Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne

Classé dans : Avis littéraires — 9 octobre 2015 @ 0 h 28 min

Vingt mille lieues sous les mersGenre : Aventure, Classique

Editeur : Le Livre de Poche

Année de sortie : 2014

Nombre de pages : 595

Synopsis : « Une chose énorme » ayant été signalée par plusieurs navires à travers le monde, une expédition est organisée sur l’Abraham Lincoln, une frégate américaine, pour purger les mers de ce monstre inquiétant. A bord se trouvent le Français Pierre Aronnax, professeur au Muséum de Paris, et Conseil, son fidèle domestique. Alors qu’ils s’approchent du fabuleux animal, Aronnax, Conseil et Ned Land, un harponneur canadien, sont précipités dans la mer par deux gigantesques trombes d’eau avant de se retrouver sur le dos du monstre … qui se révèle être un étonnant sous-marin, le Nautilus, conçu et commandé par le capitaine Nemo, qui paraît farouchement hostile à toute l’humanité ! La plus extraordinaire aventure commence dès lors pour les trois hommes, condamnés à ne plus jamais revoir leur patrie, leurs parents, leurs amis … La mer était une passion pour Jules Verne ; c’est elle l’héroïne de Vingt mille lieues sous les mers, l’un de ses meilleurs et plus célèbres romans.

 

Avis : J’ai dû arrêter ma lecture de ce livre pour d’abord lire Moby Dick pour un cours. Je m’y suis donc remise dès que j’en ai eu la possibilité !

J’avoue que j’avais un peu peur de m’ennuyer : je n’avais jamais lu de Jules Verne avant, et je me demandais vraiment ce que ça donnait. Eh bien, je me suis trompée ! Je ne me suis pas ennuyée du tout (à part peut-être pendant certaines listes de poissons ou de mammifères marins qui semblaient ne pas finir) C’est un vrai roman d’aventure dans lequel on découvre les fonds-marins, dans lequel on effectue un tour du monde sous les eaux, mais où l’on rencontre aussi des personnages hauts en couleur comme le capitaine Nemo, le professeur Aronnax ou Ned Land ! Il est  vrai que l’action n’est pas omniprésente ; certains passages sont dédiés à l’observation des poissons. Mais le lecteur en apprend beaucoup sur le milieu marin, et voit l’océan autrement après avoir lu le livre, même s’il ne comprend pas tout ce dont parle le narrateur (par exemple, je ne m’y connais pas du tout en latitude et longitude, ni en milles et en lieues). De plus, pour le lecteur qui adore les animaux, c’est le livre rêvé ! Il va découvrir des créatures fantastiques, gigantesques ou minuscules, oiseaux ou poissons, terrifiants ou pacifiques, qui vont le ravir ! J’ai adoré me plonger dans l’histoire comme le Nautilus plonge sous les eaux, vivre un peu dans une bulle d’air sous l’océan. Je me suis imaginée vivre dans le sous-marin, une maison en réalité, avec ses pièces extraordinaires ! C’était très agréable de découvrir peu à peu ce nouvel environnement avec le professeur Aronnax, qui est la voix narrative. Au fur et à mesure, le lecteur croit vraiment à l’histoire, la vit un peu à travers le personnage principal, et finit par vouloir tout savoir comme, par exemple, les mystères du passé du capitaine Nemo. Beaucoup de questions tournent autour de lui, et le lecteur se demande s’il aura les réponses à la fin ! Concernant l’écriture, elle est claire, fluide, agréable à lire.

Etudiant cette œuvre en cours, certains aspects apparaissent sous un nouveau jour, comme le fait que la liberté des personnages principaux soit entravée, qu’ils soient esclaves, ou le fait que le capitaine Nemo refuse de tuer simplement pour tuer : la chasse ne doit être effectuée que si elle est nécessaire, pas pour le plaisir. Des allusions politiques peuvent également être décelées dans le livre : le capitaine Nemo refuse tout contact avec la terre, prône l’égalité sur son vaisseau, et se pense le justicier des mers. On retrouve ainsi des thèmes que l’on ne s’attend pas à trouver dans un livre qui a été écrit pour la jeunesse : l’esclavagisme, l’écologie et l’anarchisme.

Les personnages, quant à eux, sont très différents les uns des autres. Le professeur Aronnax, narrateur, est un scientifique qui ne croit que ce qu’il voit de ses propres yeux. Quand l’histoire d’une bête énorme vivant dans la mer arrive à ses oreilles, il en rit d’abord, mais finit par se lancer à sa poursuite avec un bateau américain. Ce personnage est vraiment le scientifique par excellence : il parle comme tel, il observe les poissons, les classe, et apporte ainsi de la matière à ses premières notes sur l’océan. C’est un spécialiste de la mer, mais seulement à travers les livres qu’il a lus : c’est la première fois qu’il découvre l’océan autrement, et il s’émerveille face à sa beauté. Le capitaine du sous-marin va le mener dans des endroits légendaires ou historiques qu’il va découvrir avec des yeux d’enfant, comme le lecteur, qui se croirait dans un rêve. Ce professeur est toujours accompagné de son fidèle compagnon, Conseil, qui porte extrêmement mal son nom ! Face à son maître, il est très effacé, et est prêt à se sacrifier pour lui. Tout ce qui le passionne, c’est de classer les animaux qu’il voit dans des catégories très précises, ce qui donne lieu à des listes auxquelles le lecteur ne comprend pas grand-chose (et Conseil non plus en réalité !). Dès qu’il voit un animal, il le classe, et on peut dire qu’il y en a un certain nombre sous les mers ! C’est un personnage que j’ai apprécié, qui finit par être drôle dans sa façon de parler et de se comporter : rien ne le surprend jamais, il reste stoïque face à (presque) toutes les situations. Il ne prend jamais partie et est le lien du professeur avec Ned Land, le harponneur canadien. Homme de la mer, ce personnage ne supporte pas pour autant de rester enfermé sous les eaux et rêve d’évasion. Il a un caractère bien trempé, ne se laisse pas facilement impressionné, et pense en savoir beaucoup sur la mer parce qu’il l’a déjà sillonné. Il se rend peu à peu compte qu’il n’en est rien. Il a une certaine expérience de la mer, contrairement au professeur, mais il n’a pas tout vu, et n’en a pas une connaissance scientifique. Ainsi deux formes de connaissance de la mer se trouvent dans le livre. Le capitaine Nemo est sans doute le personnage le plus mystérieux du livre. Tout d’abord, il s’appelle Nemo, c’est-à-dire, Personne en latin. Puis, il change constamment d’humeur, et le narrateur ne sait jamais pourquoi. Il est tour à tour engageant, heureux de montrer à Aronnax les richesses de l’océan, et sombre, triste, parfois même désespéré. Le lecteur s’attache à lui et à son mystère, tout en voulant découvrir ses secrets. C’est lui qui introduit dans le roman l’esclavagisme, l’écologie et l’anarchisme. Personnage révolutionnaire et visionnaire, il semble en avance sur les habitants de la terre, et est capable d’aller en des lieux qu’ils n’ont jamais visités, ce qui stupéfie les autres personnages, qui, tout d’abord, n’y croient pas. Le capitaine Nemo est un peu l’écrivain, regroupant ses idées derrière un personnage obscur qui n’a pas de nom. L’on rencontre d’autres personnages dans le roman, beaucoup moins importants que les quatre premiers, comme les membres d’équipage du Nautilus ou ceux de l’Abraham Lincoln au début du livre.

La fin m’a semble très rapide, et m’a laissé un peu frustrée. Deux événements terribles arrivent avant elle, et ils semblent précipiter les choses. J’ai été un peu déçue de constater qu’en sortant du livre, on ne sait toujours pas tout sur le capitaine Nemo, même si un petit bout de son passé nous est révélé.

 

En définitive, un très bon roman d’aventure qui fait voyager, découvrir la mer, apprendre tout un tas de choses sur elle, mais qui nous permet aussi de rencontrer des personnages intéressants, dont un qui reste mystérieux jusqu’à la fin !

Pas de commentaire »

Pas encore de commentaire.

Flux RSS des commentaires de cet article.

Laisser un commentaire

 

Baseball fans gather zone |
Eaudefiction |
Ici même |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Kpg1221gpk
| Elenaqin
| la saltarelle des baronnes