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I found myself in Wonderland.

Mal de pierres de Milena Agus

Classé dans : Avis littéraires — 30 avril 2016 @ 13 h 58 min

Genre : Contemporaine Mal de pierres

Editeur : Liana Levi

Année de sortie : 2006

Nombre de pages : 124

Synopsis : Au centre, l’héroïne : jeune Sarde étrange « aux longs cheveux noirs et aux yeux immenses ». Toujours en décalage, toujours à contretemps, toujours à côté de sa propre vie … A l’arrière-plan, les personnages secondaires, peints avec une touche d’une extraordinaire finesse : le mari, épousé par raison pendant la Seconde Guerre, sensuel taciturne à jamais mal connu ; le Rescapé, brève rencontre sur le Continent, à l’empreinte indélébile ; le fils, inespéré, et futur pianiste ; enfin, la petite-fille, narratrice de cette histoire, la seule qui permettra à l’héroïne de se révéler dans sa vérité. Mais sait-on jamais tout de quelqu’un, aussi proche soit-il …

 

Avis : Je dois dire que la description de ce livre sur Livraddict m’a intrigué, j’avais envie de découvrir l’histoire de cette grand-mère qui découvre l’amour, et qui a tout raconté à sa petite-fille, qui retranscrit.

Mal de pierres est un livre très court qui se lit très vite, difficile à lâcher une fois qu’on est plongé dedans. Ce n’est pas tant qu’il y a beaucoup d’action ; c’est que l’écriture est très agréable, poétique, aux accents un peu relâchés parfois, ce qui fait penser à une écriture d’enfant, comme si la narratrice, en parlant de sa grand-mère, retombait un peu en enfance, et retrouvait des tics de langage de l’époque. C’est aussi que le lecteur s’attache vite à l’héroïne, et veut connaître la suite de son histoire, ce que sa petite-fille a à nous dire. L’amour est le centre du livre : la grand-mère, dont on ne connaît pas le nom, veut le rencontrer, c’est « la chose principale », ce qu’il faut pour vivre, elle en a besoin. Et comme elle ne l’a pas, elle écrit, elle noircit des pages et des pages de poèmes pour tenter de compenser. Vient alors la rencontre avec le Rescapé. A partir de ce moment, la vie change, elle prend un caractère plus doux. De plus, j’ai trouvé intéressant le fait que la narratrice n’est pas du tout un personnage principal, mais plutôt très secondaire : seule sa voix compte, puisque c’est elle qui rapporte la vie de sa grand-mère telle qu’elle lui a racontée. Cette dernière, déjà morte au moment où la petite-fille parle, est le véritable personnage principal. Autre chose : le décor a l’air à la fois enchanteur et pittoresque ; on sent la suprématie du village, Cagliari ou Gavoi, sur la ville, Milan.

L’héroïne est donc attachante. Jeune fille, elle se sent différente des autres, et sa famille la rejette à cause d’un comportement qu’elle juge inadmissible. Au fil de sa vie, elle a peur de ne jamais rencontrer l’amour, la seule chose qui vaille la peine d’être vécue ; croyante, elle se demande pourquoi Dieu ne l’aide pas, alors qu’elle le prie comme il le faut. Adulte, elle est incapable d’avoir des enfants, atteinte du mal de pierres. La raison pour laquelle elle est envoyée en cure thermale. L’héroïne m’a semblé rêveuse, douce et passionnée dans ses sentiments. Mariée, elle n’aime pas pour autant, ce qui la pousse à faire une proposition à son mari qui peut sembler étrange ou déplacée, mais qui, au fond, peut refléter sa volonté de bien faire. Elle a tendance à imaginer sa vie plus qu’elle ne la vit véritablement, ce qu’elle se reprochera plus âgée. La narratrice, quant à elle, est très effacée par rapport à sa grand-mère. On peut deviner qu’elle l’aime énormément, qu’elle l’admire peut-être, et qu’elle est heureuse de connaître toute son histoire comme, elle se l’imagine, personne d’autre ne la connaît. Elle n’apparaît « physiquement » que tardivement dans le livre, où on la découvre petite fille voulant vivre avec l’héroïne, puis adulte, racontant son histoire et se plongeant dans les souvenirs. Le lecteur rencontre également le mari de l’héroïne, que cette dernière évite le plus possible, et que, finalement, elle ne connaîtra vraiment jamais, un homme qui, pourtant, aurait peut-être pu la rendre heureuse ; le fils, qui doit tant à sa mère et n’a pas l’air de s’en rendre compte, qui préfère passer du temps avec son père ou son piano, qu’il aime plus que quiconque semble-t-il ; la belle-fille, amoureuse transie, groupie qui laisse sa fille à sa belle-mère pour pouvoir suivre son mari partout ; le Rescapé, mystérieux sauvé de la Seconde Guerre mondiale, qui raconte sa vie à l’héroïne pendant le peu de temps qu’ils passent ensemble, et qui restera à jamais dans son cœur, dans son souvenir.

Ce livre permet de se rendre compte, si on ne le savait pas déjà, que ne jamais se satisfaire de ce que l’on a ne fait que nous gâcher la vie. Incapable de saisir le moment, de vivre dans le présent, l’héroïne passe complètement à côté de certains instants précieux, qui auraient pu participer à son bonheur. C’est la raison pour laquelle le pardon est évoqué : elle ne se pardonne pas certaines erreurs commises. De plus, il nous apprend aussi à ne pas toujours croire les apparences ou ce que l’on raconte, mettant en abîme la fiction elle-même, et en relief le contraste entre réalité et imagination.

La fin est très surprenante, complètement inattendue ! C’était très ingénieux ! Le lecteur s’est laissé avoir ; il ressort du livre abasourdi.

 

En définitive, un très bon livre, dont la fin surprenante remet en question toute la lecture !

2 commentaires »

  1. Tassa www.unefrancaisedanslalune.fr dit :

    Il faut que je lise ce livre, tu m’en as donné l’envie :)

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