Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

The Picture of Dorian Gray d’Oscar Wilde

Classé dans : Avis littéraires,Coup de cœur — 26 octobre 2016 @ 12 h 33 min

The Picture of Dorian Gray Genre : Classique

Editeur : Penguin English Library

Année de sortie : 2012

Nombre de pages : 231

Synopsis : A story of evil, debauchery and scandal, Oscar Wilde’s only novel tells of Dorian Gray, a beautiful yet corrupt man. When he wishes that a perfect portrait of himself would bear the signs of ageing in his place, the picture becomes his hideous secret, as it follows Dorian’s own downward spiral into cruelty and depravity.

The Picture of Dorian Gray is a masterpiece of the evil in men’s hearts, and is as controversial and alluring as Wilde himself.

 

Avis : J’ai lu ce livre il y a à peu près cinq ans, et je me souvenais avoir adoré ! Je me suis dit que ce serait sympa de le relire en VO – et je devais de toute façon le relire pour le mémoire !

D’abord, applaudissements pour la couverture, que je trouve très belle – comme à peu près toutes les couvertures des éditions Penguin English Library – et qui montre déjà, avec les plumes de paon, le jeu sur l’apparence qui va avoir lieu dans le roman. J’aime aussi la typographie choisie, que ce soit la police d’écriture ou la façon dont les chapitres sont présentés. Entrons dans le vif du sujet ! Qui, au moins une fois dans sa vie, n’a pas rêvé de rester jeune ? Qui n’a pas souhaité conserver sa beauté et sa fraîcheur ? C’est le souhait de Dorian Gray, qui se rend compte de sa beauté hors normes après que son ami Basil Hallward a peint un portrait de lui, mais surtout, après avoir été influencé par Lord Henry Wotton. Sa vie va alors prendre un chemin qu’elle n’était pas destiné à suivre, et le lecteur assiste à la chute graduelle d’une âme pure et innocente. Les thèmes principaux sont simples à déceler : l’importance que l’on accorde à l’apparence, à la jeunesse, destinée à se flétrir ; l’influence, qui est montrée ici sous un jour affreux, puisqu’elle est la cause de la corruption qui peu à peu va gangréner la vie de Dorian ; la débauche et la liberté, l’importance de faire ce qu’on veut quand on veut, et de ne pas se soucier du reste, de ne penser qu’au plaisir, et même, à son propre plaisir, sans penser aux conséquences pour les autres ; la force de l’art, sa capacité à représenter quelque chose de vivant, à prendre quelque chose à ce ou celui qui est peint, et, du côté de l’artiste, à donner aussi quelque chose de soi. J’ai adoré les passages où Basil Hallward parle de son art, ainsi que toutes les réflexions qu’on peut trouver dans le livre : elles rendent les personnages plus profonds, et soulèvent des idées intéressantes, même si ce ne sont pas les nôtres. Mais, ce que j’ai particulièrement aimé dans ce livre, c’est l’importance du portrait, et le fait qu’il devienne reflet. [Si vous n'avez pas lu et que vous voulez la surprise, ne lisez pas la suite jusqu'aux prochains crochets !] Le fait que ce tableau parfait devienne le miroir de l’âme même de Dorian, qu’il évolue au fur et à mesure que lui-même évolue, qu’il se corrompt quand Dorian reste éternellement jeune : j’ai adoré cette idée ! L’évolution du « héros » se fait à cause du portrait, tous ses choix sont tournés vers lui, et la peur que lui inspire la possibilité qu’il soit un jour découvert le rend tout à fait paranoïaque et le pousse à commettre des crimes impensables au début du roman. Sa montée dans l’horreur, et surtout, son indifférence totale fasse à ce qu’il fait et aux conséquences de ses actes m’ont laissé bouche bée. [fin du spoiler !!] J’ai aimé aussi la référence à Narcisse, jeune homme qui tombe amoureux de son reflet aperçu dans une étendue d’eau, et finit par s’y noyer. L’écriture d’Oscar Wilde est merveilleuse, elle m’a donné envie de lire ses autres œuvres, tout comme son imagination pour créer une histoire de ce genre.

Concernant les personnages, le lecteur peut avoir un avis très partagé à propos de Dorian Gray. Au début du roman, il le voit comme un éphèbe inconscient de sa beauté, et de l’attirance des autres pour lui, comme un enfant innocent qui n’a jamais conçu aucune pensée mauvaise. Au fil de son évolution, il grandit, devient plus adulte, mais aussi plus sombre. L’influence de Henry Wotton sur lui est dévastatrice ; on finit par ne plus le reconnaître. Il devient méprisant, indifférent, complètement extérieur à tout sauf à ses plaisirs ; ce qui le rend difficilement appréciable. [spoiler éventuel] Le fait que sa conscience le rappelle à l’ordre peut le rendre plus sympathique, ainsi que ses bonnes résolutions ; mais le lecteur comprend vite que ce n’est que de la poudre aux yeux, que rien ne le fera plus changer, qu’il est mauvais, et qu’il ne peut pas remonter la pente de l’innocence et de la vertu qu’il a descendu avec tant d’allégresse. Il mérite les tourments qui l’assaillent, et pourtant, il semble très facilement s’en défaire. [fin du spoiler éventuel] Lord Henry Wotton, quant à lui, est un personnage que je n’ai pas aimé du début à la fin. Il agit comme le démon qui veut tenter l’ange, mais, en réalité, il ne fait rien de ce qu’il préconise. Il fait le débauché, mais ne l’est pas ; il donne ses opinions, qui semblent très originales et controversées, mais il ne les met jamais en pratique. Il représente, pour moi, le comble de l’hypocrisie. S’il agit ainsi avec Dorian, c’est parce qu’il s’ennuie, et qu’il veut quelque chose de scandaleux à se mettre sous la dent. Basil Hallward, lui, m’a touché. Artiste, il a trouvé son idéal en Dorian, et le jeune homme fait de ses tableaux des chefs-d’œuvre, même quand il n’est pas pris pour modèle. Il est, en quelque sorte, le protecteur du « héros », un protecteur très susceptible d’être rejeté. [spoiler] Et quand ce rejet a lieu, la vie du peintre bascule, sans que Dorian s’en préoccupe. Ce qui arrive ensuite à Basil m’a horrifié : il est celui qui a révélé sa beauté au jeune homme, et il est remercié par un coup de poignard dans la carotide ! Et ce que Dorian fait ensuite de son corps !!!! Il est complètement irresponsable, et ne ressent plus aucun sentiment humain lors de cette scène. Selon lui, c’est lui-même qui souffre, et tout est de la faute de Basil ! [fin du spoiler] Viennent ensuite des personnages plus secondaires, comme Sybil Vane, une actrice prodige qui va connaître un destin aussi tragique que celui des héroïnes qu’elle joue – on comprend d’ailleurs ici l’impossibilité pour Dorian d’aimer quelqu’un de réel -, son frère James Vane, qui veut tout faire pour protéger sa sœur de l’influence des hommes, d’autres membres de l’aristocratie, ainsi que des personnages plus pauvres.

La fin est magistrale. C’est l’accomplissement de la chute, des tourments provoqués par la conscience, et [spoiler] la victoire de cette conscience sur la jeunesse et le vice. La vie reprend ses droits, et l’art retrouve sa pureté originelle. [fin du spoiler]

 

Donc, une excellente lecture, un vrai chef-d’œuvre qui nous présente la chute d’un jeune homme à cause de l’influence d’un homme qui s’ennuie.

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