Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Flowers for Algernon de Daniel Keyes

Classé dans : Avis littéraires,Coup de cœur — 16 février 2016 @ 12 h 44 min

Flowers for AlgernonGenre : Science-fiction

Editeur : Orion Books

Année de sortie : 2002

Nombre de pages : 216

Synopsis : Charlie Gordon, IQ 68, is a floor sweeper, and the gentle butt of everyone’s jokes, until an experiment in the enhancement of human intelligence turns him into a Genius. [SPOILER] But then Algernon, the mouse whose triumphal experimental transformation preceded his, fades and dies, and Charlie has to face the possibility that his salvation was only temporary.

 

Avis : Cela faisait un moment que je voulais lire ce livre, et l’occasion m’a été donnée de le faire par une de mes professeurs.

D’abord, je trouve que le synopsis en dit beaucoup trop ! Il gâche dès le début une des surprises du livre : un problème potentiel dans la formule du professeur Nemur. J’étais un peu déçue par cette façon de révéler l’histoire dès le début ! Le suspense est gâché, c’est vraiment dommage ! C’est aussi une façon de prévenir le lecteur de l’émotion qu’il va ressentir tout le long du livre. En effet, c’est très difficile de ne pas se sentir impliqué, tout d’abord avec la méthode d’écriture. Charlie écrit des rapports pour voir l’évolution de ses progrès, et cela donne l’impression qu’il parle au lecteur, que c’est à lui qu’il écrit. L’attachement au personnage est ainsi immédiat, et l’on a envie que ses souhaits se réalisent, on a presque envie de l’aider nous aussi. Autre chose concernant l’écriture : l’auteur nous plonge vraiment dans son livre en nous montrant l’évolution de l’écriture de Charlie ; cela participe à l’émotion que l’on ressent, puisqu’elle montre les progrès du personnage. J’ai eu l’impression, en réalité, que tout contribuait à rendre l’histoire touchante, émouvante, à travers tous les aspects possibles : de l’amour, de l’espoir, de la cruauté, de la naïveté, de l’innocence, puis la perte, le désarroi, les regrets, le manque de temps. Combien de fois les larmes me sont-elles montées aux yeux ?

Comme je le disais, l’attachement à Charlie Gordon est immédiat. Retardé, mais motivé à devenir plus intelligent, il apprend à lire et à écrire, et décide de faire des tests afin de subir une opération pour améliorer son niveau d’intelligence, son QI. Il veut simplement être comme les autres, qu’il voit comme des génies, des êtres supérieurs à lui. Il est profondément gentil, et rit avec les autres de ses bêtises, ne se rendant pas compte qu’en réalité, il se moque de lui. Au fur et à mesure de ses progrès, le lecteur se rend compte que le caractère de Charlie change lui aussi ; il devient tout à fait différent de l’homme que l’on a d’abord rencontré. J’ai trouvé que c’était assez difficile à lire : il se transforme en quelqu’un d’autre, il semble parfois oublier qui il était, grâce à qui il est plus intelligent, et se prend pour quelqu’un de meilleur que les autres parce qu’il est passé par deux stades extrêmes, le retardement et le génie. J’ai eu de la peine pour le personnage tant on finit par ne plus le reconnaître ! A travers ses yeux, on rencontre d’autres personnages : Algernon, la souris savante, à laquelle il finit par s’identifier ; Miss Kinnian, une enseignante qui aide les personnes retardées à apprendre à lire et à écrire, courageuse, patiente, que j’ai beaucoup apprécié, et qui m’a également fait mal au cœur ; Professeur Nemur, qui se prend un peu pour le docteur Frankenstein, qui m’a un peu énervé, et un peu apitoyé, un scientifique qui se prend pour Dieu alors qu’il n’a pas mesuré toutes les conséquences de ses actes ; Docteur Strauss, que j’ai beaucoup aimé, il tente de calmer à la fois le Pr. Nemur et Charlie, et de faire ouvrir les yeux à ce dernier quand il se rend compte qu’il a profondément changé ; Burt, petit laborantin sympathique ; Fay, voisine délurée et artiste, qui va permettre à Charlie, en ne lui révélant rien, de vivre un peu une parenthèse ; Matt, Rose et Norma, la famille de Charlie : j’ai beaucoup aimé le père, qui m’a semblé véritablement aimer son fils, et tenter de le protéger face à sa mère, hystérique, qui veut absolument que Charlie soit normal. La dernière, la fille, m’a dégouté dès le début avec sa façon de traiter son frère, mais une petite surprise nous attend à son sujet (on ne la voit qu’à travers les yeux de Charlie, qui ne peut pas être objectif) ; enfin, ses amis, Mr. Donner, Gimpy, Freddy, Joe Carp, des hommes qui se croient supérieurs à lui parce qu’il est retardé, et donc, leur procure un sentiment de toute puissance (petit rachat à la fin, mais j’ai eu l’impression d’une hypocrisie).

La science est le thème central du livre, et plus précisément, la façon dont elle peut améliorer l’homme, ici, son intelligence. J’ai eu l’impression de lire une version moderne de Frankenstein : le professeur se croit capable de changer le monde, de donner la vie à une créature – car c’est comme cela que Charlie est considéré par le scientifique – et celle-ci doit lui être redevable pour son salut. De nombreuses fois dans le livre, le personnage principal nous explique qu’il était déjà un être humain avant l’opération, quand il était retardé, qu’il n’a pas été créé par le Pr. Nemur, qui, lui, le considère un peu comme Algernon, comme un animal de laboratoire qu’il a rendu humain, comme si quelqu’un de retardé ne l’était pas déjà. C’est aussi pour cette raison que Charlie change : il veut prouver qu’il a toujours été un homme, qu’il a un passé, un futur. La question du bonheur est également centrale : Charlie veut être intelligent pour être comme les autres, et pense que cela le rendra plus heureux parce qu’il pourra avoir des amis et parler de tout un tas de choses avec de nouvelles personnes. Mais l’opération ne le rend pas heureux : elle lui ouvre les yeux sur un nouveau monde, un monde cruel, où on ne rit pas avec, mais de lui. En effet, il se rend compte de la réelle réaction des gens face à son retardement : celle de ses « amis », mais aussi de sa famille, ce qui m’a sans doute le plus choqué. Il a été manipulé, on s’est servi de lui sans qu’il s’en soit rendu compte. En réalité, il semblait bien plus heureux avant l’opération qu’après. Cela pousse ainsi le lecteur à réfléchir : est-ce que, si nos vœux s’exauçaient, nous serions plus heureux ? Est-ce que le bonheur n’est pas déjà là ? Est-ce que l’on n’a pas déjà tout ce qu’il nous faut ? Surtout, est-ce que l’intelligence fait le bonheur ? L’hypocrisie du système scientifique et politique est également montré ici, lorsque Charlie est devenu un génie. Il se rend alors compte que l’on met des hommes que l’on pense être des génies sur des piédestaux, alors que ce sont des hommes ordinaires qui jouent avec les apparences. Il se rend compte qu’il en sait plus que les spécialistes sur leur propre domaine de recherches, s’inquiète et s’énerve de voir qu’en réalité, ils ne savent pas grand-chose de ce dont ils parlent. Cette hypocrisie est compensée par Burt, qui signale que les véritables génies travaillent dans d’autres domaines, comme l’armement. Enfin, la littérature a une place dans ce livre, puisque la soif de connaissance de Charlie le pousse à lire tous les livres qui lui tombent sous la main, et notamment « Dostoïevski, Flaubert, Dickens, Hemingway, Faulkner ».

La fin est triste, comme on peut s’y attendre. On a presque envie d’entrer dans le livre pour protéger Charlie nous-mêmes. Les dernières phrases m’ont achevé …

 

En définitive, un excellent roman de science-fiction, que je conseille à tous, même à ceux qui n’aiment pas ça ! Un coup de cœur !

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