Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Archive pour février, 2018

Goblin Market and Other Poems de Christina Rossetti

Posté : 28 février, 2018 @ 3:20 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : PoésieGoblin Market

Editeur : Dover Thrift

Année de sortie : 1994 [1862]

Nombre de pages : 64

Titre en français : Marché gobelin

Synopsis : An important and often-quoted literary figure, the English poet Christina Rossetti (1830-1894) wrote some of the most beautiful and voluptuous poetry in the English language. Like Emily Dickinson, she lived in self-imposed isolation, writing of God and lost love with a sensuality and passion that seemed to emanate from the soul.

This edition of 53 works combines a number of her best-known sonnets, ballads and shorter lyrics with her long masterpiece, the narrative fable Goblin Market. A haunting fairy tale in verse, Goblin Market was once labeled a children’s poem. Yet its intricate symbolism and themes of temptation, sin and redemption mark it for an adult audience. Among other works included in this choice collection are « The Convent Threshold », « Up-hill », « Cousin Kate », « Winter: My Secret », « Maude Clare », « No, Thank You, John » and « After Death ».

 

Avis : L’un de mes objectifs 2018 est de lire plus de poésie ; il était temps de lire Christina Rossetti et Goblin Market !

Je ne pensais pas être si touchée par ces poèmes ; ils sont parfois d’une tristesse ! Ils m’ont rappelé combien j’aimais ces moments de lyrisme dans lesquels le je lyrique est torturé, et nous fait part de sa souffrance en vers. Bien sûr, ce n’est pas simplement du « J’ai mal, je souffre, je meurs » ; non, c’est joliment dit, et ça touche le lecteur comme il faut. D’autres sujets sont abordés en rapport avec la souffrance, comme le mal d’amour, le rejet ; la nature est également présente. J’ai retrouvé ce que j’aimais à l’époque dans la poésie ! Ces poèmes m’ont laissé une impression féérique.

Le premier poème, Goblin Market, est le plus long : j’ai adoré la relation des sœurs ici. Pour une fois, elles ne sont pas en rivalité, mais l’une tente d’aider l’autre. J’ai aussi aimé le côté symbolique des gobelins. J’ai adoré la plupart des poèmes, même si certains sont ouvertement religieux.

Christina Rossetti s’était apparemment isolée du reste du monde pour se consacrer à la poésie et à Dieu ; cela donne un recueil magnifique, que j’ai déjà hâte de relire !  

 

Donc, un excellent recueil de poèmes !

 

The Amazons: Lives and Legends of Warrior Women Across the Ancient World d’Adrienne Mayor

Posté : 27 février, 2018 @ 9:14 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Essai The Amazons

Editeur : Princeton University Press

Année de sortie : 2016 [2014]

Nombre de pages : 429

Titre en français : Les Amazones : Quand les femmes étaient les égales des hommes (VIIIe siècle av. J.-C. – Ier siècle ap. J.-C.)

Synopsis : Amazons – fierce warrior women dwelling on the fringes of the known world – were the mythic archenemies of the ancient Greeks. But just who were these bold barbarian archers in horseback who gloried in fighting, hunting, and sexual freedom? In this deeply researched, wide-ranging, and lavishly illustrated book Adrienne Mayor reveals intimate, surprising details and original insights about the flesh-and-blood women of the Eurasian steppes known as Amazons. Combining classical myth and art, nomad traditions, and scientific archaeology, The Amazons is the first comprehensive account of warrior women in both myth and history across the ancient world, from the Mediterranean Sea to the Great Wall of China.

 

Avis : J’ai pris un retard énorme sur mes chroniques et mes vidéos ; je suis malade, et visiblement, le virus n’a pas envie de me laisser tranquille ! Je me suis quand même dit qu’il faudrait que je m’y remette ! Donc, à défaut d’avoir une vidéo – vous ne me comprendriez pas vu la voix que j’ai haha –, vous aurez une chronique !!

J’ai vu pour la première fois The Amazons : Lives & Legends of Warrior Women Across the Ancient World sur la chaîne de Jen Campbell ; elle présente toujours des livres intéressants, et celui-ci m’a tout de suite attirée ! Il est divisé en quatre parties : une première sur la question « Qui sont les Amazones ? », puis une sur les femmes guerrières historiques, qui ont réellement existé, et leurs traditions, une autre sur les Amazones dans les mythes et l’histoire gréco-romaine, et enfin, une partie sur les femmes guerrières au-delà du monde grec. Chaque partie est divisée en plusieurs chapitres, et chaque chapitre est accompagné d’un certain nombre de photos, de cartes, histoire de bien se représenter de quoi l’auteure parle. Comme l’indiquent les parties, le livre ne se concentre pas exclusivement sur la vision des Grecs ; ce sont souvent eux qui sont vus comme les créateurs des Amazones, et celles-ci sont considérées comme des symboles plus que comme des femmes réelles. L’auteure évoque, évidemment, les Grecs, et les différentes théories qui expliquent pourquoi les Amazones se retrouvent sur de nombreuses œuvres d’art de l’époque ; mais elle traite aussi de la vie des femmes guerrières ailleurs, jusqu’en Chine ! Il y a quelques répétitions tout le long du livre, mais l’auteure prévient le lecteur au début : elle fait des renvois vers les chapitres qui se correspondent.

J’ai vraiment trouvé fascinant de découvrir que les femmes guerrières n’étaient pas que des mythes, qu’elles avaient réellement existé ! L’auteure mêle fiction et réalité pour nous faire comprendre l’importance de ces femmes, leur rôle dans le développement des différents pays et tribus, leur rôle dans l’art. La deuxième partie est essentiellement centrée sur l’archéologie ; en effet, c’est grâce aux tombes découvertes en Asie que l’on comprend que les femmes étaient les égales des hommes à l’époque. Elles aussi se battaient pour défendre leur tribu ; elles aussi mourraient violemment au combat. J’ai adoré apprendre ce que devait être la vie de ces femmes, complètement différente de ce qu’imaginaient les Grecs. Eux étaient convaincus que les Amazones, comme ils les appelaient, étaient des femmes qui détestaient les hommes, qui tuaient les garçons et n’élevaient que les filles ; que nombre d’entre elles voulait rester vierge, qu’elles n’avaient pas la fibre maternelle, etc. Autant de préjugés qui prouvent, selon l’auteure, le caractère misogyne de la société grecque, qui ne pouvait pas supporter de voir des femmes être les égales des hommes. La femme grecque restait à la maison, s’en occupait, élevait les enfants ; elle n’avait rien à faire sur le champ de bataille ou dans le gouvernement. C’est aussi la raison pour laquelle, dans les mythes grecs, l’Amazone meurt toujours, tuée par un héros grec. Dans les autres pays, ces femmes sont admirées, et elles ne sont pas systématiquement tuées. Il est dommage que toutes les histoires qui les concernent n’aient pas pu être conservées !

La seule chose qui manque à ce livre : une conclusion ! The Amazons s’achève sur Hua Mulan, et les femmes guerrières en Chine plus généralement ; mais l’auteure n’a pas jugé bon d’écrire une vraie conclusion qui reprend ses différentes parties et qui clôt parfaitement le livre ! Un peu dommage !

Donc, j’ai appris énormément de choses sur les femmes guerrières ! Cela fait du bien de lire ce genre de livres, où les femmes sont les égales des hommes !! Un livre à feuilleter régulièrement !

Ready Player One d’Ernest Cline

Posté : 20 février, 2018 @ 11:03 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Science-Fiction, YA Ready Player One

Editeur : Arrow Books

Année de sortie : 2012 [2011]

Nombre de pages : 374

Titre en français : Player one

Synopsis : THE BREAKOUT SENSATION OF THE YEAR

Imagine the WORLD AT STAKE.

An EPIC STRUGGLE between good and evil.

The GREATEST QUEST in history.

The FATE OF HUMANITY resting in your hands?

ARE YOU READY?

 

Avis : Cela fait un moment que je veux lire Ready Player One, et je me suis enfin lancée en le voyant à la BU de ma fac !

Je m’attendais à adorer ce livre ; pour autant, je ne pensais pas être autant emportée dans l’univers de l’auteur. Le monde qu’il a créé est à la fois déprimant et sensationnel ! J’ai adoré les moments passés dans l’OASIS ; si seulement notre monde était cet OASIS, dans lequel tous les mondes fictifs prennent vie ! J’ai eu l’impression qu’Ernest Cline était parvenu à mettre en forme la façon dont je vois la littérature : un univers complet de planètes différentes pour chaque œuvre, planètes sur lesquelles il suffit de se poser pour être complètement immergée dans le monde du livre. Mes précédentes lectures sont pour moi des mondes que je revisite ! Je suis parvenue à imaginer les différents sites visités par Wade dans les détails, grâce aux descriptions de l’auteur. J’ai adoré toutes les références nerd qui parcourent le livre ; les explications n’étaient pas de trop, étant donné que je ne connaissais pas tous les jeux vidéo/films mentionnés. Honnêtement, Ready Player One est un de ses livres pour lesquels on ne se pose pas la question de savoir si on aime ; pendant la lecture, on exulte tellement ce livre est fait pour nous !! Je me suis sentie dans le même état que Patrick Rothfuss dans son commentaire sur la quatrième de couverture : « Ce livre a satisfait tous les os geek de mon corps geek. J’ai eu l’impression qu’il était écrit pour moi. » J’ai aussi aimé la mise en avant de l’amitié – même s’il y a quand même aussi de l’amour – : ce livre permet de montrer que les relations virtuelles peuvent se concrétiser, et même, quelque part, qu’elles permettent d’apprécier une personne pour elle-même et non pour son apparence physique – ce qui est clairement remis en question par l’attirance physique que ressent Wade pour un autre personnage, mais passons ! Ce livre montre une vie dans laquelle virtualité/technologie et réalité sont entrelacées de manière presque inextricable et excessive ; mais, après tout, c’est la voie que nous prenons aussi avec le temps ! La seule chose qui m’a agacé dans ce livre : [SPOILER] le temps que mettent les personnages à former une équipe !! Sérieusement, c’est évidemment la seule solution pour empêcher les Sixers de remporter le concours, et eux attendent la dernière minute pour s’allier !! [FIN DU SPOILER]

Bien sûr, le livre contient quelques figures YA, comme l’histoire d’amour, mais cela ne m’a pas dérangé, et j’ai aimé que le « héros » ne puisse pas tout faire seul, exactement comme Harry Potter ! Aussi, à côté de la construction de l’univers formidable de l’auteur, les personnages sont un peu moins développés. Wade est assez semblable aux « héros » que l’on a l’habitude de retrouver dans les romans YA. Il est déjà marqué par la pop culture à cause de la façon dont son père a voulu l’appeler, ce qui le place un peu dans la position d’« élu » ; mais rien à voir avec Harry Potter, qui est le fils survivant de résistants, ou Percy Jackson, fils d’un dieu. Wade est ordinaire, et devient extraordinaire à travers sa quête. C’est un peu aussi un roman d’apprentissage : Wade doit apprendre à vivre dans le monde réel autant que dans l’OASIS. Son parcours est fait d’obstacles, mais aussi de rencontres qui engendrent des sentiments. Ici, j’ai particulièrement aimé les personnages d’Art3mis et Aech. Art3mis est présentée, dès le début, comme le crush du héros : il ne la connaît pas, mais ses mots le touchent. Elle est brave et courageuse, et ne se laisse pas marcher sur les pieds parce que c’est une fille qui geeke autant que les garçons – voire plus ! Grâce à elle [SPOILER] et à Aech [FIN DU SPOILER], l’auteur évoque la discrimination dans le milieu du jeu vidéo : les filles sont généralement vues comme inférieures aux garçons dans ce domaine. Art3mis les remet à leur place (Team Art3mis !). Aech, quant à lui, 1) me fait rire, 2) est l’ami parfait, avec lequel le héros a tellement d’intérêts communs qu’ils pourraient être frères. Meilleur ami de Wade, il est toujours là pour lui si besoin est, que ce soit niveau argent ou logement. Bien sûr, ils ne se sont jamais rencontrés, et Wade n’a jamais demandé son aide ; mais j’ai adoré que l’auteur mette en avant une telle amitié ! [SPOILER] J’ai fini par me douter de l’identité réelle d’Aech à la fin du livre, quand les personnages vont enfin se rencontrer ; j’ai adoré que ce soit une fille, et que leur amitié ne change pas pour une question de sexe, de couleur de peau – elle est afro-américaine – ou d’orientation sexuelle – elle est homosexuelle. Le lecteur pourrait penser que ça fait beaucoup pour un seul personnage, et que l’auteur a concentré toute la diversité de son livre sur Aech – elle est aussi grosse, comme Art3mis, qui est qualifiée de Rubenesque –, mais cela ne m’a pas dérangé. [FIN DU SPOILER] Les « méchants » sont bien représentés par Sorrento, qui n’a aucun scrupule à tuer si nécessaire ; mais on ne peut pas dire qu’il fasse partie des grands villains qu’on adore détester, ou qui sont essentiellement à l’histoire, comme Voldemort ou Sauron.

Comme je vous l’ai dit plus haut, le monde de Ready Player One est aussi déprimant ; et par-là, j’entends le monde réel. Frappé par une crise énergétique et écologique, la planète est en train de mourir, et les humains, face à cette catastrophe, préfèrent se réfugier dans l’OASIS. Aussi, comme le présent n’est pas folichon, ils vouent une sorte de culte au passé, et notamment aux années 80. Cela s’explique aussi par le fait que le créateur de l’OASIS, James Halliday, est un geek, obsédé par les jeux/films/livres de son adolescence, donc, des années 80. A sa mort, il lance un défi aux utilisateurs de l’OASIS : trouver son Easter Egg afin de remporter toute sa fortune, qui s’élève à plusieurs milliards de dollars. Les personnages deviennent alors de véritables érudits concernant les années 80 : ils connaissent chaque jeu, chaque film, chaque livre par cœur, et peuvent même donner la date de parution !! La vraie « leçon » du livre, pour autant, n’est pas que la vie virtuelle est mieux ; le but n’est pas que Wade se perde dans l’OASIS, ou qu’il vive continuellement dans le passé. On peut être un vrai geek, être obsédé par Le Seigneur des anneaux, les jeux rétro et Ghostbusters, tout en sachant que la vie réelle vaut la peine d’être vécue. Ces deux « mondes » ne sont pas inconciliables. En fin de compte, la quête de Wade est multiple, et ne se déroule pas seulement dans l’OASIS, mais aussi dans le monde réel.

J’ai regardé Stranger Things il n’y a pas longtemps ; il semble que je sois d’humeur 80s en ce moment !! Je dois toujours finir la deuxième saison, mais je n’ai pas envie d’attendre la troisième – la première se terminait sur un tel cliffhanger !! La mention de Donjons et Dragons dans Ready Player One m’a d’ailleurs rappelé la série ! J’ai hâte de voir le film de Spielberg : la barre est placée très haut !!

 

Donc, un gros coup de cœur, ce qui n’était pas arrivé depuis Assassin’s Apprentice de Robin Hobb !! J’ai bien fait de revenir à la SFF cette année !!

Maurice d’E. M. Forster

Posté : 17 février, 2018 @ 4:08 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Classique Maurice

Editeur : Penguin

Année de sortie : 1972 [1971]

Nombre de pages : 215

Titre en français : Maurice

Synopsis : Maurice is born into a privileged way of life. He grows up confident in status, precise in social ritual. Yet although priggish and conforming, Maurice finds himself increasingly attracted to his own sex. Through Clive, whom he encounters at Cambridge, and through Alec, the gamekeeper on Clive’s country estate, Maurice gradually expériences a profound emotional and sexual awakening.

Completed in 1914, Maurice is a powerful condemnation of the repressive attitudes of British society and a plea for emotional and sexual honesty. Aware that its publication would cause a furore, Forster ensured that it did not appear until after his death in 1970.

 

Avis : Je voulais lire un peu de romance en février – vu que c’est quand même le mois de l’amour, tout ça ! – et je me suis dit que ce pouvait être sympa de découvrir Maurice d’E. M. Forster.

J’avais déjà lu A Room With a View il y a un moment maintenant – en 2014 je crois ! – et j’avais beaucoup aimé l’écriture de l’auteur, sa façon de faire vivre ses personnages. Et je n’avais jamais lu de romance gay entre deux hommes ! Beaucoup d’arguments donc pour lire ce livre !! Ce que j’ai adoré dans Maurice, c’est la découverte sexuelle et amoureuse du personnage principal. Le lecteur sent bien que Forster a compris de quoi il parlait ; il n’en rajoute pas, c’est beau et touchant à lire, c’est subtil et progressif. Maurice met un moment à comprendre ce qui lui arrive, et même alors, il a du mal à l’accepter. C’est aussi ce que j’ai aimé dans ce livre : la dénonciation d’une société complètement hypocrite qui tente de réprimer un amour qui ne serait pas approprié, ce qui crée des situations comme celles de Maurice ou de Clive. J’imagine la réception de l’œuvre si elle avait été publiée en 1914, quand elle a été achevée par l’auteur ! J’ai vu quelques commentaires qui regrettaient que Forster « n’ait pas eu le courage » de publier le livre une fois qu’il l’avait terminé ; mais s’il l’avait fait, il aurait sans doute été très mal vu par la société, ses œuvres suivantes auraient été mal reçues ou non publiées parce qu’il aurait dérangé les bonnes mœurs anglaises. Je comprends tout à fait qu’il ait préféré attendre sa mort pour que Maurice paraisse !

Malgré ces bons côtés, Maurice n’est pas un coup de cœur – décidément, en ce moment, j’ai du mal ! L’écriture est toujours aussi bonne, mais j’ai trouvé qu’elle était parfois difficile à suivre, notamment dans les dialogues – après, c’est peut-être aussi moi qui l’ai lu quand j’étais fatiguée ! Quant aux personnages, aucun n’est vraiment attachant. Maurice est très méprisant avec à peu près tout le monde, surtout avec les femmes et les domestiques, c’est-à-dire les gens qui lui sont inférieurs, ou qu’il considère comme ses inférieurs. Cela entraîne une réflexion sur les classes sociales, et ce qu’elles signifient vraiment : est-ce que Maurice, parce qu’il vient d’une famille riche, est meilleur qu’un jeune homme jardinier dont le père est boucher ? J’ai pu ressentir de la pitié pour lui et le comprendre à certains moments, mais cela n’en fait pas pour autant un de mes personnages préférés. [SPOILER] A la fin, cette façon de traiter ses « inférieurs » disparaît puisqu’il tombe amoureux d’un homme d’un rang social plus bas que lui. [FIN DU SPOILER] Bien sûr, il n’est pas nécessaire que les personnages soient attachants pour qu’un livre soit bon, et le narrateur fait plusieurs remarques sur l’attitude de Maurice qui font acquiescer vigoureusement le lecteur ! Mais ici, j’aurais aimé apprécier le « héros » ; [SPOILER] on peut dire que la fin est un peu une sorte de rédemption pour lui : il est tombé amoureux d’un inférieur, et l’amour fait de cet homme un être qui lui est supérieur, montrant ainsi que les classes sociales ne veulent rien dire sur la valeur des êtres [FIN DU SPOILER]. Ce qui m’a surtout fait tiquer, c’est le personnage de Clive. Le changement qui s’opère chez lui à un moment donné m’a semblé très bizarre, et très improbable : [SPOILER] est-ce parce qu’il ne pouvait pas avoir de véritable relation avec Maurice ? Se pensait-il gay parce qu’il se sentait proche des Grecs anciens et de leur philosophie de vie ? Etait-ce juste une lubie ? On ne décide pas d’être homosexuel ou non, [FIN DU SPOILER] je n’ai vraiment pas compris sa situation et ce qui lui arrive !

J’ai adoré la fin [SPOILER] j’étais si contente que ce soit une fin heureuse ! [FIN DU SPOILER]. C’est en lisant ce genre de livres que le lecteur se rend compte qu’il a de la chance de vivre à une époque où il est permis à deux personnes de même sexe de s’aimer, comparé à l’époque de l’auteur. Forster dédiait ce livre à « a happier year », une année plus heureuse. Bien sûr, dans certains pays, cet amour est encore interdit ; donc l’année est plus heureuse, mais ce n’est pas encore LA plus heureuse.

 

Donc, une bonne lecture, et un livre que je relirai sans doute. Je regarderai le film, en espérant qu’il soit bon !

 

A Separation de Katie Kitamura

Posté : 15 février, 2018 @ 11:00 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : ContemporaineA Separation

Editeur : The Clerkenwell Press

Année de sortie : 2017

Nombre de pages : 229

Titre en français : Les pleureuses

Synopsis : This is her story.

About the end of her marriage.

About what happened when Christopher went missing and she went to find him.

These are her secrets, this is what happened …

A young woman is separating from her faithless husband. For the moment they agree to keep it a secret. When he goes missing in a remote region in the rugged South of Greece, she reluctantly agrees to go look for him, still keeping their split to herself. In her heart, she’s not even sure if she wants to find him. As her search comes to a shocking breaking point, she discovers she understands less than she thought about the man she used to love.

A searing story of intimacy and infidelity, A Separation lays bare what divides us from the inner lives of others. With exquisite precision, Katie Kitamura propels us into the mesmerising story of a woman on the edge.

 

Avis : Depuis sa sortie, une amie me conseille de lire A Separation ; je me suis enfin lancée !

J’ai été surprise de voir ses notes assez faibles sur Goodreads et Livraddict, parce que j’ai beaucoup aimé ce livre ! Le titre est clair : il est question d’une séparation. Christopher et sa femme sont séparés ; il lui demande de n’informer personne pour l’instant, ce qu’elle accepte de faire. Il part en Grèce sans informer la narratrice – son épouse – et est porté disparu peu de temps après. Elle est envoyée par sa mère pour le retrouver, et le ramener en Angleterre. Le lecteur a accès aux pensées de la narratrice, à ses questionnements sur Christopher, à ses hypothèses sur où il se trouve, et sur ce qu’il fait en Grèce. Pour autant, on ne connaît jamais son nom, ce qui en fait soit un personnage effacé, soit un personnage auquel le lecteur peut facilement s’identifier. Elle est assez passive, obéit aux autres sans prendre vraiment de décision seule. En fin de compte, [SPOILER] elle n’est jamais vraiment libre, jamais vraiment débarrassée de « l’influence » de Christopher, de la présence, même minime, de ses parents. [FIN DU SPOILER] Elle est coincée dans une vie dont elle ne veut pas, avec un secret dérangeant qu’elle ne peut pas/plus révéler.

Ce livre se lit vite, il est bien écrit, agréable, excepté une chose : l’abondance de virgules qui donne un flot de paroles continu. J’avoue que je n’aime pas trop cela, c’est sans doute la raison pour laquelle ce livre n’est pas un coup de cœur. De nombreuses réflexions se trouvent ici, à propos du mariage, de l’amour, de l’infidélité, mais aussi des apparences et du deuil. Grâce à Christopher et le livre qu’il écrit, le lecteur a accès à certaines traditions grecques : ici, les pleureuses. Je pensais que ce métier n’existait plus de nos jours : je le trouve fascinant. Dans l’édition française, il est d’autant plus mis en avant qu’il constitue le titre du livre ; [SPOILER] il permet aussi de montrer la difficulté pour la narratrice de faire son deuil, à cause de son statut au moment de la mort de son mari ; elle aurait presque besoin de pleureuses elle aussi. [FIN DU SPOILER] L’auteur dépeint la Grèce d’une manière différente de ce dont j’ai l’habitude : pas comme un beau pays, plein de vie, de fleurs, un souvenir de la Grèce antique. La narratrice est une touriste, mais elle ne vient pas pour des vacances, et elle ne se trouve pas dans une grande ville : elle voit l’envers du décor, la vraie vie dans une petite ville en proie aux incendies. Cela mène à des réflexions sur les touristes, leur façon de réduire un pays à un lieu de vacances idyllique, à y appliquer leurs préjugés sans rien savoir vraiment de la réalité de la vie là-bas. J’ai noté pas mal de citations : elles sonnaient vraies, comme si l’auteur avait compris et révélé quelque chose au lecteur, comme si elle lui avait donné les mots qu’il ne pouvait pas trouver seul.

A propos de la fin, que je ne veux pas vous spoiler : [SPOILER] J’étais un peu déçue que l’enquête ne soit pas résolue : j’aurais vraiment aimé savoir qui a tué Christopher ! Je suspecte Maria : elle aurait pu le tuer parce qu’elle savait qu’elle ne pouvait pas l’avoir pour elle seule, ou par vengeance, parce qu’il l’a séduite et abandonnée. Ce peut être la raison pour laquelle elle se dispute avec Stefano, qui désapprouve son acte. Cela explique aussi la réaction de Stefano face à la narratrice et aux parents de Christopher. [FIN DU SPOILER]

 

Donc, une très bonne lecture, un choix assez différent des romances « obligatoires » pour la Saint Valentin !

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