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Archive pour le 5 novembre, 2017

The Lost Landscape: A Writer’s Coming of Age de Joyce Carol Oates

Posté : 5 novembre, 2017 @ 6:19 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Mémoire The Lost Landscape

Editeur : Fourth Estate

Année de sortie : 2015

Nombre de pages : 353

Titre en français : Paysage Perdu, publié aux éditions Philippe Rey

Synopsis : A momentous memoir of childhood and adolescence from one of the world’s finest and most beloved writers.

In The Lost Landscape, Joyce Carol Oates vividly re-creates the early years of her life in New York State, powerfully evoking the romance of childhood and the way it colours everything that comes afterwards. From her first friendships to her first experiences with death, The Lost Landscape is an arresting account of the ways in which Oates’s life and writing were shaped by early childhood and a tough rural upbringing.

In this candid and moving recounting of her early years, Oates explores the world through the eyes of her younger self and reveals her nascent experiences of wanting to tell stories about the world and the people she meets. Oates renders her memories and emotions with exquisite precision – to transport the reader to the lost landscape of the writer’s past but also to the lost landscapes of our own earliest, and most essential, lives.

 

Avis : J’ai lu quelques romans de Joyce Carol Oates, et, comme Nonfiction November commence, je me suis dit que ce pouvait être intéressant de me tourner vers ces œuvres de non-fiction. Et je me suis aussi dit que, peut-être, cela pouvait m’aider pour le mémoire. Et puis, j’avais envie de découvrir autre chose d’elle, parce que je deviens clairement obsédée par son œuvre !

Difficile de décrire mon expérience de lecture ici ; à la fin, je me sentais vide, comme si le livre m’avait absorbée, puis recrachée. J’ai du mal à commencer, parce que je sais que je ne vais pas tout à fait rendre justice à The Lost Landscape. Mais j’ai envie de tenter. Ici, Joyce Carol Oates raconte – ou plutôt réinvente, comme elle le dit elle-même – son enfance et son adolescence à la ferme de ses grands-parents, des immigrés hongrois qui ne parlent pas, ou peu, anglais. Par la suite, elle nous parle aussi de son passage à l’université, et sa vie avec son mari ; donc, le mémoire déborde sur sa vie d’adulte. J’ai l’impression qu’avec ce livre, il est possible de découvrir de nombreux thèmes souvent présents dans les romans – que j’ai lus – de l’auteur. La violence est présente dans la vie de l’auteur dès son plus jeune âge, pas à cause des personnes avec lesquelles elle vit, mais dans la famille qu’elle n’a pas connue, son grand-père biologique, tué dans un bar ; mais aussi, à cause de son voisinage, notamment avec la famille Judd. Elle se poursuit par la suite, quand elle vit à Chicago avec son mari pendant les émeutes des années 1960 notamment ; ici arrive également le racisme, déjà présent pendant la période à l’université, côte à côte avec le sexisme – le passage de la soutenance m’a tellement exaspérée ! Mais le « thème » principal du mémoire reste l’enfance, et notamment ce que l’auteur appelle la « romance » de l’enfance : son amour pour ses parents, Fred et Carolina Oates. Grâce à eux, elle est capable d’analyser la mentalité de l’Amérique à l’époque : l’homme doit toujours être prêt au combat, il ne doit jamais reculer, doit toujours faire preuve de force, ne jamais paraître faible, et donc, ne jamais pleurer ; la femme, quant à elle, n’est pas vraiment écouter, un peu effacée, un peu à l’écart. La religion est également évoquée ici : elle donne lieu à quelques réflexions très intéressantes. D’autres sujets sont abordés : l’inceste, le suicide, l’amitié – comme je me suis reconnue dans ces passages ! –, l’amour – j’ai été touchée par la sensibilité de l’auteur quand elle parle de son mari, le fait qu’elle ne veuille pas en parler, parce qu’il n’y a pas de mots pour décrire son amour ; l’amour qu’elle porte à sa sœur est également très touchant, et tellement triste … -, la solitude - et surtout la différence entre aloneness et loneliness -, la santé ainsi que l’argent aussi, notamment quand l’auteur raconte la période de l’université : les élèves ne pouvaient pas échouer, sans quoi ils ne pouvaient pas poursuivre leurs études ; ils devaient réussir, parce qu’ils payaient l’université, et parce que l’échec n’était tout simplement pas une option. L’argent est également évoqué parce que l’auteur vivait dans un milieu relativement pauvre, très loin de l’univers de ses amies de lycée ou de fac. Ce mémoire provoque donc différents types d’émotions chez le lecteur : indignation, tristesse, joie. C’est sans doute la raison pour laquelle je me sentais vide à la fin : j’ai eu l’impression d’accompagner l’auteur tout le long du livre, d’avoir ressenti tout ce qu’elle a vécu, jusqu’à la fin. Il sera difficile de concurrencer The Lost Landscape : c’était tellement intense, tellement intéressant !

En fait, je me suis sentie en phase avec l’auteur, je me suis reconnue dans pas mal de situations, ainsi que dans pas mal de réflexions. Je ressentais la même chose qu’elle, ses idées étaient en accord avec les miennes. J’ai même eu l’impression que l’auteur était capable d’exprimer des choses que je ne savais pas dire moi-même, ce qui est un sentiment formidable pendant une lecture, comme une révélation : on se comprend grâce à l’auteur, grâce à son expérience, qui résonne avec la nôtre. C’était tout le contraire quand j’ai lu M Train de Patti Smith ; j’ai comparé mes lectures, étant donné que ce sont deux mémoires. The Lost Landscape est pour moi parfait, il me correspond, il m’apprend des choses sur moi, sur les autres, sur la société américaine de l’époque (un peu d’histoire en quelque sorte) ; je n’étais pas du tout sur la même longueur d’ondes que l’auteur de M Train, ce qui m’a profondément déçue, puisque je me souvenais encore vivement de ma lecture de Just Kids. Petit point sur l’écriture de Joyce Carol Oates : je l’adore dans les romans de l’auteur, et c’est toujours le cas dans ses non-fictions ! On retrouve plusieurs réflexions sur l’écriture de soi, parsemées dans le livre, ainsi que sur le regard de l’écrivain sur la vie. La postface explique également les choix de l’auteur concernant les noms utilisés, les passages sautés, ce qu’elle dit et ce qu’elle ne dit pas, ce qu’elle met en valeur, et ce qu’elle laisse un peu de côté. Elle explique qu’on ne peut écrire sur soi sans réinventer en partie sa vie : cela rend le livre d’autant plus authentique pour moi.  

 

Donc, un excellent mémoire, qui nous en apprend beaucoup à la fois sur l’auteur, sur la société et sur nous-mêmes. Evidemment un coup de cœur, que je relirai sans doute.

 

 

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