Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

La délicatesse de David Foenkinos

Classé dans : Avis littéraires — 24 août 2016 @ 23 h 47 min

La délicatesseGenre : Contemporaine

Editeur : Folio

Année de sortie : 2010

Nombre de pages : 210

Synopsis : « François pensa : si elle commande un déca, je me lève et je m’en vais. C’est la boisson la moins conviviale qui soit. Un thé, ce n’est guère mieux. On sent qu’on va passer des dimanches après-midi à regarder la télévision. Ou pire : chez les beaux-parents. Finalement, il se dit qu’un jus, ça serait bien. Oui, un jus, c’est sympathique. C’est convivial et pas trop agressif. On sent la fille douce et équilibrée. Mais quel jus ? Mieux vaut esquiver les grands classiques : évitons la pomme ou l’orange, trop vu. Il faut être un tout petit peu original, sans être toutefois excentrique. La papaye ou la goyave, ça fait peur. Le jus d’abricot, c’est parfait. Si elle choisit ça, je l’épouse …

_Je vais prendre un jus … Un jus d’abricot, je crois, répondit Nathalie.

Il la regarda comme si elle était une effraction de la réalité. »

 

Avis : Une amie m’a parlé de ce livre il y a quelques jours, et avant de plonger dans une nouvelle lecture pour les cours, je me suis dit qu’un peu de légèreté ne me ferait pas de mal !

Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre avec ce livre. Le synopsis ne révélait rien de l’histoire (pour une fois !). Je suis donc entrée dans le livre sans arrière-pensée. Après les premières pages, je m’attendais à une belle histoire d’amour (pas trop mon type de livre, mais on peut essayer !). Puis, j’ai été surprise par la tournure que prenait le roman : un petit choc, bouche bée, relecture, non je n’ai pas rêvé. Je ne veux pas spoiler, cela va être un peu difficile : le lecteur plonge alors dans l’horreur de la situation, son impossibilité, et surtout, l’impossibilité de vivre après ça. Le personnage est soutenu, mais découvre aussi l’hypocrisie, les regards, la pitié, tout ce qui est insupportable après un tel drame. La difficulté de revenir est grande, et l’auteur traduit bien la douleur ; on ne peut qu’imaginer, et on ne veut pas le faire ; le personnage refuse, et pourtant, se voit obligé d’accepter. Je me suis, par la suite, doucement installée dans l’histoire, celle de la reconstruction à tous les niveaux du personnage. La délicatesse n’est pas un coup de cœur, mais l’écriture est agréable et offre de beaux passages.

Concernant les personnages : Nathalie est une femme présentée comme parfaite par les autres personnages qui l’entourent. Elle est différente, dotée d’une grâce divine, une déesse, une fée, quelqu’un d’exceptionnel et qu’on ne peut aimer. Malgré l’aspect un peu énorme de ce résumé, j’ai apprécié Nathalie : les incursions que le lecteur fait de son point de vue montre qu’elle n’est pas si parfaite, et c’est cela qui fait, justement, sa perfection. A la fois fragile et forte, douce et ferme, elle sait se faire respecter tout en n’étant pas méchante ou trop sèche. Etant responsable d’un groupe, elle sait faire preuve d’autorité, tout en restant, si c’est possible, amicale avec ses collègues. Sa découverte de l’hypocrisie fait peine à voir, et son agacement est très compréhensible. Je me suis sentie proche d’elle à certains moments, ce qui a renforcé mon attachement pour le personnage. François, quant à lui, est l’être aimé de Nathalie ; à voir leur rencontre, ils sont faits l’un pour l’autre. J’ai aimé sa maladresse au moment de l’aborder, mais aussi cette nécessité de lui parler. François représente la vie : ces moments avec Nathalie sont faits de rire, d’amour, de folie. Ces passages sont très agréables à lire, mais teintés de tristesse. D’autres personnages gravitent autour de ce couple : Charles, que j’ai vraiment détesté, qui m’a semblé insupportable et égoïste, incapable de s’effacer, incapable de comprendre que son bonheur n’est pas celui des autres, incapable de se contenter de ce qu’il a et de comprendre qu’il n’aura jamais ce qu’il désire. Sa dernière phrase à Nathalie a achevé de me le faire haïr !! ; Markus, que j’ai vraiment apprécié, avec son humour décalé, un peu sinistre, ses petites répliques un peu absurdes. J’ai aimé aussi l’évolution du personnage, le fait qu’il prenne confiance en lui, qu’il se rende compte que ce qui lui arrive n’est pas une erreur, et qu’il tente de prendre les choses en main, tout en les laissant s’installer peu à peu ; Chloé, que je n’ai pas pu apprécier, qui m’a même énervé, la reine des ragots ; Madeleine, adorable, même si on ne la voit que pendant un très court instant.

La fin est assez étrange, et peut être soumise à plusieurs interprétations : tout est arrivé ou est-ce un rêve ? Si vous avez lu le livre, dites-moi ce que vous en pensez !

 

Donc, un bon roman qui traite d’un sujet difficile, et qui parvient pourtant à nous emporter dans l’histoire.

2 commentaires »

  1. Sylphideland dit :

    J’ai pensé comme toi ! Un texte fort, simple à lire et divertissant, avec toutefois un message important :D
    Le texte qui est très bien de Foenkinos aussi, c’est « Charlotte », tu l’as lu ? Grosse claque ce livre :P
    Bizz

    • redbluemoon dit :

      Oui, mais tu ne trouves pas qu’il manquait quelque chose pour en faire un coup de cœur ?
      Non, je n’ai pas lu Charlotte, je vais regarder tout de suite !!
      Bisous !

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