Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Archive pour avril, 2016

Mal de pierres de Milena Agus

Posté : 30 avril, 2016 @ 1:58 dans Avis littéraires | 4 commentaires »

Genre : Contemporaine Mal de pierres

Editeur : Liana Levi

Année de sortie : 2006

Nombre de pages : 124

Synopsis : Au centre, l’héroïne : jeune Sarde étrange « aux longs cheveux noirs et aux yeux immenses ». Toujours en décalage, toujours à contretemps, toujours à côté de sa propre vie … A l’arrière-plan, les personnages secondaires, peints avec une touche d’une extraordinaire finesse : le mari, épousé par raison pendant la Seconde Guerre, sensuel taciturne à jamais mal connu ; le Rescapé, brève rencontre sur le Continent, à l’empreinte indélébile ; le fils, inespéré, et futur pianiste ; enfin, la petite-fille, narratrice de cette histoire, la seule qui permettra à l’héroïne de se révéler dans sa vérité. Mais sait-on jamais tout de quelqu’un, aussi proche soit-il …

 

Avis : Je dois dire que la description de ce livre sur Livraddict m’a intrigué, j’avais envie de découvrir l’histoire de cette grand-mère qui découvre l’amour, et qui a tout raconté à sa petite-fille, qui retranscrit.

Mal de pierres est un livre très court qui se lit très vite, difficile à lâcher une fois qu’on est plongé dedans. Ce n’est pas tant qu’il y a beaucoup d’action ; c’est que l’écriture est très agréable, poétique, aux accents un peu relâchés parfois, ce qui fait penser à une écriture d’enfant, comme si la narratrice, en parlant de sa grand-mère, retombait un peu en enfance, et retrouvait des tics de langage de l’époque. C’est aussi que le lecteur s’attache vite à l’héroïne, et veut connaître la suite de son histoire, ce que sa petite-fille a à nous dire. L’amour est le centre du livre : la grand-mère, dont on ne connaît pas le nom, veut le rencontrer, c’est « la chose principale », ce qu’il faut pour vivre, elle en a besoin. Et comme elle ne l’a pas, elle écrit, elle noircit des pages et des pages de poèmes pour tenter de compenser. Vient alors la rencontre avec le Rescapé. A partir de ce moment, la vie change, elle prend un caractère plus doux. De plus, j’ai trouvé intéressant le fait que la narratrice n’est pas du tout un personnage principal, mais plutôt très secondaire : seule sa voix compte, puisque c’est elle qui rapporte la vie de sa grand-mère telle qu’elle lui a racontée. Cette dernière, déjà morte au moment où la petite-fille parle, est le véritable personnage principal. Autre chose : le décor a l’air à la fois enchanteur et pittoresque ; on sent la suprématie du village, Cagliari ou Gavoi, sur la ville, Milan.

L’héroïne est donc attachante. Jeune fille, elle se sent différente des autres, et sa famille la rejette à cause d’un comportement qu’elle juge inadmissible. Au fil de sa vie, elle a peur de ne jamais rencontrer l’amour, la seule chose qui vaille la peine d’être vécue ; croyante, elle se demande pourquoi Dieu ne l’aide pas, alors qu’elle le prie comme il le faut. Adulte, elle est incapable d’avoir des enfants, atteinte du mal de pierres. La raison pour laquelle elle est envoyée en cure thermale. L’héroïne m’a semblé rêveuse, douce et passionnée dans ses sentiments. Mariée, elle n’aime pas pour autant, ce qui la pousse à faire une proposition à son mari qui peut sembler étrange ou déplacée, mais qui, au fond, peut refléter sa volonté de bien faire. Elle a tendance à imaginer sa vie plus qu’elle ne la vit véritablement, ce qu’elle se reprochera plus âgée. La narratrice, quant à elle, est très effacée par rapport à sa grand-mère. On peut deviner qu’elle l’aime énormément, qu’elle l’admire peut-être, et qu’elle est heureuse de connaître toute son histoire comme, elle se l’imagine, personne d’autre ne la connaît. Elle n’apparaît « physiquement » que tardivement dans le livre, où on la découvre petite fille voulant vivre avec l’héroïne, puis adulte, racontant son histoire et se plongeant dans les souvenirs. Le lecteur rencontre également le mari de l’héroïne, que cette dernière évite le plus possible, et que, finalement, elle ne connaîtra vraiment jamais, un homme qui, pourtant, aurait peut-être pu la rendre heureuse ; le fils, qui doit tant à sa mère et n’a pas l’air de s’en rendre compte, qui préfère passer du temps avec son père ou son piano, qu’il aime plus que quiconque semble-t-il ; la belle-fille, amoureuse transie, groupie qui laisse sa fille à sa belle-mère pour pouvoir suivre son mari partout ; le Rescapé, mystérieux sauvé de la Seconde Guerre mondiale, qui raconte sa vie à l’héroïne pendant le peu de temps qu’ils passent ensemble, et qui restera à jamais dans son cœur, dans son souvenir.

Ce livre permet de se rendre compte, si on ne le savait pas déjà, que ne jamais se satisfaire de ce que l’on a ne fait que nous gâcher la vie. Incapable de saisir le moment, de vivre dans le présent, l’héroïne passe complètement à côté de certains instants précieux, qui auraient pu participer à son bonheur. C’est la raison pour laquelle le pardon est évoqué : elle ne se pardonne pas certaines erreurs commises. De plus, il nous apprend aussi à ne pas toujours croire les apparences ou ce que l’on raconte, mettant en abîme la fiction elle-même, et en relief le contraste entre réalité et imagination.

La fin est très surprenante, complètement inattendue ! C’était très ingénieux ! Le lecteur s’est laissé avoir ; il ressort du livre abasourdi.

 

En définitive, un très bon livre, dont la fin surprenante remet en question toute la lecture !

Lutetia de Pierre Assouline

Posté : 29 avril, 2016 @ 7:15 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Genre : ContemporaineLutetia

Editeur : Gallimard

Année de sortie : 2005

Nombre de pages : 434

Synopsis : Tapi dans les recoins les plus secrets de Lutetia, un homme voit l’Europe s’enfoncer dans la guerre mondiale. Edouard Kiefer, Alsacien, ancien flic des RG. Détective chargé de la sécurité de l’hôtel et de ses clients. Discret et intouchable, nul ne sait ce qu’il pense. Dans un Paris vaincu, occupé, humilié, aux heures les plus sombres de la collaboration, cet homme, pourtant, est hanté par une question : jusqu’où peut-on aller sans trahir sa conscience ? De 1938 à 1945, l’hôtel Lutetia – l’unique palace de la rive gauche – partage le destin de la France. Entre ses murs se succèdent, en effet, exilés, écrivains et artistes, puis officiers nazis et trafiquants du marché noir, pour laisser place enfin à la cohorte des déportés de retour des camps. En accordant précision biographique et souffle romanesque, Pierre Assouline redonne vie à la légende perdue du grand hôtel, avec un art du clair-obscur qui convient mieux que tout autre au mythique Lutetia.

 

Avis : J’ai entendu parler de ce livre pendant un cours sur la poésie du XXe siècle, plus la même qu’aux siècles précédents à cause de la guerre. Je pensais passer un bon moment avec Lutetia, la vie dans un hôtel parisien sous l’Occupation allemande.

Je ne sais pas tout à fait à quoi je m’attendais, mais je dois dire que j’ai été plutôt déçue. D’abord, le roman est divisé en trois parties : avant, pendant et après l’Occupation. Le fil rouge du texte est le narrateur, Edouard Kiefer, un ancien policier reconverti en détective, et qui habite Lutetia : il y est chargé de la sécurité. Sa vie est bouleversée par la guerre, et la réquisition de l’hôtel par les Allemands. Il décrit ainsi les changements qui s’opèrent dans le bâtiment, dans son atmosphère, dans sa fréquentation. Au début, j’ai trouvé que, bien que ce soit lui qui raconte, le narrateur n’était pas assez impliqué. Puis, que les paragraphes n’avaient parfois rien à voir ensemble, ce qui donnait un récit décousu. Enfin, le style d’écriture m’a agacé, sans que je sache exactement quels traits sont à l’origine de ce sentiment. De plus, des longueurs m’ont gêné, je me suis un peu ennuyée au fil du temps, j’ai même pensé arrêter la lecture. C’est peut-être l’effet huis-clos, l’impression que le temps traîne en longueur. Je voulais tout de même connaître « La vie après », et j’ai eu raison : c’est la partie que j’ai préféré. J’ai tout de même aimé l’atmosphère de l’hôtel, si chaleureuse dans « La vie avant », puis pesante, et enfin à la fois soulagée et horrifiée ; l’immersion du lecteur pourrait être totale, mais le catalogue de personnages que le narrateur nous présente alourdit le texte. De véritables moments d’émotion étaient présents dans la dernière partie du livre, ce qui a rehaussé mon intérêt. Mais globalement, je suis tout de même déçue.

Je n’ai pas réussi à m’attacher tout à fait au narrateur. Edouard Kiefer est assez secret au début du livre, le lecteur le découvre peu à peu, à travers d’autres personnages, et ce qu’il dit de lui-même. Détective, il écrit des fiches sur les clients et le personnel de l’hôtel. Il est un peu le vigile du bâtiment : si quelque chose se passe mal, c’est à lui de régler l’affaire. C’est la raison pour laquelle il est précieux pendant l’Occupation, puisqu’il peut être utilisé par les Allemands, mais aussi par la Résistance. Il est victime de l’hypocrisie du système, ainsi que de sa perversité : si tu ne fais pas ce qu’on te dit, on s’occupera de toi. Beaucoup d’autres personnages sont vus à travers les yeux de Kiefer : N***, femme d’abord mystérieuse, âme sœur très particulière du narrateur, amour inconditionnel mais platonique, « amitié amoureuse » comme il dit. Elle est la femme parfaite : l’élégance incarnée, la sensualité et la légèreté, la tendresse, l’insouciance ; le docteur Stern, avec Kiefer est ami et qui le voit partir avec regret au moment de l’Occupation ; de nombreux clients, parmi eux James Joyce, que j’ai aimé découvrir de cette façon, Thomas Mann et son frère, Heinrich, M. Kaufman, un Anglais excentrique que le narrateur apprécie, M. Arnold, qui réserve une surprise de taille à Kiefer ; le personnel, comme M. Chappaz, le directeur de l’hôtel, conscient que Kiefer est son pilier ; Félix-le-comptable, qui prédit ce qui arrivera au narrateur, comme un journaliste juif, et auquel le personnage repensera alors.

Ce livre a le mérite de montrer ce qui est arrivé au véritable hôtel Lutetia pendant la guerre, de nous faire partager l’atmosphère au fil de la guerre, mais aussi de nous faire voir que ce n’est pas si facile de ne pas trahir sa conscience dans les temps de crise. Aussi, il est clair que les Français qui ne collaboraient pas, mais qui ne faisaient pas partie de la Résistance, n’étaient pas au courant de ce qui arrivait à ceux qui étaient déportés. Ils imaginaient la torture et la mort, mais pas les camps et les chambres à gaz. « La vie d’après » le montre bien : le choc, l’incompréhension, le dégoût de ce que l’homme est capable de faire à l’homme. Cette dernière partie était pour moi la plus intéressante car elle montre l’autre facette du retour, un rapatriement qui ne se passe pas exactement comme les Français auraient pu l’imaginer. A travers le narrateur, on assiste à des scènes de retrouvailles, de déchirement, des scènes incompréhensibles aussi. Et l’on se demande, en effet, s’il est possible de vivre après avoir vécu ce que les déportés ont vécu. Le côté historique de cette dernière partie est intéressant, nous apporte des informations sur pas mal de choses concernant le rapatriement, mais n’est peut-être pas rendu assez naturel dans le reste du livre.

La fin coïncide avec la fin du rapatriement et celle de l’espoir des familles qui n’ont pas retrouvé leurs proches. L’épilogue est concentré sur le narrateur, qui se demande comment il finira sa vie, et sur « l’esprit des lieux » de Lutetia.

 

Donc, une petite déception, même si j’ai aimé les moments d’émotion et l’atmosphère de l’hôtel.

Mémoires de porc-épic d’Alain Mabanckou

Posté : 26 avril, 2016 @ 10:45 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Mémoires de porc-épic Genre : Contemporaine

Editeur : Seuil

Année de sortie : 2006 

Nombre de pages : 221

Synopsis : L’auteur revisite en profondeur un certain nombre de lieux fondateurs de la littérature et de la culture africaine, avec amour, humour et dérision. Parodiant librement une légende populaire selon laquelle chaque être humain possède son double animal, il nous livre dans ce récit l’histoire d’un étonnant porc-épic, chargé par son alter ego humain, un certain Kibandi, d’accomplir à l’aide de ses redoutables piquants toute une série de meurtres rocambolesques. Malheur aux villageois qui se retrouvent sur la route de Kibandi, car son ami porc-épic est prêt à tout pour satisfaire la folie sanguinaire de son  » maître  » ! En détournant avec brio et malice les codes narratifs de la fable, l’auteur renouvelle les formes traditionnelles du conte africain dans un récit truculent et picaresque où se retrouvent l’art de l’ironie et la verve inventive qui font de lui une des voix majeures de la littérature francophone actuelle.

 

Avis : J’ai emprunté ce livre à la bibliothèque parce que j’ai un cours sur la littérature francophone. Je me suis dit qu’il était temps d’explorer (encore) de nouveaux horizons, et je me suis lancée, intriguée par le synopsis.

D’abord, je dois dire que le style d’écriture est assez étonnant. L’auteur n’emploie pour ponctuation que la virgule, ce qui surprend le lecteur, qui s’attendait à des phrases qui commencent par une majuscule et se terminent par un point. Cela ne m’a pas du tout gênée dans ma lecture. Originalité dans le style donc. Mais aussi dans l’histoire, au vu de mes lacunes considérables dans la culture africaine. En effet, le narrateur est, comme l’indique le titre, un porc-épic, qui raconte sa vie de double nuisible d’un homme, Kibandi, qui va se servir de lui pour tuer qui bon lui semble. Le texte prend donc une allure de confession (le mot est d’ailleurs employé plusieurs fois), d’autant plus qu’elle est adressée à un baobab, qui se retrouve en substitut du lecteur dans le texte : tous deux sont incapables de répondre et obligés d’écouter. Comme je le disais donc, on découvre ici une légende populaire africaine, celle d’un double animal de l’être humain dont ce dernier peut se servir sans que l’on sache que c’est lui qui agit. J’ai beaucoup aimé découvrir cette coutume dans une fable, c’est beaucoup plus ludique, et l’on apprend mieux, parfois sans s’en rendre compte. Petit plus : des références littéraires comme Poe et Quiroga, avec la fameuse nouvelle avec l’oreiller de plumes qui m’avait fait frissonner en cours d’espagnol quand la professeur nous l’avait raconté !

Le narrateur est donc un porc-épic, dont on finit par connaître le nom, qui n’est pas vraiment un nom au vu de ce qu’il veut dire. Celui-ci s’exprime comme un humain, en raison du fait qu’il était double nuisible de l’un d’entre eux. Cela l’a, selon lui, fait évoluer différemment, le transformant en un être solitaire par rapport à ses congénères, plus puissant, plus intelligent, doué de parole. Il se confesse parce qu’il se sent coupable, et veut, par la parole, déchargé cette culpabilité qui le hante. C’est ainsi qu’il va nous raconter son histoire, et il la commence par la fin : la mort de son maître, et sa survie incompréhensible, puisqu’il pensait mourir avec lui. Il parle ensuite de sa vie avant d’être un double, puis de la transmission du père au fils, de son rapprochement avec Kibandi, de leur vie ensemble, de ce qu’ils ont accompli, de ce qu’il ressentait et de ce qu’il ressent maintenant par rapport à ses actes. Il parle à un baobab à qui il attribue des sentiments, des pensées, et un jugement, ce qui le rapproche d’autant plus du lecteur. Kibandi, le maître, est un petit garçon normal jusqu’à la transmission opérée par son père. Il est incapable alors de se séparer de son double, sa vie en dépend. Et on dirait que le mal grandit en lui à partir du moment où il a, non pas un, mais deux doubles, puisqu’un autre lui-même se dégage de lui au moment de la transmission. On dirait qu’il représente sa part mauvaise, et celle-ci a besoin d’être nourrie. C’est ce qu’il va s’efforcer de faire par le moyen de son double nuisible, le porc-épic, incapable de résister, et qui partage les sentiments de son maître au moment des meurtres. Papa Kibandi est à l’origine de la transmission, et il est facile de deviner que le même destin attend son fils. Mama Kibandi, elle, n’a rien à voir là-dedans, puisqu’elle n’a pas de double et n’est pas au courant des affaires des hommes de la famille. Elle est pourtant la première à en souffrir. Le lecteur et Kibandi rencontrent d’autres personnages au fil du livre, certains voués à la mort, d’autres qui la causent. Les victimes sont souvent innocentes, et n’ont commis aucune faute grave envers Kibandi : il semble les tuer parce qu’il le peut, pour se venger de la plus petite erreur.

A travers cette histoire, il est possible de voir l’importance de la transmission par le père, celle de la tradition, le poids des légendes dans la culture africaine. J’ai également eu l’impression que cette histoire de doubles était une espèce de métaphore pour parler d’une sorte de mauvaise partie de l’homme, comme un Mr. Hyde caché à l’intérieur de Dr. Jekyll. Celle-ci doit être nourrie par le mal, et donc, ici, par le crime, sans quoi elle se fatigue. La justice ne semble pas avoir grand-chose à voir avec les actes de Kibandi : en effet, il est déjà condamné par ce que son père a fait avant lui, et continue un peu son « œuvre » (à défaut de trouver un mot adéquat) après sa mort.

La fin est plutôt heureuse. Le porc-épic veut reprendre sa vie là où il l’a laissé, il est certain que, même âgé, il a encore de longues années à vivre. Le livre ne dit pas ce qu’il en est par la suite. Autre chose : une lettre étrange se trouve en postface, et évoque un autre livre d’Alain Mabanckou, Verre cassé, faisant du héros de l’histoire l’auteur de Mémoires de porc-épic. C’est assez intéressant de faire correspondre de cette façon des œuvres.

 

Donc, un bon livre, intéressant, qui nous permet d’apprendre un peu la culture africaine, qui peut nous faire réfléchir à partir du double nuisible sur le mal qui se trouve en tout homme et qui se développe s’il est alimenté, et qui nous présente un style d’écriture plutôt original.

The Lunar Chronicles, book 1 : Cinder de Marissa Meyer

Posté : 25 avril, 2016 @ 12:04 dans Avis littéraires, Coup de cœur, Lectures Communes | 2 commentaires »

CInderGenre : Science-Fiction, Jeunesse

Editeur : Puffin Books

Année de sortie : 2012

Nombre de pages : 387

Synopsis : A forbidden romance.A deadly plague.Earth’s fate hinges on one girl . . .CINDER, a gifted mechanic in New Beijing, is also a cyborg. She’s reviled by her stepmother and blamed for her stepsister’s sudden illness. But when her life becomes entwined with the handsome Prince Kai’s, she finds herself at the centre of a violent struggle between the desires of an evil queen – and a dangerous temptation. Cinder is caught between duty and freedom, loyalty and betrayal. Now she must uncover secrets about her mysterious past in order to protect Earth’s future.This is not the fairytale you remember. But it’s one you won’t forget.

 

Avis : Cela faisait longtemps que ce livre attendait dans ma PAL – la suite y est aussi d’ailleurs, il ne me manque plus que Winter et les hors-séries pour finir la saga ! Je me suis lancée en lecture commune avec ma petite sœur ! (voici le lien de sa chronique : http://emistories.unblog.fr/2016/04/29/chronique-cinder-tome-1-des-chroniques-lunaires-marissa-meyer/comment-page-1/#comment-40 )

Et je dois dire que je regrette de ne pas avoir lu ce livre plus tôt ! J’ai lu pas mal de réécritures de contes pour l’instant, et tout comme les autres, celle-ci était vraiment originale ! (la preuve : ils ne se ressemblent absolument pas !) L’auteur a gardé certains traits du conte, les grandes lignes peut-être, certaines phrases en tête de parties (quatre ici) ainsi que l’intrigue de base ; mais l’histoire étant transposée dans une dystopie, beaucoup de choses changent, ce qui donne une tout autre image à ce que l’on connaît déjà. L’univers futuriste « rénove » complètement la vision que l’on peut avoir de Cendrillon, étant donné que le lecteur découvre que la Lune est habitée, que la Terre se découpe en royaumes, empires et gouvernements fédérés, et qu’il est possible de sauver la vie des humains en leur greffant des membres robotiques qui altèrent leur manière de vivre de façon significative ! Aussi, ici, pas d’idéalisation ni de manichéisme comme dans le conte, ce qui lui enlève son côté enfantin, ou trop facile, même si certains contes sont assez cruels à l’origine. Cendrillon est repris, mais également, d’une certaine façon, Blanche-Neige, sans doute en anticipation de la suite. Autre chose : le livre, à partir d’un certain moment, n’est que rebondissements à la chaîne, et je dois dire que j’ai vraiment été tenue en haleine jusqu’à la fin ! J’avais envie de savoir ce qui allait arriver : résultat, je sautais des pages pour lire un peu plus loin, pour savoir ce qui allait arriver ! Aussi, presque au centre du livre se trouve une épidémie qui décime la population, et que les scientifiques tentent d’endiguer sans succès ; cela promet du suspense, de la peur, des doutes, et de la tristesse. Evidemment, Cendrillon comporte une histoire d’amour, qui est bien présente ici, sans être agaçante, et sans prendre toute la place, ce que j’adore ! En effet, elle est très fortement liée à l’univers et à la politique en place, qui peuvent alors se déployer sans être gênés : ils sont ainsi le centre du livre ! Concernant l’écriture, je l’ai trouvée agréable ; l’auteure a une petite habitude : faire jurer ses personnages en leur faisant dire « Stars ! », ce qui m’a amusée.

Cinder est bien sûr l’héroïne de ce tome. Et on peut dire qu’elle ne colle pas du tout à l’image habituelle de la princesse dans les contes. D’abord, elle est mécanicienne, ce qui ne la rend absolument pas glamour comme ses belles-sœurs peuvent l’être. Ensuite, comme le suggère la couverture (très jolie d’ailleurs !), elle est cyborg, ce qui est très mal vu sur Terre. Et le narrateur nous fait comprendre, par-dessus le marché, qu’elle ne se trouve ni belle ni attirante. Soumise à une loi injuste, elle tente de se défendre au mieux dans un monde où elle n’est pas la bienvenue. Tourmentée par sa belle-mère et une de ses belles-sœurs, elle est le larbin de la maison, la souillon qui n’a aucune chance d’aller au bal au vu de son allure, mais aussi au vu de ce qu’elle est. Après son opération pour en faire une cyborg, elle a perdu la mémoire : son passé avant ses onze ans a disparu. Aussi, Cinder rêve de liberté, et se retrouve, à la place, embarquée dans une histoire dont elle ne comprend la portée qu’à la fin, quand le lecteur l’a deviné depuis longtemps ! Ses problèmes commencent avec sa rencontre avec le prince Kai, dont elle se fichait éperdument ; une fois rencontré, il bouleverse un peu sa vie en lui demandant de réparer un de ses robots tomber en panne. On peut dire que ce personnage est le type du prince charmant : beau, gentil, courageux face à l’adversité, déterminé dans ses choix. Et pourtant, ce n’est pas une caricature, ce qui le rend plus attachant que la plupart des princes que l’on peut rencontrer dans des romans Young Adult. Notamment, la décision qu’il prend à la fin est fracassante pour le conte ! Peony, la gentille belle-sœur de Cinder, est adorable ! Il est extrêmement facile de s’attacher à elle, et difficile de ne pas compatir quand elle souffre. Elle fait de son mieux pour aider l’héroïne contre sa propre mère et sa sœur, qui déteste leur fardeau cyborg de toutes leurs forces. Iko est elle aussi incroyablement attachante ! Robot-assistante de Cinder, elle la suit partout, et son humour décalé provoque des situations embarrassantes pour les autres personnages, drôles pour le lecteur. J’ai presque envie d’avoir la même à la maison ! D’autres personnages sont bien moins attachants, comme Adri, la belle-mère de Cinder, qui fait tout son possible pour lui nuire, même le pire ; Pearl, sa seconde belle-sœur, dans la même lignée que sa mère ; et, évidemment, Levana, la reine de Luna, qui s’avère être la parfaite méchante reine des contes de fées, même si je pense que le personnage est plus développé dans Fairest, son histoire personnelle. D’autres personnages font leur apparition, notamment le Docteur Erland, qui va aider Cinder à en découvrir un peu plus sur elle et son passé ; Torin, le conseiller de Kai, en apparence assez strict et austère, mais qui cache une vraie affection pour Kai.

La fin est très très prévisible, étant donné que des indices sont disséminés partout ! Mais, malgré ce manque de surprise, elle n’en reste pas moins excitante. Elle donne envie de lire la suite pour découvrir ce qu’il adviendra des personnages !

 

Donc, un très bon roman Young Adult, qui mélange bien l’univers des contes et la science-fiction, pour une saga qui promet d’être palpitante !

Quand je pense que Beethoven est mort alors que tant de crétins vivent … d’Eric-Emmanuel Schmitt

Posté : 22 avril, 2016 @ 4:53 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Quand je pense que Beethoven est mort alors que tant de crétins vivent Genre : Autobiographie, Contemporaine, Essai

Editeur : Albin Michel

Année de sortie : 2010

Nombre de pages : 184

Synopsis : Un jour, lors d’une exposition de masques, Beethoven revient dans la vie d’Eric-Emmanuel Schmitt. L’écrivain se rappelle l’avoir aimé passionnément autrefois, pendant son adolescence. Pourquoi Beethoven s’est-il éloigné ? Pourquoi l’homme d’aujourd’hui n’éprouve-t-il plus ces émotions, ce romantisme, ces orages intérieurs et cette joie ? Qui a disparu ? Beethoven ou nous ? Et qui est l’assassin ? Ce texte est suivi de Kiki van Beethoven, l’aventure d’une femme, la soixantaine rayonnante, laquelle va, grâce à la musique, changer sa vie ainsi que celle de ses trois amies. Une fable sur la jeunesse perdue et les secrets ensevelis.

 

Avis : Ce livre m’intriguait de par son titre d’abord, pas vraiment agressif, mais plutôt polémique ; puis, par ce que pouvait dire l’auteur sur Beethoven, voir s’il allait me donner envie de l’écouter, me le faire voir d’une façon différente.

Le livre est divisé en deux parties : une sorte d’essai autobiographique de l’auteur, et un scénario de pièce de théâtre écrit comme une nouvelle. De loin, la seconde partie était meilleure que la première. Dans celle-ci, l’écrivain nous parle de sa relation avec Beethoven, qu’il juge tout à fait particulière. D’un côté, c’était intéressant : la musique a une vraie influence sur nous, elle nous transporte, et n’est pas qu’une simple mélodie ; elle prend souvent une signification selon ce que l’on vit, et l’auteur nous le rappelle. Le titre est expliqué dans cette partie et plusieurs fois mentionné, parce que l’écrivain réfléchit sur cette façon de voir les hommes. Il décrypte également ce que la musique du compositeur lui fait ressentir : la joie, le courage, l’optimisme, une sorte d’élévation de l’homme par les notes. Le livre est accompagné d’un CD, que j’ai fini par écouter, une fois arrivée à la moitié du livre. Je me suis laissée alors complètement transportée par la musique, bien plus que par les mots, qui sont tout de même rehaussés par l’écoute. J’ai découvert des œuvres que je ne connaissais pas, et que j’ai, depuis, écoutées plusieurs fois. En fait, j’ai trouvé que l’écriture n’était pas assez fluide, nettement alourdie par la répétition constante du nom du compositeur : Beethoven. Il est présent dans presque chaque phrase, ce qui peut agacer. Aussi, les réflexions de l’auteur sur l’Humanité sont assez pessimistes, largement compensées par celles que lui inspire Beethoven.

La deuxième partie du livre est donc une sorte de pièce de théâtre, pas du tout présentée comme telle. Elle raconte l’histoire de Kiki, une femme de soixante ans, qui découvre dans une brocante un masque de Beethoven, et se rend alors compte qu’elle n’est plus capable de l’entendre jouer, ou, si elle l’écoute, elle ne le peut sans souffrir. C’est comme si plus personne ne respectait le compositeur et sa musique. Elle va alors tenter de remédier à cette seconde mort d’une façon à la fois simple et particulière, qui reflète bien son caractère. Contrairement à la première partie, je n’ai pas du tout été agacée ; au contraire, je me suis amusée, et j’ai aussi été un peu touchée par les personnages, quatre amies qui tentent de changer leur vie grâce à la musique. Cela va faire ressurgir leur passé, et leur apprendre à vivre heureuses. C’était une belle façon, encore, de montrer l’influence de la musique sur nos vies, comment elle peut nous aider. Et avec Beethoven en fond sonore, c’était encore mieux ! La fin est belle elle aussi, encore plus accompagnée de la musique !

 

En définitive, un livre dont la première partie est assez agaçante, quand la deuxième est bien plus intéressante, drôle et touchante. En tout cas, il montre bien l’impact de la musique sur nos vies, ce qu’elle peut nous apporter, et les sentiments dont elle va nous emplir pour longtemps !

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