Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Dr Jekyll and Mr Hyde, followed by The Bottle Imp de Robert Louis Stevenson

Classé dans : Avis littéraires,Coup de cœur — 8 septembre 2016 @ 21 h 24 min

Dr. Jekyll and Mr. Hyde Genre : Fantastique, Classique

Edition : Penguin English Library

Année de sortie : 2012

Nombre de pages : 106

Synopsis : Published as a ‘shilling shocker’ in 1886, Robert Louis Stevenson’s dark psychological fantasy gave birth to the popular idea of the split personality. Set in a hellish, fog-bound London, the story of outwardly respectable Dr. Jekyll, who unleashes his deepest cruelties and most murderous instincts when he transformed into sinister Edward Hyde, is a Gothic masterpiece and a chilling exploration of humanity’s basest capacity for evil.

This edition also includes Stevenson’s sinister story ‘The Bottle Imp’.

 

Avis : J’avais adoré ce livre la première fois que je l’avais lu, et je me suis décidée à le relire pour mon mémoire, qui pourrait l’impliquer.

Cette fois, j’ai préféré lire Dr. Jekyll and Mr. Hyde en anglais, dans une édition que je trouve magnifique, la Penguin English Library. Les couvertures sont toujours très belles, et en rapport avec l’histoire, comme ici, le matériel scientifique. J’ai toujours peur des relectures : et si je n’avais plus la même impression, et si je n’aimais plus, et si le livre ne me faisait plus rien ? Heureusement, ici, ce ne fut pas le cas, même si je n’ai pas eu, évidemment, la surprise de la première lecture ! Comme dans la plupart des œuvres gothiques, le lecteur ne suit pas tout de suite le personnage principal, à savoir, ici, le docteur Jekyll ; il suit un personnage secondaire, Mr. Utterson, avocat ami du docteur, à qui celui-ci a laissé son testament. L’action n’est pas non plus d’abord dirigée vers Jekyll ou Hyde : à l’entrée dans le livre, deux hommes se promènent et passent devant une maison sombre à l’air abandonné. Par la suite, en suivant Utterson, et par le récit de plusieurs autres personnages, on rencontre Hyde, le mal en personne, on rencontre Jekyll, doux et bienveillant. L’action se déroule sur plusieurs années, une ellipse importante étant réalisée à un moment donné. Ce qui m’a le plus surprise en lisant Dr. Jekyll and Mr. Hyde, c’est l’impact que peut avoir un si petit livre sur le lecteur. En 80 pages, il est conquis, il est bouleversé, il n’en revient pas. En seulement 80 pages. En si peu de temps, l’auteur a réussi à écrire une histoire prenante, captivante, intrigante, dans laquelle le lecteur ne sait pas où il va, mais se laisse guider, porter par l’enquête d’Utterson. Et quelle histoire ! Le Dr. Jekyll, éminent médecin, connu pour sa bienveillance, [SPOILER si vous ne connaissez pas l’histoire] décide de séparer son bon et son mauvais côté, afin de pouvoir vivre pleinement chacune des deux identités, sans qu’elles empiètent l’une sur l’autre. Mais, peu à peu, il se rend compte que son expérience ne marche pas tout à fait comme il l’aurait voulu, et Hyde envahit petit à petit la vie de Jekyll. [FIN DU SPOILER] J’ai adoré la réflexion sur la dualité, sur le fait que l’homme, au fondement, est double, et que c’est un de ses côtés qui prend le dessus quand il vit normalement. La scission est impossible parce qu’une identité est censée être insécable. Si elle est divisée, elle n’est plus elle-même, la personnalité est altérée. La tentative de Jekyll est honorable d’une certaine manière, mais elle montre aussi la limite de la science. D’un point de vue religieux, c’est un peu comme dans Frankenstein : Dieu a créé l’homme d’une certaine façon, et vouloir le changer ne fera que causer la perte du blasphémateur. Aussi, au fur et à mesure de l’histoire, Jekyll devient comme pris de folie, comme Hyde quand il « apparaît ». Cette folie semble inhérente à la transformation qui s’opère chez le docteur, métamorphose qui altère la raison, la vie sociale, la vie en elle-même. Aussi, on peut voir dans ce récit les préambules de la schizophrénie : cette dualité de l’homme peut aller jusqu’à la maladie, la fragmentation réelle de l’âme, mais dans l’esprit seulement, sans changer de forme physique. L‘écriture est très bonne, agréable à lire ; j’ai aimé le fait que le point de vue interne à la première personne n’arrive qu’à la fin, cela change des livres écrits tout entier d’un seul point de vue ! Enfin, l’atmosphère de Londres enveloppé de brumes ne fait que rehausser le côté gothique du livre, même si celui-ci est peut-être un peu trop court pour vraiment s’en imprégner.

Le docteur Jekyll est un personnage plutôt attachant. Scientifique éminent, il veut tenter l’impossible, ce que personne avant lui n’est parvenu à réaliser. Quand cela réussit, il est heureux, il est devenu un maître scientifique, il a découvert un aspect de la science complètement inconnu. Pourtant, il se rend vite compte de son erreur. Dans son compte rendu final, ses émotions varient grandement : il était d’abord égoïste, complètement indifférent à ce que pouvait faire Hyde qui, pour lui, n’était pas lui, mais désormais un être à part entière ; puis il est bouleversé mais soulagé, car ce qui arrive le force à rompre avec Hyde définitivement ; il est ensuite désespéré de la tournure que prennent les choses, de son manque de contrôle sur elles : tout lui échappe, et tout est sa faute en fin de compte. Il m’a fait mal au cœur : foncièrement bon, mais avec un petit côté méchant, comme tout homme, côté qu’il refoulait, il voulait simplement vivre pleinement les deux aspects de sa personnalité sans que cela empiète sur sa réputation. Quant à Hyde, il est, évidemment, détestable. Décrit comme le mal incarné, déformé, engeance du diable, le lecteur ne peut, comme les autres personnages, ressentir que du dégoût pour lui, une répulsion aussi forte peut-être que l’attachement à Jekyll. Ils sont différents qu’ils ne peuvent pas être la même personne dans l’esprit des autres personnages. Le lecteur peut aussi ressentir de la pitié pour Hyde : après tout, comme le monstre de Frankenstein, il n’a pas choisi de naître, ni d’être ainsi, c’est son essence, son être profond, il ne peut rien faire contre, il n’a pas le choix du bien ou du mal. D’autres personnages se trouvent dans ce livre, notamment Utterson, personnage plutôt sympathique, principal dans la narration puisque le lecteur le suit, conscient que son ami Jekyll a un problème et désireux de l’aider de toutes les manières possibles. Confident de ses deux amis, c’est lui qui reçoit leurs confessions, ce qui amène les deux dernières parties du livre, et la révélation finale de ce qui est réellement arrivé ; Lanyon, le second ami, est lui aussi médecin, contre ce qu’il appelle les élucubrations de Jekyll, qu’il aime beaucoup mais dont il ne peut pas tolérer les égarements médicaux ; Poole, personnage agréable et rassurant, majordome de Jekyll.

La fin répond à toutes les questions du lecteur, sans exception me semble-t-il. C’est enfin le principal intéressé qui a la parole, et il s’explique, même s’il ne rentre pas dans le détail de, par exemple, la potion qu’il met au point. Ainsi, le côté fantastique de l’histoire est gardé, elle ne devient pas pleinement scientifique.

Petit plus : j’ai vu une adaptation théâtrale de ce roman (nouvelle, vu qu’il est si court ?) il y a quelques années, et j’avais adoré l’utilisation du miroir pour figurer la métamorphose, c’était très ingénieux !! (surtout, à la relecture, en voyant l’importance et le malaise que crée celui qui est réellement dans le livre).

 

Donc, une excellente relecture, qui me conforte dans l’idée que ce livre est un chef-d’œuvre !

 

Cette édition contient aussi une nouvelle qui s’appelle « The Bottle Imp« . J’ai adoré !! Je n’ai pas envie de vous raconter, ça risquerait de vous gâcher le plaisir : je peux juste vous dire que le suspense est à son comble jusqu’à la fin, que c’est très bien imaginé, et très bien écrit, que la nouvelle parle d’amour, et de ce qu’on est capable de faire pour celui qu’on aime. Le fantastique est très présent, et cette bouteille, après être devenue un rêve, devient très vite un cauchemar ! Les personnages sont très attachants, Keawe, qui cherche juste à être heureux, et Kokua, adorable, la joie incarnée. La fin est excellente ; je vous laisse découvrir ! Une des meilleures nouvelles que j’ai lues !!

 

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