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I found myself in Wonderland.

Les Catilinaires d’Amélie Nothomb

Classé dans : Avis littéraires — 20 juillet 2016 @ 12 h 02 min

Genre : Les Catilinaires Contemporaine

Editeur : Le Livre de Poche

Année de sortie : 2013

Nombre de pages : 151

Synopsis : La solitude à deux, tel était le rêve d’Emile et Juliette. Une maison au fond des bois pour y finir leurs jours, l’un près de l’autre. Etrangement, cette parfaite thébaïde comportait un voisin. Un nommé Palamède Bernardin, qui d’abord est venu se présenter, puis a pris l’habitude de s’incruster chez eux chaque après-midi, de quatre à six heures. Sans dire un mot, ou presque. Et cette présence absurde va peu à peu devenir plus dérangeante pour le couple que toutes les foules du monde … C’est une comédie très noire, d’une lucidité tour à tour drôle et dévastatrice, que nous offre ici l’auteur d’Hygiène de l’assassin et de Stupeur et tremblements.

 

Avis : Une petite envie d’un bon livre d’Amélie Nothomb. J’ai opté pour celui-ci parce que j’en avais déjà entendu du bien.

J’ai vraiment aimé ce livre, pour plusieurs raisons. D’abord, je me suis facilement attachée aux personnages, j’ai eu l’impression d’une atmosphère agréable grâce à eux (en tout cas au début) : leur amour est beau, innocent, authentique, éternel. On sent une complicité rare entre deux personnes, et un reste d’enfance. Ils sont émouvants, surtout Juliette qui, par son prénom, m’a fait penser à la sœur de l’auteure, et à ce que cette dernière dit d’elle. Puis, leur rêve est beau, simple : vivre ensemble, à deux, isolés du reste de la société et de ce qu’elle fait de nous. Je me suis facilement imaginée à leur place à leur âge, et donc identifiée à eux. Leur petit rêve éveillé, qui se transforme vite en cauchemar. En effet, ils ne sont pas seuls ; près d’eux vit ce voisin qui va devenir invasif dès le premier jour, et ne plus les lâcher jusqu’à la fin. Peu à peu, cet homme exerce une pression psychologique sur le couple sans même parler. Ceux-ci sont incapables de le chasser, et même, ressentent de la culpabilité et de la gêne à sa place. Je dois avouer que certains passages m’ont énervé : comment peut-on laisser une situation s’enliser à ce point ? J’ai parfois ressenti de la haine pour ce voisin, du dégoût aussi, exactement comme le narrateur, qui change à cause de lui, qui devient différent de ce qu’il est depuis toujours, et que sa femme ne comprend plus. J’ai trouvé cela si triste … Il brise leur vie en s’immisçant chez eux de la sorte. Ce changement qui s’opère amorce la fin dont je parlerai plus bas. L’écriture est toujours aussi excellente, agréable à lire, à la fois cynique, parfois drôle, parfois cruel, et sérieuse. Petit plus : la couverture, que j’aime beaucoup !

Emile est le narrateur et personnage principal. Retraité, cultivé et désireux de passer tout son temps auprès de sa femme, son voisin est une véritable plaie pour lui, et il tente par plusieurs moyens de s’en débarrasser sans succès. Il lui tend ce qu’il croit être des pièges, veut l’ennuyer après avoir tenté de le faire parler, veut le mettre mal à l’aise, ou en colère. Rien ne marche, et il sent que sa vie devient un enfer sans jamais réussir à mettre à la porte ce malotru. Il change beaucoup au fur et à mesure du temps, ce qui est assez frappant, et m’a rendu triste, comme je l’ai dit. Juliette, quant à elle, semble la gentillesse et la pureté incarnée. Elle ne pense jamais à mal, plaide toujours en faveur de tous, sans qu’ils le méritent forcément. Pleine de bon sens, elle a déjà trouvé la solution, mais la politesse de son mari l’empêche d’agir. Juliette mêle l’enfant et l’adulte en une femme admirable, qui m’a touchée et à laquelle je me suis vite attachée. Le voisin est sans doute la personne la plus détestable que je connaisse ! Il m’a tellement énervé. J’ai ressenti une envie de le frapper comme rarement en lisant. Hautain, méprisant, persuadé que le couple lui doit quelque chose et que son attitude est normale, il se permet même de s’énerver quand ils font quelque chose qui ne lui convient pas ! Le sale type par excellence, et toutes les justifications du monde ne peuvent pas me le rendre sympathique. Il est vrai qu’avec ce que l’on apprend, il n’a pas l’air d’avoir eu la plus belle vie du monde, mais, comme dit Juliette, il a mal vieilli, et il suffit d’être indifférent, de ne pas le laisser interférer dans leur vie, ce qu’Emile n’est pas capable de faire. Sa femme est hallucinante, et m’a fait mal au cœur. Je ne veux pas gâcher la surprise, donc je ne dis rien, mais j’aurais aimé connaître véritablement son histoire. Dernier personnage de ce huis-clos : Claire, ou la joie incarnée. Ancienne élève d’Emile, je l’ai elle aussi trouvé tout de suite sympathique.

La fin est plutôt inattendue, je ne pensais vraiment pas que c’était une option envisageable ! Malgré tout, rien ne sera comme avant entre les personnages, ce qui me désole toujours !

 

Donc, un très bon Amélie Nothomb, dans lequel on retrouve son excellente écriture incisive, son imagination foisonnante, ses personnages attachants ou exécrables, et une fin à laquelle je ne m’attendais pas !

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