Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Archive pour août, 2016

Splintered de A.G. Howard

Posté : 18 août, 2016 @ 5:16 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Genre : Fantastique Splintered

Editeur : Amulet

Année de sortie : 2013

Nombre de pages : 371

Synopsis : Alyssa Gardner hears the thoughts of plants and insects. She hides her délusions for now, but she knows her fate: she will end up like her mother, in an institution. Madness has run in her family ever since her great-great-great-grandmother, Alice Liddell, told Lewis Carroll her strange dreams, inspiring his classic Alice’s Adventures in Wonderland. But perhaps she’s not mad. And perhaps Carroll’s stories aren’t as whimsical as they first seem …

 

Avis :  Je suis tombée sur ce livre par hasard en cherchant des réécritures de contes, j’avais encore en mémoire l’Alice de Tim Burton, et il m’y a immédiatement fait penser.

J’attendais beaucoup de Splintered : un pays des Merveilles assez gothique, une héroïne décalée, et des personnages fous à lier. C’est peut-être pour cette raison que j’ai eu un peu de mal au début. Le lecteur se retrouve dans le monde des humains avec une jeune fille qui entend parler les insectes et les fleurs, et qui se croit sur le point de sombrer dans la folie, comme ses ancêtres féminines avant elle. Jusqu’à ce qu’une nouvelle voix, familière, sorte du lot et lui enjoigne d’aller au pays des Merveilles lever la malédiction qui pèse sur sa famille. Cette idée m’a semblé excellente et plutôt cohérente : Alice a fait des bêtises à Wonderland et a dû en payer le prix, ainsi que ses descendantes. Le fait que seule lui d’entre elles puisse sauver toute la lignée m’a aussi semblé cohérent. Pourtant, la vie d’Alyssa est assez compliquée sans ça ! Elle vit seule avec son père, sa mère étant enfermée depuis onze ans. Je ne veux pas trop en dire, mais j’ai eu vraiment mal au cœur pour eux. La folie, si importante dans le roman de Lewis Carroll, est ici différente de ce à quoi on peut s’attendre. La malédiction des Liddell passe pour folie aux yeux des autres humains, mais la folie du pays des Merveilles correspond plutôt au côté sombre de chacun qui ressort, à l’instinct, au fait de ne pas penser avec son cerveau ou son cœur. Ainsi, le pays des Merveilles n’a-t-il rien à voir avec ce que l’on pense en connaître. Ici, les créatures fantastiques sont horribles, terrifiantes, pas tout à fait coopératives ; les fleurs n’en sont pas, et Alyssa doit se méfier de ses ennemis comme de ses alliés. C’est un monde gothique et horrifique à souhait – rien que de penser au lapin blanc (haha) ou aux Twins, j’ai des frissons – où la jeune fille se rend compte qu’elle sait des choses qu’elle ne devrait pas savoir. Le coup de cœur n’est pas venu tout de suite à cause de l’amour présent dans le livre : il prend beaucoup de place, mais surtout, j’ai eu peur qu’il soit un peu comme dans les autres romans YA : une fille rencontre un garçon, tombe éperdument amoureuse de lui jusqu’à ce que, hop, un nouveau garçon, et là, qui va-t-elle choisir ?! Je déteste ce genre d’histoires, et j’ai eu l’impression que ce livre prenait cette tournure. Sauf que quelque chose est différent, et ce quelque chose a sauvé Splintered ; cet amour, comme souvent dans la YA, ne vient pas de nulle part, il est ancré depuis longtemps, il a toujours été présent chez Alyssa, et ce qui lui arrive ne fait que le révéler. Cela ne vient pas en trois secondes, cet amour a une histoire, et c’est beaucoup qu’un coup de foudre immédiat pour le nouveau beau gosse de la classe ! L’écriture, quant à elle, est agréable, je n’ai pas compris certains noms de fleurs ou d’animaux du premier coup, mais j’ai su comprendre avec le contexte et l’histoire d’Alice au pays des Merveilles en arrière-fond. La réécriture est réussie, excellente même, et m’a beaucoup fait penser à Tim Burton, en encore plus gothique et morbide (ce qui peut paraître surprenant) ! Les différents personnages sont bien « remasterisés », les fameux épisodes d’Alice sont repris, pour le plus grand plaisir du lecteur qui les relit différemment avec joie ! Gros plus : les costumes et le décor décrits, très détaillés donc parfois un peu difficile à visualiser, mais une fois que c’est fait, le lecteur les imagine très bien comme dans un film, et ils sont splendides ! En plus de cela, l’apparence des Netherlings est à couper le souffle ! Encore un plus : la couverture, tellement belle, et qui donne tout de suite envie de plonger dans Wonderland ! 

Alyssa est une héroïne décalée, comme je m’y attendais. Déjà assez gothique, et tournée vers un art plutôt morbide, en tout cas, marginal et différent, le fait qu’elle entende parler les insectes et les fleurs la gêne, et même, la terrifie ! Elle ne veut surtout pas sombrer dans la folie qui semble héréditaire dans sa famille, et qui remonterait à la petite Alice Liddell, et à ses histoires racontées à Lewis Carroll. Au fil du livre, le lecteur découvre son enfance en même temps qu’elle, et tente peu à peu de remettre les pièces du puzzle en ordre. Au cours de son voyage à Wonderland, Alyssa change, grandit, évolue, mais refuse longtemps d’accepter qui elle est vraiment. La révélation de son identité m’a choquée, et m’a fait adorer ce livre, qui me semblait, avant cela, un peu trop prévisible. Jeb, l’ami d’Alyssa, est très important pour elle : ils se sont entraidés quand ils n’allaient pas bien, surtout pour affronter leurs problèmes familiaux, Alyssa s’efforçant de ne pas raconter la vérité sur la raison de l’état de sa mère. On le voit venir à dix kilomètres, on comprend tout de suite ce qu’il ressent, et le fait qu’il le nie – comme Alyssa d’ailleurs ! – m’a assez agacé. Sinon, lui aussi est un personnage plutôt gothique, le chevalier servant par excellence, celui qui prend encore Alyssa pour une enfant et qui pense qu’elle ne peut pas s’occuper d’elle toute seule. Son attitude protectrice le rend parfois un peu macho, et montre une jalousie excessive un peu énervante. Quant à Morpheus, j’ai aimé ce personnage fantastique, manipulateur et séducteur. Il oscille entre deux côtés : celui qu’Alyssa pensait connaître, et le côté sombre, peut-être égoïste d’un homme prêt à tromper pour obtenir ce qu’il veut. Il est difficile à cerner, et son plan est si bien organisé que le lecteur et l’héroïne ne le comprennent que quand il est trop tard ! J’aimerais beaucoup lire The Moth in the Mirror pour avoir son point de vue sur l’histoire, entrer dans sa tête et tenter de le comprendre. Le lecteur et Alyssa rencontre d’autres personnages dans ce livre. D’abord les humains : les parents de l’héroïne, auxquels je me suis beaucoup attachée, sans doute à cause de son attachement pour eux, et surtout son désir de sauver sa mère, qui m’a vraiment fait mal au cœur. Tout l’amour qu’elle porte à sa famille est beau à voir, mais aussi douloureux parce qu’elle souffre pour qu’ils soient « heureux ». Son père ne comprend pas la folie de sa femme, qui était tout à fait normale avant la naissance d’Alyssa, et surtout, avant un fameux jour après lequel il a fallu l’enfermer. Il est très protecteur avec sa fille, et c’est assez compréhensible, puisqu’il l’éduque seul depuis onze ans. Jenara, la sœur de Jeb, semble être la meilleure amie d’Alyssa. Elle est elle aussi attachante et drôle, décalée comme son amie, et au courant de son amour pour son frère, qu’elle a promis de ne pas divulguer. Elle semble très proche puisque c’est à Jenara qu’Alyssa se confie quand il est arrivé quelque chose à sa mère. Dernière humaine : Taelor, ou la petite garce de l’histoire, parce qu’il en faut toujours une. Elle est de celles qui ne cherchent pas à comprendre si l’héroïne va bien ou mal ; elle-même souffre et préfère faire passer sa colère sur les autres plutôt que de chercher du réconfort. Enfin, les habitants de Wonderland : Ivory, dont j’ai adoré le personnage, même si elle n’apparaît pas beaucoup. Sensible, elle ne comprend elle aussi que trop tard qu’elle est manipulée, et son destin m’a fait mal au cœur. Son apparence, contrairement à la plupart des autres, ne glace pas le sang, mais semble magnifique ; Red, reine déchue qui aurait jeté la malédiction sur la famille Liddell parce qu’Alice est la cause de son malheur. Il est possible de ressentir de l’empathie pour elle, puisqu’elle a été trahie ; l’avis peut changer par la suite ! ; les Twid Sisters, ou les personnages les plus horribles physiquement ! La première est repoussante, la seconde est terrifiante ! Ces deux sœurs sont impressionnantes, et leur « travail » à Wonderland est nécessaire mais assez horrible. Je ne veux pas trop en dire, mais le séjour d’Alyssa parmi elles la hantera longtemps ! ; le lapin blanc (haha) qui n’est pas vraiment un lapin, qui est repoussant comme jamais un lapin ne pourrait l’être, et qui est dévoué à la reine Red à un point tel qu’il est capable de tout ; Grenadine, qui m’a elle aussi fait mal au cœur. Elle oublie absolument tout, ce qui cause des catastrophes autour d’elle, mais ce qui lui permet aussi d’oublier la peine qu’elle a pu ressentir. Ses rubans sont surprenants ! ; le roi rouge, que l’on s’imagine d’une certaine façon selon la description de Morpheus, et qui se révèle différent en fin de compte ; le Chapelier fou, comble lui aussi de l’horreur physique avec les Twid Sisters, qui n’est pas vraiment fou, surtout monstrueux, glacé à l’heure du thé, et qui semble pouvoir aider Alyssa si elle trouve le moyen de le sauver ; le Lièvre de Mars, lui aussi un des lapins les plus affreux de la terre, fou certainement, plus que son compère le Loir, qui est ici une souris, seul animal à avoir l’apparence de son nom ! ; on retrouve aussi des cartes, qui, elles non plus, n’en sont pas vraiment, et des Elfin Knights de la Cour blanche, fascinants êtres sans émotion. On rencontre brièvement des huîtres de diverses tailles, ainsi qu’un octobenus meurtrier et des fleurs qui, encore une fois, n’en sont pas tout à fait ! La reprise du Bandersnatch et du Jabberwocky est géniale ! Petite apparition d’Humpty Dumpty, que j’ai apprécié !

La révélation finale m’a choquée et m’a fait adorer ce livre ! Je ne m’y attendais pas du tout, et c’était une surprise bienvenue quand je pensais que le roman devenait prévisible. La fin est assez compliquée parce que les intrigues et les désirs de tous se mêlent ; finalement, je ne vous dirai pas si Alyssa obtient ce qu’elle veut ! En tout cas, j’ai hâte de lire la suite !

Dernier petit plus : le premier chapitre du second tome, Unhinged ! Autant dire que lire cet extrait donne très envie d’acheter et de lire le deuxième livre tout de suite !

 

Donc, un très bon premier tome, qui éveille ma curiosité, plein à la fois de magie et d’horreur, et qui donne, malgré cette dernière, envie de retourner au Pays des Merveilles ! 

 

L’amant de Marguerite Duras

Posté : 12 août, 2016 @ 10:35 dans Avis littéraires | 2 commentaires »

Genre : Autobiographie L'amant

Editeur : Les Editions de Minuit

Année de sortie : 1984

Nombre de pages : 142

Synopsis : Roman autobiographique mis en image par Jean-Jacques Annaud, L’amant est l’un des récits d’initiation amoureuse parmi les plus troublants qui soit. Dans une langue pure comme son sourire de jeune fille, Marguerite Duras confie sa rencontre et sa relation avec un rentier chinois de Saigon. Dans l’Indochine coloniale de l’entre deux-guerres, la relation amoureuse entre cette jeune bachelière et cet homme déjà mûr est sublimée par un environnement extraordinaire. Dès leur rencontre sur le bac qui traverse le Mékong, on ressent l’attirance physique et la relation passionnée qui s’ensuivra, à la fois rapide comme le mouvement permanent propre au sud de l’Asie et lente comme les eaux d’un fleuve de désir. Histoire d’amour aussi improbable que magnifique, L’amant est une peinture des sentiments amoureux, ces pages sont remplies d’un amour pur et entier.

 

Avis : Je n’avais jamais lu de roman de Marguerite Duras, et je me suis dit que ce serait bien de tenter l’expérience. J’ai commencé par celui dont j’entendais le plus parler.

Dès le début, j’ai su que j’aurais du mal. L’auteure a d’abord une façon d’écrire très spéciale que je n’ai pas du tout aimé : elle mixe la première et la troisième personne du singulier ; elle fait de nombreux retours en arrière, parle de plusieurs choses à la suite sans ligne chronologique, comme si elle se souvenait et qu’elle désirait en parler, elle mêle ainsi plusieurs sujets, son amant, son petit frère, sa mère, cela donne un récit décousu et peut-être un peu difficile à suivre ; elle emploie le futur pour parler du passé, ce que je n’avais jamais vu faire avant ; certaines structures de phrases sont assez étranges, c’est sans doute fait exprès, mais ça n’en est pas moins bizarre. L’histoire, ensuite, raconte une période de la vie de la narratrice en Chine, vie avec sa famille mais aussi avec son amant, un Chinois dont on ne connaît pas le nom. Cette histoire d’amour peut paraître dérangeante, puisque le mot « prostituée » est employé plusieurs fois, mais c’est surtout la tournure qu’elle finit par prendre qui m’a gênée, la façon dont l’amant finit par considérer la jeune fille (appelée « la petite fille », ce qui est encore pire !) Les seules choses que j’ai appréciées : la réflexion sur l’immortalité que l’on prête aux êtres aimés, ainsi que la fin, où l’amour semble présent, et que j’ai trouvé touchante.

La narratrice est une jeune fille de quinze ans qui, un jour, est abordée par un Chinois qui lui dit qu’elle est belle. La différence de couleur de peau, à l’époque en Chine, met déjà une barrière entre eux ; celle-ci est franchie peu à peu, plutôt rapidement. Finalement, le Chinois devient l’amant. Les scènes sont assez brèves, peut-être gênantes parfois. La réputation de la jeune fille s’entache rapidement, elle est vite isolée. Elle semble devenir mature plus rapidement que les autres filles autour d’elle, surtout Hélène Lagonelle, qui semble très enfantine à côté d’elle. La narratrice est un peu livrée à elle-même ; sa mère ne paraît pas savoir vraiment quoi faire pour l’éduquer convenablement. Sa misère est sans cesse mise en avant ; pauvre, elle veut que sa fille fasse des études, qu’elle s’en sorte. Ses deux frères ferment le quatuor de la famille, le père étant décédé. L’aîné est une vraie brute, incapable de « bons sentiments », tourné vers le vol, même au sein de sa famille, vers la violence. Le plus jeune paraît fragile, chétif à côté de lui. Il semble aussi plus jeune que la narratrice, ce qui n’est en réalité pas le cas. Il représente pour elle quelque chose de plus grand que lui-même. L’amant, enfin, semble désespérément amoureux de la jeune fille, une espèce de coup de foudre en pleine rue, et sans tenir compte de son âge. Il ne veut pas la déshonorer, il semble l’aimer sincèrement ; c’est elle qui doit prendre la décision, sans quoi lui ne la prendra jamais. Désireux de l’épouser, il est soumis à l’autorité de son père, qui refuse catégoriquement un mariage entre son fils et une blanche. Il m’a fait de la peine, même si j’ai été gênée par sa façon de considérer la jeune fille à la fin de leur relation.

La fin est plutôt belle, je l’ai appréciée par rapport au reste du livre. La narratrice est parvenue à faire ce qu’elle voulait, et elle reste aimée.

 

Donc, un livre que je n’ai globalement pas apprécié, un style particulier, sans doute novateur, mais que je ne suis pas parvenue à aimer.

 

The BFG de Roald Dahl

Posté : 12 août, 2016 @ 10:23 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

The BFGGenre : Jeunesse

Editeur : Puffin

Année de sortie :2016 

Nombre de pages : 197

Titre en français : Le BGG

Synopsis : « We is in dream country. This is where all dreams begin. »

 

Avis : J’avoue, j’ai voulu lire ce livre quand j’ai vu qu’il allait être adapté en film ; je ne m’y étais jamais intéressée avant. Mais, en voyant la bande-annonce, je me suis que ce devait être une superbe histoire ! Et le destin a parlé : j’ai reçu ce livre (avec Peter Pan de J.M. Barrie et Neverwhere de Neil Gaiman) après une participation à un giveaway sur Instagram ; imaginez ma joie !! C’est une édition limitée avec des illustrations inédites, la jaquette est merveilleuse, tout comme la couverture en dessous !

Il y a des moments où on se demande : « mais pourquoi je n’ai pas lu ce livre avant ?! Il était fait pour moi ! » C’est exactement ce que je me dis actuellement ! Ce livre est merveilleux, et j’ai la nette impression qu’il est fait pour moi ! J’ai été si touchée par le BFG, j’ai eu envie de redevenir une enfant et de croire en son existence ! Ses jeux sur la langue m’ont enchanté, ses histoires et secrets m’ont emportée, j’ai ri, j’ai frémi, j’ai eu les larmes aux yeux. J’ai aimé les illustrations qui accompagnent le récit. Une journée m’a suffi pour lire le roman, et j’aurais voulu qu’il dure encore. Je suis retombée en enfance, j’ai voyagé. Quel réconfort de lire un livre pareil ! Et les leçons que ce livre apporte !! L’humilité, la modestie, le fait de comprendre que l’homme n’est pas omniscient, omnipotent, que la sagesse se trouve parfois là où on ne la cherche pas, dans cet être inconnu que Sophie rencontre et à qui elle croit apprendre des choses qu’elle-même ne sait pas. Et aussi, la façon qu’a le BFG de parler des hommes, violents, pires que les géants en quelque sorte, qui ne croient que ce qu’ils voient, et qui refusent de se laisser porter par leur imagination. L’humour est très présent dès le début avec la liste des personnages, et surtout grâce au narrateur ainsi qu’au BFG et à sa façon décalée mais brillante de voir le monde !

Le BFG est un des personnages les plus attachants qu’il m’ait été donné de rencontrer. Drôle, sage, émouvant, intelligent, il est aussi orphelin que Sophie quand il la rencontre, et son histoire avec et auprès des autres géants est triste à pleurer. Son secret à propos des rêves est féérique ! Mais son monde est entaché par les agissements de ses pairs. Il lui faut un élément perturbateur pour lui faire comprendre qu’il peut agir : une petite humaine, orpheline, qui déteste le lieu où elle vit. Sophie est une petite fille courageuse qui, au premier abord, a peur du BFG. Puis elle tente de lui apprendre à parler correctement alors même qu’une partie de son charme vient de cette façon chantante de jouer avec les mots, de les reformer, de les faire résonner l’un avec les autres, de leur faire dire autre chose. Elle comprend vite les leçons, explicites ou non, que lui inculque le BFG. D’autres personnages plus secondaires apparaissent, comme les autres géants, dont les noms sont tous plus horribles les uns que les autres, rustres et effrayants, pourtant intelligents, ce qui fait d’eux des monstres, la reine d’Angleterre, celle qui peut sauver le monde, Mr. Tibbs, qui paraît à la fois digne et ridicule, et qui m’a vraiment fait rire, Mary, qui apparaît brièvement et qui représente bien la femme de chambre, les représentants de l’armée et de l’Air Force, imbus d’eux-mêmes et opportunistes comme jamais, persuadés d’avoir la solution, qui créent des problèmes là où il n’en existe pas, et qui méprise le BFG parce qu’il est différent ; eux aussi m’ont fait rire quand ils sont remis à leur place !

La fin est belle !! J’aime beaucoup cette façon de mettre en avant l’éducation et l’écrivain lui-même. Et cette manière qu’ont les histoires pour enfants de finir ! Le BFG est définitivement un de mes personnages préférés !!

 

Donc, une excellente lecture, une de mes favorites, qui éveille l’enfant en nous, et nous présente un personnage que le lecteur n’est pas près d’oublier ! Quelques leçons à retenir, et un écrivain dont le travail m’intéresse de plus en plus ! 

 

Rebecca de Daphné du Maurier

Posté : 9 août, 2016 @ 3:09 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Classique Rebecca

Editeur : Avon

Année de sortie :1971 

Nombre de pages : 380

Synopsis : « Last night I dreamt I went to Manderley again. » So the second Mrs. Maxim de Winter remembered the chilling events that led her down the turning drive past the beeches, white and naked, to the isolated gray stone manse on the windswept Cornish coast. With a husband she barely knew, the young bride arrived at this immense estate, only to be inexorably drawn into the life of the first Mrs. de Winter, the beautiful Rebecca, dead but never forgotten … her suite of rooms never touched, her clothes ready to be worn, her servant – the sinister Mrs. Danvers – still loyal. And as en eerie presentiment of evil tightened around her heart, the second Mrs. de Winter began her search for the real fate of Rebecca … for the secrets of Manderley.

 

Avis : [Je n'ai pas eu Internet pendant un long moment, et j'avais complètement oublié que cette chronique n'était pas publié ... Elle était écrite pourtant ! Excusez-moi pour le retard !!]

Cette fois, mon petit ami a choisi un livre au hasard pour moi : Rebecca, grâce à sa couverture rouge, qui, soit dit en passant, est plutôt belle.

Avec le résumé, et les commentaires que j’avais lus, je pensais directement arriver dans le vif du sujet, déjà me retrouver à Manderley, à chercher les petits secrets de Rebecca, et le fin mot de l’histoire à propos de ce qui lui est arrivé. Mais, en réalité, ce livre commence par la fin ! Ou en tout cas, tout est déjà fini quand le lecteur ouvre le roman. Donc, en quelque sorte, on sait déjà comment tout s’est terminé, il nous faut « juste » (haha !) découvrir la vérité sur la mystérieuse Rebecca qui hante la nouvelle Mrs. De Winter. Après cette fin anticipée, la narratrice nous raconte l’histoire depuis le début. J’ai eu un peu de mal à entrer dans le roman à cause de cela ; j’avais envie de découvrir Manderley, et je trouvais la rencontre entre la narratrice et Maxim de Winter assez longue, même si intéressante. Enfin, Manderley … J’ai adoré l’ambiance de cette maison : ancienne, gothique, entourée de jardins mystérieux et sombres, à proximité de la mer, qui peut être un tableau enchanteur ou un décor sinistre. Et l’atmosphère oppressante, mystérieuse, qui pèse sur elle à cause de Rebecca, une femme fantôme, un souvenir persistant, celle que tous aiment et que la narratrice ne peut que craindre. Le mystère qui flotte autour de cette femme est épais, et, avec la vision de la narratrice, il est difficile pour le lecteur de se faire une véritable idée d’elle ; et pourtant, des indices sont disséminés un peu partout pour mettre sur la piste de l’obsédante Rebecca. En effet, la narratrice devient vraiment obsédée par cette femme : elle ne se sent pas chez elle dans sa propre maison, ne se sent pas maîtresse de ses domestiques, ni la femme de son mari. Rebecca est partout, dans Manderley, dans les paroles et les esprits de tous.

Concernant la narratrice, dont on ne connaît pas le nom, je dois dire qu’elle m’a parfois un peu agacée, peut-être parce que je comprenais ses réactions et que j’aurais sans doute ressenti de la même façon. Amoureuse folle, elle est persuadée que Rebecca est une femme parfaite que personne ne peut oublier, et qu’elle n’est pas à sa hauteur. Effacée, elle veut à la fois savoir comment était cette femme, et ne pas savoir, l’oublier, la faire disparaître de sa vie, alors même qu’elle est déjà morte. Effrayée par sa nouvelle vie, elle n’ose pas prendre sa place, n’ose pas donner d’ordres et faire valoir ses droits. J’ai compris la plupart de ses réactions, ainsi que ses réflexions sur la mémoire, le temps, l’amour. J’ai fini par m’attacher à ce personnage, très rêveur, qui imagine beaucoup de choses qui ne se réalisent pas la majeure partie du temps, mais qui prend aussi beaucoup de résolutions qui tombent en poussière une fois devant le fait accompli. Elle est l’opposée de Maxim de Winter, son mari, un homme aussi mystérieux que son ex-femme, mystère que le lecteur met sur le compte de son désespoir causé par la perte de Rebecca. Son attitude peut changer très rapidement, sans raison apparente, et il peut sembler réagir de façon excessive. Tout s’éclaire à la fin, le lecteur comprend le personnage qui restait jusque-là assez hermétique ; cette fin permet aussi de s’attacher à Maxim, qui restait assez antipathique. Vient ensuite Mrs. Danvers, que l’on voit venir de loin, le mal incarné pense le lecteur. Elle est elle aussi mystérieuse au début, même s’il est déjà possible de sentir son animosité face à la narratrice, et de la comprendre comme une première rencontre difficile après la mort de la maîtresse. Mais sa fidélité va si loin qu’elle est prête à faire souffrir tous les vivants autour d’elle pour rester loyale à Rebecca. Elle est effrayante, mais aussi étrangement touchante par moments, peut-être grâce à la personnalité de la narratrice, qui tente quand même de voir en elle quelqu’un d’humain. Evidemment, Rebecca est omniprésente. Je ne veux pas en dire trop sur elle, je ne veux pas spoiler quoi que ce soit. Elle est, évidemment, superbe, merveilleuse, charmante, agréable avec tous, et adulée de tous. [SPOILER] quel choc de comprendre qui elle est vraiment ! [fin du spoil]. D’autres personnages sont présents ici comme Favell, peut-être le macho par excellence, en tout cas un homme sans gêne et dégoûtant, Frith, que j’ai apprécié, peut-être pour son côté solennel parfois réconfortant, Robert, qui travaille aux côtés de Frith et qui lui aussi est plutôt sympathique, Clarice, la jeune femme de chambre par excellence, agréable et légère, Colonel Julyan, un homme qui a des principes et qui veut rendre justice sans entacher la réputation de qui que ce soit, Mrs. Van Hooper, au combien énervante, et qui, comme pratiquement tous les personnages, n’a rien compris au caractère de Maxim et à ce qui est vraiment arrivé.

Ce livre montre bien l’impact d’un mensonge sur une relation, et, finalement, ses conséquences désastreuses sur la vie de tous. Je n’ai pas pu m’empêcher d’être agacée : quand on aime quelqu’un à ce point, qu’on vit avec cette personne, qu’on partage sa vie, et qu’on veut finir celle-ci avec elle, comment mentir, comment cacher une chose aussi importante aussi longtemps ? La vie de tous les personnages aurait pu être différente, meilleure peut-être ! Quel gâchis ! Ce roman nous enseigne ainsi une leçon de plus à ce propos. Une autre leçon : [SPOILER] ne jamais se laisser avoir par l’apparence des gens, on ne les connaît jamais vraiment, encore moins s’ils paraissent parfaits !

Le fin mot de l’histoire m’a vraiment surprise, je ne m’y attendais vraiment pas ! La toute fin, quant à elle, m’a bouleversée et déçue. Non pas qu’elle soit mauvaise, mais j’aurais tellement voulu que cela se passe autrement ! J’aime tellement Manderley … Et pourtant, au début, je savais déjà ce qui allait se passer ! C’est dire le choc !

 

Donc, une très bonne lecture, une atmosphère pesante dans un lieu magique, un dénouement qui m’a laissé bouche bée, et une belle leçon sur le mensonge et l’apparence !

 

Harry Potter, book 6 : Harry Potter and the Half-Blood Prince de J.K. Rowling

Posté : 5 août, 2016 @ 7:20 dans Avis littéraires, Coup de cœur | 2 commentaires »

Genre : Fantastique, JeunesseHarry Potter and the Half-Blood Prince

Editeur : Bloomsbury

Année de sortie : 2005

Nombre de pages : 607

Titre en français : Harry Potter et le prince de sang-mêlé

Synopsis : When Dumbledore arrives at Privet Drive one summer night to collect Harry Potter, his wand hand is blackened and shrivelled, but he does not reveal why. Secrets and suspicion are spreading through the wizarding world, and Hogwarts itself is not safe. Harry is convinced that Malfoy bears the Dark Mark: there is a Death Eater amongst them. Harry will need powerful magic and true friends as he explores Voldemort’s darkest secrets, and Dumbledore prepares him to face his destiny.

 

Avis : Après mes dernières petites déceptions livresques, j’avais besoin d’une valeur sûre, et quoi de mieux qu’Harry Potter dans ces moments-là ?!

Depuis que j’ai lu la série plus jeune, Le Prince de sang-mêlé est mon tome préféré. Et il le reste encore aujourd’hui après ma relecture ! Ce livre est, pour moi, le maillon le plus important de la grande chaîne que représente l’univers créé par l’auteure, notamment par les révélations de Dumbledore à Harry, révélations qui changent le cours de l’intrigue, qui retournent le lecteur qui lit pour la première fois, qui font comprendre certaines choses à celui qui relit. Il nous raconte l’histoire de Voldemort, mais aussi celle d’Harry à Hogwarts, ce qui donne une espèce de récit double, le premier haché, fragmenté et incertain, le second comme vécu par le lecteur. Les passages sur la vie de Voldemort permettent à Harry, mais aussi à celui qui lit, de mieux comprendre le personnage, de plonger dans une partie de sa vie, de le voir tel qu’il était avant de prendre cet aspect monstrueux. Le passé doit ainsi aider à contrecarrer le présent, et le futur. Harry découvre son ennemi, et surtout, l’existence des Horcruxes ! Le second récit, celui d’une année scolaire à Hogwarts, dans lequel le lecteur est plongé, est tellement agréable ! Cela donne envie de vivre dans cet univers magique, de préparer des potions de Felix Felicis ou d’Euphoria, d’apprendre des sortilèges et des sorts de défense, de changer la couleur de ses cheveux d’un coup de baguette magique. On se sent, à Hogwarts, comme chez soi : à l’abri, dans un lieu de savoir et de découverte, un endroit magique et ancien qui fait rêver. L’atmosphère emporte complètement le lecteur : escaliers qui tournent, passages secrets, portraits qui parlent ; il est habitué depuis, mais cela participe de la magie du livre. L’univers magique est d’autant plus « réel » qu’il existe des examens, les N.E.W.T.s ou les O.W.L.s, que les personnages sont censés passer. Il est difficile de se dire, pour les personnages comme pour le lecteur, qu’il va falloir quitter ce lieu parfait à la fin de la série. L’écriture est toujours aussi bonne, et insiste beaucoup sur l’émotion à la fin. L’humour est présent, même parfois dans des moments où il ne semble pas approprié. L’horreur, elle aussi, est présente quand le lecteur comprend ce qu’a fait Voldemort, mais aussi lors du passage dans la cave et à la fin. L’amour m’a également semblé plus présent dans ce livre, peut-être parce que les personnages ont grandi et voient le monde avec des yeux désormais adultes. Enfin, j’aime cette couverture !

Harry Potter a encore grandi, et changé depuis le dernier tome. [Si vous n’avez pas encore lu le cinquième tome, spoilers !] Dévasté par la mort de Sirius à laquelle il tente de ne pas penser, l’univers magique lui manque chez les Dursleys, et il espère vite pouvoir partir pour The Burrow ! Dans ce tome, Harry fait encore preuve d’intelligence et de ruse ; le fait qu’il soit persuadé d’avoir raison envers et contre tout peut être un peu énervant, mais cela passe très vite. Il ne comprend pas à quel point il est spécial, et se sent surestimé par tous. Sa popularité ne l’intéresse pas, et pourtant, il doit la subir. Laissé dans le flou, il tente de comprendre par lui-même ce que certains personnages cachent. La question du prince de sang-mêlé l’obsède, ainsi que celle des agissements de Malfoy. Ron est toujours auprès d’Harry, même si, ici, il ne semble pas le suivre dans ses raisonnements. Il est persuadé que son ami en fait trop. J’ai adoré retrouver l’humour du personnage, son côté maladroit et très peu sûr de lui. Dans ce tome, Ron lui aussi change : il se rend compte qu’autour de lui, tout le monde a déjà eu un petit ou une petite ami(e). Son comportement dans ce tome est à la fois aberrant et drôle. Quant à Hermione, son personnage est toujours mon préféré. Entre deux garçons, elle est la voix de la sagesse, la conscience de Harry et l’opposée de Ron. On comprend évidemment ses sentiments depuis un moment maintenant, ce qui a renforcé mon attachement pour le personnage. Toujours aussi intelligente, elle ne supporte pas que quelqu’un soit meilleur qu’elle, surtout s’il triche (ce que je peux comprendre, je suis exactement pareille haha !). Enfin, personnage lui aussi favori, Dumbledore ! Dans ce tome, il est beaucoup plus présent, et se dévoile un peu. Une autorité naturelle se dégage de lui, ainsi qu’un sentiment de sécurité. Pour les autres personnages et le lecteur, Dumbledore est invincible, parfait. Il joue un rôle de guide pour Harry. Intelligent, drôle, jamais dur, je l’adore ! Il montre ici certaines de ses faiblesses, ce qui ne fait que le rendre plus attachant. D’autres personnages sont évidemment présents, parmi lesquels Neville, Luna et Ginny, que j’apprécie tous de plus en plus, le premier plus effacé que dans les tomes précédents, la seconde toujours aussi vraie et drôle, la dernière plus affirmée, et que j’ai vraiment apprécié ! ; Pr. McGonagall, que j’aime aussi beaucoup, qui n’apparaît pas énormément mais que l’on sent importante en arrière-plan ; Snape (Rogue), détestable pour ceux qui lisent, un personnage complexe et que l’on plaint pour ceux qui relisent ; Hagrid, lui aussi un peu moins présent, mais toujours égal à lui-même, amoureux de créatures dangereuses, et d’une sensibilité touchante ; Voldemort, le mal en arrière-fond, celui que l’on découvre quand il était encore humain, celui qui veut vaincre la mort et montrer que la pureté du sang est la plus importante dans le monde magique ; Rufus Scrimgeour, personnage hypocrite comme jamais, un vrai politicien ! ; Slughorn, sur lequel j’ai un avis mitigé : un professeur qui favorise ses préférés à l’excès, et qui ne se rend pas compte de ce qu’il peut leur dire, un homme qui a joué un rôle peut-être prépondérant dans la vie de Voldemort, et donc, en même temps, dans celle d’Harry, un homme qui nous montre ce qu’est la honte et le regret ; enfin, Lavender, au combien énervante, le stéréotype de la fille insupportable.

La fin est toujours aussi affreuse, même en relecture. Le lecteur ne veut pas y croire, c’est impossible que l’auteure écrive une chose pareille. L’émotion que cet événement provoque est réelle : tristesse, désespoir, pleurs, colère aussi, incompréhension, incertitude (pour la première lecture) sur ce qu’il va advenir des autres personnages. La quête d’Harry ne fait que commencer, et elle s’achèvera dans The Deathly Hallows, que je ne vais pas tarder à relire !

 

Donc, le meilleur tome de la saga pour moi, le plus dur aussi, celui qui provoque le plus d’émotions, et qui donne vraiment envie de comprendre le fin mot de l’histoire.

 

12
 

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