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I found myself in Wonderland.

The Castle of Otranto d’Horace Walpole

Classé dans : Avis littéraires — 9 juillet 2017 @ 10 h 28 min

Genre : Classique, Fantastique The Castle of Otranto, Vathek & Nightmare Abbey

Editeur : Wordsworth Editions

Année de sortie : 2009 [1764]

Nombre de pages : 95

Synopsis : The Gothic novel, featuring dark takes of tragedy, romance, revenge, torture and ancient villainies, tinged with horror and the supernatural, became the vogue in the late eighteen and early nineteenth centuries. This unique collection presents the best and the most diverse of this fascinating genre. In Horace Walpole’s The Castle of Otranto, often regarded as the first true Gothic romance, we have a template for such works, which other writers adopted and adapted. WIth its dark cruelties and fiercely passionate dramas, the power of Walpole’s prose remains magically potent today.

[...] This fantastic collection runs the gamut of Gothic fiction, presenting an entertaining and a thrilling overview of the genre.

 

Avis : Comme je vais étudier le gothique l’année prochaine, je me suis dit que ce serait peut-être bien de lire quelques œuvres classiques du genre, et The Castle of Otranto est considéré comme le premier roman gothique !

C’était donc un plaisir de le découvrir, puisqu’il fixe déjà quelques règles du genre : le château hanté, et même, la demeure vivante en quelque sorte ; les manifestations fantomatiques ; l’inceste ; le roi qui devient tyran, dirigé par ses passions et qui, pourtant, semble avoir un bon fond ; la prophétie, qui pousse le roi à tout faire pour que sa lignée ne s’éteigne pas ; les morts tragiques. J’ai aussi retrouvé certains aspects de contes de fées, notamment la reconnaissance de l’héritier à la fin, ou le coup de foudre de la princesse pour l’héritier au premier regard, alors qu’elle ne sait pas encore qui il est. Bien sûr, c’est un conte de fées qui tourne très mal. Ce livre, comme la plupart des œuvres gothiques, est fait pour faire frissonner le lecteur, pour provoquer l’émotion aussi, notamment dans plusieurs scènes dramatiques ; le sachant, je ne pensais pas que cela marcherait sur moi, et pourtant, ce fut le cas ! Je m’attendais aussi à trouver une écriture peut-être difficile à lire – The Castle of Otranto date quand même de 1764 – mais pas du tout ; c’est très agréable à lire ! Certes, il y a quelques traces d’ancien anglais, du genre « thou », « thy », ou l’ajout de « st » à la fin des verbes à la troisième personne, mais ça ne gêne pas du tout la lecture ! 

Je me suis un peu renseignée avant de lire The Castle of Otranto, et j’ai vu qu’il était possible d’avoir deux interprétations du livre : soit c’est une histoire sérieuse, conservatrice, qui met en valeur la place de la noblesse dans la société, la nécessité pour elle de retrouver ce qui lui est dû, et la punition de ceux qui s’y opposeraient, des usurpateurs ; soit c’est une histoire absurde, controversée, qui tourne en ridicule le fait que la pureté de la noblesse ait un lien avec une supériorité divine. Il est difficile de choisir une interprétation définitive, mais, j’ai lu The Castle of Otranto comme une œuvre sérieuse. En effet, Manfred et sa famille sont punis pour avoir usurpé le château d’Otranto à son héritier légitime ; de plus, les manifestations fantomatiques font forte impression sur les domestiques et sur la famille de Manfred : elles sont toujours gigantesques, et il est impossible à quiconque de s’opposer à elles. La seule chose qui contrecarre l’interprétation sérieuse est le ridicule des personnages parfois, notamment le père d’Isabella et Theodore. J’ai aussi lu que ce texte pouvait être rapproché d’Hamlet, et je suis tout à fait d’accord ! Malgré le fait que j’ai beaucoup aimé ma lecture, The Castle of Otranto ne peut pas être un coup de cœur pour plusieurs raisons : une certaine misogynie, sans aucun doute due à l’époque, mais qui m’agace tout de même – j’ai aussi eu l’impression qu’elle était soutenue par un personnage féminin, Hippolita, ce qui était encore plus agaçant -, une présence excessive de la religion, ce qui est un trait caractéristique de certaines œuvres gothiques – mais, encore à cause d’Hippolita, la religion devenait assez agaçante -, l’instalove, ou deux personnages qui viennent à peine de s’apercevoir tombent éperdument amoureux l’un de l’autre, des personnages très stéréotypés, comme le prince caché de qui on découvre l’identité à la fin, ou la princesse qui veut aller au couvent, mais qui rencontre le prince et qui tombe amoureuse de lui au premier regard. Comme ils sont stéréotypés, ils ne sont pas très développés, ni très « réalistes » : Manfred, par exemple, le roi devenu tyran, n’est pas un personnage manichéen, mais il se laisse tellement guidé par ses passions qu’il finit par demander l’inacceptable à la fiancée de son fils et à sa propre femme. Il se laisse régulièrement attendrir par certains personnages, ce qui leur évite la mort. De plus, Manfred est sujet à l’hybris, c’est-à-dire l’excès d’orgueil. Il insulte un représentant de Dieu et lui ordonne de faire des choses contraires à son éthique religieuse ; se plaçant ainsi, en quelque sorte, au-dessus de Dieu, il doit se repentir ou en payer les conséquences. La reine Hippolita est assez agaçante, parce que c’est typiquement le genre de reine complètement dévouée et soumise à son mari : il peut faire ce qu’il veut d’elle, elle lui obéira en tout. Elle a influencé en cela sa fille Matilda, qui veut entrer au couvent parce qu’elle ne ressent pas d’amour, et veut donc se tourner vers Dieu. Seul le personnage d’Isabella s’oppose à Manfred et refuse de se soumettre. Autres personnages : Theodore, ou l’archétype du héros parfait et frère Jérôme, qui tente de faire comprendre au roi qu’il prend une mauvaise décision, et qui se retrouve lui-même dans une situation difficile entre ses choix religieux et ses choix personnels.

La fin est tragique, comme elle doit l’être dans ce genre de romans. Elle clôt très bien le livre !

 

Donc, une très bonne lecture ; j’ai apprécié voir les différentes règles du gothique mises en application ici !

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