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I found myself in Wonderland.

Comptines assassines de Pierre Dubois

Classé dans : Avis littéraires,Coup de cœur — 11 mai 2016 @ 13 h 31 min

Genre : Comptines assassines Conte, Thriller

Editeur : Folio

Année de sortie : 2011  

Nombre de pages : 427

Synopsis : « Il était une fois un assassin. Il était une fois une victime. Il était une fois une ville apparemment encline à favoriser leur rencontre. » Que se passerait-il si le cruel Croquemitaine ressuscitait ? Et Dracula ? Et Barbe-Bleue ? Pire encore, imaginons le Chat botté, non plus au service du marquis de Carabas, mais comme un impitoyable serial killer, obsédé par l’infirmité. Et si Blanche-Neige, « lèvres rouges comme la rose, cheveux noirs comme l’ébène, et blanche comme neige », n’était pas l’innocente que nous présentent les frères Grimm ? Après Les contes de crimes, Pierre Dubois détourne de nouveau les contes de fées. Il nous en offre une version tour à tour drôle et terrifiante, nourrie d’un vocabulaire ensorcelant où l’extrême noirceur se combine au raffinement.

 

Avis : J’ai lu il y a un mois Les contes de crimes, et j’ai adoré ! J’avais très envie de lire Comptines assassines, mais pas à la suite du premier recueil, de peur de me lasser peut-être.

Ce n’est pas le cas ! Encore une fois, j’ai adoré ces réécritures de contes que, cette fois, je connaissais (presque) tous ! J’ai retrouvé l’écriture soutenue de l’auteur, « féérisante », qui garde les caractéristiques du conte, mais dont les mots sont ceux de thrillers sanglants ! A nouveau, les contes sont rendus plus adultes, tout en conservant tout de même une part d’enfance. Et, à nouveau, on ne peut pas défaire le conte du thriller : ils sont entremêlés de façon savante, donnant un cours normal à l’histoire, un cours que le lecteur accepte de suivre. Cela donne l’impression que les contes envahissent la réalité – bien que de manière assez violente -, qu’ils sont quelque part autour de nous, et que nous ne sommes pas capables de les voir parce que nous avons perdu nos yeux d’enfants. Comme pour le premier recueil, j’ai trouvé ces réécritures très originales, une façon différente de voir les contes, de les faire relire, de les appréhender. Ces livres sont sans doute ceux que je préfère dans ce genre !

Huit contes sont réécrits ici, dont deux qui n’en sont pas vraiment. Je vais faire un bref résumé de chacun, tout en préservant la surprise et le suspens, ce serait tellement dommage de gâcher de si bonnes nouvelles ! L’auteur reprend d’abord « Le Chat botté ». J’ai eu du mal à visualiser le personnage, qui semble à la fois chat et homme, ce qui le rendait d’autant plus mystérieux ! Celui-ci ne supporte pas les infirmes et se change en criminel. La fin est excellente ! (je risque de dire cela pour toutes les nouvelles !) Puis vient « Croquemitaine ». J’ai été surprise du personnage principal de cette histoire ! Il est rongé par les démons de son passé, parmi eux, le Croquemitaine. Ici, il est question de fantômes, de meurtres (évidemment) et du moyen d’arrêter quelque chose qui ne peut pas l’être. Ensuite, « La Dame Blanche », qui tient plus de la légende urbaine que du conte, mais qui donne tout de même une histoire agréable à lire. Ici, les personnages n’ont pas de nom, et sont étrangement attachants. La fin est vraiment surprenante. Le lecteur lit ensuite « Les Musiciens de la ville de Brême », sans doute mon préféré. Il ne reprend pas un, mais la plupart des contes de fées : on y rencontre Le Petit Chaperon rouge, Blanche-Neige, Pinocchio, les trois petits cochons, le Chat botté … L’histoire est féérique et merveilleuse, le lecteur a envie d’y être … jusqu’à la fin, horriblement cruelle, abominable, mais vraiment ingénieuse. Je ne l’avais pas vu venir !

Puis, « Les Trois Souhaits« , que je connaissais vaguement, plutôt grâce à l’histoire d’Aladin qu’au conte de fées original. Ici, le lecteur est pris dans un dialogue entre un confesseur et un homme mystérieux qui va nous raconter son histoire, assez affreuse, qui se solde par un acte également affreux ! Vient ensuite « Barbe-Bleue« , qui vient juste après « Les Musiciens de la ville de Brême » dans mes préférences. J’aime beaucoup ce conte, et les réécritures que j’ai déjà pu en lire, comme le roman d’Amélie Nothomb, qui porte le même nom que l’histoire d’origine. C’était haletant, le suspens était palpable, j’avais envie d’aider la victime, de trouver une solution avec elle. La fin est surprenante, intelligente ! L’avant-dernier est « Le conte de Dracula« , qui lui non plus n’est pas un conte à l’origine. C’était peut-être celui que j’ai le moins apprécié : pas vraiment de magie, ni de vampire, mais la déchéance d’un être humain, et un espoir fragile. La fin est magique et désespérante. Enfin, « La vieille femme qui habitait dans un soulier« , qui reprend en réalité Alice au pays des merveilles. Cette histoire est axée sur Charles Dodgson, alias Lewis Carroll, et sa façon d’inventer des histoires pour des petites filles, parmi elles Alice Liddell. C’était émouvant, beau, féérique, et l’on retrouve un personnage du recueil précédent, C. Marmaduke Perthwee, le détective spécialiste des contes de fées. C’est la plus longue nouvelle du recueil, mais elle est aussi exaltante, et parsemée de petits indices pour comprendre de quel conte il s’agit, et de pourquoi les meurtres s’enchaînent. Cela montre aussi l’importance de la nature et de la féérie dans notre vie, ce que les adultes ont tendance à oublier en grandissant, parce qu’ils écartent la magie qui les fascinait enfants.

 

Donc, encore une fois, un merveilleux recueil, qui nous embarque dans un univers des contes violent, sanglant, mais toujours féérique et merveilleux, séducteur à souhait.

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