Redbluemoon

I found myself in Wonderland.

Archive pour août, 2015

Pretty Little Liars, book 2: Flawless de Sara Shepard

Posté : 29 août, 2015 @ 2:04 dans Avis littéraires | 4 commentaires »

Pretty Little Liars 2Genre : Chick-Lit

Editeur : HarperTeen

Année de sortie : 2008

Nombre de pages : 330

Synopsis : Four pretty little liars have been very bad girls. Spencer stole her sister’s boyfriend. Aria is brokenhearted over her English teacher. Emily likes her new friend Maya … as much more than a friend. Hanna’s obsession with looking flawless is making her sick. And their most horrible secret yet is so scandalous that the truth would ruin them forever. And why shouldn’t I tell ? They deserve to lose it all. With every crumpled note, wicked IM, and vindictive text message I send, I’ll be taking these pretty little liars down. Trust me, I’vee got enough dirt to bury them alive. -A.

 

Avis : Je déteste la couleur orange : dommage pour moi ! Malgré ça, j’avais vraiment hâte de retrouver Aria, Spencer, Emily et Hanna, de savoir ce qui allait leur arriver maintenant qu’elles semblaient réunies face à A !

En réalité, elles ne sont pas vraiment réunies, elles s’évitent même. Elles savent qu’elles ont les mêmes problèmes mais ne se font pas assez confiance pour oser se confier. J’ai trouvé qu’il y avait un climat de paranoïa dans ce livre : tout le monde peut être A, donc les filles ne peuvent croire en personne, même pas en leurs anciennes amies. Ce second tome est divisé de la même façon que le premier, et on suit les filles chacune leur tour. A toutes, A envoie des messages, elles sont toutes menacées, et gardent toutes des secrets qu’elles jugent impardonnables et qu’elles essaient de cacher tant bien que mal. Ici, le suspense est palpable encore une fois, et surtout provoqué par Toby. Il est un peu le centre des révélations de ce tome. Une myriade de nouvelles questions est soulevée par son « retour » : est-il A ? Dans ce cas, comment peut-il savoir tant de choses à propos des filles ? A-t-il quelque chose à voir avec la disparition d’Alison ? Qu’a-t-il fait de si affreux pour qu’elle ait une telle emprise sur lui ? J’ai, encore une fois, apprécié l’écriture de l’auteure qui s’adapte au langage de ses personnages. L’apparence est encore un des thèmes principaux du livre, mais aussi la culpabilité, souvent dévorante, et le fait de savoir s’il faut révéler un secret quand il peut mettre la vie de personnes en danger, ou le garder parce que l’on a fait une promesse. Les choses que cachent les héroïnes sont très lourdes à porter, et il arrive qu’elles soient à deux doigts de tout dire à quelqu’un, parfois n’importe qui, tant qu’elles ne sont plus les seules à porter le fardeau. Enfin, on apprend ce qui se cache derrière l’affaire Jenna !! (ce qui n’enlève rien au suspense, rassurez-vous !)

Les quatre héroïnes sont toujours les mêmes, et vont, ici, apprendre de leurs erreurs pour certaines. Aria reste mon personnage préféré. C’est un plaisir de retrouver les chapitres qui la concernent. Elle doit se démener pour empêcher sa famille d’imploser, et pour tenter de faire comprendre à Ezra qu’il se trompe sur elle. Elle va rencontrer quelqu’un de différent, comme elle, qui ne collent pas aux standards de Rosewood. J’ai trouvé que Spencer était celle qui se faisait le plus malmené : en l’espace de quelques instants, elle perd tout. Et quand elle pense avoir quelque chose pour de bon, cela lui échappe. Elle sait qu’elle ment à ses amies, qu’elle ne devrait pas, mais elle a trop peur des conséquences que pourraient entraîner ses révélations. Elle perd peu à peu pied, et tous les aspects de sa vie parfaite s’écroulent sous ses yeux sans qu’elle ne puisse rien faire contre. Emily m’a semblé être la plus naïve des filles dès le début du livre : elle a cru tout ce que lui disait Alison sans jamais penser qu’elle pouvait lui mentir. Quand elle découvre la vérité sur son amie, c’est un véritable choc pour elle. Elle a d’autres problèmes, notamment avec Ben, après la soirée chez Noël Kahn : elle se cherche d’autant plus qu’elle est balancé entre deux personnes qu’elle pense aimer. Elle aussi perd peu à peu, mais pas aussi violemment que Spencer, ou Hanna, qui s’englue dans des situations dont elle a du mal à se dépêtrer. Après ce qui lui est arrivé avec Sean, elle tente tout pour le reconquérir, et ne se rend pas compte qu’elle oublie le reste pour un résultat dont elle n’est pas certaine. Une surprise l’attend dans ce tome ! A un moment donné, j’ai plaint chacun des filles de tout mon cœur. Elles se retrouvent dans des situations impossibles, elles perdent des gens qu’elles aiment sans savoir comment les récupérer, et se voient encore menacer par A. Je disais dans ma précédente chronique qu’il était très facile de s’identifier aux filles, rien que par leur âge. Ici, j’ai trouvé que c’était un peu plus compliqué parce que le lecteur n’a pas envie de s’imaginer dans les situations dans lesquelles elles se retrouvent. J’ai trouvé leurs parents très étranges, et je pense pourtant que certains sont comme cela. J’ai été choquée par leurs réactions parfois : je ne me vois absolument pas faire ce genre de choses à mes propres enfants. L’éducation qu’elles ont reçue a été constellée de mauvaises choses : la compétition, la négligence, l’intolérance, le manque de responsabilité. Je pense que vous comprendrez aisément à quelle fille se rapporte quel défaut ! J’ai été déçue par Ezra, écœurée par Wren, et j’apprécie toujours autant Maya. Dans ce tome, l’on en apprend un peu plus sur Sean, qui a l’air différent des autres garçons. Alison, mentionnée plusieurs fois par des souvenirs, a toujours l’air d’une garce, doublée d’une menteuse maintenant ! Elle est toujours aussi mystérieuse et semble avoir su un paquet de choses sur un paquet de monde !

La Chick-Lit n’est pas vraiment mon genre habituel, mais (je sais, je me répète !) je trouve que cette série ressemble à Desperate Housewives, mais avec des héroïnes plus jeunes ; et j’aime l’ambiance de ce genre de séries, un peu en huis-clos, au milieu de personnages plus hypocrites les uns que les autres, dans une banlieue tranquille où il commence à se passer des choses étranges. Les événements bouleversent la vie de personnes trop parfaites, et les fait apparaître sous leur vrai jour. Ce que j’aime beaucoup moins dans la Chick-Lit, ce sont les romances improbables à l’eau de rose, où l’héroïne est agaçante au possible, où il ne se passe pratiquement rien, si ce n’est qu’elle se demande comment conquérir l’homme de sa vie, qui l’aime, c’est évident, sans qu’elle s’en rende compte. Je trouve que la série Pretty Little Liars s’éloigne de ce genre de lecture, et c’est tant mieux !

La fin est un peu moins explosive que la précédente, mais elle se solde encore par une mort !! Elle donne vraiment envie de lire la suite !!

 

En définitive, un très bon tome, toujours aussi empli de suspense, qui donne toujours autant envie de connaître la suite, et qui nous présente les dessous de la vie dans une banlieue résidentielle aux Etats-Unis !

Les Combustibles d’Amélie Nothomb

Posté : 25 août, 2015 @ 3:18 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Les Combustibles Genre : Théâtre

Editeur : Le Livre de Poche

Année de sortie : 2001

Nombre de pages : 89

Synopsis : La ville est assiégée. Dans l’appartement du Professeur, où se sont réfugiés son assistant et Marina, l’étudiante, un seul combustible permet de lutter contre le froid : les livres …
Tout le monde a répondu une fois dans sa vie à la question : quelle livre emporteriez-vous sur une île déserte ?
Dans ce huit clos cerné par les bombes et les tirs des snipers, l’étincelante romancière du sabotage amoureux pose à ses personnages une question autrement perverse : quel livre, quelle phrase de quel livre vaut qu’on lui sacrifie un instant, un seul instant de chaleur physique ?
Humour, ironie et désespoir s’entretissent subtilement dans cette parabole aux résonances singulièrement actuelles.

 

Avis :Il me semble qu’Amélie Nothomb n’a écrit qu’une seule pièce de théâtre, et j’ai eu envie de la lire, histoire de voir ce que cela donnait !

Rien qu’à l’idée de brûler un livre, je me sens mal : c’est vous dire le malaise que j’ai ressenti parfois en lisant ! Bien que certains considèrent que les livres ne soient que du papier et de l’encre, c’est beaucoup plus pour les lecteurs qui ne parviennent plus à s’en passer. L’importance de la littérature est mise en valeur ici par sa destruction : en détruisant les œuvres qui lui sont chères, l’homme se détruit lui aussi, détruit l’humanité en lui, sa dignité, et ce qui lui reste face à la guerre. Certes, la vie est plus importante, car si l’on meurt, on ne peut plus lire de toute manière ; mais sa préservation amène à son annihilation. Le froid tue lentement, mais l’immolation de ce que l’on aime aussi. L’auteure a inventé les noms des écrivains et des livres qu’elle cite, ce qui nous permet de ne pas imaginer totalement la destruction des œuvres que l’on aime, ou que l’on connaît : cela nous permet une certaine distance avec ce qui arrive dans le livre. J’ai eu énormément de mal à m’imaginer à la place des personnages, je ne me suis pas du tout identifiée à eux : que ce soit par leurs comportements, ou par leur façon de penser. En tout cas, j’ai retrouvé dans ce livre l’écriture très spécifique d’Amélie Nothomb, un écriture que j’aime toujours autant, à la fois cynique, sérieuse, poétique.

Les personnages, comme dans la plupart des romans de l’auteure, sont étranges pour le lecteur, qui a du mal à s’imaginer à leur place. Le professeur, d’abord : il nous montre une facette du métier d’universitaire qui est assez surprenante, même si elle n’est pas forcément vraie pour tous. Il semble une véritable contradiction, et pourtant, le lecteur comprend pourquoi il agit de la sorte. Il est un peu loufoque, et peut sembler assez pervers. Les livres ne semblent finalement pas avoir une grande importance pour lui, ou l’on peut penser qu’il a sombré dans la folie. Daniel est le personnage avec lequel le lecteur peut le plus facilement s’identifier : il garde ses principes et ses idéaux jusqu’au bout, et ne comprend pas que les autres ne fassent pas de même. Il veut les défendre bec et ongles, veut rester humain coûte que coûte, veut protéger les livres, sans rien pouvoir faire pour les sauver. Enfin, Marina est celle qui est la plus surprenante, et en même temps, la plus banale peut-être. Je ne me suis pas du tout identifiée à elle : elle réagit selon l’instinct animal, l’instinct de conservation semble-t-il. Elle ne pense qu’à se réchauffer, et les livres ne semblent plus compter que comme des combustibles, c’est d’ailleurs elle qui donne l’idée de les brûler.

La fin est évidente : après avoir détruit la littérature, l’homme s’autodétruit. Il y a un dernier espoir qu’un livre survive, et les hommes avec lui.

 

En définitive, j’ai trouvé que ce livre montrait bien l’importance de la littérature dans la vie de l’homme, et l’insignifiance de celle-ci si les livres disparaissaient. Une bonne œuvre, qui fait réfléchir, même si je préfère les romans de l’auteure.

Mithridate de Racine

Posté : 24 août, 2015 @ 2:32 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

MithridateGenre : Théâtre, Classique

Editeur : Folio

Année de sortie : 2012

Nombre de pages : 116

Synopsis : MITHRIDATE : J’ai vengé l’Univers autant que je l’ai pu.

La Mort dans ce projet m’a seule interrompu.

Ennemi des Romains, et de la Tyrannie,

Je n’ai point de leur joug subi l’ignominie.

Et j’ose me flatter, qu’entre les Noms fameux,

Qu’une pareille haine a signalés contre eux,

Nul ne leur a plus fait acheter la victoire,

Et de jours malheureux plus rempli leur Histoire.

Le ciel n’a pas voulu, qu’achevant mon dessein

Rome en cendre me vît expirer dans son sein.

Mais au moins quelque joie en mourant me console.

J’expire environné d’Ennemis, que j’immole.

Dans leur sang odieux j’ai pu tremper mes mains.

Et mes derniers regards ont vu fuir les Romains.

 

Avis : Dans un cours sur les rois, je dois normalement étudier cette pièce de Racine, avec la précédente chroniquée, Le Roi se meurt de Ionesco, et Le Roi Lear de Shakespeare. Comme j’aime beaucoup Racine, la lecture de cette œuvre s’annonçait très bien.

On pourrait penser que les classiques ne nous réservent plus de surprise, car ils sont connus de tous et que leurs formules sont toujours les mêmes. Pourtant, j’ai été surprise par cette pièce ! C’est la première tragédie que je lis de Racine qui se finit à peu près « bien ». Il n’y a pas d’effusion de sang et de morts successives comme dans Phèdre par exemple, où la majorité des personnages, principaux et secondaires, meurt. Dans cette pièce, le lecteur assiste à l’éclosion d’un amour, mais aussi à la lutte d’un père qui a le choix entre faire son propre bonheur ou celui de son fils. Cela donne, comme d’habitude avec les maîtres de la tragédie, à des vers sublimes, harmonieux, qui transpercent le lecteur, et lui font goûter la musique de la poésie, en même temps que la profondeur des sentiments exprimés. De plus, pour moi, l’histoire de la pièce était à découvrir car je ne connaissais pas du tout celle de Mithridate et de ses fils.

Les personnages sont des extrêmes, comme souvent dans les pièces. Mithridate est roi et va se marier avec Monime. Il a deux fils, et se rend compte que l’un d’eux au moins est un traître. Le roi pense alors faire ce qui est juste, mais semble agir trop tard, comme toujours dans les tragédies. La fatalité le rattrape, et les Romains avec elle. Monime m’a un peu fait penser à Phèdre en beaucoup moins extrême et en beaucoup moins maudite ! Elle ne maîtrise pas du tout sa destinée, s’en remet aux mains du Roi qui peut faire ce qu’il veut d’elle. Elle aime en secret et finit par se confier à Phoedime. Elle finit par s’opposer au Roi. Xipharès, le premier fils, a l’air courageux et loyal, obéissant envers son père : jamais il ne penserait à le trahir. Il aime pourtant, et cet amour est contraire aux vœux de son père. Il devra, évidemment, en subir les conséquences. Pharnace est le traître de la pièce. Sitôt qu’il pense son père mort, il tente de s’approprier son Empire et d’épouser sa promise. Il se tourne vers les Romains, les Ennemis naturels de son père, sans le moindre état d’âme.

La fin est évidente, car il faut bien que quelqu’un meurt dans une tragédie, mais surprenante, parce que peu meurent. Elle laisse pourtant présager des temps difficiles pour les personnages survivants.

 

En définitive, une bonne pièce, avec une histoire à découvrir, et une écriture magnifique qui révèle bien la profondeur des sentiments humains.

Le roi se meurt d’Eugène Ionesco

Posté : 23 août, 2015 @ 10:43 dans Avis littéraires | Pas de commentaires »

Le roi se meurt Genre : Théâtre

Editeur : Folio

Année de sortie : 2009

Nombre de pages : 137

Synopsis : MARGUERITE, se dirigeant vers le Roi : Sire, je dois vous mettre au courant.

MARIE : Non, taisez-vous.

MARGUERITE, à Marie : Taisez-vous.

MARIE, au Roi : Ce n’est pas vrai ce qu’elle dit.

LE ROI : Au courant de quoi ? Qu’est-ce qui n’est pas vrai ? Marie, pourquoi cet air désolé ? Que vous arrive-t-il ?

MARGUERITE, au Roi : Sire, on doit vous annoncer que vous allez mourir.

LE MÉDECIN : Hélas, oui, Majesté.

 

Avis :Je vais normalement étudier cette pièce dans l’année qui vient, donc je l’ai lu, histoire de voir ce que cela donne. J’avoue que j’avais un peu peur de ne pas aimer, surtout que le théâtre de l’absurde n’est pas du tout mon truc !

Dès le début, on comprend que la pièce sera spéciale. La présentation des personnages n’est pas du tout classique, et leur entrée est absurde. Ils entrent et sortent aussitôt. Quand ils sont tous sur scène, ils commencent à parler d’un personnage qui n’est pas encore présent : le Roi, qui se meurt sans le savoir. Derrière l’absurdité de l’histoire d’un roi qui n’accepte pas de mourir et de ne plus rien contrôler, le lecteur peut voir une métaphore du temps qui passe sans qu’on le voit, de l’éphémère existence de l’homme qui ne dure que deux minutes sur une Terre vieille de plusieurs milliards d’années. Sont évoqués le souvenir et la mémoire d’un homme qui meurt : qui se souviendra de lui ? Est-ce qu’il restera quelque chose ? Est-ce qu’il n’y a vraiment rien à faire pour survivre ? Cela fait réfléchir le lecteur, et lui fait prendre conscience, si ce n’est pas déjà fait, de l’insignifiance de la vie humaine comparée à celle de l’univers. Certes, le Roi a accompli de hauts faits : mais il a aussi tout laissé se flétrir, il a tout négligé ensuite, et se retrouve mourant avec un royaume ridicule. Toute la pièce se déroule en huis-clos, avec un décor simple, ce qui intensifie la portée des mots.

Les personnages m’ont semblé bien refléter la nature humaine : le Roi nie la mort aussi fort qu’il le peut. Il passe par toutes les étapes du deuil, ou par toutes celle de la mort, et se rend aussi ridicule que possible. Il refuse de perdre le contrôle qu’il avait sur les choses, et se prend pour un dieu. Il pense que la nature doit lui obéir, et que s’il dit au soleil de se montrer, il apparaîtra comme par magie. Il pense qu’il peut contrôler le moment de sa mort, que c’est lui qui choisira de s’éteindre dans un siècle, deux, dix, quatre-cents, et ne se rend compte que trop tard que la fin est proche. Marguerite, la première femme du Roi, tente de le raisonner comme elle peut et de lui faire comprendre qu’il ne peut rien faire contre la mort. Elle peut passer pour l’oiseau de mauvaise augure, mais je trouve surtout qu’elle est la plus réaliste et la plus terre-à-terre des femmes du roi. Elle a voulu le préparer, mais n’en a pas eu l’occasion, et maintenant, elle veut l’accompagner dans sa descente, et même le forcer à tomber. Marie, la seconde reine, est plus jeune, et beaucoup plus irrationnelle et fleur bleue. Elle influence le Roi en lui montrant qu’elle l’aime toujours, et qu’il peut toujours tout contrôler tant qu’il a assez de volonté pour ça. Elle passe pour l’amoureuse désespérée qui voudrait que son Roi reste éternellement jeune, comme elle. Le Médecin, qui exerce plusieurs métiers assez incompatibles, se range du côté de Marguerite, et tente de forcer le Roi à se rendre à l’évidence. Il constate la décadence du personnage principal et annonce qu’il n’y a rien à faire. Juliette est comme une aide pour les autres personnages : elle sert le Roi, et constate elle aussi qu’il n’est plus le même. Elle est un peu celle qui donne l’avis du peuple en général. Elle est aussi la seule à sortir de scène pour aller dans le monde extérieur, où elle est censée agir, ce que les autres personnages ne peuvent pas faire. Le Garde annonce ce qui se dit dans la pièce, et la répétition que cela engendre est assez comique. Il commente les actions du Roi, comme lorsqu’il tombe, ce qui a un effet (de répétition et de comique de situation) sur le lecteur et le public.

La fin est prévisible, absurde. La disparition est très rapide, tout change en peu de temps, et avant que le lecteur ait pu s’en rendre compte, c’est fini. Finalement, celle qui accompagne le Roi jusqu’à la fin n’est pas la reine à laquelle on peut s’attendre, au vu de la pièce toute entière.

 

En définitive, une pièce du théâtre de l’absurde que j’ai apprécié grâce à la réflexion qu’elle offre au lecteur sur la mémoire, le deuil, l’acceptation de la mort et du peu de temps dont l’homme dispose. Une pièce représentative du théâtre moderne.

La nostalgie heureuse de Amélie Nothomb

Posté : 22 août, 2015 @ 2:56 dans Avis littéraires | 2 commentaires »

La nostalgie heureuseGenre : Contemporaine, Autobiographie

Editeur : Albin Michel

Année de sortie : 2013

Nombre de pages : 152

Synopsis : « Tout ce que l’on aime devient une fiction. »

 

Avis : J’ai acheté ce livre le jour de la séance de dédicace d’Amélie Nothomb pour Pétronille, que j’ai acheté en même temps. Je trouve que cette couverture est la plus belle de toutes celles qui sont déjà sorties auparavant. Il s’en dégage une espèce de sérénité, et une beauté que je ne sais pas décrire.

Cela faisait longtemps que j’avais lu Amélie Nothomb, mais je n’avais pas oublié son écriture. Je l’aime toujours autant ! A la fois poétique, sérieuse et pleine d’humour, elle est un mélange que l’on ne rencontre pas partout, authentique et sincère. Ses mots nous font quelque chose, nous touchent ou nous indignent, dans tous les cas, ne nous laissent pas indifférents. J’ai ri parfois de la spontanéité de l’auteure face à une situation ou à une personne ! Cette autobiographie raconte le retour de l’auteure au Japon à l’occasion d’un documentaire à propos de son enfance dans ce pays, un endroit qui lui est très cher, et qu’elle n’avait pas revu depuis seize ans. Les réalisateurs en font un parcours de mémoire, initiatique ; ce parcours va provoquer chez l’auteure une nostalgie qu’elle a ressentie dès qu’elle a quitté le pays, à cinq ans, en repensant à ses souvenirs. Toute une réflexion s’installe alors dans le texte sur la mémoire, les retrouvailles, les souvenirs, la nostalgie, et la façon dont elle est appréhendée en Occident et au Japon. Clairement, Amélie Nothomb ne se sent pas Occidentale dans ce livre, mais Japonaise. Elle retrouve les lieux de son enfance transformés, et cela la blesse profondément. Dès qu’elle reconnaît quelque chose, elle semble émue comme une enfant, et les autres ne la comprennent pas, parce qu’ils ne voient rien d’exceptionnel dans ce qu’elle a retrouvé. Je me suis sentie proche d’elle à ce moment-là, parce que, souvent, quand on retrouve des petites choses liées à notre enfance, ou un détail dans un lieu qui a complètement changé, les autres ne comprennent pas l’importance de cette preuve que le passé a bien existé : ils n’y voient rien, quand, pour nous, cela signifie beaucoup. De plus, j’ai trouvé que la modestie et la simplicité d’Amélie Nothomb étaient très visibles dans ce livre. Elle est certaine que le documentaire n’aura pas lieu parce qu’il est sans importance pour France 5 ; elle est aussi horrifiée quand elle se présente comme « un écrivain célèbre ». J’ai eu l’impression qu’elle voulait juste être Amélie. 

On découvre de nouveaux aspects de la culture nippone : l’excentricité des jeunes, la force de résilience des Japonais (que l’on avait déjà vu dans Ni d’Eve ni d’Adam), ce qui a changé depuis Fukushima. L’auteure nous parle de l’explosion de la centrale à plusieurs reprises et se rend même sur les lieux. Elle évoque également le tremblement de terre de Kobé, où elle se rend pour retrouver Nishio-San. A nouveau, quelques mots japonais nous sont expliqués, et l’on comprend le titre du livre. La richesse de la langue est impressionnante, ainsi que ses nuances. Concernant la façon de raconter, j’ai trouvé que cette autobiographie était presque aussi spéciale que Métaphysique des tubes, même si ce n’était pas vraiment la même narration. L’auteure est entourée de caméras et ne peut pas laisser voir sa vie intérieure comme elle le veut ; mais au fond d’elle-même, elle est différente de ce qu’elle montre. Elle panique, ou se replie sur elle-même, elle se plonge dans son âme, où personne ne peut venir la chercher. A un moment, elle parle de vide : elle se sent vide, et je me suis rendue compte qu’à la fin de ma lecture, j’éprouvais la même sensation. C’était assez déroutant : j’étais sceptique et toute retournée à la fois. Cette lecture était comme un moment hors du temps et de l’espace, quelque part dans le vide, au milieu du silence.

En ce qui concerne les autres « personnages », si je peux les appeler de cette façon, j’ai été très contente de retrouver Rinri dans ce livre. Il est toujours aussi sympathique, et il m’a encore fait rire par sa gaucherie en français, et son comportement si différent du nôtre. Il semble vraiment être comme le décrit l’auteure : le plus gentil garçon du monde. Les réalisateurs sont présents pendant tout le livre, et dirigent le périple d’Amélie Nothomb dans son Japon natal. Je ne sais que dire sur eux. Ils sont présents et assistent aux retrouvailles sans interférer, juste en braquant leur caméra pour capturer le moment qui passe. La traductrice japonaise de l’auteure m’a fait sourire : elle a l’air très libre, et ne mâche pas ses mots, même face à un éditeur japonais qui tente de critiquer Stupeur et tremblements. Nishio-san est un « personnage » que j’avais apprécié en lisant Métaphysique des tubes, et je l’apprécie d’autant plus après ce livre. Elle aime Amélie comme sa fille, cela est visible, et l’amour que se vouent les deux femmes est palpable. Le passage de leurs retrouvailles est beau, émouvant, et leur séparation donne un petit pincement au cœur du lecteur. On se demande à ce moment-là si elles se reverront un jour.

La fin est un peu triste : fini le Japon, retour à Paris ! L’auteure montre bien ce que l’on ressent quand l’on rentre chez soi, surtout lorsque c’est à Paris, dans une ville qui finit par vous ronger. La nostalgie est toujours là, et le sera toujours, et elle invite sans doute à l’écriture.

En définitive, un très bon Amélie Nothomb, même s’il ne fait pas partie de mes préférés. Un très bon moment de lecture suspendu, qui donne envie de se plonger encore un peu plus dans un univers à la fois poétique et drôle.

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