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I found myself in Wonderland.

Loup, y es-tu ? de Henri Courtade

Classé dans : Avis littéraires — 8 janvier 2016 @ 15 h 49 min

Loup, y es-tu ? Genre : Conte, Fantastique

Editeur : Folio

Année de sortie : 2013

Nombre de pages : 388

Synopsis : Et si les personnages maléfiques des contes de notre enfance existaient réellement ? Sans doute ces créatures vampiriseraient-elles notre planète. Elles seraient de tous les génocides, manipuleraient les plus grands dictateurs … Tapies dans l’ombre de Hitler ou sous le feu des projecteurs des plateaux de télévision, elles tiendraient dans leurs mains expertes le devenir de l’humanité. Sinistre tableau ! Si de tels monstres vivaient, il serait à souhaiter que leur alter ego bienfaisant existe également ; qu’en ce début de XXIe siècle ces personnages merveilleux s’éveillent et décident de se battre. Et alors … qui sait de quel côté la balance pencherait ? Premier roman de l’auteur, Loup, y es-tu ?, fable moderne mâtinée de thriller, joue avec les codes du conte de fées et du fantastique pour entraîner le lecteur dans une aventure captivante.

 

Avis : Ce livre attend dans ma PAL depuis un certain temps, et j’ai enfin décidé de me lancer ! La couverture est superbe, et présageait déjà une bonne réécriture des contes, un peu plus sombre que la version originale !

Tout d’abord, comme certains lecteurs, j’ai été un peu surprise de découvrir un roman, alors que je pensais lire un recueil de nouvelles. Cela ne m’a pas déçue, au contraire, j’avais envie de me laisser embarquée dans l’histoire au plus vite ! Et dès le début, le charme a opéré. J’ai plongé dans le livre avec plaisir, découvrant des héroïnes féeriques remises au goût du jour, dans une modernité à laquelle elles se sont adaptées, et même, de laquelle elles font partie pour certaines ! Cette adaptation est très originale, différente de toutes celles que j’ai lues pour le moment. Les contes sont pris tels quels et transposés dans la réalité, d’où la mention de l’Histoire. Des événements mondiaux, tels que la Seconde Guerre mondiale ou le 11 septembre 2001, sont utilisés pour montrer la malfaisance des personnages maléfiques du livre. Le lecteur se sent directement impliqué dans le livre grâce à cela, il entre à la fois dans les contes de son enfance et dans la Grande Histoire ; l’auteur parle des expérimentations des nazis sur des hommes vivants à travers le docteur Fringgs, inspiré d’une personne réelle. Cette intrigue annexe se greffe à la quête des héros des contes, qui, comme dans les histoires originales, doivent lutter contre un mal absolu qui veut les éliminer en raison de leur bonté. Petit bémol par rapport à l’histoire : deux héroïnes n’apparaissent que très brièvement, ce que j’ai trouvé dommage. J’aurais aimé voir plus longtemps leur nouvelle vie, le livre aurait été encore plus passionnant ! L’écriture est fluide, simple, donc plutôt agréable à lire ! Enfin, les contes, dès l’origine, n’ont pas abouti : l’histoire s’est arrêtée à un moment donné, elle a été mise en sommeil et reprend dans le monde moderne. Petit plus pour moi : je l’ai déjà dit, je n’aime pas Blanche-Neige, et Loup, y es-tu ? est le deuxième livre à me la faire apprécier ! Ce ne peut donc être qu’un bon livre !

Concernant les personnages, je vais tenter de vous garder la « surprise » en ne donnant que leur prénom. Dans tous les cas, elles sont toutes attachantes, même s’il peut être difficile de s’identifier à elles, parce qu’elles restent inaccessibles car exceptionnelles. Aussi, je les ai toutes trouvées un peu naïves : le mal est sous leurs yeux et elles ne le voient pas, ce qui peut être énervant. Albe est l’héroïne qui est la plus mise en avant, et celle que j’ai préféré. Elle représente très bien l’héroïne d’origine : pure, délicate, courageuse, résolue, douce. Elle est faite pour être aimée, mais aussi pour être protégée, bien qu’elle sache se débrouiller seule. Elle est restée assez « vintage », si je peux dire ; elle a des valeurs, et rêve au prince charmant. Elle est également touchante, émouvante. En revanche, je la voyais peu dans le métier qu’elle finit par exercer, beaucoup plus dans le premier présenté dans le livre. Virginia, quant à elle, est un peu l’opposée d’Albe : rebelle, sarcastique, ironique, elle sait ce qu’elle veut et ne se laisse pas faire. Elle est beaucoup moins innocente que l’héroïne d’origine, et beaucoup plus moderne. Le métier qu’elle exerce est très bien choisi, je trouve, ça lui va très bien ! Il est peut-être plus facile pour le lecteur de s’identifier avec elle parce qu’elle ne croit pas tout de suite à ce qu’on lui révèle sur ses origines et son histoire : elle ne se voit pas du tout dans un conte de fées. Cindy semble assez naïve, pour le peu que j’ai vu d’elle : elle rêve de gloire, et tente tout pour y parvenir. Quant à Isabelle, elle avait l’air très intéressante, je suis sûre que j’aurais adoré son personnage s’il avait été plus exploité ! Rien que le début entrevu a l’air passionnant ; rien que son lieu de vie fait rêver ! Toutes ses héroïnes ont l’air bien faible à côté des « méchants » de l’histoire. Elles n’ont pas de pouvoir offensif, ne maîtrisent pas la magie, et n’ont aucun souvenir de leur passé, quand leurs adversaires se souviennent de tout, un avantage de taille ! Ainsi, Marilyn est la sorcière de l’histoire. Elle est très belle, la plus femme du monde, et elle ne supporte pas la concurrence. Elle veut régner sur le monde par le mal, et se trouve derrière les grands événements mondiaux, comme la Seconde Guerre mondiale. On apprend par la suite qu’elle a deux sœurs, Ogota et Zita, qui œuvrent bien moins qu’elle pour le mal. Elle n’a rien d’humain, méprise même les hommes, incapables de se défendre : elle les manipule, et exerce son pouvoir grâce à la technologie qui a envahi le monde. Elle possède un allié de taille : le Loup, une bête horrible, aux crocs aiguisés, aux griffes acérées. Sauvage, hostile à l’homme, il s’allie tout de même à la sorcière pour obtenir ce qu’il veut. Son aspect n’est révélé aux personnages qu’à la fin du livre. Il n’y a rien de bon en lui : tout n’est que brutalité, sauvagerie et violence pour lui. Il vit dans un monde noir, à part, où la beauté et la pureté n’ont pas du tout leur place. Ces « méchants » sont surpuissants par rapport aux jeunes femmes qui les « affrontent ». Elles ont pourtant des alliés : Franz et Albert, le premier très touchant, qui semble assez fragile, le second qui a l’air plus sûr de lui, plus déterminé, plus courageux ; le Traqueur, mystérieux, sombre, blessé profondément sans que l’on sache vraiment par quoi, attachant, étrange parfois, il est clair qu’il cache quelque chose ; Mae Zinn, personnage que l’on sait issu des contes, mais dont le nom m’a surpris agréablement. D’autres personnages humains se trouvent dans ce livre : Frédéric, assez effacé, mais sympathique, le père d’Albe, touchant, que l’on apprécie facilement, les employés de Marilyn. J’ai adoré le petit clin d’œil de l’auteur aux écrivains originaux avec le nom d’un des personnages, assez attachant d’ailleurs ! J’ai aimé la révélation sur un des personnages, même si j’ai fini par m’y attendre avec quelques allusions dans la narration et chez les autres héros ; c’est très original, un peu logique et inattendu au début.

Dans ce livre, se trouve des réflexions sur le mal ordinaire, sur le mal en général, notamment à propos des camps pendant la Seconde Guerre mondiale. L’auteur, à travers ses personnages, rappelle qu’il faut toujours se souvenir, ne jamais oublier pour ne jamais reproduire. Il n’y a pas d’excuses quand on agit mal : on a toujours le choix, il suffit de faire le bon, même si cela veut dire que le chemin emprunté est plus difficile à arpenter. J’ai l’impression que c’est le destin qui m’a fait lire ce livre au moment de la réédition critique en Allemagne de Mein Kampf, une façon bien plus douloureuse de se souvenir.

La fin est d’abord surprenante, avec la révélation dont j’ai parlé un peu plus haut. Sinon, elle est logique, prévisible quelque part. C’est aussi le dénouement, on comprend tout ce qui pouvait sembler obscur, tout entre dans l’ordre. Bémol : pas de « grande bataille » magique, ou épique, tout se termine un peu vite. Enfin, un épilogue qui donne envie de lire une suite potentielle !! (ou qui laisse en tout cas imaginer une suite possible)

 

En définitive, un excellent roman, presque un coup de cœur !

2 commentaires »

  1. RobziiBooks dit :

    Je l’avais vu en librairie il y a quelques mois, sans y prêter attention, mais ta chronique me donne vraiment envie (Marilyn a tout pour me plaire xD)! Je le note…

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