Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Archive pour novembre, 2015

Magnus de Sylvie Germain

Posté : 13 novembre, 2015 @ 4:33 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Magnus Genre : Contemporaine

Editeur : Folio

Année de sortie : 2012

Nombre de pages : 265

Synopsis : « D’un homme à la mémoire lacunaire, longtemps plombée de mensonges puis gauchie par le temps, hantée d’incertitudes, et un jour soudainement portée à incandescence, quelle histoire peut-on écrire ? » Franz-Georg, le héros de Magnus, est né avant la guerre en Allemagne. De son enfance, « il ne lui reste aucun souvenir, sa mémoire est aussi vide qu’au jour de sa naissance. » Il lui faut tout réapprendre, ou plutôt désapprendre ce passé qu’on lui a inventé et dont le seul témoin est un ours en peluche à l’oreille roussie : Magnus. Dense, troublante, cette quête d’identité a la beauté du conte et porte le poids implacable de l’Histoire. Elle s’inscrit au cœur d’une œuvre impressionnante de force et de cohérence qui fait de Sylvie Germain un des écrivains majeurs de notre temps.

 

Avis :Je ne connaissais pas du tout ce livre avant de savoir que j’allais l’étudier en cours. Le synopsis me donnait l’impression que le lecteur allait lire la vie d’un petit garçon. La couverture correspond bien à la description de l’ours du personnage principal.

Quel choc ! Ce livre m’a percuté, m’a frappé, j’ai été déboussolée, je ne pouvais pas m’arrêter avant d’avoir terminé le livre. J’ai trouvé que le synopsis mêlait les informations du livre, et permettait ainsi au lecteur d’être aussi étonné que s’il ne l’avait pas lu. Franz-Georg vit dans l’Allemagne nazie avec ses parents quand tout déraille. Sa petite vie rangée, bien qu’en partie oubliée, est bouleversée, il doit quitter sa maison. Je ne vais pas dire pourquoi, mais le fait est que le petit vit dans le mensonge depuis le début, sans le savoir. Il découvre peu à peu la famille qu’il pensait connaître, et sa vision d’homme détruit celle de l’enfant. En effet, ce n’est pas seulement la vie d’un petit garçon qui nous est racontée mais aussi celle de l’homme qu’il devient, et qui va tenter de trouver les réponses à ses questions. Celles-ci le poussent à voyager, à rencontrer de nouvelles personnes, à refaire sa vie, ou plutôt, un patchwork de vie ; en effet, dès le début du roman, l’auteur nous explique que la vie et le livre ne sont pas linéaires, et que donc, ceux-ci ne le seront pas non plus. Dans toute l’œuvre – excepté peut-être à la fin – une atmosphère d’ignorance et d’oubli baigne le personnage, qui ne parvient pas à se souvenir d’où il vient, mais il ressent également de la colère, de la haine, de la frustration face aux mensonges et à l’horreur de l’Allemagne qu’il a quittée. L’histoire a une vraie place dans le roman, puisqu’elle est un vrai fardeau pour le héros. Le petit ours de la couverture, Magnus, est tout ce qui reste au personnage principal de son enfance, et il va le suivre partout. Il apporte autant de questions que de réponses, et est pratiquement considéré comme un être vivant par le héros. Une scène vers la fin du passage à Vienne, m’a fait monter les larmes aux yeux : l’ours symbolise presque le héros, et le lecteur finit par s’y attacher. En parlant d’émotion, celle-ci est en grande partie due à l’écriture de Sylvie Germain, qui entrelace les mots et les fait vivre par eux-mêmes. Ils prennent un véritable poids, que le lecteur peut sentir en lisant. A partir de Vienne, la vie du héros devient insupportable. J’avais mal pour lui, je compatissais complètement à sa souffrance, que je n’ai pu qu’imaginer. Personne ne mérite de vivre une chose pareille. Sa culpabilité le pousse à voyager une dernière fois. Enfin, la forme du roman est originale, et agréable : l’auteure alterne les passages de la vie de Franz-Georg avec des pseudo-chapitres qu’elle appelle « Notule », « Résonances » ou « Séquence » selon ce dont ils parlent. Diverses œuvres littéraires sont mentionnées, dont une qui prend une importance considérable, puisqu’elle colle complètement au personnage principal.

Les concernant, le héros, dès le début, semble perdu dans sa vie. Il ne se rappelle rien avant un certain âge, et fait confiance à sa mère, qui lui raconte une épopée familiale à laquelle il veut croire. Au cours du livre, à mesure qu’il en découvre plus sur sa vie, il va changer plusieurs fois de noms, par obligation ou par choix. Son passé ne lui est pour autant jamais révélé, ce que j’ai trouvé assez décevant ; c’est sans doute pour cette raison que ce n’est pas un vrai coup de cœur. J’ai déjà parlé de la place de l’ours, Magnus, qui devient un personnage à part entière. Le héros est tout d’abord entouré par sa famille, Thea et Clemens Dunkental, Allemands prospères. La première semble aimer tendrement son fils, le protégeant autant qu’elle le peut du monde extérieur, même si cela veut dire lui mentir sur à peu près tout. Le second est très distant, froid, et ne semble rien ressentir pour son fils. Puis, Franz-Georg fait la connaissance de Lothar, un personnage auquel il est facile de s’attacher : il est bon, lucide et intelligent. Il a vite compris ce qui arrivait en Allemagne dans les années 30 et a tout fait pour s’en protéger avec sa femme et ses filles. La première, Hannelore, n’est pas un personnage très creusé, elle est simplement distante avec le héros ; les secondes, Erika et Else, semblent être des rayons de soleil dans la maison de leurs parents. Il fait ensuite la rencontre de May, une femme adorable, rayonnante, qui emplit la vie de chacun de lumière et de joie – c’est en tout cas, l’effet qu’elle m’a fait !-. Vient également Terence, un peu effacé, mais que pour qui le héros a une affection fraternelle ; Scott, qui devient un ami cher. Le lecteur fait aussi la connaissance de Peggy. J’ai d’abord eu du mal à m’attacher à elle, elle me semblait très froide, indifférente, surtout avec un certain passage qui m’a laissée sans voix ! Mais, peu à peu, à travers les yeux du héros, elle devient un être solaire que l’on apprécie. Enfin, Frère Jean est le dernier personnage rencontré, un être atypique, étrange, que l’on peut prendre pour un fou, mais qui semble avoir atteint une sagesse que les autres hommes ont peine à comprendre. Je l’ai apprécié, et ai trouvé la fin le concernant assez logique et belle.

La fin m’a un peu déçue dans le sens où elle n’apporte pas de réponses aux questions que l’on se pose sur le héros. Un passage nous offre presque un nom, mais nous l’arrache au dernier moment, comme pour nous narguer.

 

En définitive, un très bon roman choc, que je conseille fortement !

A Song of Ice and Fire, book 4 : A Feast for Crows de George R. R. Martin

Posté : 12 novembre, 2015 @ 9:11 dans Avis littéraires, Coup de cœur | 4 commentaires »

A Feast for Crows Genre : Fantasy

Editeur : Bantam Books

Année de sortie : 2011

Nombre de pages : 978

Synopsis : With A Feast for Crows, Martin delivers the long-awaited fourth volume of the landmark series that has redefined imaginative fiction and stands as a modern masterpiece in the making. After centuries of bitter strife, the seven powers dividing the land have beaten one another into an uneasy truce. But it’s not long before the survivors, outlaws, renegades, and carrion eaters of the Seven Kingdoms gather. Now, as the human crows assemble over a banquet of ashes, daring new plots and dangerous new alliances are formed while surprising faces – some familiar, others only just appearing – emerge from an ominous twilight of past struggles and chaos to take up the challenges of the terrible times ahead. Nobles and commoners, soldiers and sorcerers, assassins and sages, are coming together to stake their fortunes … and their lives. For at a feast for crows, many are the guests – but only a few are the survivors.

 

Avis :Les synopsis de cette série donnent toujours envie de savoir ce qui arrive à nos personnages préférés comme à ceux que l’on déteste ! Après les événements du troisième tome, j’avais hâte de voir ce que me réservait le quatrième !

J’ouvre le livre, et je tombe sur le premier mot : « Dragons ». Je me suis dit : Super, on va parler de Daenerys ! Eh bien non ! Le tome commence à Oldtown, une ville que le lecteur n’a pas encore eu le plaisir de découvrir, avec des personnages complètement inconnus. Une entrée en matière assez normale, puisque les autres tomes commencent de la même façon. Ici, ça commence tout de suite mal pour le personnage que l’on rencontre, et on se dit qu’avec un titre pareil, les morts vont s’accumuler. Le chapitre suivant nous présente encore un nouveau personnage, sur Pyke cette fois, une des îles des Iron Islands, qui vont elles aussi être arpentées par le lecteur dans ce tome ; le troisième introduit encore un nouveau personnage et une nouvelle région, Dorne. A partir de ce moment, je me suis demandée où étaient passés les personnages des tomes précédents, et surtout, comment l’auteur pouvait nous faire attendre après les événements de la fin du volume trois ! En réalité, dans ce livre, l’auteur nous présente de nouveaux personnages qui vivent dans des régions que l’auteur n’a pas encore exploitées, tout en en gardant des anciens que l’on connaît, sans doute afin de ne pas complètement perdre son lecteur. J’ai trouvé ça très intelligent de sa part : on accepte de connaître les nouveaux, mais on ne veut pas se débarrasser des anciens. J’ai eu du mal à me mettre dans la tête que je n’aurais pas du tout de nouvelles de Daenerys, Tyrion, Jon, Bran, Davos, Stannis … même si les personnages que l’on suit en parlant très souvent, surtout de la première, qui est au centre des conversations à cause de ses dragons. Ils m’ont manqué, et le fait que le tome cinq soit centré sur eux va sans doute ravir les lecteurs comme moi ! Tant de questions se posent, et notamment sur Tyrion ! Les anciens personnages se trouvent majoritairement dans des lieux que l’on connaît déjà : King’s Landing, the Eyrie, et un peu Riverrun. On découvre aussi Maidenpool, Braavos, et un des personnages fait un long voyage en mer. En fait, la plupart d’entre eux sont en voyage, et ne savent pas où ils vont. Leur errance devient un peu celle du lecteur, qui a besoin d’une carte pour se repérer. C’était très agréable d’à la fois découvrir de nouveaux lieux et de rester dans the Red Keep, principalement avec Cersei. Certains lieux font rêver, comme Water Garden, d’autres, frissonner, comme Saltpans. De plus, le suspense est assez présent, notamment avec les nombreux complots ourdis. Egalement, l’auteur fait savamment référence aux personnages absents en nous dévoilant des choses plus ou moins importantes sur eux (l’un d’eux serait mort entretemps !), mais aussi à des personnages qui ne sont pas apparus depuis un certain moment ! Cela ajoute quelque chose à l’histoire : elle s’intensifie et se complexifie encore, on sent qu’ils pourraient jouer un rôle particulier dans la suite des événements ! Concernant l’écriture, elle est toujours aussi agréable, excepté que j’y ai trouvé des répétitions qui m’ont un peu gênée, que ce soit par rapport aux expressions utilisées, ou aux événements répétés plusieurs fois par différents personnages qui en prennent connaissance.

Concernant l’action, contrairement à d’habitude, j’ai trouvé que cela démarrait dès le début. Les complots vont bon train, et s’intensifient vers la fin pour aboutir à des situations désastreuses, qui donnent envie de lire la suite immédiatement. Les morts s’enchaînent, c’est vrai, mais souvent, ce ne sont pas des personnages que l’on connaît, ou auxquels on s’est attaché (je dis bien, souvent, pas toujours). Seul petit bémol peut-être : les chapitres concernant certains personnages étaient assez longs comparés à d’autres, notamment ceux de Samwell et Brienne ; ceux-ci sont en voyage, il ne se passe pas énormément de choses. Samwell est en proie à des hésitations quant à ce qu’il doit faire, et Brienne passe à côté de son objectif plusieurs fois, se pose des questions et ne prend pas la bonne décision. Elle croise notamment un personnage qui aurait pu lui en prendre beaucoup si elle avait su le faire parler ! J’ai été très frustrée par ses chapitres, où le but de sa quête est sous ses yeux sans qu’elle le voie ! J’avais plutôt hâte de retrouver Jaime, Cersei, ou Sansa, chez qui l’action, mais aussi les informations étaient plus présentes. De plus, dans ce tome, j’ai eu l’impression que les femmes étaient à l’honneur : Cersei est régente, et gouverne seule ; Daenerys, héritière des Targaryens, commence à être connue à travers ses dragons ; une autre jeune femme, Arianne, prend les choses en mains dans sa région. On suit également Sansa, Arya, Brienne (comme je l’ai dit) et Asha. Les seuls hommes que l’on suit sont quelques Ironborn, un capitaine et un garde à Dorne, et Jaime, qui est le seul personnage masculin constant. Mais, les femmes n’arrangent en rien la situation à Westeros : elles sèment le désordre, surtout quand elles tentent d’agir seules. Elles ne m’ont pas du tout semblé à la hauteur de Daenerys, et surtout pas Cersei !

Au fur et à mesure des livres, le lecteur s’est plus ou moins attaché aux « anciens » personnages qu’il suit. D’abord, Jaime : depuis le troisième tome, il est rongé par le doute. C’est un peu lui qui est la cause de ce qui s’est passé, et il a appris des choses qui le hantent sur sa sœur. J’ai trouvé qu’il évoluait bien : il sort un peu de sa naïveté (qui n’est pas évidente, mais que l’on découvre), et tente de redevenir honorablement aux yeux des autres. Le fait d’avoir été mutilé, et d’avoir rencontré Brienne, y est sans doute pour beaucoup : il ne sera plus jamais le même, c’est difficile à accepter pour un chevalier aussi talentueux que lui. Il doit subir les moqueries de ceux qu’il pouvait terrifier auparavant, mais aussi de ceux qui l’aimaient, comme sa jumelle. Cersei m’a révulsé dans ce tome ! Au début, le lecteur peut être content pour elle : elle a enfin atteint la place qu’elle voulait, et elle veut montrer qu’une femme n’a pas besoin d’un homme pour gouverner. Sauf qu’elle démontre tout le contraire ! Elle fait n’importe quoi, et n’écoute qu’elle-même en se disant qu’elle protège son fils, le roi, contre quiconque pourrait lui vouloir du mal. Elle m’a semblé complètement immature, une gamine qui joue avec des pièces d’échec sans savoir comment s’en servir. Elle m’a aussi fait pitié, parce que j’aurais aimé qu’elle réussisse à être la grande reine qu’elle voulait devenir. Son ambition démesurée l’enserre dans un piège qu’elle a elle-même créé, et dont elle ne pourra plus se sortir. De plus, elle devient cruelle, impitoyable, et abuse de son pouvoir en faisant des gens dont elle n’a plus besoin ce qu’elle veut. Sansa se trouve toujours en Eyrie, et il me semble qu’elle change peu à peu : elle se fortifie et se force à abandonner sa puérilité et sa naïveté de jadis. Elle ne sait pas trop quoi penser de Littlefinger, à qui elle semble finir par s’attacher, même s’il lui semble toujours étrange. Je préfère cette nouvelle Sansa à celle du début de la saga, qui m’agaçait beaucoup. Arya, quant à elle, est toujours seule, et, cette fois, dans un pays complètement étranger. C’est pourtant difficile de ressentir de la peine pour elle tant elle est forte. Mais je pense que ce qu’elle a entrepris là où elle se trouve est voué à l’échec : elle sera toujours Arya Stark, rien ne peut le changer, et sa personnalité est trop affirmée pour que cela réussisse. Les nouveaux personnages m’ont semblé, pour la plupart, hauts en couleur, notamment The Drowned Man, Victarion Greyjoy et Asha Greyjoy, qui, tous trois, se trouvent dans les Iron Islands, et qui participent à une espèce de conflit de famille pour savoir qui héritera du trône de Balon Greyjoy, mort au tome précédent ; Hotah, Arianne, Obara Sand, Doran Martell qui vivent à Dorne, je me suis attachée à la seconde, princesse qui attend son heure, et qui espère que son père, le prince, ne l’a pas oublié, une révélation les concernant me semble leur donner un rôle important dans la suite de l’intrigue. D’autres personnages sont présents sans que l’on ait leur point de vue, comme Margaery et Loras Tyrell, persécutés par la reine comme jamais, Maester Aemon, auquel je me suis attachée, Gilly et le bébé qu’elle emporte, Edmure Tully en très mauvaise posture, Podrick Payne. Jon Snow apparaît également pendant un court instant, et ce que j’ai vu de lui m’a un peu déçue. Que dire des Frey, ou les personnages que je ne peux plus voir même en peinture !! Un personnage décédé refait surface, mais il est tellement différent de ce qu’il était que je ne sais pas s’il faut s’en réjouir ou pas …

La religion prend une place particulière dans ce livre : elle est vraiment très présente pour un certain nombre de personnages, sous différentes formes et dans différentes régions. A King’s Landing, elle est représenté par The High Septon, qui commence à prendre une importance politique considérable ; la reine ne lui donne que plus de puissance par les décrets qu’elle signe. La majorité des actions à Braavos se font dans un temple pour un dieu aux multiples visages ; Rh’llor, the Lord of Light, est mentionné plusieurs fois. Je n’avais pas fait attention dans les autres tomes, mais c’est vrai que, depuis le début de la saga, la religion est importante, et qu’elle a commencé à l’être encore plus à l’arrivée de Melisandre, dans le deuxième tome. On trouve de nombreuses prières aux Sept dieux, même si ce n’est qu’une simple phrase. Parfois, elle n’est qu’une façade, mais elle est aussi chère à certains personnages.

La fin, comme dans les autres tomes, est toujours aussi bluffante, et donne envie de connaître la suite ! Certains personnages ont la leur : celle de Cersei est catastrophique ; celle de Jaime est mystérieuse, on ne sait pas vraiment quel est son choix ; celle de Sansa donne de l’espoir, j’ai vraiment hâte de savoir si le plan de Petyr va marcher ! ; celle de Dorne en général est une vraie révélation qui aura des conséquences, tout comme celle d’Oldtown, qui promet une guerre sans merci ! Arya n’a pas vraiment de chapitre final, ce que j’ai trouvé un peu dommage.

 

En définitive, une très bonne suite, même si elle est un peu moins bonne que le troisième tome. Vraiment hâte de lire la suite !!

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