Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Archive pour février, 2018

The Essex Serpent de Sarah Perry

Posté : 13 février, 2018 @ 1:10 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Historique The Essex Serpent

Editeur : Serpent’s Tail

Année de sortie : 2016

Nombre de pages : 418

Titre en français : Le serpent de l’Essex

Synopsis : London, 1893. When Cora Seaborne’s husband dies, she steps into her new life as a widow with as much relief as sadness: her marriage was not a happy one, and she never suited the role of society wife. Accompanied by her son Francis – a curious, obsessive boy – she leaves town for Essex, where she hopes fresh air and open space will provide the refuge they need.

When they take lodgings in Colchester, rumours reach them from further up the estuary that the mythical Essex Serpent, once said to roam the marshes claiming human lives, has returned to the coastal parish of Aldwinter. Cora, a keen amateur naturalist with no patience for religion or superstition, is immediately enthralled, convinced that what the local people think is a magical beast may be a previously undiscovered species. As she sets out on its trail, she is introduced to William Ransome, Aldwinter’s vicar.

Like Cora, Will is deeply suspicious of the rumours, but he thinks they are founded on moral panic, a flight from real faith. As he tries to calm his parishioners, he and Cora strike up an intense Relationship, and although they agree on absolutely nothing, they find themselves inexorably drawn together and torn apart, eventually changing each other’s lives in ways entirely unexpected. 

Told with exquisite grace and intelligence, this novel is most of all a celebration of love, and the many different guises it can take.

 

Avis : Ce livre a été recommandé par pas mal de Booktubeurs, alors je me suis lancée quand je l’ai vu à la BU !

Je pensais que j’allais adorer ce livre, mais j’attendais trop, et surtout, quelque chose de différent. Comme The Essex Serpent est comparé, dans un commentaire de John Burnside, à un grand roman victorien qu’auraient pu écrire ensemble Charles Dickens et Bram Stoker, je m’attendais à retrouver un peu d’eux dans l’œuvre, et ce n’était pas vraiment le cas. Je n’ai pas retrouvé les personnages attachants et vivants de Dickens, et l’atmosphère gothique et parfois pesante de Bram Stoker. Je pensais que ce serait gothique ; mais il n’y a pas de « villain », ni de demeure en ruines dans laquelle habitent les personnages. Je m’attendais aussi à l’intensité des œuvres des deux écrivains, et, encore une fois, ce n’est pas ce que j’ai obtenu ! Je pensais vraiment que ce commentaire a porté préjudice à The Essex Serpent ! Ce n’est pas le livre qui est mauvais, c’est mon attente qui était complètement faussée. Honnêtement, c’est une bonne fiction historique que je n’ai pas su apprécier.

La seule chose que j’ai aimé dans ce livre, ce sont les nombreuses réflexions sur divers sujets : la science et la religion – notamment dans les débats entre Cora et Will – ; la liberté des femmes, leur droit à faire ce qu’elle veut, à disposer de leur corps de la manière dont elles l’entendent ; l’apparence de la femme grâce à un personnage qui tente de cacher son corps sous des vêtements amples ou d’homme pour être considéré comme un être humain, indépendamment de son sexe. Cette réflexion fait écho à la lutte des femmes pour être acceptées comme égales aux hommes, mais aussi le problème paradoxal autour de leur apparence. On leur demande d’être féminine, mais c’est cette féminité qui est méprisée parfois. J’ai aussi aimé le fait que la narration soit entrecoupée de lettres, et de quelques entrées de journal. L’auteure, à chaque début de mois, fait un tour d’horizon rapide pour laisser voir au lecteur où en sont tous ses personnages sans que cela soit confus ou étrange. Les quelques passages intenses du livre comme [SPOILER] la mort de Cracknell – un des plus belles morts que j’ai lues d’ailleurs ! [FIN DU SPOILER] étaient très bons, et m’ont un peu réconfortée quand je désespérais en lisant ! Enfin, j’ai aimé le fait que le serpent peut représenter les différentes situations auxquelles font face les personnages, comme [SPOILER] la maladie de Stella ou l’amour impossible entre Cora et Will. [FIN DU SPOILER]

Côté négatif : l’intrigue n’était pas aussi trépidante que ce à quoi je m’attendais, c’était assez long, lent en raison des descriptions, qui sont d’ailleurs excellentes – mais je pense que ce n’était pas ce dont j’avais besoin en ce moment, je voulais plus d’action ! Je n’ai pas réussi à entrer dans l’atmosphère du livre. Autre chose : Cora est censée chercher le serpent de l’Essex, qui est le grand mystère du roman ; j’ai eu l’impression qu’elle était sortie une fois, qu’elle était revenue avec quelques ammonites et c’est tout, ce qui m’a franchement déçue ! Je ne me suis pas attachée aux personnages ; j’avais envie d’aimer Cora, mais ça n’a pas vraiment fonctionné, comme avec Will. Le seul personnage que j’apprécie vraiment est Francis, que l’on ne voit pas assez à mon goût, et Spencer, qui se fait complètement manipuler sans s’en rendre compte.

La fin, et la solution du mystère, m’ont déçue : je m’attendais à quelque chose de plus spectaculaire, ou de plus significatif. J’ai un peu fini sur « tout ça pour ça ?! ».

 

Donc, une déception, mais en grande partie parce que je m’attendais à autre chose.

 

H(A)PPY de Nicola Barker

Posté : 9 février, 2018 @ 10:15 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Science-Fiction H(A)PPY

Editeur : William Heinemann

Année de sortie : 2017

Nombre de pages : 282

Titre en français : Pas encore traduit

Synopsis : Imagine a perfect world where everything is known, where everything is open, where there can be no doubt, no hatred, no poverty, no greed. Imagine a System which both nurturs and protects. A Community which nourishes and sustains. An infinite world. A world without sickness, without death. A world without God. A world without fear.

Could you … might you be happy there?

H(A)PPY is a post-post-apocalyptic Alice in Wonderland, a story which tells itself and then consumes itself. It’s a place where language glows, where words buzz and sparkle and finally implode. It’s a novel which twists and writhes with all the terrifying precision of a tiny fish in an Escher litograph – a book where the mere telling of a story is the end of certainty.

It is another imaginative tour de force from one of our most audacious and ambitious novelists; a writer The Guardian declares ‘a genius’.

 

Avis : Je ne savais pas trop à quoi m’attendre avec H(A)PPY ; je n’avais jamais lu de livres de Nicola Barker, ni de réécriture dystopique d’Alice au pays des merveilles !

Honnêtement, c’est le livre le plus bizarre que j’ai jamais lu, et un des plus déroutants ! Mais il est aussi touchant à sa manière : le lecteur se place du côté de Mira A, il veut qu’elle réussisse, malgré le fait que son espèce de rébellion la fait souffrir, la coupe de tout ce qu’elle a connu, de tout ce qu’elle tenait pour certain. Je suis sûre que je n’ai pas tout compris, mais j’ai l’impression que c’est normal, et cela ne m’a pas empêché d’apprécier ma lecture. H(A)PPY est vraiment unique en son genre, complètement à part, très original ! Et ce, d’abord grâce à son format : différentes couleurs d’encre sont utilisées tout le long de l’œuvre pour signifier différentes choses. Différentes polices d’écriture apparaissent aussi. C’est grâce à cette façon d’écrire / de raconter que l’histoire se dit elle-même, puis disparaît. On dirait presque que le personnage n’est parfois qu’un prétexte, qu’un canal pour que l’histoire soit connue. Cela peut aussi représenter une métaphore du travail de l’écrivain, ou de l’inspiration : l’auteur n’est qu’un canal à travers lequel le roman, le poème, la nouvelle, le récit nous parvient.

D’un côté, j’ai appris beaucoup de choses, notamment : sur le Paraguay, dont je ne connaissais que la localisation sur une carte, on apprend quelques éléments historiques passionnants, mais qui indignent aussi le lecteur – cela m’a donné envie de me renseigner ! ; et à propos d’Agustín Barrios, un guitariste paraguayen dont je ne savais absolument rien ! D’un autre, H(A)PPY montre au lecteur un monde sans passé, ou plutôt, qui a peur du passé, qui veut le renier, et les conséquences de cette façon de penser. Cette œuvre est dense, étrange, et absorbe le lecteur. Elle traite aussi de musique – Mira A est musicienne et voit la musique et les instruments différemment des autres personnes autour d’elle –, de doubles – un thème que j’aime beaucoup ! –, de lavage de cerveau et de rébellion, d’humains modifiés par la technologie, d’une société qui essaie de contrôler tout pour tout le monde. Cela traite de la liberté et du bonheur. Pourrions-nous, vraiment, être heureux dans ce genre de monde ?

Je ne peux pas vraiment parler des personnages ; comme je l’ai dit plus haut, ce ne sont pas eux qui sont importants mais l’histoire racontée grâce à eux. On ne sait pas grand-chose de Mira A, à part qu’elle fait partie des Young. On ne connaît pas son âge, on ne sait même pas si Mira A est son vrai nom, ce qui paraît peu probable. Le lecteur ne sait pas non plus si l’histoire qu’elle raconte est sa propre histoire, ou celle d’une autre – elle-même se pose la question à un moment donné. Les autres personnages sont assez difficiles à cerner : est-ce qu’ils mentent, est-ce qu’ils sont du côté de Mira A ? Veulent-ils l’aider ou la piéger ?

La fin est une bonne clôture pour l’histoire, et elle laisse imaginer ce qui arrive ensuite. En revanche, je n’ai pas vu l’aspect Alice au pays des merveilles !

 

Donc, un livre déroutant, mais qui fait réfléchir.

 

Shakespeare: The World as a Stage de Bill Bryson

Posté : 8 février, 2018 @ 4:58 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Biographie, Historique Shakespeare

Editeur : HarperPress

Année de sortie : 2007

Nombre de pages : 195

Titre en français : Shakespeare : Antibiographie

Synopsis : ‘We don’t know if he ever left England. We don’t know who his principal companions were or how he amused himself. His sexuality is an irreconcilable mystery. On only a handful of days in his life can we say with absolute certainty where he was. We have no record at all of his whereabouts for the eight critical years when he left his wife and three young childrens in Stratford and became, with almost impossible swiftness, a successful playwright in London. By the time he is first mentioned in print as a playwright, in 1592, his life was already more than half over. For the rest, he is a kind of literary equivalent of an electron – forever there and not there.’

 

Avis : Un mâle pour compenser Femmeuary !

Je me suis rendue compte que je lisais assez peu de biographies ; j’en ai donc emprunté deux à la fac, la première étant Shakespeare : The World as a Stage de Bill Bryson ! Je veux lire cet auteur depuis pas mal de temps ; je pensais commencer avec A Short History of Nearly Everything (Une histoire de tout, ou presque …) – qui est toujours dans ma PAL !

J’ai vraiment aimé ce voyage dans le temps avec l’auteur ! Je ne m’attendais pas à lire une vraie biographie avec le sous-titre « antibiographie » de l’édition française ; mais je ne pensais pas qu’on savait si peu de choses sur un des plus grands écrivains de tous les temps ! Ce livre est en fait en partie une biographie (en gros, le peu qu’on sait de Shakespeare et de sa vie, les hypothèses de certains spécialistes), et en partie de la non-fiction historique à propos de l’Angleterre à l’époque de Shakespeare. J’ai appris beaucoup de choses, j’ai ri, j’ai levé les yeux au ciel : j’ai passé un très bon moment à lire Bill Bryson !

J’ai vraiment adoré la partie non-fiction historique : j’ai découvert de nombreuses choses que je ne savais pas à propos de l’Angleterre élisabéthaine, puis de l’Angleterre pendant le règne de James Ier. J’ai ri de l’hypocrisie et de l’absurdité de certaines lois, j’ai appris quelques détails sur des événements dont j’avais seulement entendu parler ; ce livre m’a donné très envie d’en lire beaucoup plus sur l’histoire de l’Angleterre en général ! L’auteur est parvenu à complètement immerger son lecteur dans la période dont il parle ; il met en avant le théâtre, qui connaît un essor formidable à l’époque. Il évoque les établissements les plus connus, le prix des places, le public, la réception ; c’était passionnant ! Grâce à cela, même si le lecteur n’en apprend pas énormément sur Shakespeare lui-même, il peut imaginer quelle devait être sa vie, à quoi ressemblait son environnement, Londres au moment où il y vivait. Tout cela racontait avec humour et une écriture fluide et agréable !

Mon chapitre préféré est le dernier, « Claimants » dans l’édition originale, qui peut être traduit par « Prétendants » en français. Ici, Bill Bryson garde son humour, mais démonte complètement toutes les théories qui voudraient prouver que Shakespeare n’avait pas écrit les œuvres qu’on lui attribue. Il montre que ces idées sont impossibles, non-pertinentes, et parfois même complètement stupides. J’ai eu l’impression de sentir une pointe d’exaspération dans l’écriture de l’auteur : il y a de quoi quand on se rend compte que toutes ces hypothèses, toutes ces critiques qui tendent à faire de Shakespeare un voleur ou un usurpateur, ne sont fondées que sur les élucubrations d’une femme à moitié folle, et qu’elles ne sont absolument pas cohérentes. Ces détracteurs ne donnent absolument pas de preuves concrètes pour étayer leurs théories, alors que des preuves, même peu nombreuses, existent pour prouver l’existence et même le talent de Shakespeare. J’ai trouvé que c’était une belle façon de finir son ouvrage, en rendant hommage à un homme qui devient maintenant quasi une légende.

 

Donc, un très bonne antiobiographie, et une belle façon de découvrir l’Angleterre à l’époque de Shakespeare !   

The World’s Wife de Carol Ann Duffy

Posté : 6 février, 2018 @ 11:43 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : PoésieThe World's Wife

Editeur : Picador

Année de sortie : 1999

Nombre de pages : 76

Titre en français : Pas encore traduit, mais certains poèmes se trouvent apparemment dans le premier numéro de la revue Le Champ des lettres.

Synopsis : Stunningly original, haunting and memorable, the voices of Mrs Midas, Queen Kong, Mrs Lazarus, the Kray sisters, and a huge cast of others startle with their wit, imagination, lyrical intuition and incisiveness.

Duffy is a master at drawing on myth and history and subverting them in a wholly unexpected and surprising way. These poems have the pull of the past and the crack of the contemporary. Poems for a new century – vivid, funny, outrageous and entertaining – they will dazzle you, the wives of the past, the present, the future.

 

Avis : Une autre petite lecture pour Femmeuary !

J’aime beaucoup la poésie, et pourtant, je n’en lis pas très souvent. C’est pourquoi j’ai emprunté deux recueils de poésie à la fac, histoire de me remettre sur les rails !! Le premier est The World’s Wife de Carol Ann Duffy. Encore une fois, ce livre n’a pas été traduit en français et, comme pour Kissing the Witch d’Emma Donoghue, je me demande franchement pourquoi ! L’auteure prend ici le point de vue de la femme sur son mari, son métier, ce qui lui arrivait, ce qu’il faisait. Quelques poèmes sont aussi des gender bender, dans lesquels l’homme devient une femme. J’ai aimé l’écriture de l’auteure, sa façon de mettre les femmes en avant, les « réécritures » du point de vue féminin – j’ai retrouvé Pénélope d’ailleurs ! Les hommes sont tournés en ridicule la plupart du temps, ou la femme tente de leur faire croire qu’ils sont brillants ; ils sont aussi parfois de vrais idiots, et trompent leur femme, l’humilie – ce qui mène parfois à une vengeance. J’ai aimé que ce livre mêle personnages réels et personnages mythologiques ! Il est aussi féministe puisque les femmes sont montrées en train d’agir ou de réagir : elles sont féroces, déterminées, capables de prendre leur vie en main, et de juger leur situation.

Mes poèmes préférés sont « Queen Herod » et « Queen Kong », mais j’ai tout de même beaucoup aimé tous les autres. « Queen Herod » prend le point de vue de la reine Hérode – dis donc ! – sur le destin de sa fille Salomé. Elle est déterminée à la sauver des hommes ; mais, nous sommes dans la mythologie, et les humains ne peuvent que rarement échapper au destin. On retrouve plus loin un autre poème à propos de Salomé ! « Queen Kong » est un gender bender dans lequel King Kong est devenu femelle. C’était touchant, et différent de tous les autres poèmes ! D’autres poèmes m’ont fait rire, comme « Mrs Darwin », ou « Pygmalion’s Bride ». Certains étaient excessifs, mais je pense que c’est fait exprès ; ils permettent aussi à ce livre de posséder divers tons, et d’être original. « Anne Hathaway » est une façon de rendre hommage à Shakespeare, plutôt que de se moquer de lui, comme de certaines autres figures masculines.

Clairement, j’ai adoré ce livre, mais je sais que je dois le relire un jour, parce que je n’en ai pas tiré tout ce que je pouvais. Je ne sais pas si c’est dû à ma façon de le lire, ou si ce n’était pas le moment de le lire, mais j’ai manqué quelque chose. J’ai tenté de le relire tout de suite mais je pense devoir laisser passer un peu de temps.

 

Donc, un très bon recueil de poèmes, féministe et original !  

Kissing the Witch d’Emma Donoghue

Posté : 5 février, 2018 @ 2:53 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Nouvelle, Fantasy Kissing the Witch

Editeur : HarperCollins

Année de sortie : 1999 [1997]

Nombre de pages : 228

Titre en français : Pas encore traduit !

Synopsis : Thirteen tales are unspun from the deeply familiar, and woven anew into a collection of fairy tales that wind back through time. Acclaimed Irish author Emma Donoghue reveals heroines young and old in unexpected alliances – sometimes treacherous, sometimes erotic, but always courageous. Told with luminous voices that shimmer with sensuality and truth, these age-old characters shed their antiquated cloaks to travel a seductive new landscape, radiantly transformed.

 

Avis : Depuis que j’ai vu ce livre sur la chaîne de Jen Campbell – eh oui, encore elle ! – j’ai très envie de le lire ! J’ai fini par l’emprunter quand j’ai vu qu’il était disponible !

 

J’ai vraiment aimé ce recueil de nouvelles ! Tout d’abord, il m’a surprise : je ne savais pas que tous les contes étaient liés entre eux, et j’ai adoré le procédé qui permet de les réunir ! Je n’ai pas reconnu tous les contes, mais je connaissais la plupart d’entre eux, ce qui rend la lecture encore plus divertissante ! J’ai aussi aimé l’écriture et la façon dont le livre est imprimé ; mais surtout, ce que j’ai vraiment adoré, c’est la partie féministe de ces contes. Les héroïnes ne sont plus passives, comme dans les histoires d’origine : elles se prennent en main, elles n’ont pas besoin d’un homme pour être heureuse, ou pour vivre décemment, elles ne sont pas définies par eux. Et c’était GENIAL !! Ce livre est aussi LGBT, ce qui est surprenant si on regarde la date de publication, 1997 ! Cela rend ce recueil très différent des réécritures que j’ai déjà lues !

 

Un petit compte-rendu histoire par histoire :

La première nouvelle est appelé « Le conte de la chaussure », une réécriture de « Cendrillon » donc ! J’ai aimé l’aspect psychologique de l’histoire : [SPOILER] ce ne sont pas la marâtre et les demi-sœurs de Cendrillon qui la torturent, qui l’insultent et qui la forcent à travailler comme une servante : c’est elle-même. Ces femmes sont en fait des voix dans sa tête ! [FIN DU SPOILER] Elle va au bal et rencontre son prince, bien sûr ; [SPOILER] mais elle prend une décision tout à fait différente de la Cendrillon du conte ! [FIN DU SPOILER]

La seconde histoire est « Le conte de l’oiseau ». Elle ressemble un peu à « Barbe Bleue », mais ce n’est pas tout à fait la même histoire. Ici, l’héroïne est passive, elle pense qu’elle ne vaut rien parce que c’est ce que tout le monde lui répète ; elle n’est qu’une nuisance dans la vie de ses proches. Et arrive un homme qui vient la sauver – vraiment ?

« Le conte de la rose » est une réécriture de La Belle et la Bête, et donc, une véritable histoire d’amour. C’est une de mes nouvelles préférées de tout le recueil ! La Belle est perdue par son père, exactement comme dans le conte d’origine ; elle part vivre dans le château de la Bête [SPOILER] qui est une femme, la femme qui est censée avoir été tuée par la Bête ! [FIN DU SPOILER]

Puis vient une réécriture de « Blanche-Neige » avec « Le conte de la pomme ». J’aime la façon dont Emma Donoghue a réécrit la relation entre la princesse et a belle-mère, et j’ai adoré la fin ! C’est le père qui crée le conflit entre Blanche-Neige et la « méchante reine », c’est lui qui les compare, et donc, les pousse à se comparer. Et, comme dans les contes d’origine, l’homme est tellement plus âgé que sa femme ici !

« Le conte du mouchoir » est plutôt cruel. Le lecteur suit une servante et une princesse qui partent pour le royaume voisin, afin que la seconde jeune fille se marie et devienne reine. [SPOILER] J’ai trouvé que cette histoire convenait parfaitement à celle de la méchante reine ! Elle est déjà mauvaise jeune fille, et prête à tout pour obtenir une couronne. [FIN DU SPOILER] Elles sont très différentes l’une de l’autre, et cherchent le bonheur à des endroits opposés. J’ai adoré la fin !

« Raiponce » est aussi l’objet d’une réécriture avec « Le conte de la chevelure ». [SPOILER] Il est drôle de se dire que c’est un cheval qui raconte l’histoire ; visiblement, les héroïnes ont été transformées, ou ont été réincarnées en personnes / animaux différents au fil des histoires. [FIN DU SPOILER] Exactement comme pour « Cendrillon », Raiponce n’est pas une victime : [SPOILER] c’est elle qui demande à ce que la tour soit construite, pour qu’elle soit en sécurité parce qu’elle a peur de la forêt. [FIN DU SPOILER] J’ai aimé le personnage de Gothel, féroce et sans peur, [SPOILER] excepté celle de perdre Raiponce. [FIN DU SPOILER]

« Le conte du frère » m’a fait penser au Lion, la sorcière blanche et l’armoire magique. Une jeune fille perd son frère, emporté par une dame blanche sur une luge. J’ai adoré cette histoire, et la détermination de la jeune fille à retrouver son frère. Elle ressent toute l’injustice de la situation dans laquelle elle se trouve : elle n’est pas écoutée parce qu’elle est une fille, et elle ne comprend pas pourquoi son frère est emmenée et pas elle.

La dame raconte ensuite « Le conte de la tisseuse », qui m’a fait penser à « Rumplestiltskin ». Elle doit tisser un énorme amas de tissus, et s’en sent incapable. Elle trouve quelqu’un pour l’aider, et cette personne lui demande toujours plus pour rester.

« Le conte du chalet » est une réécriture d’ « Hansel et Gretel ». Cette histoire est racontée différemment par rapport aux autres : Gretel a un problème d’élocution, ce qui peut être un peu difficile à comprendre au début. Elle et son frère sont abandonnés dans la forêt parce que leurs parents ne peuvent pas nourrir toute la famille. Ils tombent alors sur une étrange maison, et une femme qui les accueille. [SPOILER] Encore une fois, Gretel sauve son frère, mais elle reste avec la sorcière, pensant qu’elle a plus de chances de survivre avec elle qu’avec ses parents. [FIN DU SPOILER]

« Le conte de la peau » est une réécriture de « Peau d’âne ». Exactement comme dans le conte, une fille est courtisée par son propre père, et essaie de gagner du temps afin de ne pas l’épouser. Elle part ensuite pour trouver un prince dans un autre royaume ; son père ne pourra pas l’épouser si elle est déjà mariée. [SPOILER] Mais son prince est idiot, et ne la reconnaît pas sans ses robes. [FIN DU SPOILER] Une de mes nouvelles préférées également !

Puis, vient la réécriture de « La Belle au bois dormant », « Le conte de l’aiguille ». J’ai vraiment aimé la façon dont l’histoire est réécrite, avec la jeune fille gâtée, les parents hyper-anxieux et hyper-protecteurs [SPOILER] ils tuent quand même un chat pour qu’il ne blesse pas leur fille ! [FIN DU SPOILER] Ils sont l’incarnation des mauvais parents, ceux qui gâtent/pourrissent leurs enfants, tellement que ces derniers sont convaincus que le soleil se lève exclusivement pour eux tous les jours !

« Le conte de la voix » est la réécriture de « La Petite sirène », donc, une de mes préférées, évidemment ! Comme pour « Cendrillon », j’ai aimé le côté psychologique de l’histoire : [SPOILER] si la jeune fille perd sa voix, c’est parce qu’elle pense que la sorcière l’a prise. Mais elle aurait pu parler si elle l’avait vraiment voulu. La sorcière n’a jamais pris sa voix, donc elle ne peut pas lui rendre. Et, encore une fois, le prince n’est pas un prince, et est un con**** fini ! [FIN DU SPOILER]

Enfin, la dernière nouvelle est « Le conte du baiser », également une de mes préférées ! Elle traite de pouvoir, d’amour. C’était vraiment beau à lire, et intéressant de découvrir la Sorcière de la Mer de manière différente.

 

J’ai l’impression que chaque réécriture était une sorte de leçon : d’abord, de prendre sa vie en main ; puis, de ne jamais laisser quelqu’un nous dire ce que nous devons faire ; comprendre les conséquences de nos actes ; penser avant de demander quelque chose, etc. J’ai aussi aimé cette impression de transmission de femme en femme !

La seule raison pour laquelle ce recueil n’est pas un coup de cœur : il est prévisible. [SPOILER] L’homme laisse toujours tomber l’héroïne, et elle se tourne alors vers l’autre femme/fille du conte. [FIN DU SPOILER] Après les premiers contes, je savais comment chacun d’eux allait finir. Mais c’était tout de même une joie et un vrai plaisir à lire !

 

Donc, un excellent recueil de nouvelles, que j’aimerais relire par la suite, juste pour le plaisir de ces contes féministes !  

123
 

Baseball fans gather zone |
Eaudefiction |
Ici même |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Kpg1221gpk
| Elenaqin
| la saltarelle des baronnes