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I found myself in Wonderland.

Lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke

Classé dans : Avis littéraires — 16 juin 2017 @ 13 h 26 min

Genre : ClassiqueLettres à un jeune poète

Editeur : GF

Année de sortie :2011 [1929] 

Nombre de pages : 151

Synopsis : En 1903, Rainer Maria Rilke entame une correspondance avec un jeune homme de vingt ans, Franz Kappus, élève d’un établissement militaire, qui lui a envoyé ses premiers essais poétiques. Plusieurs lettres suivront, que Kappus publiera en 1929, trois ans après la mort de Rilke.

Ces textes sont devenus immédiatement célèbres et comptent parmi les plus beaux de Rilke ; au fil du temps et des réponses, ils composent une superbe méditation sur la solitude, la création, l’amour, l’accomplissement de l’être.

A la suite de ce recueil, d’autres lettres ont été ajoutées, adressées à Lou Andreas-Salomé, Friedrich Westhoff et Clara Rilke. Elles continuent de parler « de la vie et de la mort, et de ceci que l’une et l’autre sont grandes et magnifiques. »

 

Avis : J’ai tellement entendu parler de ce livre, que j’avais peur de le lire et de ne pas aimer ! Mais je me suis finalement dit que je ne saurais jamais si je ne le lisais pas !

Rilke répond ici aux lettres d’un jeune poète de vingt ans, Kappus, qui les publiera après la mort de l’écrivain. Ici, il nous expose son point de vue sur la création qui requiert une solitude qui m’a semblé abyssale et effrayante. Elle n’admet personne, pas même les personnes très proches. La création demande l’enfermement dans un monde intérieur dans lequel personne ne peut entrer, et que personne ne doit interrompre. Le créateur devrait donc vivre en ermite quand il est en phase de création. Même si je sais que c’est inévitable, j’ai vraiment du mal avec cette idée. Certes, la solitude permet de se (re)trouver soi-même, son monde, ses idées, le fait de ne pas être interrompu permet une fluidité et une unité ; mais imaginer un monde où il faudrait rejeter ses proches, et donc les faire souffrir, parce que son propre monde est plus important me semble cruel. Et pourtant, je me rends compte que je le fais aussi parfois : je m’enferme pour me (re)trouver, pour vivre un peu en moi-même, et pas à l’extérieur, dans la société, percluse de conventions. Il parle aussi de l’amour, impossible aux jeunes gens parce qu’ils ne sont pas complets ; et je suis d’accord. Il faut d’abord apprendre à s’aimer soi-même avant de tenter d’aimer quelqu’un d’autre. Comment s’offrir pleinement quand nous ne sommes pas complets ? On peut aussi se créer ensemble, se compléter tout en vivant côte à côte. Il mentionne le mariage, qui formalise l’amour ou tente de le sauver alors que ce n’est pas possible. La mort est également évoquée, mais juste une phrase, reproduite dans le synopsis. La difficulté de vivre en créant est presque insupportable, comme le poids de la création elle-même, qui élève le créateur en l’isolant des autres, et en le faisant souffrir.

 

Donc, de belles réflexions profondes et que l’on ne peut reconnaître que comme vraies, qui font réfléchir le lecteur. Un livre à relire.

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