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I found myself in Wonderland.

Oona & Salinger de Frédéric Beigbeder

Classé dans : Avis littéraires — 27 décembre 2015 @ 23 h 36 min

Oona & Salinger Genre : Contemporaine

Editeur : Le Livre de Poche

Année de sortie : 2015

Nombre de pages : 322

Synopsis : « En 1940, à New York, un écrivain débutant nommé Jerry Salinger, vingt et un ans, rencontre Oona O’Neill, quinze ans, la fille du plus grand dramaturge américain. Leur idylle ne commencera vraiment que l’été suivant … quelques mois avant Pearl Harbor. Début 1942, Salinger est appelé pour combattre en Europe et Oona part tenter sa chance à Hollywood. Ils ne se marièrent jamais et n’eurent aucun enfant.  » F.B.

 

Avis : J’ai beaucoup aimé les livres que j’ai lus de Frédéric Beigbeder : Un roman français, L’amour dure trois ans, Windows on the World. Je m’attendais à autant aimer ce livre, et surtout, j’avais imaginé une histoire qui me transporterait !

La couverture m’a tout de suite plu : j’ai trouvé Oona très belle, pleine d’espoir, et tournée vers la vie. Et j’aime les photos en noir et blanc. Tout de suite donc, le livre m’a donné un très bon a priori. Puis je l’ai commencé, et j’ai trouvé le début assez long – alors qu’il ne fait que 30 pages … Je ne suis pas entrée tout de suite dans l’histoire, et je ne comprenais pas pourquoi l’auteur parlait de lui : je voulais plutôt découvrir la vie d’Oona, son lien avec Salinger. On commence avec sa jeunesse, son amitié avec Truman Capote, Gloria Vanderbilt et Carol Marcus. C’est alors qu’elle rencontre Salinger. Tout de suite, quelque chose se passe, et autre chose les gêne. Je m’attendais à ce qu’ils s’aiment, mais ce n’est pas de l’amour que le lecteur découvre : Oona va devenir une obsession pour Salinger. Et cette obsession m’a agacé : les lettres de l’écrivain à la jeune femme sont énervantes quand il parle de ses sentiments. Elle est un prétexte pour qu’il oublie la guerre, et il lui dit des horreurs pour tenter d’effacer celles qu’il voit. La guerre marque un tournant pour le « couple » qu’ils forment. Oona part pour Los Angeles, Salinger pour l’entraînement, puis le front ; d’où les lettres, puis les chapitres mêlés des vies de la jeune femme et de l’écrivain, loin l’un de l’autre. On découvre ainsi deux vies tout à fait différentes, qui vont donner deux destins opposés. Les chapitres concernant Oona m’ont passionnée, j’ai adoré la « rencontrer » à travers ce livre. Elle a l’air parfaite, intelligente, unique. Ceux concernant Salinger m’ont laissé un avis mitigé : j’étais à la fois agacée, et compatissante face aux horreurs qu’il traverse pendant la guerre. En revanche, je suis curieuse de découvrir son œuvre. Avant leur histoire, on découvre celle des parents d’Oona : c’est elle le centre du livre. L’écriture, que j’avais adoré dans les précédents livres de l’auteur, m’a laissé un avis mitigé elle aussi. J’ai trouvé le ton de l’auteur agaçant, un peu méprisant parfois – après tout, pour qui se prend-t-il ? N’a-t-on pas le droit de ne pas tout savoir, et d’aimer ce que l’on veut ? Sans doute, ces éléments étaient déjà dans ces livres sans que j’y fasse attention. Petit plus tout de même : des photos des personnes concernées par le livre.

Concernant les personnages, comme je l’ai dit, j’ai adoré Oona. Tout le monde la trouve parfaite, et le lecteur aussi à travers les mots de l’auteur. Les photos que l’on découvre mettent un visage sur la description de la jeune femme : elle est belle, pleine de vie, toujours souriante. Un autre support est utilisé par l’auteur, original, et qui donne vie à Oona, que je ne connaissais pas du tout avant ce livre. Elle donne envie de la rencontrer dans la vraie vie, de lui parler, de la connaître. Ses choix amoureux m’ont semblé logiques : j’aurais sans doute fait les mêmes, et elle vit comme elle l’entend. Elle est heureuse, et ne se soucie pas du reste, ce que tout le monde aimerait parvenir à faire sans doute. Salinger, quant à lui, est un peu la caricature de l’écrivain sombre et torturé. Il m’a agacé – peut-être est-ce à cause de l’écriture de l’auteur ? -, et m’a fait de la peine en même temps. Il s’accroche à Oona parce qu’il est soldat pendant la Seconde Guerre mondiale ; il doit supporter ses horreurs : les camps en Allemagne, ses amis tombés au front, le sang, les armes, la boue, la France, la collaboration, la vengeance. Il est traumatisé par la guerre, veut en parler, et ne veut pas en parler. Il est fasciné par les grands auteurs de son siècle : Eugène O’Neill, d’où Oona ; Ernest Hemingway ; F. S. Fitzgerald. Il écrit, même au front, et son pessimisme ressort peu à peu dans son œuvre. Le fait que l’auteur en parle m’a donné envie de la découvrir, notamment L’Attrape Cœurs que je n’ai pas encore lu. Un autre personnage important de la vie d’Oona est présent dans ce livre : Charlie Chaplin. Elle fut sa dernière épouse, et à en croire l’œuvre, la seule qu’il aimât vraiment. On le découvre autrement ici, lui, les scandales qui ont émaillé sa vie, et la façon dont il est vu aux Etats-Unis. En réalité, dans ce livre, ce j’ai aimé, c’est l’histoire d’Oona avec Charlie Chaplin : c’était inattendu pour moi, et j’aime être surprise. La comparaison de l’auteur entre Charlot et les nazis m’a choqué : l’injustice de la situation y est pour quelque chose. Je l’ai largement préféré à Salinger ; comparaison normale, puisque j’ai l’impression qu’ils le sont tout le temps dans le livre. Cela m’a aussi donné envie de découvrir son œuvre, que je ne connais que partiellement. D’autres personnages sont présents ici, comme Truman Capote, qui semble assez désagréable, les amies d’Oona, Carol et Gloria, artificielles au possible, Eugene O’Neill, père indigne mais écrivain accompli.

Les parties sur la vie de l’auteur lié à celle des deux « personnages » m’ont d’abord semblé hors de propos, sans intérêt. Et pourtant, elles prennent tout leur sens à la fin du livre. C’était un petit tremblement de terre entre la fiction et la réalité, et c’est à ce moment que j’ai aimé le livre. J’aime le fait que le passé se mêle au présent, l’Histoire avec l’histoire. C’est un peu comme si la vie de l’auteur était marquée par celle d’Oona à jamais, comme une sorte de prédestination. La fin en est l’exemple le plus frappant. Leurs vies se rejoignent : il ne semble pas y avoir de coïncidences, mais que le destin.

 

En définitive, un bon roman, que j’ai aimé pour la découverte des « personnages », et pour la fin, qui lie la vie de l’auteur et celle d’Oona. Un peu déçue pour l’écriture, que j’avais adoré dans les autres livres de l’auteur.

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