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I found myself in Wonderland.

Contes d’amour de folie et de mort d’Horacio Quiroga

Classé dans : Avis littéraires — 2 mai 2017 @ 13 h 38 min

Contes d'amour de folie et de mort Genre : Conte, Nouvelle

Editeur : Points

Année de sortie : 1995

Nombre de pages : 187

Synopsis : Grand précurseur du genre fantastique latino-américain, conteur exceptionnel, Horacio Quiroga a laissé une œuvre considérée comme l’un des fleurons d la littérature de langue espagnole. Ecrits entre 1907 et 1917, ces Contes d’amour de folie et de mort, cruels et hallucinés, ne sont pas sans rappeler certaines histoires d’Edgar Allan Poe. Mais la magie de Quiroga tient surtout à sa transposition de la violence et de la mort dans l’enfer vert des Misiones, territoire situé aux confins de l’Argentine et de l’Uruguay.

 

Avis : Toujours dans l’optique d’un week-end prolongé, je me suis dit qu’un recueil de contes/nouvelles serait plus facile à lire qu’un roman.

J’ai eu raison en un sens : je ne pouvais lire que pendant de courtes périodes, donc les petits contes étaient souvent lus d’une traite, sans nécessité de s’arrêter ; c’est mieux, puisque le lecteur est pris au fil de l’histoire, et que couper le suspense de la nouvelle l’aurait rendue moins attrayante et moins surprenante. En effet, la plupart de ces nouvelles / contes surprennent le lecteur de la pire manière possible : on commence bien avec « La poule égorgée » ! Des indices de ce qui va arriver sont présents, mais lisibles qu’une fois la fin découverte – c’est ma deuxième lecture de ce conte, donc je savais à quoi m’attendre, même si le choc n’en est pas moins rude ! Quelle cruauté, et quelle façon de manier l’horreur ! Quelle brusquerie lors de la chute ! Celles-ci se retrouvent dans la plupart des autres nouvelles. Chacune comporte une sorte de leçon, ou propose au lecteur une réflexion, ici, dans la première nouvelle, sur la façon de traiter ses enfants.  »Les bateaux suicides » m’a moins touché après le choc de la première histoire, tant que je n’en garde pas un grand souvenir, juste une impression de brume et de lavage de cerveau sur les marins, pris de folie, incapables de comprendre ce qu’ils font. « Le solitaire » a eu le même effet que « La poule égorgée » : je ne m’attendais pas du tout à ça ! C’est l’histoire d’une femme qui ne cesse d’en demander plus à son mari ; celui-ci fait tout ce qu’il peut pour la satisfaire tant il l’aime. Encore ici, une sorte de leçon : la folie guette toujours, même ceux qui y semblent le moins enclins ! Quant à « L’oreiller de plumes« , je l’avais déjà lu à deux reprises avant cette lecture, donc je savais, encore une fois, à quoi m’attendre ; il n’empêche qu’elle reste une des nouvelles qui me fait le plus peur parmi toutes celles que j’ai lues, y compris en comptant celle de Poe ! L’ambiance est gothique et froide au possible, on sent le conte de fées revisité de manière horrifique ; la fin est affreuse !! Rien que de l’imaginer en en parlant, j’en ai des frissons ! « La mort d’Isolde » n’est pas une histoire horrifique, mais plutôt le retour d’un homme sur une histoire d’amour. Résignation, déception, réalisation que l’on a fait une erreur, impossibilité d’un retour en arrière : le lecteur se retrouve face à une histoire passée qui ne peut pas revivre, ce qui laisse un goût d’amertume et de tristesse. « A la dérive » est sans doute la plus courte nouvelle du recueil avec « L’oreiller de plumes » : tout arrive très vite, le personnage n’a pas le temps de réagir. S’imaginer ce qui lui arrive donne des frissons, tout comme la fin …  »L’insolation » se détache par rapport aux précédentes, car le lecteur se trouve avec le point de vue d’animaux qui parlent, des chiens qui tentent de sauver leur maître. La représentation de la mort dans cette nouvelle est saisissante : elle se présente sous nos traits, sans que nous puissions la voir, alors que les animaux, eux, la sentent, la voient, et peuvent difficilement faire quoi que ce soit contre elle. Dans « Les barbelés« , le lecteur se retrouve avec le point de vue de chevaux qui voient un taureau détruire, une énième fois, l’avoine d’un homme. La fin est, encore une fois, affreuse à imaginer, sanglante à souhait ! « Les tâcherons » traite de la résignation, mais dans un sens différent : les personnages tentent de s’échapper, et le lecteur espère qu’ils y parviendront. L’injustice est aussi flagrante dans cette nouvelle, tout comme dans « Yaguaï » ! Quelle déception de lire la fin après tant d’épreuves ! « Les pêcheurs de grumes » est la nouvelle qui m’a le moins intéressé : elle traite de la récupération de bois le long de la rivière par les habitants pour les revendre sous forme de meubles. La fin est assez ironique, ce qui est agréable. Quant à la nouvelle appelée « Le miel sylvestre« , elle est au même niveau qu’ »A la dérive » : espoir suivi de dégoût et de frissons face à la situation ! Quiroga excelle au maniement de l’horreur et de l’ironie du sort ! « Notre première cigarette » n’est pas effrayante, mais traite de la façon qu’ont les enfants de percevoir et de se venger. A la fin, le lecteur se dit que c’est bien fait pour l’adulte malgré la cruauté de l’enfant et le danger dans lequel il s’est mis ! « Une saison d’amour » est, comme son nom l’indique, centrée sur l’amour entre deux personnages, Nébel et Lidia. Leur amour est pur et beau, mais le jeune homme a peur qu’il soit souillé par la mère, qui a des intentions plutôt obscures. Au fil des saisons et des années, l’histoire que vivent les deux personnages évolue : ils se perdent de vue, se retrouvent, mais leur amour est-il possible ? La fin est assez frustrante ! Enfin, la dernière nouvelle, « La méningite et son ombre », est agréable à lire, [SPOILER] et la seule qui finisse bien ! [FIN DU SPOILER] Elle est rafraîchissante après ces horreurs et ces déceptions dans les nouvelles précédentes !

 

Donc, un recueil de nouvelles prenant, surprenant, qui entraîne le lecteur dans les histoires que l’auteur nous raconte, et qui lui laisse souvent un goût amer.

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