Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Archive pour septembre, 2015

Moby Dick de Herman Melville

Posté : 28 septembre, 2015 @ 11:05 dans Avis littéraires | 4 commentaires »

Moby DickGenre : Classique, Aventure

Editeur : Everyman

Année de sortie : 1996

Nombre de pages : 478

Synopsis : The epic tale of Captain Ahab’s hunt for the white whale. Moby-Dick, the white whale: emblem of nature yet unnaturally pale, tender and violent, god and demon, an enigma to which Ahab is bound by ropes of vengeful obsession. The Pequod: whaler out of Nantucket, with its polyglot world crew bound upon a voyage for spermwhale, a ship of the damned driven by its ungodly captain to the edge of the void. Ishmael: named for a Biblicat outcast, narrator, masthead philosopher, sole survivor.

 

Avis : J’ai appris à la rentrée que j’allais étudier Moby Dick cette année, et qu’il fallait donc que je suspende mes autres lectures pour m’y mettre au plus vite ! La couverture montre bien le sujet du livre : la traque d’une baleine bien particulière par un capitaine obsédé par elle.

Je m’attendais vraiment à lire un roman d’aventures, avec beaucoup d’action ; ce n’est pas du tout ça ! Il y a très peu d’action : les seules qui apparaissent sont les scènes de chasse, et elles sont assez horribles. Peu de dialogues également : c’est surtout le narrateur qui nous décrit la vie sur le bateau, et qui nous fait part de ses pensées, de ce qu’il voit chez les autres personnages. Parfois, j’ai eu l’impression de lire un documentaire sur la baleine, ou sur sa chasse, tant certains chapitres ressemblent à des traités sur, par exemple, la tête de la baleine, ou sa représentation picturale, ou sur les plats qu’on peut tirer de sa viande, ou ce pour quoi chaque partie est utilisée. Ces chapitres sont de vraies digressions dans la narration, des écarts, et parfois, le lecteur ne sait plus vraiment où il en est : cela rend le livre un peu décousu. Surtout, il peut ne pas voir l’importance de ses passages qui, parfois, ne semblent pas en avoir : il a l’impression que le narrateur donne trop de détails, et il ne sait pas à quoi ils servent. De plus, la vie sur la baleinière est décrite avec énormément de détails elle aussi, tellement que là encore, le lecteur peut se retrouver perdu. Je dois avouer que ma lecture a été fastidieuse, très pénible parfois, mais que je ne regrette pas de l’avoir lu pour autant. Sans doute le fait de devoir le lire sous la contrainte et dans un temps imposé m’a gênée. Je pense que je le relirai plus tard pour avoir un nouveau point de vue, et peut-être, une meilleure compréhension.

Derrière l’histoire de cette chasse pourtant se trouve une vraie réflexion, une profondeur, grâce aux nombreuses références littéraires que le lecteur peut y trouver, mais aussi grâce aux références religieuses et surtout bibliques, omniprésentes dans le  texte. Par exemple, Jonas et le fait qu’il ait été avalé par une baleine est mentionné plusieurs fois, et même approfondi à un moment donné. L’ange Gabriel apparaît, le Christ est évoqué implicitement. Un des personnages, le capitaine Achab, pense réaliser l’œuvre de Dieu, pense agir selon ce que Dieu veut, puis semble se prendre pour lui : le vocabulaire religieux et les mentions sont très présentes dans son discours.

Concernant les personnages : Ishmael, le narrateur, est censé être le personnage principal, puisque c’est lui qui raconte ce qu’il a vu sur le Pequod. Au début du roman, il nous parle de lui et de son besoin de partir en mer, de sa rencontre avec Queequeg, de leur amitié, puis de leur enrôlement sur un bateau. Et à partir d’un moment, j’ai trouvé qu’Ishmael était complètement effacé : il se fond dans le décor du bateau et devient un simple spectateur de ce qui arrive. De plus, grâce à mes cours, je me suis aussi rendue compte qu’il n’était pas cohérent. Il est à la fois une première personne et un narrateur omniscient, un peu comme un dieu qui voit tout alors qu’il ne se trouve pas sur place. Pourtant, Ishmael est bien un homme. Dans tous les cas, ce personnage permet bien l’immersion du lecteur dans la vie sur la baleinière. Le capitaine Achab (Ahab en anglais) m’a semblé être le vrai personnage principal. Il est borné, têtu, certain d’être investi d’une mission et de devoir débarrasser le monde du monstre qu’est Moby Dick. Il est très dur, avec les autres et avec lui-même, il ne ménage personne pour parvenir à ses fins. Il est vraiment obsédé par le personnage éponyme, parce que celui-ci lui a arraché une jambe lors de leur rencontre, et que le capitaine y a vu une provocation. Le couple que les deux personnages forme est assez spécial : on ne sait pas qui est vraiment le « méchant », et qui est le « gentil », chacun faisant du mal à l’autre. Achab est dans une logique de destruction : lors de sa rencontre avec Moby Dick, l’un des deux mourra, les deux ne peuvent pas cohabiter. Ainsi, Moby Dick est le colosse des mers, la terreur des baleiniers, le roi dont on entend parler dans tout le livre, mais qui ne fait son apparition que très très tardivement, pour son grand final. Le lecteur se rend vite compte que ce n’est pas une baleine comme les autres : d’abord, c’est un cachalot mâle, il a un nom, et a causé des naufrages de baleiniers qui ont tenté de le tuer ; mais il a aussi l’air d’avoir une intelligence particulière, de ne pas être qu’un cachalot, qu’un animal. Derrière Moby Dick, le lecteur trouve beaucoup de références, comme derrière les baleines en général. Dans ses petits traités sur l’animal, le narrateur l’encense, nous montre son intelligence, sa vivacité et son côté pacifique, mais aussi son immensité, sa puissance, sa monstruosité. Moby Dick semble avoir deux facettes : un animal majestueux, puissant, magnifique, et un monstre terrifiant, gigantesque, qui peut détruire un bateau en deux coups de queue ; mais jamais il ne peut être dit de Moby Dick que c’est une petite baleine sans défense face aux hommes ! Il représente la force de la nature, la force divine dans la mer. Le lecteur rencontre d’autres personnages dans le roman comme Queequeg le harponneur, ami du narrateur, cannibale, adorateur de Yojo ; Starbuck, Stubb et Flask, les seconds du capitaine Achab, si on peut les appeler comme ça : le premier est assez pessimiste et prudent, il désapprouve le projet d’Achab, le second plus dans l’humour constant, même s’il devient noir, et le dernier est un peu effacé face aux deux autres, qui passent toujours avant lui ; Tashtego et Dagoo, les deux autres harponneurs du bateau ; les autres marins de l’équipage, mais aussi ceux d’autres bateaux rencontrés en chemin : chaque rencontre est l’occasion d’une histoire de laquelle, parfois, une morale ressort ; l’une d’elles montre l’obsession délirante d’Achab pour Moby Dick.

Les scènes de chasse à la baleine sont des scènes de tuerie qui m’ont fait frissonner, et que j’ai eu du mal à lire sans avoir de haut-le-cœur. C’est très violent, et très sanglant : la baleine n’a aucune chance, même si elle est dangereuse. Parfois, elle tue l’équipage du canot qui la poursuit, mais c’est plus par maladresse ou par défense que par agression. La description de la « flurry » de l’animal est ce qu’il y a de plus horrible il me semble. Le narrateur, à chaque scène de ce genre, montre la tristesse du spectacle, mais aussi la condamnation de ceux qui tuent des êtres pacifiques, créatures de Dieu.

J’ai lu Moby Dick en VO; certains termes et expressions (même les noms des personnages) ne peuvent pas être rendus en français, parce qu’il n’existe pas d’équivalent, ou parce que le jeu de mots n’est pas possible. Je pense que l’anglais a ajouté de la difficulté à la lecture, notamment pour le vocabulaire technique de la baleinière, que je ne maîtrise déjà pas en français ! L’ancien anglais est aussi utilisé, ce qui ne facilite pas la compréhension. Je le conseille quand même en VO pour ceux qui ont l’habitude d’en lire !

La fin est évidente, mais très rapide, peut-être un peu trop. C’est très soudain, et même si le lecteur s’y attend, il peut être un peu déçu. L’épilogue ne m’a pas paru cohérent concernant Ishmael, et la façon dont il s’en sort m’a paru très ironique ! Je me suis sentie un peu vide, un peu triste, après ma lecture, je me suis dit : « c’est fini, voilà ». Comme ma lecture a été assez difficile, je ne m’attendais pas à me sentir comme ça ! C’est un peu une épopée qu’il faut vraiment avoir envie de lire pour la finir !

 

En définitive, c’est un livre que je n’ai lu ni pour le plaisir, ni avec plaisir, mais je pense le relire plus tard pour en avoir une autre vision car c’est un grand chef-d’œuvre de la littérature américaine, et j’ai l’impression d’être un peu passée à côté !

Autour des livres #4 : Tag « Liebster Award »

Posté : 14 septembre, 2015 @ 5:44 dans Tag | 2 commentaires »

Liebster Award La Librosphère m’a tagué, et c’est avec plaisir que je vais participer à ce tag ! Pour cela, il faut donner 11 informations sur soi, puis, répondre à 11 questions. Ensuite, il faut nommer d’autres personnes et leur poser 11 questions, sans aucune obligation de participation !

11 informations sur moi

1. J’aime énormément lire en anglais !

2. Je rêve de devenir écrivain.

3. J’écris des poèmes.

4. J’aime tout ce qui est artistique : je dessine, je chante, je fais de la danse.

5. On dit que je suis gentille.  

6. J’ai envie de faire le tour du monde en commençant par le Japon.

7. Je suis un peu lunatique sur les bords.

8. J’ai besoin de certitudes.

9. Je viens seulement de regarder la première saison de Game of Thrones.

10. J’adore cuisiner !

11. Et pour finir : je suis nulle pour faire des blagues, ce qui, apparemment, est drôle !

Réponses aux 11 questions de LaLibrosphère 

1. Que représente ton blog à tes yeux ? : C’est un endroit où je peux parler librement de mes livres, coups de cœur ou déceptions, ou je peux un peu me lâcher !

2. Où achètes-tu principalement tes livres ? : En librairie, mais surtout d’occasion sur des sites web, en brocantes. 

3. As-tu une citation préférée concernant les livres ou trouvée dans un livre ? : Oui !! Mais je vais éliminer un mot sinon je risque de spoiler le livre ! « [nom], ne pourrais-tu revivre, toi que j’ai tuée un jour de printemps [...] ne pourrais-tu renaître de ma douleur [...] mon seul moyen de te ressusciter est ce nom que je te donne et que tu habites à merveille, [nom], la jamais partie, qui reviens me hanter à tire d’aile. »

4. D’où vient ta passion pour la lecture ? : Je pense que c’est à la fois de ma mère, qui m’a toujours entourée de livres, et des Fleurs du Mal, mon premier recueil de poésie, un livre qui m’a marqué, et qui m’a donné envie de lire, lire, et lire !! Il m’a montré le pouvoir des mots, et j’ai voulu en voir plus !

5. Participes-tu à des challenges / swaps ? Pourquoi ? : Depuis peu, je participe à des challenges. Peut-être pour me lancer des petits défis littéraires !

6. As-tu déjà participé à une séance de dédicace et / ou un salon du livre ? : Une séance de dédicace, oui ! C’était celle d’Amélie Nothomb l’année dernière pour Pétronille ! J’ai trouvé génial de la rencontrer et de pouvoir lui parler un peu ! J’aimerais participer à un salon du livre !

7. Quel est le genre littéraire le plus présent dans ta PAL ? : ce sont les classiques qui envahissent le plus ma PAL ! Je les aime beaucoup, ils sont (ça dépend lesquels bien sûr) parfois très agréables à lire. J’aime aussi les autres genres, évidemment ! J’ai des goûts très éclectiques !

8. Es-tu abonnée à un magazine littéraire ? : Non, je ne le suis pas.

9. Qu’est-ce qu’un bon livre pour toi ? : Un livre qui surprend, bien écrit, où l’on savoure autant les mots que l’histoire. Aussi un livre qui nous fait voyager, qui nous fait tout oublier pendant qu’on lit, quelque chose qui nous transporte. Et quand on en sort, on se dit : Waouh, c’était merveilleux ! et on aimerait oublier la lecture pour avoir le plaisir de la recommencer !

10. Penses-tu que les livres occupent une place suffisamment importante dans notre société ? : Non je ne trouve pas, parce qu’ils sont numérisés et placés dans des tablettes afin que chacun puisse les transporter tous à la fois (des tonnes de papier !) dans un objet qui pèse moins de 500 grammes. Un livre, c’est un objet aussi, quelque chose dont on sent le poids, dont on touche les pages, quelque chose qui nous émeut parfois rien que par sa couverture et son toucher. Si les livres étaient assez importants, chacun lirait parce qu’il trouverait ça naturel ; et là, souvent, ceux qui lisent se sentent à part.

11. Est-il facile pour toi de te séparer de tes livres ? : Oula non ! C’est tout sauf facile ! Je ne les revends pas, et j’ai du mal à me sentir bien si je reste longtemps dans une pièce où il n’y a pas de livres !

Je suppose que c’est à mon tour de tagger : EmyBenson, La Tête dans les livres, Selvegem, Instant-Lecture. Les 11 questions sont :

1. Lis-tu de tout ?

2. Qu’est-ce qui détermine ton choix de lecture ?

3. Aimes-tu lire des sagas ou des one shot ?

4. Est-ce que tu juges ta PAL trop grosse, ou au contraire, trop petite ?

5. Est-ce que tu considères qu’il y a des livres à avoir lus obligatoirement, des livres que tu penses indispensables ?

6. Qu’est-ce que tu préfères dans un livre ?

7. Es-tu plutôt romance, ou plutôt action ?

8. Quel est le genre que tu privilégies ?

9. As-tu peur de lire des livres de plus de 600 pages ? 800 pages ?

10. Annotes-tu tes livres, ou est-ce un sacrilège d’écrire dans un livre ?

11. Peux-tu prêter tes livres, ou est-ce impossible pour toi ?

Utopia de Thomas More

Posté : 11 septembre, 2015 @ 11:04 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

UtopiaGenre : Philosophie

Editeur : Penguin Classics

Année de sortie : 2003

Nombre de pages : 113

Synopsis : ‘At present very few people know about this island, but everyone should want to, for it’s like Plato’s Republic, only better.’ In Utopia, More paints a vision of the customs and practices of a distant island, but Utopia means ‘no place’ and his narrator’s name, Hythlodaeus, translates as ‘dispenser of nonsense’. This fantastical tale masks what is a serious and subversive analysis of the failings of More’s society. Advocating instead a world in which there is religious tolerance, provision for the aged and state ownership of land, Utopia has been variously claimed as a Catholic tract or an argument for communism, and it still invites each generation to make its own interpretation. This revised and updated edition of Paul Turner’s vibrant translation from the original Latin features a new chronology and a further reading list. The revised introduction explores the impact of Utopia on subsequent literary générations and highlights the contradiction between More’s beliefs and the propositions put forward in his book.

 

Avis : Je devais lire ce livre pour les cours, et je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre, même si j’en avais entendu parler. Je trouve la couverture très belle, extraite d’une œuvre de Fra Angelico.

J’ai d’abord trouvé ce livre très bien écrit : l’auteur est simple et agréable à lire, il n’y a pas d’artifices dans son écriture. Pourtant, j’ai aussi trouvé qu’il y avait quelques longueurs, surtout pendant la première partie, et sans doute à cause du fait que l’histoire est racontée dans un monologue. Peut-être qu’un dialogue aurait été un peu plus fluide. Dans la seconde, ce sont les répétitions assez fréquentes qui m’ont un peu gênée. Malgré ces petits bémols, l’œuvre est très intéressante. Je me suis retrouvée dans certaines idées de l’auteur, ce qui m’a assez surprise. Elles font également réfléchir sur certains aspects de la vie : la propriété, l’égoïsme, le respect, l’argent surtout, qui est tout sauf le centre de la vie sur Utopia. La vie sur l’île paraît vraiment idyllique parfois : pas besoin de payer pour manger, ou pour des choses vitales, pas besoin de se préoccuper de son compte en banque, ni de la bienveillance de ses voisins, une vie avec sa famille, une vie tranquille, de travail, mais aussi de culture et de repos. Le paradis … Certains aspects sont pourtant assez étranges, notamment la présentation des deux futurs mariés, la place de la femme, mais on ne peut pas en vouloir à More, étant donné qu’elle n’est pas encore respectée comme il se doit à son époque. Aussi, le gouvernement change complètement à Utopia : plus de chef incontesté. Tolérance et communauté sont les maîtres mots. Ce livre est une belle critique de la société de l’époque, une critique à travers une utopie inexistante encore aujourd’hui, et qui, apparemment, était le rêve de l’auteur, sinon, pourquoi l’appeler Utopia ?

Concernant les personnages, il m’a semblé clair que More se cache ici derrière Raphaël Nonsenso. En écrivant ce livre, il risque sa tête face à Henry VIII d’Angleterre, qui ne supporte pas grand-chose, et encore moins la critique. Il expose donc son utopie sous un nom absurde, quelqu’un en qui on ne peut pas vraiment avoir confiance, et il en rajoute à la fin du livre, et disant qu’il a tout un tas d’objections, mais qu’il ne les fera pas tout de suite, parce que le narrateur est fatigué, et pas prêt à argumenter avec lui.

 

En définitive, une œuvre très intéressante, qui nous fait réfléchir, et dont je vais relire certains passages régulièrement je pense !

Eloge de la folie d’Erasme

Posté : 9 septembre, 2015 @ 1:00 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Eloge de la folieGenre : Classique

Editeur : GF Flammarion

Année de sortie : 2013

Nombre de pages : 126

Synopsis : « Rien n’est plus sot que de traiter avec sérieux de choses frivoles ; mais rien n’est plus spirituel que de faire servir les frivolités à des choses sérieuses. C’est aux autres de me juger ; pourtant, si l’amour-propre ne m’égare, je crois avoir loué la Folie d’une manière qui n’est pas tout à fait folle. »

 

Avis : Je m’attendais à quelque chose d’ennuyeux ; et la couleur orange de la couverture ne m’aidait pas à bien appréhender ce livre !

Et pourtant, malgré quelques longueurs, j’ai apprécié ce livre. J’y ai trouvé un mélange de cynisme, d’ironie et d’humour, une excellente écriture, pas toujours facile à lire, mais très agréable. Ici, le narrateur est la Folie, déesse grecque, qui va nous expliquer en quoi elle est la plus importante du Panthéon, en quoi elle dirige la vie des hommes communs, et en quoi la Sagesse donne moins de bonheur qu’elle, qui est celle qui rend heureux. Et, à ma grande surprise, j’ai trouvé qu’elle avait tout à fait raison. La Sagesse ne rend pas heureux, au contraire, elle rend triste : on sait des choses qui ne peuvent que nous peser, quand les fous n’en savent rien, et restent innocents et « extravertis ». J’ai aussi vu dans ce livre une espèce de critique de la société de l’époque de l’auteur : il déplore les mauvais théologiens, ceux qui se croient plus intelligents que les autres, ceux qui font montre de leurs connaissances. J’ai trouvé dingue la façon dont le narrateur parvient à nous convaincre qu’il a raison par des arguments tirés de la Bible et d’écrits plus que sérieux.

La lettre qui suit l’œuvre montre les conséquences de cette publication sur la réputation de l’auteur. Il est taxé d’impie parce qu’il implique Saint Paul dans la folie ; on critique son œuvre, et on demande un éloge de la Sagesse pour compenser le livre. L’auteur explique aussi sa création, et parle de regrets. Après réflexion, j’ai pensé qu’il tentait de se cacher derrière un divertissement par la Folie pour ne pas être impliqué dans son œuvre. Il explique aussi que la Folie est une femme, et que donc les lecteurs ne doivent pas lui en vouloir de parler de cette façon (remarque sexiste due à l’époque). 

 

En définitive, un livre intéressant, drôle, que je relirais sans doute plus tard.

Le Cycle des Dieux, tome 1 : Nous les Dieux de Bernard Werber

Posté : 4 septembre, 2015 @ 8:40 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Nous les Dieux Genre : Science-Fiction

Editeur : Le Livre de Poche

Année de sortie : 2012

Nombre de pages : 468

Synopsis : Et vous, que feriez-vous à la place de Dieu ?

 

Avis :J’avais hâte de lire cette série, elle m’intriguait, tout la couverture que je trouve très belle !

Un sans faute pour l’histoire, que j’ai trouvé très intéressante, prenante, captivante. Je me suis rendue compte à certains moments que j’étais vraiment dedans, que je voulais savoir ce qui venait ensuite, si la situation périlleuse des personnages s’arrangeait ! J’ai adoré l’idée d’entrer dans le monde des dieux et de le découvrir à travers les yeux d’un élève. On découvre la mythologie autrement, de l’intérieur, et c’est vraiment exquis pour ceux qui aiment ça ! On est dans la peau du personnage principal, et on visite Aeden, on rencontre ses habitants, on se trouve face à ses dangers. Et je me suis parfois prise à imaginer que cela pourrait exister, et rien que cette pensée était exaltante. L’idée de cours de dieux est assez drôle, j’ai aimé ce concept d’apprendre à devenir un bon dieu. Le suspense est clairement présent, que ce soit pour savoir ce qui va arriver aux « expériences » des élèves, ou aux apprentis dieux eux-mêmes : ils enfreignent les lois divines, et explorent un territoire où les dangers se cachent les uns derrière les autres. Ce livre est à la fois un moyen pour revoir sa mythologie, pour relire des bouts de L’Encyclopédie du savoir relatif et absolu, mais aussi pour revoir l’histoire de la vie et de l’Humanité. C’est vraiment passionnant de voir comment l’on passe du végétal, à l’animal, à l’humain. Aussi, on se rend compte que la vie ne peut être sans violence, et que la morale pèse peu face à elle. Si on peut désirer un monde moral sans violence aujourd’hui, c’est parce que l’on a atteint un niveau de conscience supérieur. Ainsi, on assiste à l’évolution de la vie et de l’homme, à l’éveil de sa conscience, à la façon dont les dieux interviennent, directement ou indirectement. Les dieux font des expériences qu’ils appellent des jeux, et j’ai trouvé ça assez perturbant comme idée : et si nos dieux (si nous en avons) jouaient avec nous ? Mais, petit bémol qui, à force, m’a un peu agacée : l’écriture de l’auteur. Pourtant, je ne me souvenais pas avoir été gênée par elle lors de mes précédentes lectures. Ce n’est pas que c’est mal écrit, c’est quelque chose dans la façon de raconter qui m’énerve.

Je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages, à part aux humains. On retrouve ici Michael Pinson, déjà le héros des Thanatonautes et de L’Empire des Anges. Il est gentil, et spirituel, comme le dit son ami Raoul Razorback, mais je n’ai pas réussi à éprouver une réelle sympathie pour lui. Comme c’est lui le narrateur, c’est lui qui m’agaçait. Certaines de ses remarques ne sont pas assez naturelles quand on les lit. Il est l’un des élèves dieux, et se pose tout un tas de questions sur le nouveau monde dans lequel il a atterri. Parfois, sa façon de se sortir de situations difficiles m’a semblé trop facile : il est clair que quelque chose ne tourne pas rond autour de lui, sauf que c’est trop flagrant. Les thanatonautes sont aussi présents sur l’île : Raoul RazorbackEdmond WellsMarilyn MonroeFreddy Meyer. Je n’ai pas non plus réussi à m’attacher à eux : Raoul me semble faux ; Edmond, trop gentil et pacifique ; Freddy est un peu trop effacé. Je n’apprécie que Marilyn, et la véritable vedette y est grandement pour quelque chose ! Les dieux de l’Olympe sont également présents dans ce livre, et leurs caractéristiques m’ont semblé mises en avant à l’excès. Ce sont des caricatures d’eux-mêmes ! Arès, par exemple, est un gros bourrin qui ne pense qu’à tuer, ou à faire des stratégies afin d’être le plus fort. Aphrodite est une déesse qui aime séduire, et qui charme tous les élèves de façon différente. Athéna ne fait que parler de justice, et Atlas (Titan) ne fait que se plaindre de sa punition divine. J’ai été un peu déçue par cet aspect des dieux, mais j’ai tout de même été ravie de les trouver dans ce livre ! Des célébrités sont également présentes dans ce livre : chanteurs, philosophes, acteurs, inventeurs, peintres, ils sont nombreux à être parvenus en Aeden. Mais, encore une fois, certains m’ont paru caricaturé, comme Edith Piaf, qui ne semble penser qu’à chanter. J’ai tout de même trouvé sympa de trouver quelques vedettes dans le livre ! Enfin, on retrouve ici des chimères : sirènes, centaures, chérubins, Léviathan, ou espèce de Cerbère. Cela fait partie de la mythologie, et j’ai aimé l’idée de les intégrer en Aeden. Ce serait sans doute moins « drôle » sans eux !

La fin donne très envie de lire la suite car la petite équipe de personnages que nous suivons parvient à une étape bien particulière. C’est très frustrant pour le lecteur de s’arrêter là !

 

En définitive, un bon livre de science-fiction sur la mythologie, même s’il ne fait pas partie de mes préférés.

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