Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Archive pour octobre, 2015

Les miscellanées de Mr. Schott de Ben Schott

Posté : 30 octobre, 2015 @ 9:04 dans Avis littéraires, Coup de cœur | Pas de commentaires »

Les miscellanées de Mr SchottGenre : Dictionnaire

Editeur : Editions Allia

Année de sortie : 2006

Nombre de pages : 154

Synopsis : Impossibles à lire d’un trait, mais impossibles à refermer, Les Miscellanées de Mr. Schott sont une collection unique de petits riens essentiels. Quel autre livre peut s’enorgueillir d’un index où se côtoient l’Enfer de Dante et l’entretien du linge ; le caviar et les °Celsius ; le concours de l’Eurovision et la fauconnerie ; π, Pimpanicaille et les plaies d’Egypte ? Où trouveriez-vous ailleurs, en ouvrant une seule page, le nom des scores de golf, l’échelle de piquant des piments, l’histoire de l’impôt britannique sur les chapeaux, les longueurs de lacets et le drapeau de la Guadeloupe ? Où, sinon dans Les Miscellanées de Mr. Schott, pourriez-vous trouver des informations sûres concernant le chat de John Lennon, le fournisseur officiel de cornemuses d’Elisabeth II, les travaux d’Hercule, ou encore les méthodes des homicides élucidés par Miss Marple ? Les Miscellanées de Mr. Schott sont un livre comme il n’en existe aucun autre : divertissant, imprévisible, et pour tout dire indispensable.

 

Avis :Je n’avais jamais entendu parler de ce livre avant qu’il me soit prêté, et il m’a tout de suite fait penser à L’Encyclopédie du savoir relatif et absolu de Bernard Werber. C’est donc avec plaisir que je me suis lancée dans la lecture !

Quel moment de lecture ! J’ai adoré cet ouvrage !! C’est tout à fait mon genre de livres !! C’est une sorte d’encyclopédie sur tout et rien, qui semble superflue, mais qui renferme des trésors de savoir, peut-être inutile, mais « indispensable » comme le dit le synopsis. C’est bien le genre de livres qui ne se lit pas d’une traite, mais que, dès que l’on a un petit moment, se retrouve entre nos mains et qu’on lit avec l’envie de découvrir encore de nouvelles choses. Certains savoirs sont insolites, d’autres nous sont déjà connus, l’on n’a jamais pensé à se renseigner sur d’autres. C’est une petite mine d’or, un recueil d’infos vraiment utiles parfois, anecdotiques d’autres fois, mais que l’on a plaisir à retrouver. Les Miscellanées de Mr. Schott est aussi le genre de livres dans lequel on se replonge très facilement, ou dans lequel on cherche une information que l’on est sûr d’y trouver ; cette œuvre est de celles qui ne quittent pas le chevet, ou le sac à main. De plus, l’index de la fin aide à retrouver très facilement un « article ».

En plus du savoir que ce livre nous apporte, j’ai trouvé l’écriture très bonne. Facile à lire, claire, et avec une police d’écriture agréable. Tout petit bémol : parfois, je ne savais pas du tout de quoi parlait l’article parce que je n’avais aucune notion dans le domaine qu’il concernait, et que l’auteur ne donnait pas d’introduction, comme il le fait pourtant la plupart du temps. J’avoue que, pour certains articles, comme « Mots utiles pour les jeux de lettres », je n’ai pas tout lu : ce genre de texte n’est pas fait pour ça, mais pour être parcouru à la recherche de quelque chose.

J’ai été ravie de voir la diversité des informations que ce livre nous donne !! L’on passe du drapeau de la Guadeloupe à la mort de certaines célébrités, des présidents des Etats-Unis aux rois mages, de citations philosophiques à comment nouer un nœud papillon ou un sari. C’est vraiment passionnant, et mon seul regret est que le livre ne soit pas plus long !!

 

En définitive, un livre excellent, un vrai coup de cœur, que je vais sans aucun doute souvent feuilleter, et qui me donne envie de lire Les Miscellanées culinaires de Mr. Schott !!

Look Back in Anger de John Osborne

Posté : 26 octobre, 2015 @ 11:57 dans Avis littéraires | 2 commentaires »

Look Back in AngerGenre : Théâtre

Editeur : Faber

Année de sortie : 1978

Nombre de pages : 96

Synopsis : Lok Back in Anger, wherever it may ultimately stand in twentieth-century British drama, or even in the final accounting of John Osborne’s own work, has its unarguable importance as the beginning of a revolution in the British theatre, and as the central and most immediately influential expression of the mood of its time, the mood of the « angry young man », John Russell Taylor. When the play was first produced by the English Stage Company at London’s Royal Court Theatre, Kenneth Tynan wrote in the Observer : ‘… presents post-war youth as it really is, with special emphasis on the non-U intelligentsia … a minor miracle. All the qualities are there, qualities one had despaired of ever seeing on the stage … the best young play of its decade.’

 

Avis : Ce livre m’a été prêté (et non, je ne respecte pas du tout le challenge PAL à zéro …) Le synopsis ne révèle pratiquement rien de l’histoire, donc je ne savais pas vraiment ce que j’allais lire.

Cette pièce commence comme une pièce ordinaire, avec une scène d’exposition dans laquelle on découvre les personnages principaux. C’est un dimanche, et ceux-ci vaquent à leurs occupations quand la colère de Jimmy éclate. Celle-ci est le centre de la pièce, ce autour de quoi elle tourne. Elle est à opposer à la passivité de sa femme, Alison. La colère est violente, faite de ressentiments, et de mots. Tout le long de la pièce, j’étais sûre que quelqu’un allait finir par être tué ! Cette colère est dirigée contre la société, contre le gouvernement, les êtres humains en général, Alison, Cliff, tout. Elle est universelle, c’est celle de l’homme qui s’ennuie, qui veut faire quelque chose de sa vie sans savoir quoi, et qui la voit passer sans rien en faire. Cette colère semble étrange au lecteur qui ne la comprend pas, surtout parce qu’elle rend le personnage odieux et détestable ; mais il se reconnaît parfois légèrement dans ce sentiment lorsque l’ennui et le découragement guettent. Il peut se souvenir de moments où il n’était pas loin d’exploser, comme Jimmy le fait ici, pour n’importe quelle raison ; tout devient prétexte à la colère : le personnage devient alors compréhensible, ce qui semble intolérable.

Concernant les personnages, Jimmy est le représentant d’une génération désillusionnée. Il m’a fait penser à Musset et au mal du siècle. Il semble bien incarner le mal de son propre siècle : il est né à la mauvaise époque, elle ne lui convient pas, il était fait pour vivre avant. Il est odieux, et le lecteur a très souvent envie de le faire taire ou de le secouer pour qu’il comprenne le mal qu’il fait, même s’il comprend peu à peu qu’il le sait et qu’il le fait quand même. La façon dont il parle à sa femme m’a donné des envies de meurtre ! Alison, quant à elle, est tellement passive qu’elle en devient énervante et choquante ! Elle semble complètement soumise, à part à certains moments où sa propre colère semble faire surface pour replonger aussitôt dans les abysses. Elle a été transformée par son mariage, et par sa vie avec Jimmy et Cliff. Ce dernier est un personnage assez ambigu. Il semble apporter un équilibre au couple qui se déchire dans cette pièce, mais il a une relation particulière avec Alison. Il est une sorte de pilier, même s’il essuie tout de même la colère de Jimmy. Helena, une amie d’Alison, semble aussi détestable que Jimmy, parce qu’elle est tout son contraire. Elle est très froide, cérébrale, et semble bourgeoise jusqu’au bout des ongles. Je l’ai appréciée au début parce qu’elle tente de défendre Alison. Le gros revirement de situation de la pièce la concerne ! Enfin, le Colonel représente une génération passée, qui fait irruption dans le livre et ne rencontre pas la génération présente, Jimmy. Son siècle est révolu, et il ne s’est pas adapté au nouveau, ce qu’il explique à sa fille.

La fin est inattendue et vraiment surprenante ! Elle est marquée par d’énormes revirements de situation auxquels je ne m’attendais pas du tout ! L’amour est incompréhensible et complètement aveugle ici ! La toute dernière scène est elle aussi surprenante, mais logique avec du recul.

 

En définitive, une bonne pièce, étrange à première vue, et qui surprend vraiment le lecteur !

Maliki, tome 7, Acte 1 : Hanami

Posté : 22 octobre, 2015 @ 10:54 dans Avis littéraires, Coup de cœur | 2 commentaires »

Maliki, tome 7 HanamiGenre : Bande-dessinée, Humoristique

Editeur : Ankama

Année de sortie : 2015

Nombre de pages : 96

Synopsis : Maliki est désormais bien installée en Bretagne, avec ses chats et sa ménagerie surnaturelle. Seule Fang semble avoir du mal à s’acclimater, loin de son petit copain Kévin. Mais surprise ! La richissime Doang invite sa petite sœur, Maliki et toute sa bande au Japon ! Un acte de pure générosité ? C’est ce que Fang et Kévin vont tenter de découvrir pendant que Maliki et sa nouvelle amie Becky arpentent l’archipel nippon pour en rapporter les plus croustillantes anecdotes. En route pour le début d’un voyage au quotidien riche en aventures, sushis et super-pouvoirs !

 

Avis : Quand j’ai su qu’un nouveau tome de Maliki sortait, j’étais ravie ! J’avais vraiment hâte de retrouver les aventures de tous les personnages que j’adore !

Quel plaisir de découvrir de nouvelles aventures de Maliki ! Il a fallu attendre un certain temps entre les tomes 4 et 5 selon ce dont je me souviens ! Pour ce tome, il a tout de même fallu patienter deux ans ! Mais c’est toujours un bonheur de lire les péripéties de ces personnages ! Quand j’ai vu le nombre de pages du livre, j’ai été un peu déçue ; je m’attendais à plus ! Mais comme ce n’est qu’un acte 1, j’espère que le suivant ne tardera pas à arriver !

Dans ce tome, nous suivons Maliki et ses proches au Japon, c’est vrai, mais les petits problèmes qui précèdent le voyage sont aussi très agréables à lire, comme l’arrivée à l’aéroport. On découvre d’ailleurs la reprise d’un ancien strip de Maliki, ce qui m’a bien fait rire ! Par la séparation des personnages, l’auteur nous offre à la fois la découverte du Japon par des touristes émerveillés, et l’histoire annexe qui concerne Fang et sa sœur, Doang, qui semble tramer quelque chose de louche ! Le voyage est fascinant : le lecteur « visite » Tokyo et Kyoto avec l’héroïne, qui garde son humour habituel : cela fait du bien de rire, une vraie bouffée d’air frais ! De l’autre côté, l’auteur nous offre une histoire plus mystérieuse, au centre de laquelle se trouve Fang. Cette partie est beaucoup plus sérieuse ! Concernant les graphismes, ils sont toujours aussi beaux ! J’aime beaucoup les dessins de Souillon ! La couverture est magnifique, avec des éléments en relief, qui éclaire le dessin ! Petit plus : une préface de Becky pour présenter le tome, et raconter sa rencontre avec l’héroïne, et une autre de Maliki, qui se moque de sa nouvelle assistante !  

Concernant les personnages, Maliki est toujours aussi attachante ! Son humour un peu décalé et anecdotique est excellent et j’aime toujours autant sa façon d’utiliser la vie quotidienne pour faire rire ses lecteurs ! Nous retrouvons également les personnages habituels comme Fang, que j’apprécie de plus en plus et que j’aime voir grandir au fur et à mesure des tomes ; Ladybird, le double surnaturel de Maliki, mon personnage préféré dans la série avec l’héroïne (sans doute parce qu’elle lui est attachée) ; Fleya et Fëanor, des amours de chat que l’on voit très peu dans ce tome, mais qui nous font toujours autant rire quand ils apparaissent ; Jonn, le grand retour du Normand grognon mais tout tendre à l’intérieur ! ; Doang, toujours aussi froide et étrange dans le sens où elle invite tout le monde au Japon mais éloigne aussi Fang de Maliki, comme pour qu’elle ne se rende compte de rien ; les jumelles et leurs doubles surnaturels, tous recueillis par Doang ; Electrocute, cristallisation de Sabrina et Flèche, hyper énergique et dynamique, que l’on ne voit pas beaucoup ici, comme son ami Ladybird ; Fenimale, qui n’apparaît qu’une seule fois, mais qui montre dans ses quelques répliques tout le caractère qu’on lui connaît ; Kévin, le petit ami de Fang, tout doux et tout amoureux, un peu naïf peut-être aussi. L’on découvre également Becky, l’assistante de Maliki, sa nouvelle amie avec laquelle elle peut jouer à ses jeux vidéos favoris ! On retrouve aussi le Dr Pilven, qui semble beaucoup intéresser Doang.     

La fin donne vraiment envie de connaître la suite ! Quel suspens ! Qu’arrive-t-il à Fang ? Que peut faire Maliki ? Une terreur menace aussi la ville ! Comment tout va-t-il finir ?

 

En définitive, un très bon tome, qui donne vraiment envie de connaître la suite au plus vite ! Seul petit bémol : j’aurais aimé que le livre soit plus long !  

Le Banquet de Platon

Posté : 21 octobre, 2015 @ 10:43 dans Avis littéraires | 2 commentaires »

Le BanquetGenre : Philosophie

Editeur : GF

Année de sortie : 2012

Nombre de pages : 179

Synopsis : Ils sont allongés sur des lits et parlent de l’amour et de la Beauté. Leurs discours se succèdent, parfois se répondent : car il y a plusieurs Amours et plusieurs manières de désirer le Beau. A ces hommes vivant en un temps et un lieu où l’éducation des garçons est indissociable de la sexualité qui règle les rapports du maître et du disciple, une étrangère, Diotime, oppose un modèle féminin de la procréation du savoir. A travers elle, Socrate dessine les étapes de l’apprentissage du philosophe capable de se détacher d’un monde sensible pour devenir l’ »amant » par excellence qui guide l’ »aimé » dans sa quête du Vrai et du Beau. Par-delà les interprétations prudentes du Banquet que nous a léguées la tradition philosophique, cette traduction inédite invite à une lecture renouvelée du dialogue : un Banquet parfois extravagant, à l’image de son objet, d’une richesse stylistique exubérante, souvent cru dans son langage, foisonnant enfin dans sa recherche du bonheur véritable.

 

Avis : J’ai étudié certains passages de ce livre il y a deux ans, et je voulais le découvrir en entier. De plus, il peut être utile de le lire dans le cadre d’un cours sur l’amour en poésie.

Je trouve qu’il existe peu de livres sur l’amour, qui est souvent jugé par beaucoup comme un thème qui n’est pas sérieux. Mais en réalité, et en lisant cette œuvre, le lecteur s’en rend compte, il régit tout. Même Socrate en parle, l’homme qui pousse les autres à découvrir la vérité à travers lui sans la connaître lui-même (selon lui). J’ai trouvé la description de l’amour et de son sentiment excellente. Le lecteur est frappé de se retrouver dans ce que disent les personnages, notamment concernant le mythe d’Aristophane, celui des androgynes. L’amoureux est choqué de se comprendre lui-même en lisant, de se découvrir, de mettre des mots (ou au moins des images) sur ce qu’il ressent et qu’il ne parvient pas à exprimer. Le lecteur se retrouve aussi dans le discours de Diotime : par ces deux « explications », c’est bien ce que l’on ressent qui est exposé, dévoilé, mis à nu. D’ailleurs, en étudiant ces textes il y a deux ans, je me suis sentie assez mal à l’aise, embarrassée : j’avais l’impression que l’on mettait à nu ce que je ressentais devant tous les autres élèves, et c’était assez dérangeant. De plus, le discours de Diotime est plus lucide que celui d’Aristophane, or, souvent, quand on est amoureux, on n’est pas lucide du tout, on préfère même parfois s’illusionner plutôt que d’affronter la réalité. Le lecteur amoureux ne veut pas croire à ce discours, même s’il sent qu’il est proche de la vérité.

Plusieurs amours sont présentés ici avec des gradations, des corrections. Certains personnages s’accrochent au personnage d’Eros, quand d’autres s’intéressent à Eros dans la nature et chez les hommes. L’éloge du dieu Amour est fait de façons différentes : par exemple, l’un d’eux divise Eros en deux, de la même manière qu’Aphrodite, le Vulgaire et le Céleste. Un autre montre Eros dans la nature, chez les animaux, dans leur férocité à défendre leurs petits. Socrate, quant à lui, à travers Diotime, va parler d’une hiérarchie dans l’Amour : celui d’un beau corps, puis des beaux corps, ensuite d’une belle âme, et enfin, des belles âmes.

Aussi, ici, Socrate n’est pas le maître du discours : c’est une femme qui l’est. Il avoue qu’elle comprend mieux l’amour que lui ; elle le lui explique donc en employant, comme lui avec les autres, la maïeutique. L’amour est lié à l’enfantement, il est vu du côté féminin, contrairement au discours précédent. De plus, la culture grecque est très différente de la nôtre ; à l’époque, la pédagogie est assez choquante pour nous aujourd’hui : la sexualité est en effet liée à l’enseignement, les jeunes hommes sont initiés par leurs maîtres. De plus, l’homosexualité est tout à fait normale pour eux, et c’est même étrange si un homme n’est pas attiré par d’autres hommes car ils sont considérés comme les seuls êtres intelligents, les femmes n’étant pas reconnues comme telles … à part Diotime, qui surpasse Socrate ! Cela semble vouloir dire que l’amour est plus facile à appréhender pour les femmes car elles ont déjà l’expérience de l’enfantement, prépondérant en amour, et elles peuvent mieux le comprendre dans sa profondeur.  

La fin montre encore la supériorité de Socrate sur tous les autres hommes, on dirait vraiment un surhomme !

 

En définitive, un trésor de savoirs et de mots pour parler de l’Amour !

Le Colonel Chabert de Balzac

Posté : 20 octobre, 2015 @ 11:54 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Le Colonel ChabertGenre : Classique

Editeur : GF

Année de sortie : 2011

Nombre de pages : 130

Synopsis : Tenu pour mort à la bataille d’Eylau, le colonel Chabert rentre chez lui après des années d’errance et de souffrance. Mais aux yeux du monde, il n’existe plus. Sa femme, héritière de sa fortune, est remariée et mère de deux enfants ; sa maison a été démolie ; la rue même où il vivait a été rebaptisée : l’Empire a cédé la place à la Restauration … Dépossédé de ses biens comme de son nom, l’ancien héros des guerres napoléoniennes se lance à cœur perdu dans une dernière bataille, pour recouvrer son identité. Y parviendra-t-il ? Le Colonel Chabert est l’histoire tragique d’un homme incarnant les restes sublimes d’une époque révolue.

 

Avis : Je n’ai lu qu’un seul Balzac auparavant, et je n’avais pas du tout aimé. Je n’avais pas accroché à la façon d’écrire, ni aux thèmes abordés. J’appréhendais donc un peu cette lecture. En plus, l’histoire ne m’inspirait pas énormément. J’avais de gros a priori.

A la lecture de la scène d’ouverture, je me suis dit que mon préjugé se révélait juste : j’ai eu très peur qu’elle me présage une mauvaise lecture. En effet, je n’ai pas du tout aimé cette scène ! Le vocabulaire utilisé n’est pas toujours compréhensible, et cela m’a donné une impression de rejet dès le début. Et pourtant, par la suite, j’ai vraiment aimé ! Le lecteur fait la rencontre d’un homme complètement abandonné par son pays ; il n’a plus d’identité, n’est pas reconnu pour ses exploits militaires, même pas pour qui il est vraiment. Par cet aspect, ce livre m’a fait penser au Vaisseau des morts de Traven, où le héros est considéré comme apatride, ne peut résider dans aucun pays, et pour qui la mer est le seul lieu de vie possible. Se trouve ainsi dans ce livre la forte critique d’une société qui ne reconnaît pas ses héros, et d’une justice qui ne sait pas établir ce qui est juste. L’argent semble la valeur première, ce qui motive les individus, ce qui les pousse à faire des choses impensables : faire d’un homme bon une véritable ruine. La trahison est présente partout, dans les représentants de la loi, dans les gouvernements, mais aussi dans la famille, là où elle fait le plus mal … D’ailleurs, le colonel Chabert n’en a plus vraiment. L’écriture est assez claire, agréable à lire, ce qui m’a surprise après ma déception du premier livre ; de plus, l’auteur utilise un langage adapté à ses personnages : les dialogues sont nourris d’argot quand cela semble nécessaire, et cela sonne vraiment de façon authentique.

Concernant les personnages, je me suis beaucoup attachée au colonel Chabert pour plusieurs raisons. J’ai ressenti une grande pitié pour lui. Il est d’une bonté admirable, émouvante, mais aussi d’une o qui indigne le lecteur. Même quand il est logique qu’il se défende, que ses droits sont réels, il ne le fait pas. Il est désespéré, et désespérant : quand le lecteur voit que sa bonté ne lui apporte rien de bon, il se demande à quoi cela sert d’être bon et gentil … Celui qui lit est déçu par ce qui arrive au personnage : il imaginait autre chose … De plus, le personnage se fait complètement manipulé, et ce, en raison même de sa bonté ! Il croit en la gentillesse, en l’amour, il pense vraiment que tout va s’arranger, qu’il peut trouver un compromis, et retrouver sa vie. Finalement, la résignation l’emporte : tout le monde le pense mort, il se demande s’il aurait dû le rester … L’avoué Derville, quant à lui, fait tout ce qu’il peut pour défendre son client. Il semble honnête, mais lui aussi est naïf, ce qui amène des situations désastreuses : il pense qu’il est le manipulateur et ne se rend pas compte qu’il est manipulé. Il n’a pas un mauvais fond, il pense bien faire, mais ne fait pas assez. La comtesse de Ferraud est la manipulatrice, celle qui mène la danse dans le livre. Elle est celle qui va réduire tous les efforts des autres personnages à néant. Elle est machiavélique, et profite de la bonté du colonel Chabert pour l’escroquer comme jamais. Son mari, quant à lui, est l’opportuniste par excellence. Il n’agit pas par amour, ne pense qu’à l’argent, qu’à sa carrière, qu’à la place qu’il peut se faire dans la société. Le lecteur découvre d’autres personnages dans ce livre, comme les hommes qui travaillent avec l’avoué, ainsi que les gens qui ont recueilli Chabert.

La fin m’a semblé décevante mais logique. La vie du personnage finit là où elle a commencé. J’avais espéré mieux pour récompenser la bonté de Chabert, mais, ce n’est pas ce qui compte dans la société. Il n’était plus utile, alors on s’en est débarrassé. J’ai trouvé que cela sonnait affreusement actuel … Mais c’est sans doute aussi ce qui fait de ce livre un classique.

 

En définitive, un très bon roman, assez court, qui nous présente un personnage bon, perdu, mort pour tous, et finalement, même pour lui-même.

12
 

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