Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Archive pour le 24 mai, 2016

Alice’s Adventures Underground / Alice au Pays des Merveilles de Lewis Carroll

Posté : 24 mai, 2016 @ 8:58 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Alice au pays des merveilles Genre : Jeunesse, Conte

Editeur : Saints-Pères

Année de sortie : 2015

Nombre de pages : 98 / 109

Synopsis :  » Quand le Lapin sortit une montre de son gousset, la regarda et reprit sa course, Alice se leva d’un bond car, en un éclair, elle réalisa qu’elle n’avait jamais vu un lapin avec un gousset et une montre à en sortir. Dévorée de curiosité, elle le suivit à travers champs, et eut juste le temps de le voir s’engouffrer dans un vaste terrier sous la haie.  » Pourquoi Alice s’étonnerait-elle alors de rencontrer chemin faisant une Reine de Cœur, un Griffon, un Chapelier, un Lièvre de Mars ou de prendre le thé chez les fous ? C’est au pays des merveilles que l’a entraînée le lapin blanc, un pays où elle ne cesse de changer de taille, et où tout peut arriver. Un pays que Lewis Carroll met en scène avec une rigueur impeccable dans la loufoquerie. Loin de la mièvrerie du conte enfantin, cette nouvelle traduction restitue au texte anglais toute sa verdeur mathématique.

 

Avis : J’ai reçu en cadeau de Noël cette édition d’Alice au pays des merveilles. Elle contient le manuscrit en VO d’Alice’s Adventures Under Ground, et la version intégrale française.

Cette édition est merveilleuse ! (sans jeu de mots) J’ai d’abord lu le manuscrit, pensant que je lirai l’histoire entière d’Alice ; je ne savais pas qu’en réalité, le roman final a sans doute été augmenté après l’écriture du manuscrit. J’ai donc lu juste après l’édition française, pour retrouver notamment le Chapelier Fou et le Lièvre de Mars, qui n’était pas présent à l’origine. Quel plaisir de plonger à nouveau dans le pays des merveilles ! La première fois, j’avais trouvé la traduction trop pompeuse, et je me demandais comment un enfant pouvait apprécier l’histoire avec cette écriture. Mais la version originale n’a pas grand-chose à voir. La voix de la petite Alice est plus enfantine, et l’absurde devient charmant vu à travers les yeux de la fillette. Elle tente de trouver une explication pour tout, argumente avec des personnages un peu fous, et découvre un monde qui n’a rien à voir avec le sien. Je n’avais jamais lu de manuscrit avant et je dois dire que ça donne une autre dimension à la lecture. Les illustrations sont enchanteresses et transportent d’autant plus dans le monde du roman. Concernant l’absurde : je ne suis absolument pas fan, c’est quelque chose qui m’agace dans certaines œuvres, mais ici, je trouve que c’est différent. C’est une absurdité joyeuse, une folie douce, qui permet aussi de rêver, et de créer.

Alice est très attachante. Rationnelle, elle tente de comprendre ce qui lui arrive, et se sert des leçons qu’elle apprend pour expliquer ce qu’elle voit. Elle est courageuse, ne se laisse pas impressionner par des personnages qu’elle trouve finalement ridicules ; curieuse, elle pose des tas de questions quand quelque chose lui semble absurde, et la réponse ne la satisfait jamais, ou ne lui arrive pas. Le pays des merveilles n’est pas forcément positif pour elle : tout n’est pas qu’émerveillement, au contraire. Elle ressent de la peur, elle veut rentrer chez elle, se demande ce qu’elle fait là et si elle arrivera à revenir un jour. Elle se sent en danger, seule, sans soutien. Le seul qui pourrait l’aider est le Chat du Cheshire, qu’elle rencontre en chemin. Par des énigmes, il la met sur la voie. Ce personnage est un peu le comble de l’absurde, notamment dans la scène où la Reine se demande comment le décapiter s’il ne laisse apparaître que sa tête. Malicieux, insouciant, son sourire est hypnotique, même à travers les pages. Mais Alice entre dans ce pays étrange à cause du Lapin Blanc, un notable qui a peur d’arriver en retard, et qui passe sous ses yeux avec un gilet et une montre à gousset. Obsédé par le temps, il court sans cesse, excepté quand il tente de faire bonne figure auprès de la Reine, ou quand il lui sert lors d’un procès. D’autres personnages sont présents, comme la Reine, que j’ai déjà cité plusieurs fois, obsédée par le fait de couper la tête d’à peu près tout le monde ; le Roi, plus miséricordieux que sa femme, et un peu effacé derrière elle ; le Chapelier Fou, qui évoque la dent du Temps contre lui autour d’une tea party éternelle partagée avec le Lièvre de Mars et le Loir ; la Chenille, peut-être le seul personnage un peu normal du livre, qui dit aider Alice sans que la petite fille comprenne exactement comment ; la Duchesse, qui devient amie avec la fillette dès leur première rencontre ; la sœur d’Alice, qui lit un livre « sans images et sans conversations », ce que la petite fille trouve ennuyeux. Grâce à la préface d’Amélie Nothomb, j’ai découvert qu’Alice est inspirée d’une véritable petite fille, Alice Liddell, à qui Lewis Carroll (Charles Dodgson) a dédié son livre. C’est une façon de faire voyager Alice, de lui faire découvrir la magie de la littérature peut-être. Aussi, Alice est la seule à porter un nom dans le livre, où, en tout cas, le seul que l’on connaisse, ce qui rend les créatures qu’elle côtoie d’autant plus irréelles.

La fin est assez abrupte, et laisse supposer que tout n’était qu’un rêve. Mais un doute subsiste tout de même.

 

Donc, une belle histoire pour enfants, dont je vais lire la suite dans peu de temps.

Acide sulfurique d’Amélie Nothomb

Posté : 24 mai, 2016 @ 10:51 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : Acide Sulfurique Contemporaine

Editeur : Le Livre de Poche

Année de sortie : 2008

Nombre de pages : 213

Synopsis : « Vint le moment où la souffrance des autres ne leur suffit plus : il leur en fallut le spectacle. »

 

Avis : J’ai entendu parler d’Acide sulfurique il y a quelques temps, et il m’a semblé très intéressant, alors je me suis lancée !

Comme la plupart des Amélie Nothomb, ce livre se lit très vite ! Les pages se tournent pratiquement sans pause, et on arrive à la fin avant de s’en rendre compte. L’intrigue est assez effrayante : on met un certain nombre de personnes dans un train qui va jusqu’à un camp où elles seront forcées à travailler ou exécutées. Ce livre mêle télé-réalité et camp de concentration, rapprochant ainsi les émissions modernes avec les exécutions de la Seconde Guerre mondiale. Cette proximité peut sembler choquante, mais elle montre aussi les extrémités auxquelles on peut arriver, et également comment la télévision nous transforme. Le spectateur se transforme en voyeur, en monstre, il perd peu à peu toute humanité et devient capable de voir mourir des gens, et même pire ! Ce livre met en valeur les défauts de notre société, et évoque, comme le faisait Hannah Arendt, le mal ordinaire, celui que font les personnes « normales » en ne résistant pas, en ne s’impliquant pas, en ne faisant rien pour empêcher quoi que ce soit, ou même, en participant de manière passive. Ainsi, les spectateurs sont-ils les véritables monstres, puisqu’ils alimentent le phénomène. Le tatouage que les Juifs devaient porter dans les camps est repris dans le livre sous la forme d’une sorte de matricule composée de trois lettres et de trois chiffres qui remplace leur nom, inconnu de tous. Ce nom, cette identité, bien que les papiers soient détruits, reste une trace d’humanité que les prisonniers préservent des autres. En fait, ce livre m’a vraiment fait passer à Hunger Games, en moins développé ; il est sorti avant la série, donc il n’en est pas inspiré. Petite remarque concernant la couverture : je la trouve à la fois belle et cruelle. Petit plus : des références littéraires qui ont un certain poids.

Pannonique est l’héroïne du roman. Elle se retrouve dans le camp avec les autres prisonniers, mais elle est différente des autres. Elle dégage quelque chose, une aura, qui la fait apprécier de presque tous. J’ai aimé ce personnage : frappée par l’horreur des camps, elle fait ce qu’elle peut pour résister, et est même la seule à agir. Elle tente différentes stratégies qui ne fonctionnent pas toujours, son environnement lui est de plus en plus insupportable jusqu’à ce qu’elle atteigne sa limite. Dans le camp, elle rencontre Zdena, qui n’est pas une prisonnière. Apparemment stupide, incapable d’avoir une véritable conversation, de « dire quelque chose », elle est fascinée par Pannonique, et tente tout pour obtenir ce qu’elle veut. Le lecteur rencontre d’autres personnages comme EPJ 327, un homme lui aussi fasciné par Pannonique, qu’il considère comme la seule chose qui lui permet de ne pas mourir dans le camp, MDA 802, une jeune femme proche de Pannonique, qui tente de la forcer à faire certaines choses par intérêt, mais admire sa pureté et l’honneur qu’elle conserve, ZHF 911, une vieille dame affreuse qui rend la vie encore plus impossible aux prisonniers, PFX 150, une petite fille qui cache quelque chose, et d’autres personnages, prisonniers ou non.

La fin, comme souvent, est assez abrupte, mais je l’ai apprécié. Elle clôt bien le roman, sur une touche d’espoir.

 

Donc, un très bon roman, qui nous montre les défauts de notre société à travers une émission de télé-réalité poussée à l’extrême, avec l’horreur des camps de concentration en arrière-fond. Un livre qui fait réfléchir sur la responsabilité de tous également.

 

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