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L’Origine de la violence de Fabrice Humbert

Classé dans : Avis littéraires — 26 janvier 2017 @ 15 h 29 min

L'Origine de la violenceGenre : Contemporaine

Editeur : Le Livre de Poche

Année de sortie : 2010

Nombre de pages : 343

Synopsis : Lors d’un voyage scolaire en Allemagne, un jeune professeur découvre au camp de concentration de Buchenwald la photographie d’un détenu dont la ressemblance avec son propre père le stupéfie et ne cesse de l’obséder. Ce prisonnier, David Wagner, est en fait son véritable grand-père. Peu à peu se met en place l’autre famille, la branche cachée, celle dont personne chez les Fabre n’évoque l’existence … Au cours de sa quête, le jeune homme comprend qu’en remontant à l’origine de la violence, c’est sa propre violence qu’on finit par rencontrer …

 

Avis : Je devais lire ce livre pour les cours, et, vu le sujet, je m’attendais à vraiment aimer !

Cette lecture est une déception. Le sujet est très intéressant : la quête de l’identité à travers la découverte d’un grand-père complètement inconnu découvert sur une photo dans le camp de concentration de Buchenwald. Cela me semblait vraiment passionnant, une enquête menée de longue haleine dans laquelle on découvre une vie au milieu de l’enfer. Donc, du côté du sujet, aucun problème. C’est la façon de raconter, le style qui ne vont pas du tout, en tout cas, qui ne m’ont pas plu du tout. J’ai trouvé que cela alourdissait considérablement l’histoire, et la rendait même pénible à lire : le lecteur n’a pas l’impression d’un roman mais d’un documentaire. J’ai décroché de nombreuses fois et je n’ai pas du tout réussi à m’attacher à quelque personnage que ce soit ! Je me faisais l’impression d’une insensible, alors que je suis capable de pleurer sur certaines pages ! De plus, les réflexions sur l’identité, sur les origines, sur la relation entre la violence et la peur, sur les camps de concentration et leur lien avec le narrateur auraient pu être passionnantes. J’ai trouvé cela vraiment dommage ! Aussi, la famille Fabre et ses considérations bourgeoises m’ont aussi agacée : c’est un monde clos, dans lequel il n’est facile d’entrer que si l’on possède un laisser-passer social acceptable. Une famille de cadres, qui m’a parue bien arrogante. Néanmoins, j’ai appris pas mal de choses sur le camp de Buchenwald, même si je connaissais déjà les Koch et les pratiques médicales. J’ai aussi aimé le format de l’enquête, avec les entrevues, les témoignages qui s’ajoutent, et finissent par compléter l’histoire de David.

Le narrateur est un professeur de français dans un lycée franco-allemand, comme l’auteur lui-même, ce qui peut pousser le lecteur à faire un rapprochement entre les deux. Malgré le fait que le livre soit écrit de son point de vue, je n’ai pas réussi à m’attacher à lui, comme à tous les autres. J’étais détachée du personnage, pas du tout impliquée dans ce qu’il me racontait. Persuadé que sa violence lui vient du passé de ses ancêtres, le narrateur, un jour, tombe sur cette photo à Buchenwald, et sur cet homme qui ressemble tant à son père : cela déclenche l’enquête menée, les questions, et la compréhension de cette part d’ombre en lui. Il tente de se détacher de cette histoire qui est la sienne sans l’être sans y parvenir, puisqu’il finit par éprouver de la sympathie pour un homme qu’il ne connaîtra jamais, et même à le considérer comme son grand-père au détriment de celui qu’il a toujours appelé ainsi. David Wagner est l’énigme à résoudre, celui que le narrateur cherche à connaître. Je ne vais pas trop vous en raconter sur lui, au cas où vous liriez le livre. Adrien Fabre, le père du narrateur, est, quant à lui, très effacé, comme absent de la vie, comme s’il n’avait pas trouvé son identité, ce qui le fait ressembler à son fils, qui, lui, tente à tout prix de retrouver ses origines pour être « présent » et pour être lui-même. D’autres personnages se trouvent dans ce livre, comme Marcel Fabre, le grand-père « adoptif », celui qui semble si froid, Natasha, une mère qui tente de faire en sorte que ses enfants acquièrent un niveau social plus élevé, admirable, Virginie, symbole de beauté et d’amour, Clémentine, complètement effacée et qui, pourtant, veut être aimée plus que tout par celui qu’elle adore, Sophie, que j’ai plutôt apprécié, mais aussi tous les nazis dont le narrateur retrouve la trace en découvrant l’histoire de son grand-père, les Koch, Sommer, mais surtout Erich Wagner.

La fin achève de nous faire découvrir l’histoire dans son entièreté. On revient une ultime fois sur le cœur du sujet avant d’achever. Une fin un peu étrange, que je n’ai pas vraiment appréciée.

 

Donc, la déception d’une histoire au potentiel énorme portée par un style lourd, et qui rend même la lecture pénible parfois. Vraiment dommage !

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