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I found myself in Wonderland.

Les Affinités électives de Goethe

Classé dans : Avis littéraires — 6 janvier 2016 @ 20 h 32 min

Les Affinités électives Genre : Classique

Editeur : Folio

Année de sortie : 1987

Nombre de pages : 333

Synopsis : Intervention de la bloggeuse : je préviens tout de suite que le synopsis est la fin du livre ; je vous le dis au cas où vous ne voudriez pas la lire ! SPOILER

Dans cette situation sans espoir, que servirait-il de rapporter les efforts de toute sorte dont s’étourdirent d’Edouard, l’épouse, l’ami, le médecin ? Enfin on le trouva mort … Ce cœur, en proie naguère à une agitation sans bornes, avait trouvé un imperturbable repos ; et comme il s’était endormi en pensant à une sainte, on pouvait sans doute le qualifier de bienheureux. Charlotte lui donna sa place auprès d’Odile, et ordonna que personne ne serait plus déposé dans ce caveau. Les amants reposent donc l’un près de l’autre. La paix flotte sur leur sépulture. De la voûte, les fraternelles images des anges abaissent sur eux la sérénité de leurs regards, et qu’il sera aimable l’instant où ils se réveilleront ensemble !

 

Avis : J’avais envie de lire ce roman, et je vais l’étudier ce semestre en parallèle avec Corinne ou l’Italie, que j’ai lu en octobre ; je vais peut-être parler de lui aussi, même si je vais me concentrer sur Les Affinités électives.

Tout d’abord, j’étais un peu déçue du synopsis : pour une fois que je le lis, c’est la fin du roman ! Je déteste connaître la fin avant de commencer le livre, donc je me suis arrêtée au milieu de la lecture de la quatrième de couverture, mais le mal était déjà à moitié fait. Ainsi, dès le début, j’avais deviné ce qui allait arriver ; peut-être même que, sans lire le synopsis, il est facile de le sentir, dans la réticence des personnages, dans le pressentiment de Charlotte, dans l’empressement d’Edouard. Ce roman est un roman d’amour, mais comme dans Corinne ou l’Italie, il n’est jamais achevé, jamais vécu pleinement, jamais satisfait, ce qui fait la tragédie de l’œuvre. Toute l’histoire est prédite dès le début par l’explication des affinités électives. J’ai aimé ce passage, qui déroule déjà l’intrigue sans trop en dire, et qui explique le titre de l’œuvre. La fatalité est également présente de ce fait : elle enrobe les personnages, crée des malentendus, les pousse à prendre les mauvaises décisions, et finit par les punir de leurs « crimes ». Ainsi, la religion est elle aussi présente : un des personnages est qualifié de « saint », se rend compte de son « péché » – c’est-à-dire, aimer quelqu’un qui, pense-t-il, n’est pas fait pour lui – et se punit d’avoir cédé à la « tentation ». Cet aspect du livre m’a un peu agacé, comme dans Corinne ; ce n’était pas la religion qui empêchait l’histoire d’amour, mais la société, les conventions. Les personnages s’empêchent de s’aimer alors qu’il y a possibilité de tout arranger s’ils le désirent, en se parlant, en étant francs. Plusieurs sortes d’amour sont présents ici : la passion ; l’amour-raison ; l’amour pureté, enfantin ; le mariage, qui s’apparente ici à l’amour-raison, mais qui est aussi plus libre incarné par les personnages de la baronne et du comte. Le lieu du roman peut faire rêver, puisque Charlotte et Edouard possèdent un château ; cela ne fait pas d’eux des gens heureux pour autant, malgré ce que l’on voit au début. C’est parce qu’ils ont beaucoup d’argent qu’ils peuvent aménager leur jardin, et faire tout un tas de travaux qui traverse le roman. L’écriture, quant à elle, est excellente et agréable à lire, globalement facile à comprendre. Des généralisations sont parfois faites qui parlent au lecteur en le renvoyant à sa situation, à ce qu’il ressent, ou à ce qu’il a vécu. Le passage sur l’enfant m’a touché, et même bouleversé, même s’il est très rapide : je me doutais que cela allait arriver, et la réaction d’Edouard m’a abasourdi. Cela montre encore une fois la fatalité, un destin retors qui punit les personnages.

Charlotte et Edouard sont les premiers personnages que l’on rencontre, et font partie des principaux. J’ai adoré Charlotte : elle est courageuse, forte, contrairement à son mari, qui se laisse complètement aller. Elle pense d’abord aux autres avant de penser à elle, préfère ainsi privilégier les sentiments des autres, plutôt que les siens. Elle est organisée, lucide, elle sait ce qu’elle veut et ce qu’elle peut avoir ; elle aime passionnément, mais préfère la raison. Elle peut agacer par ce choix : elle semble une martyre, elle s’efface complètement et veut conserver les apparences ; mais cela montre d’autant plus son courage, son dévouement, et sa lucidité. Elle se refuse à blesser son mari, et pourtant, c’est ce qu’elle fait. A la fin, elle est complètement lucide, ose dire tout haut la situation dans laquelle elle se trouve et prendre la décision qui s’imposait depuis le début. En revanche, Edouard m’a exaspéré. Entêté et passionné, il semble très égoïste et se laisse emporter par ses sentiments sans réfléchir. Il finit par mépriser sa femme, ainsi que son ami, et ne pense plus qu’à son amour tout neuf. Même quand il comprend que c’est impossible, il insiste, il supplie : la passion parle à travers lui. Je pense que tout amoureux passionné réagirait de cette façon, c’est ce qui est d’autant plus agaçant, de se reconnaître dans cet égoïste qui ne voit que son bonheur avec sa belle et occulte tout le reste. Il en devient même cruel : si des gens meurent, ou manquent de mourir, il ne veut pas pour autant rater ce qu’il a prévu pour son aimée, même s’il doit y assister seul avec elle. Odile est également un des personnages principaux : douce, pure, elle ne connaît pas l’amour, et encore moins la passion, qui l’emporte sans retour. Elle semble une jeune fille particulière, singulière, mais attachante, qui sait beaucoup de choses, et qui s’attèle facilement à la tâche. Elle aime tendrement Charlotte, sa tante, et est prête à tout pour l’aider et la rendre heureuse. Quelque part, on peut dire qu’elle s’inspire d’elle dans son attitude à la fin. Elle est jeune et ne comprend pas tout de suite l’impact de ce qui lui arrive. Peu à peu, elle semble parfaite, les hommes papillonnent autour d’elle et l’aiment dès qu’ils la voient, tant elle est gracieuse, belle, un ange. De nombreuses fois, l’adjectif « céleste » est utilisé pour la qualifier. J’ai également apprécié le personnage du capitaine, qui semble d’abord importun, puis sépare le couple en accaparant Edouard. Il est viril, patient, et sait rester à sa place. Il est aussi sensible, mais fait en sorte que cela ne soit pas visible. Il aime, mais reste en retrait. D’autres personnages sont également présents, comme Lucienne, la fille de Charlotte, exécrable et détestable, une petite égoïste qui ne se préoccupe que d’elle-même et d’être aimée, le jardinier, un personnage émouvant, qui aime ses plantes comme ses enfants, l’architecte et l’assistant, deux hommes qui feront beaucoup pour la famille et qu’Odile attire comme la lumière, Courtier, un homme dont le nom de famille correspond tout à fait à sa façon d’être ! ; le comte et la baronne, qui donnent l’exemple d’un amour qui se cherche depuis longtemps et qui se trouve enfin !

La fin était évidente, prévisible, attendue, elle sautait aux yeux ! On peut, bien sûr, en espérait une autre, mais tragédie oblige !

 

En définitive, un bon classique, qui montre une retenue amoureuse, et un égoïsme difficiles à supporter, qui offre le portrait de quatre personnages différents, touchés par la théorie des affinités électives de plein fouet.

2 commentaires »

  1. Smithb380 dit :

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