Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Archive pour le 24 juillet, 2017

Hiroshima mon amour de Marguerite Duras

Posté : 24 juillet, 2017 @ 11:54 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Contemporaine, Drame Hiroshima mon amour

Editeur : Folio

Année de sortie : 2015 [1960] 

Nombre de pages : 155

Synopsis : LUI : Tu n’as rien vu à Hiroshima. Rien.

ELLE : J’ai tout vu. Tout … Ainsi l’hôpital je l’ai vu. J’en suis sûre. L’hôpital existe à Hiroshima. Comment aurais-je pu éviter de le voir ?

LUI : Tu n’as pas vu d’hôpital à Hiroshima. Tu n’as rien vu à Hiroshima …

ELLE : Je n’ai rien inventé.

LUI : Tu as tout inventé.

ELLE : Rien. De même que dans l’amour cette illusion existe, cette illusion de pouvoir ne jamais oublier, de même j’ai eu l’illusion devant Hiroshima que jamais je n’oublierai. De même que dans l’amour.

 

Avis : J’avais été très déçue au début de l’année par ma lecture de L’Amant de Marguerite Duras. Je me suis dit qu’il fallait retenter le coup : ma sœur m’a prêté Hiroshima mon amour, qu’elle a beaucoup aimé !

J’ai bien aimé !! J’étais tellement contente en le finissant de voir que je m’étais, en quelque sorte, réconciliée avec l’auteur ! Ce n’est pas un coup de cœur, mais c’est une lecture qui vaut le coup, et qui donne envie de regarder le film ! Ici, le lecteur lit, d’une certaine façon, le scénario du film réalisé par Alain Resnais ; étant donné la forme, il est un peu plus difficile de ressentir l’émotion que l’on ressentirait à la lecture d’un roman à proprement parler ; il est aussi plus difficile d’entrer dans l’histoire, surtout que l’auteur nous fait un résumé au début pour que l’on comprenne. Les surprises n’en sont alors plus, et le lecteur sait à quoi s’attendre. Malgré cela, j’ai bien compris l’intensité de l’histoire : une jeune femme superpose deux amours, l’un à Nevers, l’autre à Hiroshima, deux villes touchées et alors rapprochées par la guerre. Tous deux sont condamnés et ne mèneront à rien : [SPOILER] la jeune fille est tombée amoureuse d’un officier allemand pendant la Seconde Guerre mondiale, ce qui va faire tomber le déshonneur sur elle et sa famille une fois la guerre terminée. La scène de la mort de l’officier est touchante, et, en l’imaginant à l’écran, je me suis dit que, bien joué, elle doit retourner les tripes du spectateur. A travers cet amour entre un Allemand et une Française, est brisé le manichéisme du monstre allemand et de la victime française. [FIN DU SPOILER] Elle est amenée à parler de cet amour au Japonais qu’elle a rencontré, et avec qui elle entretient une très brève liaison. Elle repart le lendemain, donc, cette histoire ne devrait pas avoir d’importance. Et pourtant, à travers leur histoire personnelle, on sent la résurgence de la grande Histoire, on sent comme elle donne de la valeur à ces amours, comme elle les porte et leur donne une signification particulière. Rien que dans le premier dialogue, quand elle lui dit avoir tout vu d’Hiroshima et qu’il dément, on sent que la ville est plus que simplement une ville dans laquelle se trouve une Française et un Japonais dans une chambre d’hôtel ; c’est un endroit qui rappelle l’inhumanité des hommes, un endroit qui s’est relevé du pire, qui sent toujours la mort, que l’on ne peut, encore maintenant, dissocier de la mort. Et cette mort rappelle, en quelque sorte, la mort du premier amour. A la fin, on comprend que les villes, par le choc qu’elles ont occasionné dans la vie des personnages, deviennent des façons de les désigner ; le choc les a façonnés, les a rendus tels qu’ils sont aujourd’hui.

Les appendices permettent de lire avec plus de détails, et à travers les yeux de la femme, l’épisode de Nevers. Cela permet de mettre des images sur des scènes desquelles les personnages parlent rapidement. Ils sont assez émouvants, malgré leur aspect décousu. Le livre se conclut sur les portraits respectifs du Japonais et de la Française.

 

Donc, une bonne lecture, qui m’a donné envie de découvrir le film ! Un bel entrelacement de l’histoire personnelle et de la grande Histoire !

Le Poison d’amour d’Eric-Emmanuel Schmitt

Posté : 24 juillet, 2017 @ 12:13 dans Avis littéraires | 2 commentaires »

Le Poison d'amour Genre : Contemporaine

Editeur : Le Livre de Poche

Année de sortie : 2016 [2014]

Nombre de pages : 163

Synopsis : Comment éviter les désastres affectifs que les parents affichent au quotidien ? Enfants hier encore, quatre adolescentes sont liées par un pacte d’amitié éternelle. Elles ont seize ans et sont avides de découvrir le grand amour. Chacune tient un journal dans lequel elle livre son impatience, ses désirs, ses conquêtes, ses rêves. Au lycée, on s’apprête à jouer Roméo et Juliette, tandis qu’un drame, aussi imprévisible et fatal que le dénouement de la pièce, se prépare. « Si tu ne m’aimes plus, c’est que tu ne m’as jamais aimé. »

 

Avis : Après l’échec de L’Elixir d’amour, j’ai quand même voulu retenter avec le dernier tome de la duologie, Le Poison d’amour, histoire de voir si l’auteur se rattrapait.

Eh bien, non. Je ne sais pas si c’est parce que, maintenant, j’ai des a priori sur l’auteur, ou si c’est parce que c’est vraiment mauvais, mais j’ai détesté. Un peu moins que le premier tome, c’est vrai, mais quand même. Le seul point positif pourrait être la couverture : je trouve qu’elles sont jolies pour cette duologie. Pour le reste, tout m’a agacé ! On suit quatre adolescentes à travers leurs journaux intimes et quelques conversations. Le livre est aussi une réécriture de Roméo et Juliette, notamment parce que c’est la pièce que les lycéens vont jouer. Comme dans le premier tome, les journaux des jeunes filles ne sont pas datés, ce qui fait que le lecteur n’a pas de notion du temps qui passe, excepté grâce à la représentation théâtrale qui a lieu au milieu de l’année scolaire. Ces journaux, en plus d’être perdus dans le temps, ne m’ont pas semblé « réalistes » du tout. Quelle ado de 16 ans utilise le mot « débâcle » ou s’exclame « Qu’ai-je ? », même à l’écrit ? Certains termes ne sont pas du tout appropriés pour le sujet : l’écriture est trop mature, surtout que les filles dépeintes ici ne le sont absolument pas ! Les relations entre ces filles, d’ailleurs, sont représentées de façon assez malsaine : elles sont en constante compétition, elles ne parviennent pas à se réjouir pour leurs amies et sont clairement poussées par l’envie. Cela, ainsi que certaines de leurs réflexions, les rendent particulièrement agaçantes ! Réflexion particulière agaçante que TOUTES se font : on ne devient une femme qu’une fois qu’on a perdu sa virginité. D’accord. C’est quand même plus complexe que ça il me semble. Etre femme ne se résume pas à « l’avoir fait » ! C’est tellement réducteur !! On peut avoir perdu sa virginité et toujours être une gamine – tant d’exemples existent !! - ; on peut être vierge et être mature, adulte.

On va commencer par Julie : rien que par son prénom, elle est prédestinée à jouer Juliette. Elle semblait, au tout début, plus mature que les autres, en tout cas, à travers les yeux de ses amies ; mais le lecteur se rend compte qu’elle n’a qu’une seule chose en tête : sa pièce de théâtre. Elle se fiche de tout le reste, de tout ce qui se trouve autour d’elle, ce qui la rend insensible, et donc assez insupportable aux yeux du lecteur. Elle a une réflexion qui m’a fait hausser les sourcils : elle propose Raphaëlle pour jouer Roméo, et dit que ce n’est pas important d’embrasser une fille, ça n’a aucune conséquence, puisque c’est une personne de son sexe. J’ai trouvé cela un peu limite, et peu cohérent avec la fin. Raphaëlle, quant à elle, est la seule ado à laquelle j’ai pu m’identifier. Bonne élève, la bonne copine par excellence, elle est peut-être celle qui est la moins hypocrite du groupe, même si son côté fouineuse la rend elle aussi agaçante. Mais j’ai trouvé son personnage un peu stéréotypé : parce qu’elle est bonne élève, et bonne copine, elle a des traits masculins. Un peu réducteur – à moins que je ne sois devenu anti-Schmitt et que je n’arrive plus à apprécier ce qu’il écrit ! Colombe est un peu la bimbo par excellence, la fille très belle, qui ne pense qu’au moment où elle va perdre sa virginité et donc, devenir une femme. Elle devient ensuite très libre, pense à plusieurs garçons à la fois, comme si c’était ça l’amour, comme si c’était facile d’aimer, comme si on pouvait passer de sa façon d’être au début du livre à ce qu’elle est à la fin : cela prend, normalement, des années, pas six mois ! Enfin, Anouchka. Elle fait carrément une liste de ses amies, et détermine qui a le plus de chances de le faire avant qui. Et sa façon d’être avec sa mère parce que ses parents divorcent. Mais quelle image …

J’ai vu venir la fin – et je m’étais spoilée en lisant la dernière phrase ! -, je me doutais qu’il allait se passer un truc de ce genre. On atteint alors les sommets du harcèlement entre amies, de la violence entre filles, de la relation amie/ennemie.

 

Donc, la duologie de Schmitt n’était vraiment pas faite pour moi ! Je vais tenter de l’oublier le plus rapidement possible !

 

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