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I found myself in Wonderland.

A la recherche du temps perdu, tome 6 : Albertine disparue de Marcel Proust

Classé dans : Avis littéraires — 19 décembre 2016 @ 20 h 40 min

Albertine disparue Genre : Classique

Editeur : Folio

Année de sortie :2015 

Nombre de pages : 273

Synopsis : « Mademoiselle Albertine est partie » ! Comme la souffrance va plus loin en psychologie que la psychologie ! Il y a un instant, en train de m’analyser, j’avais cru que cette séparation sans s’être revus était justement ce que je désirais, et comparant la médiocrité des plaisirs que me donnait Albertine à la richesse des désirs qu’elle me privait de réaliser, je m’étais trouvé subtil, j’avais conclu que je ne voulais plus la voir, que je ne l’aimais plus. Mais ces mots : « Mademoiselle Albertine est partie » venaient de produire dans mon cœur une souffrance telle que je sentais que je ne pourrais pas y résister plus longtemps. Ainsi ce que j’avais cru n’être rien pour moi, c’était tout simplement toute ma vie.

 

Avis : Le cinquième tome m’a moins plu que les autres, j’avais un peu peur que celui-ci fasse pareil, puisqu’il est encore centré sur le même sujet, la jalousie du personnage envers Albertine.

Eh bien, j’avais raison ! Albertine disparue m’a encore moins plu que La Prisonnière. Le thème central est toujours la jalousie, le personnage est toujours aussi paranoïaque, et contradictoire surtout ! Il aime, il n’aime plus, il croit quelqu’un, il ne le croit plus, il veut savoir, il ne veut pas savoir. Cet aspect du livre m’a agacée : le personnage est tellement velléitaire ! Le lecteur a parfois envie de le secouer ! Et la pauvre Albertine, qui se voyait acceptée puis rejetée plusieurs fois à la suite, a décidé de partir. J’ai trouvé que le personnage principal tournait en rond, confronté à quelque chose qu’il ne veut pas comprendre, et qui, il en est certain, va s’arranger rapidement. On retrouve d’autres personnages, mais cela reste assez annexe par rapport à Albertine et au personnage principal. L’écriture est toujours aussi agréable, j’aime toujours autant : l’auteur sait parfois décrire des choses évidentes, mais pour lesquelles nous n’avons pas de mots. Pour la couverture, je me suis imaginée Albertine de cette façon tout le long du livre !

Concernant les personnages, comme je l’ai dit, le principal m’a agacée. Il est incapable de prendre une décision, incapable de comprendre ce qu’il ressent, confond l’amour et l’indifférence, semble vivre dans une tragédie au lieu de vivre dans la vraie vie ! Il ne profite jamais parce qu’il pense toujours à des plaisirs non accessibles, ou qui ne l’intéressent pas vraiment une fois atteints. Quant au narrateur, il juge sa conduite avec indulgence, et anticipe encore sur la suite en faisant au lecteur de petites allusions sur des révélations futures. Albertine, comme elle est partie, est plus effacée ici et vue, bien sûr, qu’au travers des yeux du narrateur / personnage, qui ne la comprend pas, et ne fait qu’imaginer ce qu’elle peut ressentir. C’est un personnage ambivalent que le lecteur finit par apprécier tant elle est malmenée ! Aussi, le personnage découvre des choses qui éclaire Albertine, qui la rende peut-être plus compréhensible, et qui montre qu’elle devait souffrir auprès du héros. D’autres personnages se trouvent dans ce livre, mais bien moins importants que les autres : comme la mère du personnage principal, toujours en deuil de sa mère, et dont le héros se souvient avec tendresse ici ; Robert de Saint-Loup, sur qui l’on apprend des choses auxquelles on ne s’attendait pas ; M. de Charlus, trop peu présent à mon goût, et qui vieillit (bien sûr) au fil du temps ; Oriane de Guermantes, toujours duchesse et toujours aussi encline à critiquer les autres, même ses amis décédés les plus chers ! ; Gilberte Swann, ou l’incarnation de l’ingratitude faite fille ; Andrée, ou la fille qui oublie son amie plus vite que son ombre ; Françoise, la domestique de la famille du personnage principal, toujours aussi bien décrite dans sa façon d’haïr et d’aimer à la fois.

La fin semble montrer l’incapacité – encore plus grande que dans les autres livres – du héros à écrire et même ici, à faire fonctionner son imagination. Il comprend aussi pourquoi ses deux histoires d’amour principales n’ont pas fonctionné et se demande comment serait sa vie s’il avait été plus perspicace. Il me semble que le dernier tome est centré sur l’écriture, ce qui opérera un changement de sujet assez radical avec ce volume !

 

Donc, le tome de la Recherche que j’ai le moins aimé, même si l’écriture est toujours aussi bonne.

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