Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Bleak House de Charles Dickens

Classé dans : Avis littéraires,Coup de cœur — 6 décembre 2016 @ 21 h 38 min

Bleak House Genre : Classique

Editeur : Vintage

Année de sortie : 2008

Nombre de pages : 880

Synopsis : ‘Dickens’s chilling tale of murder and betrayal’ Sunday Times.

‘The one great principle of the English law is to make business for itself.’

Jarndyce and Jarndyce is an infamous lawsuit that has been in process for générations. Nobody can remember exactly how the cas started but many different individuals have found their fortunes caught up in it. Esther Summerson watches as her friends and neighbours are consumed by their hopes and disappointments with the proceedings. But while the intricate puzzles of the lawsuit are being debated by lawyers, other more dramatic mysteries are unfolding that involve heartbreak, lost children, blackmail and murder.

 

Avis : Je n’avais jamais lu Dickens avant de lire Bleak House, et, honnêtement, j’avais un a priori sur ce livre, comme sur l’auteur. J’avais peur de me retrouver face à un livre pénible et à une écriture trop solennelle.

Comme je me trompais ! Bien sûr, c’est une lecture très longue, mais tellement excellente que la longueur ne compte pas ! Elle ne m’a pas du tout dérangé ; en fait, j’ai ressenti quelque chose d’assez paradoxal en lisant : je voulais finir le livre pour pouvoir lire d’autres choses, et, en même temps, je ne voulais pas que l’histoire s’arrête tant je me sentais bien en la lisant. J’avais l’impression d’être chez moi, que l’œuvre était faite pour moi, et c’est un sentiment si merveilleux que je ne voulais pas que la lecture se termine. Plus objectivement, c’est vrai que Bleak House peut faire peur : 880 pages sur un procès avec un nombre de personnages impressionnant, il y a de quoi se perdre ! C’est une histoire qu’on ne comprend pas tout de suite, où l’on nous présente successivement beaucoup de personnages qui ne semblent pas avoir de liens entre eux ; mais – j’ai presque envie de dire bien sûr ! – les pièces du puzzle s’emboîtent parfaitement à la fin ! Aussi, ce n’est pas un roman fait d’action pure et d’adrénaline : ici, nous sommes plus face à une critique du système de la justice, de sa lenteur, de son indifférence, de sa capacité à faire traîner des affaires pendant très longtemps, tout en laissant l’espoir infime aux concernés qu’elles seront bientôt résolues. Cette critique est acerbe, ironique, faite avec humour, mais, derrière le rire, on peut sentir l’indignation pour un mécanisme qui joue avec les gens, les appauvrit et les fait ressortir de la Cour exsangues. Est aussi traité le thème de l’amour à travers différents couples que je ne nommerai pas – je ne voudrais pas vous gâcher les surprises potentielles. Il est parfois fait de passion, parfois fait de dévotion, et parfois juste un prétexte. Concernant l’écriture : elle est formidable, et je regrette vraiment de ne pas avoir osé lire Dickens avant ! Je ne m’attendais pas à cet humour, à cette ironie, et à cette poésie en même temps ! Le narrateur joue parfois avec le lecteur, il est parfois présent dans le texte pour faire des commentaires ; aussi, le récit est à la fois à la troisième et à la première personne : nous avons donc un narrateur qui nous raconte ce qu’Esther Summerson, elle aussi narratrice, ne sait pas. La voix du premier est celle qui est pleine d’humour, d’ironie et de poésie – j’aime notamment quand il se moque des personnages ridicules du livre ! – ; celle d’Esther est très différente, tout aussi agréable, mais d’une autre manière : c’est sa personnalité qui fait de son histoire un récit touchant et que l’on apprécie. Mention spéciale aux petites choses que j’ai particulièrement aimés dans le livre : l’allusion au vent, les nombreuses métaphores, la façon de décrire ou de présenter, le suspense qui se dégage aussi de l’écriture des deux narrateurs – qui anticipent parfois sur ce qui est déjà arrivé, ne laissant pas beaucoup d’espoir au lecteur. Enfin, j’aime la couverture du livre, qui fait allusion à un élément du texte qui semble sans grande importance, mais qui en a beaucoup pour le personnage concerné !

Esther est à la fois le personnage principal et la narratrice de sa propre histoire – comme je l’ai dit, un autre narrateur nous dit en parallèle ce que la jeune fille ne sait pas, ce qui fait que le lecteur en sait plus que les personnages, et se rend compte des choses avant eux ! Je me suis beaucoup identifiée à elle ; c’est aussi le genre d’héroïnes qui peut énerver certaines personnes. Elle est énormément reconnaissante et très dévouée à ses proches, ce qui fait qu’elle pense plus aux autres qu’à elle-même et qu’elle est prête à sacrifier son bonheur pour faire celui d’un autre. Elle peut paraître un peu naïve et fleur bleue ; elle est aussi lucide, et prend souvent les bonnes décisions. Elle est un peu le pilier de la vie de tous ceux qui se trouvent autour d’elle, sans s’en rendre compte, puisqu’ils sont les piliers de la sienne ! Je l’ai beaucoup aimée, même si j’avais parfois envie de lui ouvrir les yeux, ou de penser à elle. Aussi, elle est attachée à presque tous les personnages, et c’est aussi ce qui la rend touchante : elle les aide tous, souffre avec tous, et tente de tous les rendre heureux, avec plus ou moins de succès. J’ai aimé les surnoms qui lui sont donnés ! John Jarndyce est, quant à lui, un personnage agréable, que j’ai fini par adorer. Il est très mystérieux au début, on ne sait pas trop à quoi s’attendre [si vous ne voulez pas savoir, arrêtez de lire ce que je vais dire à propos de lui !] Il est un peu le symbole du père aimant et protecteur, capable de protéger des enfants qu’il ne connaît pas, de les accueillir chez lui, et de ne surtout pas vouloir qu’ils les remercient ! C’est lui qui fait toujours référence au vent : j’ai trouvé cela assez poétique, une manière de dire que quelque chose ne va pas ou va mal tourner sans le dire vraiment. Richard Carstone est peut-être le personnage que j’ai le moins apprécié parmi ceux qui sont le plus mis en avant : il est trop ambitieux, trop sûr de lui, trop certain d’avoir raison contre tous. Le lecteur est capable de sentir que quelque chose de mauvais va sortir de sa façon d’être. Ada, quant à elle, est un ange. C’est un soleil dans la vie des autres personnages, une sorte d’incarnation de la joie. Elle semble plus fragile qu’Esther, plus noble aussi – sans doute à cause de la façon dont la narratrice la traite. Il y a tellement de personnages que je ne peux pas parler de tous : mes préférés : Miss Flite, que j’ai trouvée touchante dans sa folie, George, une espèce d’ours qui se révèle avoir un cœur d’or,  Allan Woodcourt, un jeune homme parfait, que j’ai aimé découvrir, Charley, qui m’a fait mal au cœur à la première rencontre, et que j’ai été ravie de retrouver dans la position qu’elle occupe !, Candy, pour qui je ressens à peu près la même chose que pour Charley même si les deux jeunes filles sont très différentes ! D’autres personnages sont ridiculisés par les deux narrateurs : M. Guppy, dont je ne commenterai pas l’attitude, il suffit de voir les quelques scènes qui le concernent pour se rendre compte de quelle catégorie d’hommes il fait partie, ou M. Turveydrop, et d’autres ne peuvent tout simplement pas être aimé, : M. Tulkinghorn, un des personnages les plus cruels et les plus insensibles qu’il m’ait été donné de rencontrer ! Mention spéciale à Lady Dedlock, qui n’est pas du tout telle qu’on la considère au premier abord.

La fin, comparée à tout le livre, est plutôt riche en rebondissements et en « action ». Tout se passe plutôt rapidement, le lecteur peut ne pas s’y attendre, considérant la longueur du livre, et être emporté par les mots. J’ai aimé le dernier chapitre, qui dresse un bilan de la vie de tous après le roman ! C’est une fin complète, sans frustration, même si elle n’est pas sans tristesse.

 

Je suis donc ravie d’avoir découvert Dickens, son écriture est une de celles que je préfère. J’ai hâte de lire d’autres de ses œuvres ! Bleak House est un des meilleurs livres que j’ai lus !

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