Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

American Gothic de Xavier Mauméjean

Classé dans : Avis cinématographiques — 19 juin 2017 @ 11 h 58 min

Genre : Historique, FantastiqueAmerican Gothic

Editeur : Alma (Pabloïd)

Année : 2013

Nombre de pages : 402

Synopsis : Hollywood à l’heure du mccarthysme. Des enquêtes s’entrecroisent autour d’un mystérieux auteur de contes et légendes urbaines, chefs-d’œuvre d’un nouvel art brut. Jack L. Warner, le puissant patron de la Warner Bros., veut supplanter son rival Disney. Il décide d’adapter pour le grand écran Ma Mère l’Oie, un recueil de contes, anecdotes et légendes urbaines dont les Américains raffolent. Warner ordonne qu’on enquête sur l’auteur, un certain Daryl Leyland. La mission est confiée à l’un des obscurs scénaristes qui attendent la gloire : Jack Sawyer. A lui de « nettoyer » la biographie de Leyland, rectifiant tout ce qui heurterait le conformisme moral et politique. American Gothic voyage à travers les Etats-Unis et leur histoire à la recherche de Daryl, ce génial gamin triste de Chicago, et de son complice le dessinateur Van Doren. Xavier Mauméjean fait revivre la prodigieuse inventivité d’une jeune nation en train de se forger sa propre mythologie, au prix de souffrances laissées dans l’ombre.

 

Avis : Ce livre m’a été prêté il y a un moment maintenant, et mon tirage au sort m’a fait tomber dessus !

J’étais assez intriguée par ce qui est appelée ici « mythologie américaine« . C’est en effet l’histoire d’un pays jeune qui se crée ses propres mythes à partir de l’œuvre d’un homme mystérieux, Daryl Leyland. Tout commence quand Jack L. Warner décide d’adapter Ma Mère l’Oie au cinéma. Avant de faire quoi que ce soit, il demande à un « nettoyeur » de découvrir la vie de l’auteur, et d’effacer tout ce qui ne conviendrait pas. Jack Sawyer est alors chargé de l’enquête. Le livre est en fait écrit par François Parisot, le traducteur français de Ma Mère l’Oie, qui semble avoir fait une enquête sur l’enquête ou, en tout cas, avoir recueilli tous les documents pour rendre compte de son propre parcours : il voulait traduire l’œuvre en français pour la faire découvrir dans son pays. On sait dès le début qu’il a rencontré des obstacles et que la traduction n’a pas paru. Le livre part de la décision de Warner de tourner Ma Mère l’Oie jusqu’aux remerciements de François Parisot à ceux qui l’ont aidé à publier ce livre, qui n’est donc pas celui qu’il espérait. Déjà rien que dans ce petit résumé, on comprend la complexité de l’intrigue, et donc, la confusion possible pour le lecteur.

Le livre se concentre sur la vie de Daryl Leyland, personnage imaginaire ayant compilé des contes, anecdotes ou petites histoires qu’il a publié sous le titre Ma Mère l’Oie. Pour le lecteur français, cela résonne avec Perrault, Grimm, et donc, contes pour enfants. Mais, à la lecture de certains contes, ou quand certains personnages se réfèrent à eux, le lecteur comprend que la violence sous-jacente semble supérieure à celle des contes que nous connaissons, et surtout, qu’elle envahit la vie réelle. Les lecteurs ne font plus la différence entre fiction et réalité, ce qui mène à des drames, comme le meurtre de la petite Patocki, ou l’espèce de court-métrage filmé avec les enfants Sand. Malgré toute cette violence, étrangement, je n’ai rien ressenti à la lecture, ce qui m’a gênée : j’ai eu l’impression de complètement passer à côté du livre et de son intérêt.

La vie de Leyland est très étrange, et laisse le lecteur dubitatif à de nombreuses reprises. En effet, les témoignages recueillis se contredisent, présentant tour à tour un homme étrange mais inoffensif et un homme redoutable, capable de rendre fou grâce aux mots. Ce qui est certain, c’est que la souffrance est omniprésente dans la vie de Leyland, que ce soit lui qui la subisse ou lui qui l’inflige. Selon Jack Sawyer ou François Parisot, cela explique la souffrance que l’on trouve dans les contes. Les enfants, innocents, sont des proies faciles, et, au cours de la lecture, il est dit que Leyland voulait les prévenir de la cruauté du monde grâce à ses contes. Ainsi les contes viennent-ils de choses qu’il vit, d’anecdotes qu’on lui raconte. Ces histoires sont illustrées par Maxime Van Doren, un garçon qui semble perdu, sans aucune intelligence, et qui, pourtant, est considéré comme un génie. Mais ces illustrations, au lieu d’être féériques et belles, semblent plutôt terrifiantes, dignes d’un film d’horreur, surtout quand on nous explique que les yeux sont rayés. Sa vie est également racontée, puisqu’elle est liée à celle de Leyland. Elle finit de manière étrange !

J’ai aimé découvrir un peu l’Histoire de l’Amérique, notamment du point de vue des studios de cinéma et de l’influence progressive de la télévision. Il me semble que les seuls personnages inventés sont Leyland et Van Doren ; tous les autres sont réels. On retrouve notamment L. Frank Baum, auteur de The Wonderful Wizard of Oz que j’ai lu il y a peu ! On parle aussi de politiciens, notamment McCarthy. J’ai aimé découvrir la querelle entre Disney et Warner, même si elle s’efface rapidement derrière la biographie de Leyland. Ce que j’ai particulièrement apprécié est la réflexion sur le lien entre création et créateur ! La création n’appartient pas à son créateur ; ce n’est pas lui qui est important dans l’appréciation de son œuvre, ce que l’auteur nous prouve par des allusions à des statues ou œuvres sans auteur qui nous font tout de même ressentir quelque chose, un plaisir esthétique particulier.

La fin est aussi étrange que le reste du livre, en raison du mélange réalité/fantastique. Le livre s’achève sur la mort de Leyland, et l’impossibilité de publier une traduction en français de Ma Mère l’Oie. J’ai quitté le livre assez confuse, ne sachant pas quoi penser. Et je ne sais toujours pas après cette chronique !

 

Donc, un livre qui me laisse perplexe, qui m’a appris des choses mais que j’ai trouvé étrange.

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