU SPOILER] « Afternoon in Linen » fait partie des nouvelles que j’ai moins aimé, à l’inverse de « Flower Garden », encore une fois bien cruelle, et qui traite du racisme de certaines familles, et même, de certains villages entiers ! « Dorothy and my Grandmother and the Sailors » était aussi un peu moins bonne, et traite, pour moi, de manière sous-jacente, de sexualité.

La troisième partie comporte : « Colloquy », qui fait deux pages, et qui m’a laissé perplexe ; « Elizabeth », qui montre la journée d’une femme, journée assez morose durant laquelle on se rend compte qu’elle n’a pas du tout la vie dont elle rêvait. La fin laisse présager que cela pourrait s’améliorer … ou que rien ne va se passer ! « A Fine Old Firm » fait partie des nouvelles moins bonnes, et est assez étrange – comme toutes les autres bien sûr mais, j’ai eu un mauvais pressentiment tout le long de cette histoire, comme si un des personnages mentait. Je n’ai pas vraiment apprécié « The Dummy » non plus, encore une nouvelle dérangeante, surtout dans la façon dont la femme du marionnettiste est traitée, et dans le fait qu’elle reste et ne bronche pas ! J’ai aimé « Seven Types of Ambiguity » ; l’action se déroule dans une librairie ! Mais la fin est encore une fois assez cruelle ! Même cas pour « Come Dance with Me in Ireland » : j’ai apprécié l’histoire, et la fin est un petit pied-de-nez au lecteur !

La quatrième partie : « Of Course », assez dérangeant dans le sens où l’héroïne ne peut absolument pas donner son avis ou parler de choses agréables sans que sa nouvelle voisine ne trouve quelque chose à redire ; j’ai aimé la fin ! « Pillar of Salt » raconte le voyage d’un couple à New York. Ici, c’est perturbant parce qu’ils sont censés passer un super moment ensemble, ils ont idéalisé ce voyage, et tout tombe peu à peu à l’eau. « Men With Their Big Shoes » est affreux !!! La dernière phrase tombe comme un couperet, et le lecteur se rend compte que l’héroïne va vivre un enfer ! « The Tooth » raconte le voyage d’une femme à New York pour se faire enlever une dent : assez étrange, et centré sur une dent qui ne veut pas guérir, et qui entraîne sa propriétaire vers un homme qui ne cesse d’apparaître. « Got a Letter from Jimmy » est percutante, puisque la nouvelle ne fait que deux pages, mais assez étrange puisque, sans contexte, le lecteur ne comprend pas tout. Enfin, arrive « The Lottery » ! Il paraît que cette nouvelle a inspiré Hunger Games ; c’est vrai que cela peut vaguement y faire penser. Encore une fois, une histoire cruelle ; je ne m’attendais pas à la fin !

L’épilogue consiste en un poème, « The Daemon Lover » de James Harris, encore l’histoire cruelle d’une femme qui se fait avoir par le diable, dont elle est tombée amoureuse !

 

Donc, un recueil de nouvelles perturbant, intéressant à lire, qui montre un enfer différent.

 

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