Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Riquet à la houppe d’Amélie Nothomb

Classé dans : Avis littéraires — 29 septembre 2016 @ 21 h 16 min

Genre : ContemporaineRiquet à la houppe

Editeur : Albin Michel

Année de sortie : 2016

Nombre de pages : 188

Synopsis : « L’art a une tendance naturelle à privilégier l’extraordinaire. »

 

Avis : Ce livre me crie de le lire depuis un moment, je ne pouvais plus résister !

D’abord, cette couverture !!! Plus on avance, et plus j’ai l’impression qu’elles sont de plus en plus belles ! J’adore l’ambiance de celle-ci, le petit sourire, les couleurs aussi ! Le lecteur retrouve ici une nouvelle réécriture, cette fois de « Riquet à la houppe ». J’en ai déjà lu une de ce conte chez Pierre Dubois, et c’était la meilleure nouvelle de son recueil !! Ici, pas de comparaison possible il me semble : le genre n’est pas le même, et le conte réinventé est si différent chez les deux auteurs qu’elle ne semblerait pas pertinente – soit dit en passant, je n’ai toujours pas lu l’original de ce conte … Shame ! Certains aspects du conte sont repris – comme je ne l’ai pas lu, je ne peux pas être précise - comme les deux personnages. Ici, Riquet ne s’appelle pas Riquet, mais lui ressemble énormément. J’ai adoré lire son histoire, ainsi que celle d’un autre personnage – je ne donne pas les prénoms ici, toujours aussi originaux, je ne voudrais pas vous gâcher le plaisir de les découvrir ! On suit les personnages de leur naissance à la fin du roman : on passe donc par leur enfance, leur adolescence, leur début dans l’âge adulte ; j’ai aimé les suivre, m’attacher à eux. J’ai eu du mal avec la souffrance qu’ils sont obligés d’endurer : qu’elle vienne d’eux-mêmes ou de la réaction des autres, tant de rejet m’a touchée. On retrouve de nouveaux thèmes et de belles convictions ; les thèmes d’abord : la laideur, et la réaction à cette laideur, la contemplation et le très peu de place qu’on lui accorde dans nos sociétés, la cruauté des enfants et l’hermétisme des adultes pour des êtres qu’ils ne comprennent pas, l’intelligence que l’on ne suppose pas à l’enfant, et qui est présente ici, enfin, la beauté, comme un joyau précieux, que ce soit celle d’une personne, d’un bijou, d’un animal, d’un objet du quotidien qui apparaît quand on le regarde véritablement. Quant aux « convictions », si on peut les appeler ainsi : la supériorité des oiseaux, que j’ai aimés découvrir ici ; j’ai souvent songé à apprendre leur nom à tous, et finalement, j’ajoure toujours, il est peut-être temps de s’y mettre, leur liberté, leur différence fondamentale avec l’homme, leur caractère « sacré » – j’ai aimé que l’auteur nous parle de la place des oiseaux dans l’histoire et dans les religions – ; le fait que l’homme recherche avant tout l’utilité, ce qui place les oiseaux, – et dans ce cas aussi, la littérature, si l’on ne recherche que ce qui peut servir pratiquement – au rang de choses négligeables, l’homme a oublié que la vie ne tourne pas autour de l’argent et de l’utilité, il en vient à se foutre de la disparition de quoi que ce soit si cela ne lui est pas utile dans la vie … vive l’homme ! ; la place de l’amour dans la littérature, et le cas particulier des fins heureuses, j’ai aimé trouver ici l’opinion même de l’auteure, qui prend la parole explicitement à ce moment-là, et qui parle aussi un peu d’elle-même – j’avoue que j’étais impressionnée par ce qu’elle dit ! L’écriture est toujours aussi belle, poétique, peut-être moins cynique qu’à l’accoutumée ; j’ai souri, j’ai ri, j’ai acquiescé, j’ai été étonnée, j’adore !

Riquet (dont je ne donnerai pas le nom !) est un personnage attachant. D’apparence repoussante, et même manifestement monstrueux, il compense par son intelligence supérieure qui lui permet d’arriver à ses fins sans même que les autres s’en rendent compte. Il a conscience de sa laideur et sait qu’il doit, d’une manière ou d’une autre, s’en accommoder, et faire en sorte que les personnes autour de lui passent outre sans s’en apercevoir. Sa passion pour les oiseaux apporte une nouvelle culture au lecteur – si celui-ci ne l’avait pas déjà, ce qui était mon cas ! Sa solitude, et son absence total de besoin des autres le rendent encore plus à part. Conscient d’être différent, il n’a pas envie de devoir changer pour les autres ; s’ils ne peuvent pas l’accepter, lui ne fera pas non plus d’effort. Certaines de ses répliques – même celles relayées par le narrateur quand il est bébé – m’ont fait rire ; Riquet n’est pas un personnage sinistre, ou qui se plaint sans cesse de son apparence, du rejet des autres, ou de quoi que ce soit. Quant au second personnage – vous n’aurez pas son nom non plus ! – elle – vous saurez juste que c’est une fille – est dans la contemplation, dans le regard vraiment porté sur les choses, une attention que les autres ne leur accordent pas. Elle aussi est rejetée, en raison de sa beauté et du fait qu’elle ne parle pas beaucoup, et préfère regarder. Elle est vite catégorisée - joli préjugé quand on ne cherche pas à comprendre les gens. Je me suis aussi beaucoup attachée à ce personnage : j’ai adoré l’endroit où elle grandit, la personne qui l’élève, la particularité de cette personne aussi, qui va un peu pousser la jeune fille vers son avenir. D’autres personnages se trouvent dans ce livre, je ne vous donnerai pas les noms non plus – c’est un plaisir pour moi de les découvrir, je ne voudrais gâcher celui de personne ! – : les parents de Riquet, stupéfaits par l’apparence de leur fils, d’excellents parents – j’ai adoré le passage avec le directeur !! – ; les parents du second personnage, que je n’ai pas du tout apprécié, le père est complètement effacé et la mère m’a semblé insupportable ; la grand-mère du second personnage, que j’ai adoré, si attachante et douce, si persuadée de l’intelligence supérieure de sa petite-fille ; d’autres personnages secondaires qui poussent les protagonistes d’un côté ou d’un autre, leur font emprunter des chemins qui les mènent irrévocablement vers …

La fin. Je l’ai aimé, je l’ai trouvé belle. Je ne peux pas trop en dire, mais j’ai aimé aussi le « mystère » qui reste tout de même entre les personnages.

 

Donc, un très bon roman, presque un coup de cœur, il ne manque pas grand-chose, juste l’émotion particulière que m’ont procuré mes Nothomb préférés. Tout de même en très bonne place dans l’ordre de mes favoris !

4 commentaires »

  1. Les lectures de Marinette dit :

    C’est une réécriture qui m’a l’air intéressante :) Surtout que je n’ai pas encore lu beaucoup de Nothomb…

    • redbluemoon dit :

      Oui, j’ai vraiment aimé !! Et toujours porté par une écriture que j’adore ! :D Lesquels as-tu lus ? Mes préférés sont Journal d’Hirondelle, Biographie de la faim, Hygiène de l’assassin, Ni d’Eve ni d’Adam, Stupeur et tremblements !

  2. Sylphideland dit :

    *sifflote*
    J’ai jamais lu Nothomb :P
    Et sincèrement c’est une auteure que j’ai jamais eu envie de lire, mais alors, jamais !!
    Je suis michante, mauvaise libraire bouh !!!!!!!!!!! ah ! Mais oui, c’est vrai, j’suis plus libraire. ça va alors XD
    Ceci dit, tu m’as intriguée, parce qu’en fait, là il s’agit d’une réécriture c’est ça ? Comme quand elle a publié « Barbe Bleue » ?

    • redbluemoon dit :

      Tu n’as vraiment jamais eu envie de la lire ? Mais elle écrit si bien !! Tu rates quelque chose !!
      Oui, Riquet à la houppe est une nouvelle réécriture, comme Barbe Bleue et Le crime du conte Neville :) peut-être que tu peux commencer par là ! En tout cas, si tu as besoin de conseils, je suis là, et ravie si je peux t’être utile !! :D

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