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I found myself in Wonderland.

Thérèse Desqueyroux de François Mauriac

Classé dans : Avis littéraires — 22 octobre 2017 @ 17 h 11 min

Genre : Classique Thérèse Desqueyroux

Editeur : Le Livre de Poche

Année de sortie : 2010 [1927]

Nombre de pages : 148

Synopsis : Pour éviter le scandale et protéger les intérêts de leur fille, Bernard Desqueyroux, que sa femme Thérèse a tenté d’empoisonner, dépose de telle sorte qu’elle bénéficie d’un non-lieu. Enfermée dans sa chambre, Thérèse tombe dans une prostration si complète que son mari, effrayé, ne sait plus quelle décision prendre. Doit-il lui rendre sa liberté ? Dans ce livre envoûtant, François Mauriac a réussi un fascinant portrait de criminelle.

 

Avis : Relecture ici, pour un cours sur les fait-divers. J’avais aimé ce livre la première fois que je l’avais lu, et je savais déjà que j’apprécierai ma lecture.

J’ai lu Thérèse Desqueyroux pour la première fois pour les cours également, en Première il me semble et, depuis, ce livre est resté dans un coin de ma tête, j’y pensais sans y penser. Il avait laissé une marque, que je ne comprenais pas vraiment. A la fin de la relecture, je me suis dit que c’était en fait Thérèse qui m’avait marqué, son refus de vivre comme la société lui dit de vivre, son refus, en quelque sorte, du sexisme ambiant, même si elle est tout de même complice quand il s’agit d’empêcher Anne d’épouser celui qu’elle aime. Thérèse est terrifiante pour l’époque, parce qu’elle est destinée à être libre. Elle se sent monstrueuse, parce que différents scénarii lui passent par la tête pour parvenir à cette liberté, mais aussi parce que la société et la famille la jugent monstrueuse. En effet, elle a tenté d’empoisonner son mari, Bernard, pour, pensent-ils, être la seule propriétaire des pins. De plus, c’est une mauvaise mère, elle n’aime pas son enfant, alors qu’elle aurait dû, comme toutes les femmes, ressentir, à la vue de l’enfant, l’instinct maternel. Elle ne pense qu’à elle-même, égoïste et égocentrique, incapable de penser aux autres. Mais pourquoi n’en aurait-elle pas le droit, alors que les hommes, eux, le peuvent ? C’est pour ces raisons que j’ai toujours eu de la sympathie pour Thérèse, depuis la première lecture jusqu’à maintenant ; et pour ces raisons aussi que j’ai toujours détesté les autres personnages, Bernard, Anne, la belle-mère, le père de Thérèse. Bernard, d’abord, ce mari inutile, incompréhensif, incapable de faire découvrir l’amour à sa femme, qui comprend qu’elle ne sera jamais heureuse avec lui, qu’elle ne découvrira jamais la volupté, la vraie, et non la lutte que lui offre son mari quand il l’a décidé. Et voilà la bêtise des mariages arrangés ; et on s’étonne que les femmes rêvent d’amour, et non de leurs maris ! Anne, quant à elle, est plus ambivalente. J’ai commencé par l’apprécier. Puis, voyant ce que pensait vraiment Jean Azévédo d’elle, elle m’a agacée, et j’ai fini par la mépriser, comme Thérèse qui, clairement, était jalouse de son bonheur, jalousie qui disparaît quand elle comprend que celui-ci n’est en fait qu’une illusion ! Malheureuse parce que rejetée, elle se tourne vers les enfants, qui comblent son énorme besoin d’amour. Elle représente ainsi la jeune fille qui a complètement abandonné toute idée de fuite, de liberté, l’idée d’une autre vie, celle que Thérèse rêve de posséder. La belle-mère, elle, a pris la place de sa propre belle-mère au sein de la famille ; elle semble n’avoir jamais rêvé d’une autre vie, ou peut-être a-t-elle abandonné, comme sa fille après elle. Elle semble détester Thérèse pour son « hypocrisie », pour le fait qu’elle ait été gentille avec elle, alors qu’elle préméditait d’empoisonner son fils. Et le père, alors là … Sa fille n’est rien pour lui ; ce qui compte, c’est le nom, la réputation. Sa vie, ce qu’elle ressent, tout le monde s’en fiche. Elle ne compte pas. Mais quel bon père !!

J’ai aussi beaucoup aimé l’écriture de François Mauriac ; Thérèse Desqueyroux est le seul livre de l’auteur que j’ai lu, et j’ai vraiment très envie de découvrir d’autres œuvres, notamment Le Nœud de vipères, qui se trouve dans ma PAL depuis deux ans. J’aime sa façon d’utiliser les mots, sa façon de nous donner accès aux pensées de Thérèse, sa façon d’utiliser le discours indirect libre parfois, sa façon aussi de réutiliser un fait-divers pour le rendre fictif, pour faire de la criminelle son personnage, pour se réapproprier l’affaire en la faisant coller à la personnalité de Thérèse. La fin est assez abrupte, mais agréable à la fois pour le personnage principal et pour le lecteur.

 

Donc, une très bonne relecture, un personnage que j’aime beaucoup, une écriture agréable.

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