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I found myself in Wonderland.

Le Banquet de Platon

Classé dans : Avis littéraires — 21 octobre 2015 @ 22 h 43 min

Le BanquetGenre : Philosophie

Editeur : GF

Année de sortie : 2012

Nombre de pages : 179

Synopsis : Ils sont allongés sur des lits et parlent de l’amour et de la Beauté. Leurs discours se succèdent, parfois se répondent : car il y a plusieurs Amours et plusieurs manières de désirer le Beau. A ces hommes vivant en un temps et un lieu où l’éducation des garçons est indissociable de la sexualité qui règle les rapports du maître et du disciple, une étrangère, Diotime, oppose un modèle féminin de la procréation du savoir. A travers elle, Socrate dessine les étapes de l’apprentissage du philosophe capable de se détacher d’un monde sensible pour devenir l’ »amant » par excellence qui guide l’ »aimé » dans sa quête du Vrai et du Beau. Par-delà les interprétations prudentes du Banquet que nous a léguées la tradition philosophique, cette traduction inédite invite à une lecture renouvelée du dialogue : un Banquet parfois extravagant, à l’image de son objet, d’une richesse stylistique exubérante, souvent cru dans son langage, foisonnant enfin dans sa recherche du bonheur véritable.

 

Avis : J’ai étudié certains passages de ce livre il y a deux ans, et je voulais le découvrir en entier. De plus, il peut être utile de le lire dans le cadre d’un cours sur l’amour en poésie.

Je trouve qu’il existe peu de livres sur l’amour, qui est souvent jugé par beaucoup comme un thème qui n’est pas sérieux. Mais en réalité, et en lisant cette œuvre, le lecteur s’en rend compte, il régit tout. Même Socrate en parle, l’homme qui pousse les autres à découvrir la vérité à travers lui sans la connaître lui-même (selon lui). J’ai trouvé la description de l’amour et de son sentiment excellente. Le lecteur est frappé de se retrouver dans ce que disent les personnages, notamment concernant le mythe d’Aristophane, celui des androgynes. L’amoureux est choqué de se comprendre lui-même en lisant, de se découvrir, de mettre des mots (ou au moins des images) sur ce qu’il ressent et qu’il ne parvient pas à exprimer. Le lecteur se retrouve aussi dans le discours de Diotime : par ces deux « explications », c’est bien ce que l’on ressent qui est exposé, dévoilé, mis à nu. D’ailleurs, en étudiant ces textes il y a deux ans, je me suis sentie assez mal à l’aise, embarrassée : j’avais l’impression que l’on mettait à nu ce que je ressentais devant tous les autres élèves, et c’était assez dérangeant. De plus, le discours de Diotime est plus lucide que celui d’Aristophane, or, souvent, quand on est amoureux, on n’est pas lucide du tout, on préfère même parfois s’illusionner plutôt que d’affronter la réalité. Le lecteur amoureux ne veut pas croire à ce discours, même s’il sent qu’il est proche de la vérité.

Plusieurs amours sont présentés ici avec des gradations, des corrections. Certains personnages s’accrochent au personnage d’Eros, quand d’autres s’intéressent à Eros dans la nature et chez les hommes. L’éloge du dieu Amour est fait de façons différentes : par exemple, l’un d’eux divise Eros en deux, de la même manière qu’Aphrodite, le Vulgaire et le Céleste. Un autre montre Eros dans la nature, chez les animaux, dans leur férocité à défendre leurs petits. Socrate, quant à lui, à travers Diotime, va parler d’une hiérarchie dans l’Amour : celui d’un beau corps, puis des beaux corps, ensuite d’une belle âme, et enfin, des belles âmes.

Aussi, ici, Socrate n’est pas le maître du discours : c’est une femme qui l’est. Il avoue qu’elle comprend mieux l’amour que lui ; elle le lui explique donc en employant, comme lui avec les autres, la maïeutique. L’amour est lié à l’enfantement, il est vu du côté féminin, contrairement au discours précédent. De plus, la culture grecque est très différente de la nôtre ; à l’époque, la pédagogie est assez choquante pour nous aujourd’hui : la sexualité est en effet liée à l’enseignement, les jeunes hommes sont initiés par leurs maîtres. De plus, l’homosexualité est tout à fait normale pour eux, et c’est même étrange si un homme n’est pas attiré par d’autres hommes car ils sont considérés comme les seuls êtres intelligents, les femmes n’étant pas reconnues comme telles … à part Diotime, qui surpasse Socrate ! Cela semble vouloir dire que l’amour est plus facile à appréhender pour les femmes car elles ont déjà l’expérience de l’enfantement, prépondérant en amour, et elles peuvent mieux le comprendre dans sa profondeur.  

La fin montre encore la supériorité de Socrate sur tous les autres hommes, on dirait vraiment un surhomme !

 

En définitive, un trésor de savoirs et de mots pour parler de l’Amour !

2 commentaires »

  1. LaLibrosphère dit :

    Je pense que c’est grâce à toi que ce livre va sortir du fond de ma PAL xD.

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