Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

The French Lieutenant’s Woman de John Fowles

Classé dans : Avis littéraires — 8 février 2017 @ 16 h 23 min

Genre : Historique, Classique The French Lieutenant's Woman

Editeur : Pan Books

Année de sortie : 1987

Nombre de pages : 399

Titre en français : Sarah et le lieutenant français

Synopsis : ‘Anyone who enjoys 19th century fiction will be engaged by this novel, a kind of love story set in 1867, written in the style of an uncensored and emancipated Thackeray … Fowles has found a way, in this tour de force, to emulate the great Victorians, to supplement them without patronage’ TIMES LITERARY SUPPLEMENT

‘A brilliant success … it is a passionate piece of writing ass well as an immaculate example of storytelling’ FINANCIAL TIMES

‘A remarkable performance … as gripping as The Collector and The MagusOBSERVER

‘A masterly novel … a deeply thought, meticulously researched story of what it is like to defy the social tyrannies of the 1860s’ DAILY MAIL

‘A remarkable novel … very readable and entertaining, well written and well planned’ LONDON STANDARD

‘Compulsively readable … One doubts if this recreation of life in Victorian England could have been presented in a more dramatic or effective way’ IRISH TIMES

‘A splendid, lucid, profoundly satisfying work of art, a book which I want almost immediately to read again’ NEW STATESMAN

 

Avis : J’ai suivi le conseil d’une amie pour ce livre !

Comme vous le voyez plus haut, le synopsis de cette édition n’est pas un synopsis, mais les éloges reçus par le livre dans la presse. Résultat : je ne savais que ce que mon amie m’avait dit, que c’était une réécriture d’un roman d’amour à l’époque victorienne. Je n’ai pas lu de résumé sur Internet, et ai préféré entrer dans l’œuvre directement. Sauf que je m’attendais à lire l’histoire de cette femme et du lieutenant français, et pas la vie de Sarah après sa rencontre avec cet homme. J’ai donc été un peu déçue quand j’ai constaté mon erreur ; de plus, la mise en place est un peu longue. J’avais envie d’une lecture plus  »dynamique ». En fait, je n’ai pas aimé l’intrigue en général : une histoire d’amour autour d’une femme marginale, étrange, que l’on n’arrive pas à cerner, à comprendre. Ce que j’ai vraiment aimé, en revanche, c’est l’écriture de l’auteur ! Agréable à lire, mais surtout un peu comme celle de Dickens dans le style : un peu ironique, un peu d’humour par-ci par-là, un jeu de l’auteur qui entre dans son livre, qui se met même en scène ! J’ai aussi aimé les réflexions que l’écrivain soulève : la comparaison entre l’époque victorienne et la nôtre, ce qui nous permet d’en apprendre beaucoup sur la première, et de voir la seconde de façon différente, la question de la femme, de la sexualité, du mariage, les digressions sur la fiction en elle-même, la vie des personnages, si l’écrivain les contrôle ou pas, s’il peut faire ce qu’il veut de l’histoire ou si celle-ci émerge et il doit la retranscrire telle qu’elle apparaît. L’auteur tente aussi de comprendre ses propres personnages, d’expliquer leurs pensées, leurs manières d’être. J’ai préféré ces passages à l’histoire principale, qui m’a semblé un peu fade au début, pour se pimenter au milieu et à la fin, sans devenir exceptionnelle.

Concernant les personnages, j’ai un avis assez mitigé sur Sarah. Elle est l’héroïne sans qu’on entre jamais vraiment dans sa tête, contrairement à Charles, Ernestina ou Sam. Elle reste mystérieuse, on ne connaît pas vraiment ses intentions. Je l’ai d’abord trouvée sympathique, elle me faisait un peu mal au cœur, et elle était différente des héroïnes de romans victoriens habituels : apparemment libre, un peu sauvage, marginale, incomprise, timide, et en même temps prête à s’affirmer., mélancolique Puis, elle m’a agacée : ses intentions sont floues, elle semble tourner en rond, ne pas vouloir avancer, vouloir stagner dans son erreur, dans sa tristesse, comme si elle voulait qu’on la plaigne. A la fin, je ne sais toujours pas qu’elles étaient ses véritables buts, si elle est perverse ou désespérée, si elle était sincère ou manipulatrice, ce qui est assez troublant. Quant à Charles, il est l’incarnation du Victorien. Il porte le nom de deux hommes illustres de cette époque : Dickens et Darwin, auxquels l’auteur, ou le personnage lui-même, fait référence. Je n’ai pas réussi à m’attacher à lui, et c’est sans doute à cause de la période historique dans laquelle il est placé : il est misogyne, incapable de croire qu’une femme puisse être comme Sarah ; il les voit toutes comme des sortes d’objets qui restent à la maison, qui ne pensent pas à des choses sérieuses. Mais j’ai tout de même aimé la façon dont il se découvre au fil du roman : il se comprend, se rend compte de ses erreurs, de sa façon insupportable de vivre selon les conventions et non selon ce qu’il veut. A une autre époque, il aurait pu être un personnage plus agréable sans doute ! Ernestina est peut-être pour quelque chose dans sa manière de voir les femmes : éduquée selon la période, ses intérêts sont centrés sur le mariage, la maison, le titre qu’elle peut obtenir, et pas sur des considérations sérieuses, comme la science, ou autre. Elle peut paraître artificielle, mais elle est parfois attachante – agaçante aussi. Elle semble fragile, mais j’ai eu l’impression que c’était une facette. Dans tous les cas, elle aime le tragique et respecter les conventions comme il se doit, même si cela tourne au ridicule. Sam, le domestique de Charles, est lui aussi plutôt attachant : il est aux ordres de son maître, mais il veut mener sa propre vie, ce que les aristocrates ne semblent pas comprendre à l’époque. Il passe aux coups bas quand Charles a dépassé les bornes, sans s’en rendre compte. D’autres personnages se trouvent dans le livre, comme Mary, que j’ai apprécié, Aunt Tranter, l’incarnation de la bonté, Mrs. Poulteney, son inverse parfait !, Mrs. Fairley, qui convient très bien à sa maîtresse par sa mesquinerie, Dr. Grogan, qui pense avoir cerné Sarah et sème le doute à la fois dans l’esprit de Charles et dans celui du lecteur, Montague, que j’ai apprécié, même s’il apparaît tardivement.

La fin est assez confuse, parce qu’elle semble être le paroxysme du jeu de l’écrivain avec ses personnages et son lecteur. Il semble qu’il y ait deux fins – et même trois en un sens – mais la première est invalidée par l’auteur, qui explique qu’elle est trop facile. J’ai aimé cette façon de jouer avec la fiction jusqu’à la fin !

 

Donc, une bonne lecture, mais surtout pour l’écriture et les réflexions et jeux de l’auteur pendant tout le roman !

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