Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Vathek de William Beckford

Classé dans : Avis littéraires — 10 juillet 2017 @ 18 h 30 min

Genre : The Castle of Otranto, Vathek & Nightmare AbbeyClassique, Fantastique

Editeur : Wordsworth Editions

Année de sortie : 2009 [1786]

Nombre de pages : 81

Synopsis : The Gothic novel, featuring dark tales of tragedy, romance, revenge, torture and ancient villainies, tinged with horror and the supernatural, became the vogue in the late eighteen and early nineteenth centuries. This unique collection presents the best and the most diverse of this fascinating genre. [...]

In Vathek William Beckford developed the form further, introducing Orientalism to the Gothic mix of horror and mystery, creating the finest European imitation of the Arabian Nights.

[...] This fantastic collection runs the gamut of Gothic fiction, presenting an entertaining and a thrilling overview of the genre.

 

Avis : J’ai poursuivi ma lecture des romans présents avec The Castle of Otranto.

Je ne sais pas si on peut vraiment parler de roman pour Vathek, puisqu’il est sous-titré « conte arabe ». On retrouve certains aspects de ce type de conte : le lecteur suit un prince riche, beau et intelligent ; sa mère veut le voir dominer le monde, et son peuple l’adore. Jusque là, tout va bien. Mais ce prince, Vathek, veut plus que le pouvoir sur le monde : il veut s’asseoir sur les trônes des rois préadamites, ceux qui vivaient avant la création de l’homme. Il veut être tout puissant, ce qui va le pousser à renier sa religion et son prophète, l’Islam et Mahomet, pour servir le Giaour, un démon qui lui ouvrira les portes de l’Enfer s’il fait tout ce qu’il lui demande. Je dois dire que Vathek est assez agaçant : très influençable, il obéit à sa mère et au Giaour, mais il a des crises de révolte pendant lesquelles il demande à Mahomet de le sauver, sans jamais faire ce qui doit être fait pour être pardonné. Il semble clairement coupable d’hybris, un orgueil démesuré. Le lecteur ne sait pas trop ce que veut vraiment Vathek ; en effet, c’est sa mère, Carathis, qui désire entrer en Enfer, parce qu’elle est une disciple d’Eblis. Elle pratique la magie noire tout le long du conte, et apporte énormément d’éléments gothiques au roman, notamment les scènes de sacrifice, les momies, la magie. C’est une sorcière plus qu’une princesse, et elle se sert de ses pouvoirs pour pousser son fils vers le trône des rois préadamites. J’ai aimé cet ajout de l’orientalisme, qui rend le conte original par rapport aux autres romans gothiques ; il est dit que Vathek est la meilleure imitation de conte arabe réalisée en Europe, et il est vrai que le lecteur est transporté dans l’univers que l’auteur crée autour de ses personnages. L’histoire, elle aussi, m’a intéressée : le prince veut être damné en quelque sorte, parce qu’il pense qu’il sera alors maître du monde et de l’Enfer en plus, qu’il siègera aux côtés d’Eblis – un démon qui a refusé de se prosterner devant Adam -; il se rend compte que trop tard de ce qu’il a souhaité.

Mais, malgré le petit nombre de pages, j’ai parfois trouvé le conte long. J’avais du mal à rester intéressée tout le temps, et les divagations des personnages, la façon qu’a Vathek de tout le temps changer d’avis, m’ont agacée. Parlant de Vathek, les personnages, comme dans The Castle of Otranto, sont très stéréotypés. Autant cela ne m’a pas gênée dans le roman précédent, autant j’ai trouvé cela pesant ici. Enfin, l’image de la femme est déplorable : toutes sont soit des sorcières, soit des tentatrices. Carathis est la sorcière par excellence, celle qui est prête à tuer n’importe qui pour entrer en Enfer auprès d’Eblis. Une des femmes du prince, Dilara, - parce que, logiquement, dans les contes arabes, les princes sont polygames – est liée aux Magi, sans doute des femmes liées à la magie noire, et elle désire plus que tout régner auprès de Vathek à Istakar. Enfin, Nouronihar, promise à son cousin Gulchenrouz, le laisse complètement tombée pour tomber dans les bras du Calife, qu’elle voulait s’amuser à séduire. Ainsi, les femmes dans ce conte sont-elles versatiles, séductrices et mauvaises. Enfin, j’ai parfois eu l’impression d’une parodie de conte arabe, sans savoir exactement si c’était mon imagination, ou si, effectivement, l’auteur se moque un peu du genre.

La fin est, encore une fois, tragique et à peu près tous les personnages sont punis.

 

Donc, un conte gothique plutôt original dans sa façon d’imiter un conte arabe, mais que je n’ai pas su apprécier à cause d’une impression de longueur, et de l’image de la femme qu’il donne.

Pas de commentaire »

Pas encore de commentaire.

Flux RSS des commentaires de cet article.

Laisser un commentaire

 

Baseball fans gather zone |
Eaudefiction |
Ici même |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Kpg1221gpk
| Elenaqin
| la saltarelle des baronnes